Les 4 finalistes du Grand Prix du Roman de l’Académie française

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Ce jeudi 11 octobre, le jury du Grand Prix du Roman de l’Académie française a annoncé sa deuxième sélection, ultime choix avant l’annonce du prix le 7 novembre.

Huit titres avaient été retenus pour la première sélection, seuls quatre d’entre eux ont passé le second tour :

  • Les cigognes sont immortelles, (Seuil) d’Alain Mabanckou
  • L’Ère des suspects, (Grasset) de Gilles Martin-Chauffier
  • L’Été des quatre rois, (Plon) de Camille Pascal
  • L’Hiver du mécontentement, (Flammarion) de Thomas B. Reverdy.

Le résultat du Grand Prix du Roman de l’Académie française 2018 sera annoncé le 7 novembre

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Même les monstres, Thierry Illouz : un essai brillant sur le métier d’avocat

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Même les monstres, Thierry Illouz

Editions L’iconoclaste, septembre 2018

Essai.

Une vibrante plaidoirie. D’une écriture à l’oralité saisissante, Thierry Illouz, avocat, livre un récit intime. Il retrace un parcours, une vocation. Et nous exhorte à regarder l’autre. Celui qui nous effraie. Celui que l’on condamne.

On demande souvent à Thierry Illouz, avocat, comment il peut ainsi défendre des monstres. Une question chargée de mépris envers ces personnes présumées coupables, ces êtres que l’on distingue de soi en ne leur reconnaissant pas le statut d’être humain. Mais nier leur part d’humanité n’est-il pas une protection contre la reconnaissance de la part sombre que chacun sent en lui, contre le risque permanent que l’homme ne laisse sa part d’animalité prendre le pas sur sa part lumineuse, policée ? S’ils sont des monstres, cette espèce non humaine voire inhumaine, cela protège ceux qui les appellent ainsi d’être un jour assimilés à eux. Cela les sépare de l’horreur. Monstres, un « mot frontière ».

Monstres, un « mot fossé ».

Or le sens du métier de Thierry Illouz, le combat de sa vie, ce n’est non pas de diviser mais de rassembler, de chercher à comprendre, d’écouter. Y compris et surtout ceux que l’on nomme des monstres et qui sont comme tout un chacun des hommes, des êtres appartenant à la même communauté que lui, que nous. Et côté division, il sait de quoi il parle. Fils de rapatriés d’Algérie, il a grandi dans un quartier délaissé de Picardie. Lui le juif. Lui et sa famille, les gens différents. Les monstres d’alors. Aussi, ayant souffert de cette division, de ces fossés, aujourd’hui il érige des ponts entre les hommes. « Défendre n’est pas épouser le mal, ni la faute, ni le crime, jamais. Défendre c’est ôter au mal toute chance d’être le mal, c’est-à-dire une idée réfractaire à toute compréhension, à toute histoire. (…) La défense, c’est la seule chance de conjurer l’injustice, l’aveuglement, la vengeance, dans tous les cas. Et le totalitarisme évidemment. »

Un essai brillant, passionnant, édifiant.