Rentrée littéraire : Tu t’appelais Maria Schneider, Vanessa Schneider (Grasset)

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Tu t’appelais Maria Schneider, Vanessa Schneider

Editions Grasset, août 2018

Rentrée littéraire

Le portrait indiciblement touchant d’une femme libre et sauvage, courageuse, actrice phare du Dernier tango à Paris, un film qui se voulait être un tremplin pour sa carrière et se transforma en plongeoir. Maria Schneider sous la plume sensible et belle de sa cousine, Vanessa Schneider.

 Maria Schneider cache des fêlures depuis sa plus tendre enfance. Une mère qui vénère ses deux fils mais considère sa fille comme un fardeau. Un père qui ne l’a pas reconnue, l’acteur Daniel Gélin. Très jeune, on lui fait sentir qu’elle est de trop et on l’envoie chez une nourrice, puis chez les parents de l’auteur. Ballottée entre divers foyers, elle reste debout, résiste aux tempêtes. Quand son père s’intéresse tardivement à elle, âgée alors de 16 ans, l’emmène avec lui sur les plateaux de tournage, dans les boites de nuits et les fêtes sans fin avec des gens connus, elle a des lumières plein les yeux. Et pense le cauchemar derrière elle. La proposition de jouer le premier rôle dans le film de Bertolucci, Dernier tango à Paris, aux côtés de Marlon Brando, achève de la convaincre que le meilleur est devant elle. De fait, son talent, sa beauté à couper le souffle, sa force de caractère, laissent présager une très belle carrière.

Mais l’enfer n’est pas dans son dos. Il lui fait face. En effet, lors du tournage, le réalisateur et l’acteur conviennent d’une scène de sodomie sans prévenir l’actrice. Ce film truffé de scènes de violence et de sexe fait scandale, est interdit dans plusieurs pays. Et traumatise à vie Maria Schneider, qu’on n’aura de cesse, tout au long de sa carrière, d’associer à ce film sulfureux. Adulée par les uns, vilipendée par les autres, à 20 ans elle n’est pas armée pour faire face. Qui le serait ? Et de sombrer dans la drogue. Elle s’accroche, refuse les propositions de films avec des scènes de sexe, tente de garder le cap.Mais boit la tasse.

Vanessa Schneider regarde cette cousine célèbre avec fascination. Angoisse aussi, quand les affres de la drogue la rattrapent. Affection toujours. Elle dresse de Maria Schneider le portrait d’un être courageux, talentueux, touchant. Et à l’heure de #balancetonporc , de #metoo, elle lui rend une certaine forme de justice en rétablissant la vérité sur cette scène odieuse de viol, dénonce l’hypocrisie du milieu du cinéma, qui a broyé en quelques semaines une jeune femme au talent si prometteur. Un coup de coeur de cette rentrée littéraire!

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