Glissez Philippe Pollet Villard dans votre poche!

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L’enfant-mouche, Philippe Pollet-Villard

Editions J’ai Lu, août 2018

Inspiré de l’histoire de la mère de l’auteur, ce roman fait resurgir d’un passé tabou le destin inimaginable et ô combien bouleversant d’une enfant sauvage livrée à elle-même. Magistral !

Quand Anne-Angèle, infirmière au Maroc, apprend que sa sœur Mathilde a eu un accident, elle rentre précipitamment à Paris. Mais elle arrive trop tard. Mathilde a rendu son dernier souffle. Elle apprend alors que cette dernière était sur le point de recueillir une petite Marie à l’orphelinat, moins cependant par désir de l’entourer d’affection que pour en retirer des bénéfices financiers. Voyant en cette enfant la possibilité de gains substantiels, Anne-Angèle décide de prendre le relais de sa sœur et de l’adopter.

Mais en cette année 1944, la guerre fait rage. Anne-Angèle et l’enfant doivent se réfugier dans l’est de la France, dans la campagne de la Champagne. Une zone occupée dans laquelle il leur est difficile de se faire une place. En marge du village, la femme et l’enfant s’installent dans une baraque insalubre transformée en infirmerie, armées de leur seule bonne volonté. Mais la clientèle se fait rare, voire inexistante. On ne fait pas confiance à ces étrangères venues de la capitale. Pire, Anne-Angèle tombe gravement malade. Les rôles s’inversent alors : c’est l’enfant, du haut de ses douze ans, qui doit veiller sur l’adulte et assurer leur survie.

Dans ce roman rédigé d’une sensibilité à fleur de plume, Philippe Pollet-Villard nous entraine sur les pas de la douce Marie, une enfant qui a grandi sans la colonne vertébrale qu’est l’amour maternel, ballotée de familles d’accueil en foyers. Une enfant que les circonstances ont fait murir trop vite. Sans repères, guidée par la nécessité impérieuse de satisfaire ses besoins les plus essentiels, elle va puiser la nourriture, la tendresse, l’amour, là où ils se trouvent : que ce soit du côté français comme du côté allemand. Quitte à s’attirer l’opprobre de la population villageoise. Mais ces villageois sont-ils eux-mêmes irréprochables ? La guerre se divise-t-elle de façon aussi manichéenne que cela, avec d’un côté les bons et de l’autre les méchants ? Rien n’est moins sûr. Ce roman, d’une extraordinaire densité, se vit bien plus qu’il ne se lit. Il vous propulse au cœur de la guerre, aux côtés d’une enfant que vous avez alors envie de serrer dans vos bras, de consoler, d’aimer… Et que vous ne pourrez plus oublier.

Magistral.

Prix Interallié 2018 : la sélection

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Ce lundi 24 septembre, le jury du Prix Interallié a dévoilé sa première sélection, laquelle est composée de neufs titres.

Les neufs romans en lice pour le Prix Interallié 2018 : 

  • Nuit sur la neige de Laurence Cossé (Gallimard)
  • Frère d’âme David Diop (Seuil)
  • Maîtres et esclaves de Paul Gréveillac (Gallimard)
  • Les belles ambitieuses de Stéphane Hoffmann (Albin Michel)
  • Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie (Stock)
  • Le lambeau de Philippe Lançon (Gallimard)
  • Harry et Franz d’Alexandre Najjar (Plon)
  • L’été des quatre rois de Camille Pascal (Plon)
  • L’hiver du mécontentement de Thomas B. Reverdy (Flammarion)
  • Le train d’Erlingen de Boualem Sansal (Gallimard)

Le jury, présidé par Philippe Tesson, dévoilera sa deuxième sélection le 24 octobre.

 

 

 

Goncourt des lycéens 2018 : la sélection

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Le ministère chargé de l’Éducation nationale en partenariat avec la Fnac et le Réseau Canopé organisent le Prix Goncourt des lycéens sous le haut patronage de l’Académie Goncourt. L’objectif est de faire découvrir aux lycéens la littérature contemporaine et de susciter l’envie de lire.

Le Goncourt des lycéens permet à près de 2 000 élèves de lire et d’étudier la sélection de romans de la liste du Goncourt. Une cinquantaine de classes de lycéens âgés de 15 à 18 ans, issus de seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques sont concernées. La sélection des classes est basée sur la motivation des enseignants.

Les 15 romans sélectionnés pour le Prix Goncourt des lycéens 2018

  • Meryem Alaoui, pour La Vérité sort de la Bouche du cheval (Gallimard)
  • Inès Bayard, pour Le Malheur du bas (Albin Michel)
  • Guy Boley, pour Quand Dieu boxait en amateur (Grasset)
  • Pauline Delabroy-Allard, pour Ҫa raconte Sarah (Minuit)
  • Adeline Dieudonné, pour La Vraie Vie (L’Iconoclaste)
  • David Diop, pour Frère d’âme (Seuil)
  • Clara Dupont-Monod, pour La révolte (Stock)
  • Éric Fottorino, pour Dix-sept ans (Gallimard)
  • Paul Greveillac, pour Maîtres et esclaves (Gallimard)
  • Gilles Martin-Chauffier, pour L’Ère des suspects (Grasset)
  • Nicolas Mathieu, pour Leur Enfants après eux (Actes Sud)
  • Tobie Nathan, pour L’Évangile selon Youri (Stock)
  • Daniel Picouly pour Quatre-vingt-dix secondes (Albin Michel)
  • Thomas B. Reverdy, pour L’Hiver du mécontentement (Flammarion)
  • François Vallejo, pour Hôtel Waldheim (Viviane Hamy)

Lundi 12 novembre 2018 auront lieu les délibérations régionales. Et c’est jeudi 15 novembre 2018 qu’auront lieu les délibérations nationales et la proclamation du lauréat, lauréat qui fera suite à Alice Zeniter avec L’art de perdre (Flammarion).

Vivre ensemble, Emilie Frèche : une utopie? Coup de coeur de la rentrée!

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Vivre ensemble, Emilie Frèche

Editions Stock, août 2018

Rentrée littéraire

Tout le monde parle du « vivre ensemble » mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble c’est se disputer un territoire.

Pierre et Déborah sont des miraculés des attentats de novembre 2015. Ils étaient eux aussi en terrasse, à quelques mètres de là, une poignée de minutes avant que les terroristes ne fassent leur carnage. Cette tuerie précipite alors tout. Dans une forme d’urgence émotionnelle, ils décident brusquement de vivre ensemble, de partager le même appartement avec chacun leur fils respectif. Déborah avec le doux Léo, et Pierre avec le véhément Salomon.

Le soir de l’emménagement dans leur appartement commun, Salomon annonce la couleur à Déborah et à son fils : « Je ne veux pas vivre ici ! Je voudrais être mort pour vous avoir jamais connus ! » Si Pierre et Déborah se sont choisis, les enfants de cette famille recomposée n’ont eux rien choisi du tout. Et si Léo, né dans un couple aimant, paraît s’en accommoder tant bien que mal, Salomon, enfant non désiré dont les parents n’ont jamais vécu ensemble, peine à envisager de partager la présence et l’affection de son père avec ces deux étrangers.

Au fil des jours, l’impression première de Déborah se confirme : Salomon est « différent » et pas seulement parce qu’il a un QI de 150. A l’heure où on prône l’altérité, l’ouverture à la différence, doit-elle se sentir coupable d’avoir pourtant peur de cet enfant ? De s’en méfier ? A l’image des gens qui se regardent les uns les autres dans les lieux publics et les transports en commun, qui se demandent si telle personne avec son imposant sac à dos est une potentielle terroriste, si cette autre pourrait cacher un couteau dans sa poche, Déborah ne sait plus que penser. Ne transpose-t-elle pas à tort le sentiment d’insécurité ambiant dû aux attentats à son intimité ? Voit-t-elle le mal partout ou Salomon a-t-il un réel problème de comportement, voire est-il dangereux pour son intégrité physique et celle de son fils ? Et Pierre, fuyant, préférant tenter de sauver les réfugiés de Calais à défaut de parvenir à sauver sa famille et son couple, ne lui est d’aucun soutien.

Avec ce nouveau roman, Emilie Frèche transpose le vivre ensemble prôné par les politiques à la sphère de l’intime. La petite et la grande histoire se mêlent, se répondent, s’interpellent. Vivre ensemble, une belle escroquerie ? La tension monte au fil des pages, le drame se profile, angoissant, tel un loup tapi dans l’ombre. Mais d’où va-t-il bondir ? Un roman qui se lit en apnée, rédigé avec une justesse telle dans l’analyse des situations et de la psychologie des personnages, que le lecteur devient le témoin d’une histoire, la vit, la voit, la ressent, l’entend. Un gros coup de cœur !

 

Citation du jour

“Le rapport du désastre à l’écriture, je le définirai donc en terme de résurrection dans un autre ordre, celui de l’intelligible sensible. On vit souvent sans trouver les mots pour comprendre ce qui arrive. L’écriture permet une résurrection, non pas dans l’ordre de la vie, mais dans celui de la vérité. C’est pourquoi je passe autant de temps sur une page, lorsque j’écris. Je veux arriver au moment où j’ai la sensation de ne pouvoir aller plus loin dans cette coïncidence – tout imaginaire mais ressentie comme réelle – entre les mots et les choses éprouvées. Ce que d’autres appellent des échecs dans la vie, je m’en sers comme d’une matière à explorer pour en faire émerger quelque chose qui puisse être admis comme “une vérité” en lisant. »

Annie Ernaux

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Concours : un roman de la rentrée à gagner aux éditions Presse de la cité!

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Vous aimez lire? Vous aimez jouer? Alors tentez de gagner un des livres de la rentrée littéraire 2018, aux éditions des Presses de la cité.

Pour jouer, c’est simple : cliquez sur ce lien Concours,  puis remplissez le formulaire. Des tirages au sort seront effectués à tout moment d’ici le 30 septembre.

A vous de jouer!

Citation du jour

« Et prenant un vieux livre, elle l’ouvrit au hasard et lut :

Cessez vos promesses. Cessez vos pompeux serments,
Cessez d’être vaniteux. Cessez de chercher la vaine gloire,
Cessez de haïr. Cessez de blasphémer, 
Cessez de faire le mal. Cessez d’être envieux,
Cessez la colère. Cessez toute débauche,
Cessez de mentir. Cessez de trahir,
Cessez de faire passer par votre langue la médisance.

Comme c’était étrange que quelqu’un ait pu exprimer ses propres désirs en — elle chercha la date — 1493 !
Puis elle lut les vers suivants :

Fuyez la fausseté. Fuyez la félonie,
Fuyez les frivoles flatteurs, les fâcheux enfiévrés,
Fuyez les affabulateurs et leurs fables effrénées,
Fuyez les faillis infidèles. Fuyez la fragile fortune,
Fuyez les affectueux fantasmes. Fuyez les fous,
Fuyez la forfaiture, sa frauduleuse félicité,
Fuyez les faux-semblants, les falsifications, les feintes.

Oui, elle avait fui tout cela. Tout sauf les affectueux fantasmes, ses trois vieux amis — plutôt de tendres fous, corrigea-t-elle en souriant. »

Vita Sackville-West, Toute passion abolie

 

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Rentrée littéraire : La révolte, Clara Dupont-Monod (Stock)

La révolte, Clara Dupont-Monod

Editions Stock août 2018

Rentrée littéraire

Aliénor d’Aquitaine racontée par son fils, Richard Cœur de Lion. Une fiction historique fascinante et brillamment rédigée. Coup de cœur !

Autant le reconnaître tout de suite : l’Histoire, et les romans historiques en général, ne sont pas ma tasse de thé. Pourtant, en entendant Clara Dupont-Monod parler de son livre avec un enthousiasme ô combien contagieux, j’ai eu envie de faire exception à la règle. Et comme j’ai eu raison ! Non seulement j’ai succombé à la plume pleine de verve de l’auteur, mais j’ai découvert le parcours d’une femme époustouflante : Aliénor d’Aquitaine.

Dans ce roman, dont la trame historique est rigoureusement avérée, même si l’auteur s’est octroyé quelques libertés narratives, Aliénor d’Aquitaine, qui fut reine de France et parvint, fait remarquable et inédit, à faire annuler son mariage avec l’ennuyeux Louis VII, convoque ses fils. Ces derniers sont issus de son second mariage avec Henri Plantagenêt. Cette redoutable femme de pouvoir, sûre d’elle, fin stratège, intelligente, lettrée, avait vu en cet homme un être bien inoffensif. Et en son royaume d’Angleterre, des terres bien enviables.

Mais à stratège, stratège et demi. Henri Plantagenêt est son alter ego masculin, un homme assoiffé de pouvoir. Aliénor réalise qu’elle s’est fait piéger. Non seulement il n’entend pas partager le pouvoir, exerce sa tutelle sans partage sur l’Aquitaine et l’Angleterre, mais il la trompe. Dès lors, une sourde vengeance enfle en Aliénor. Et de demander à ses fils, dont Richard Cœur de Lion, de l’aider à renverser leur père.

Clara Dupont-Monod nous offre un roman historique extraordinairement vivant. A l’image d’un cheval lancé au galop, sa plume cavale d’une bataille à une autre, de Richard Cœur de Lion à Aliénor, sans temps mort, sans faux pas. Instructif, passionné et passionnant, puissant, ce roman nous catapulte au cœur de l’Histoire, nous fait découvrir une femme extraordinaire servie par une plume alerte. Un coup de cœur de cette rentrée littéraire !

 

Concours : Un roman de la rentrée Belfond étranger à gagner!

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Vous aimez lire? Vous aimez jouer? Alors participez au jeu organisé par les éditions Belfond pour gagner un de ces quatre romans!

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de mes coups de coeur aux Editions Belfond, et plus récemment, de mon coup de coeur pour le roman de Chinelo Okparanta, Sous les branches de l’Udala. 

Si vous souhaitez gagner ce roman ou l’un des trois autres titres de la collection Belfond étranger, alors c’est simple : cliquez sur ce lien Concours . Puis remplissez le formulaire qui s’ouvre. Ce n’est pas plus difficile que cela! Le jeu est ouvert jusqu’au 30 septembre.