Rentrée littéraire : La femme de Dieu, Judith Sibony (Stock)

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La femme de Dieu, Judith Sibony

Editions Stock, août 2018

Rentrée littéraire

Robert Pirel est un metteur en scène de théâtre connu et reconnu, qui collectionne les succès comme les maitresses, maitresses auxquelles il n’hésite pas à donner des rôles dans ses pièces…aux côtés de sa femme. Sa femme Elisabeth, quant à elle, incarne la perfection, un être à la beauté inaltérable, une actrice au jeu éblouissant, une épouse inébranlable. Une femme forte. Tous deux forment pour leur fille Julie un couple modèle, la perfection vers laquelle elle veut tendre à son tour. Un objectif si difficile qu’elle a peur de s’engager, ne se sent pas à la hauteur. Quant à Natacha, la maîtresse, elle se demande comment faire accepter à son amant de lui faire un enfant, l’horloge biologique tournant dangereusement.

Dans ce roman, qui se présente comme une pièce de théâtre, où la vie de ces personnages est un grand vaudeville, chacun est animé par une crainte viscérale : celle de rater sa vie, de passer à côté de l’essentiel. Un essentiel qui pour Robert, consiste à mettre en scène des pièces vivantes, proches du réel. Tandis que pour sa maîtresse, l’essentiel est ailleurs : obtenir un enfant de lui coûte que coûte, avec ou sans son contentement. Un désir de procréation à ce point jusqu’au-boutiste qu’il va faire voler en éclat les apparences. La femme de Robert est-elle aussi crédule qu’il n’y paraît ? Est-elle la seule à être trompée ? Et si dans ce petit monde bien lisse, personne n’était réellement parfait, tout simplement parce que nous ne sommes pas des dieux mais de simples êtres humains ? La femme de Dieu ne serait donc « que » la femme d’un homme?

Ce roman se lit rapidement, entraîne le lecteur de rebondissement en rebondissement, avec cependant parfois des situations pas toutes très crédibles à mon sens. Judith Sibony montre combien chacun se laisse bercer par des illusions, pour servir des intérêts sous-jacents. Parce que faire semblant apporte des bénéfices secondaires. Parce que faire-semblant évite des déséquilibres encore plus grands. J’ai beaucoup aimé le portrait d’Elisabeth, une femme dont la force ne vient pas de sa maîtrise des événements, mais de sa capacité à composer avec les aléas de la vie.

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