Prix Goncourt 2018 : première sélection

Le jury du Prix Goncourt a présélectionné 15 romans en ce vendredi 7 septembre 2018

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C’est depuis l’Hôtel de ville de Nancy, que le jury, présidé par Bernard Pivot, a fait son annonce. Voici les romans en lice pour le prix Goncourt 2018 :

  • Meryem Alaoui La vérité sort de la bouche du cheval (Gallimard)
  • Inès Bayard, Le malheur du bas (Albin Michel)
  • Guy Boley Quand Dieu boxait en amateur (Grasset)
  • Pauline Delabroy-Allard ça raconte Sarah (Editions de Minuit)
  • Adeline Dieudonné La vraie vie (L’Iconoclaste) 
  • David Diop Frère d’âme (Seuil) 
  • Clara Dupont-Monod La révolte (Stock)
  • Eric Fottorino Dix-sept ans (Gallimard) 
  • Paul Greveillac Maîtres et esclaves (Gallimard) 
  • Nicolas Mathieu Leurs enfants après eux (Actes Sud) 
  • Gilles Martin-Chauffier L’ère des suspects (Grasset) 
  • Tobie Nathan L’évangile selon Youri (Stock) 
  • Daniel Picouly Quatre-vingt-dix secondes (Albin Michel) 
  • Thomas B.Reverdy L’hiver du mécontentement (Flammarion)
  • François Vallejo L’hôtel Waldheim (Viviane Hamy) 

 

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Rencontre avec Chinelo Okparanta : «  Je voulais montrer les choses, je ne cherchais pas à juger »

Ce jeudi 6 septembre, les éditions Belfond organisaient une rencontre avec une jeune romancière, aussi chaleureuse que talentueuse, Chinelo Okparanta.  Rendez-vous pris au café Les éditeurs.

Je vous avais parlé il y a quelques jours avec enthousiasme du nouveau roman de l’auteur : Sous les branches de l’udala, paru aux éditions Belfond. D’origine nigeriane, la romanciere bâtit son intrigue dans ce pays qu’elle connaît bien, le Nigeria. Un pays dans lequel l’amour entre deux personnes de même sexe est un crime. En janvier 2014, le président du Nigéria a signé une loi qui criminalise les relations entre personnes de même sexe, ainsi que le soutien à ce genre de relation, rendant de tels actes passibles de peines de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans. Ce roman est une tentative pour donner à la communauté LGBT marginalisée du Nigéria une voix plus puissante, et une place dans l’histoire de notre nation. « Je voulais montrer les choses telles qu’elles sont au Nigéria, je ne juge pas ».

Un roman viscéralement humain, porté par une écriture fluide, d’une sensibilité à fleur de plume, dont vous pouvez retrouver ci-dessous la chronique que je lui avais consacrée. Vous ne l’avez toujours pas lu? Alors jetez-vous dessus!

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Sous les branches de l’udala, Chinelo Okparanta

Editions Belfond, aout 2018

Rentrée littéraire

Chinelo Okparanta explore d’une manière saisissante la culture d’une oppression bien particulière, celle du sexe et du genre. Le récit marquant du combat d’une femme nigérienne qui cherche à revendiquer son identité au cœur d’un pays qui la méprise. Coup de cœur de cette rentrée littéraire.

Au Nigéria, dans les années 70, la guerre civile fait rage. Ijeoma, âgée de 11 ans, voit son père mourir lors du bombardement de leur maison. Elle doit alors prendre la relève pour trouver à manger, assurer le quotidien, car sa mère est trop submergée par le chagrin pour faire quoi que ce soit. Jusqu’au jour où sa mère, dépassée par la guerre, par cette vie sans son mari, par la vie, par cette fille devenue un fardeau, lui annonce qu’elle va la placer chez un couple d’enseignants, amis de son défunt père, dans une ville voisine.

Et de se retrouver bonne à tout faire chez ce couple. Un jour, elle croise en chemin une jeune orpheline de son âge et la fait embaucher à ses côtés chez le couple. Ce qui était une amitié naissante entre les deux jeunes filles se révèle bien plus fort au fil des jours. Une attirance irrépressible. Un véritable amour. Mais à cette époque au Nigéria, et toujours à ce jour, l’amour entre deux personnes de même sexe est jugé criminel, passible de prison, voire, dans certains états, passible de lapidation. Aussi, quand les enseignants découvrent la nature de leur relation, cette « abomination » au nom de la religion et de la loi, c’est le scandale.

Ijeoma essaye alors de rentrer dans les rangs, de faire ce que les autres, au nom de la religion et des traditions, attendent d’elle. Mais peut-on dompter ses sentiments ? Peut-on durablement renoncer à son identité sexuelle sans se perdre soi ?

Chinelo Okparanta nous offre un récit fascinant, édifiant, riche en couleurs, en parfums, en folklore. Un roman sur le combat d’une jeune femme pour se faire accepter telle qu’elle est, au péril de sa vie. Un roman d’apprentissage d’une puissance inouïe, qui montre que rien, pas même le poids des traditions, l’étau de la religion, la désapprobation de l’entourage, ne peuvent aller à l’encontre d’un amour véritable et pur. Bouleversant. Puissant. Un roman qui vous hante longtemps.

Citation du jour

Il y a un genre de chance qui consiste tout simplement à être au bon endroit au bon moment, une sorte d’inspiration qui n’est rien d’autre que la capacité à faire le bon truc comme il faut, et ça ne se produit vraiment que lorsqu’on débarrasse son cœur de toute ambition, de toute intention, de tout projet. Quand on s’abandonne complètement à l’instant doré du destin.

Shantaram, de Grégory David Roberts

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