Prix Interallié 2018 : la sélection

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Ce lundi 24 septembre, le jury du Prix Interallié a dévoilé sa première sélection, laquelle est composée de neufs titres.

Les neufs romans en lice pour le Prix Interallié 2018 : 

  • Nuit sur la neige de Laurence Cossé (Gallimard)
  • Frère d’âme David Diop (Seuil)
  • Maîtres et esclaves de Paul Gréveillac (Gallimard)
  • Les belles ambitieuses de Stéphane Hoffmann (Albin Michel)
  • Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie (Stock)
  • Le lambeau de Philippe Lançon (Gallimard)
  • Harry et Franz d’Alexandre Najjar (Plon)
  • L’été des quatre rois de Camille Pascal (Plon)
  • L’hiver du mécontentement de Thomas B. Reverdy (Flammarion)
  • Le train d’Erlingen de Boualem Sansal (Gallimard)

Le jury, présidé par Philippe Tesson, dévoilera sa deuxième sélection le 24 octobre.

 

 

 

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Goncourt des lycéens 2018 : la sélection

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Le ministère chargé de l’Éducation nationale en partenariat avec la Fnac et le Réseau Canopé organisent le Prix Goncourt des lycéens sous le haut patronage de l’Académie Goncourt. L’objectif est de faire découvrir aux lycéens la littérature contemporaine et de susciter l’envie de lire.

Le Goncourt des lycéens permet à près de 2 000 élèves de lire et d’étudier la sélection de romans de la liste du Goncourt. Une cinquantaine de classes de lycéens âgés de 15 à 18 ans, issus de seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques sont concernées. La sélection des classes est basée sur la motivation des enseignants.

Les 15 romans sélectionnés pour le Prix Goncourt des lycéens 2018

  • Meryem Alaoui, pour La Vérité sort de la Bouche du cheval (Gallimard)
  • Inès Bayard, pour Le Malheur du bas (Albin Michel)
  • Guy Boley, pour Quand Dieu boxait en amateur (Grasset)
  • Pauline Delabroy-Allard, pour Ҫa raconte Sarah (Minuit)
  • Adeline Dieudonné, pour La Vraie Vie (L’Iconoclaste)
  • David Diop, pour Frère d’âme (Seuil)
  • Clara Dupont-Monod, pour La révolte (Stock)
  • Éric Fottorino, pour Dix-sept ans (Gallimard)
  • Paul Greveillac, pour Maîtres et esclaves (Gallimard)
  • Gilles Martin-Chauffier, pour L’Ère des suspects (Grasset)
  • Nicolas Mathieu, pour Leur Enfants après eux (Actes Sud)
  • Tobie Nathan, pour L’Évangile selon Youri (Stock)
  • Daniel Picouly pour Quatre-vingt-dix secondes (Albin Michel)
  • Thomas B. Reverdy, pour L’Hiver du mécontentement (Flammarion)
  • François Vallejo, pour Hôtel Waldheim (Viviane Hamy)

Lundi 12 novembre 2018 auront lieu les délibérations régionales. Et c’est jeudi 15 novembre 2018 qu’auront lieu les délibérations nationales et la proclamation du lauréat, lauréat qui fera suite à Alice Zeniter avec L’art de perdre (Flammarion).

Vivre ensemble, Emilie Frèche : une utopie? Coup de coeur de la rentrée!

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Vivre ensemble, Emilie Frèche

Editions Stock, août 2018

Rentrée littéraire

Tout le monde parle du « vivre ensemble » mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble c’est se disputer un territoire.

Pierre et Déborah sont des miraculés des attentats de novembre 2015. Ils étaient eux aussi en terrasse, à quelques mètres de là, une poignée de minutes avant que les terroristes ne fassent leur carnage. Cette tuerie précipite alors tout. Dans une forme d’urgence émotionnelle, ils décident brusquement de vivre ensemble, de partager le même appartement avec chacun leur fils respectif. Déborah avec le doux Léo, et Pierre avec le véhément Salomon.

Le soir de l’emménagement dans leur appartement commun, Salomon annonce la couleur à Déborah et à son fils : « Je ne veux pas vivre ici ! Je voudrais être mort pour vous avoir jamais connus ! » Si Pierre et Déborah se sont choisis, les enfants de cette famille recomposée n’ont eux rien choisi du tout. Et si Léo, né dans un couple aimant, paraît s’en accommoder tant bien que mal, Salomon, enfant non désiré dont les parents n’ont jamais vécu ensemble, peine à envisager de partager la présence et l’affection de son père avec ces deux étrangers.

Au fil des jours, l’impression première de Déborah se confirme : Salomon est « différent » et pas seulement parce qu’il a un QI de 150. A l’heure où on prône l’altérité, l’ouverture à la différence, doit-elle se sentir coupable d’avoir pourtant peur de cet enfant ? De s’en méfier ? A l’image des gens qui se regardent les uns les autres dans les lieux publics et les transports en commun, qui se demandent si telle personne avec son imposant sac à dos est une potentielle terroriste, si cette autre pourrait cacher un couteau dans sa poche, Déborah ne sait plus que penser. Ne transpose-t-elle pas à tort le sentiment d’insécurité ambiant dû aux attentats à son intimité ? Voit-t-elle le mal partout ou Salomon a-t-il un réel problème de comportement, voire est-il dangereux pour son intégrité physique et celle de son fils ? Et Pierre, fuyant, préférant tenter de sauver les réfugiés de Calais à défaut de parvenir à sauver sa famille et son couple, ne lui est d’aucun soutien.

Avec ce nouveau roman, Emilie Frèche transpose le vivre ensemble prôné par les politiques à la sphère de l’intime. La petite et la grande histoire se mêlent, se répondent, s’interpellent. Vivre ensemble, une belle escroquerie ? La tension monte au fil des pages, le drame se profile, angoissant, tel un loup tapi dans l’ombre. Mais d’où va-t-il bondir ? Un roman qui se lit en apnée, rédigé avec une justesse telle dans l’analyse des situations et de la psychologie des personnages, que le lecteur devient le témoin d’une histoire, la vit, la voit, la ressent, l’entend. Un gros coup de cœur !