Les jours de silence, Phillip Lewis (Belfond)

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Les jours de silence, Phillip Lewis

Editions Belfond, août 2018

Rentrée littéraire

Le portrait d’une famille des Appalaches, passionnée de littérature, amoureuse du pétrissage des mots dans les livres qu’elle dévore du matin au soir, mais incapable de mettre des mots sur ses émotions.

Henry Aster, avocat, fou amoureux de littérature et écrivain en herbe, s’était juré de ne plus revenir dans cette contrée perdue qui l’a vu naître, Old Buckram, en Caroline du nord. Mais la vieillesse et les problèmes de santé de ses parents le font mentir. Il revient des années plus tard en ce lieu perdu au cœur des montagnes et s’installe avec femme et enfants dans une maison aussi immense qu’inquiétante. Une maison réputée maudite en raison des crimes qui y ont été perpétrés.

Et la malédiction semble vouloir encore frapper…

Au milieu des livres qui tapissent les murs et qu’il dévore du matin au soir, il tente d’écrire le roman de sa vie, y consacre ses nuits, poursuit son travail d’avocat le jour, tandis que sa femme s’occupe des enfants. Mais quand Maddy, sa mère, décède, Henry sombre dans une dépression profonde, passe alors ses journées prostré à son bureau, sans écrire ni lire. Sans mettre de mots sur son chagrin. Un fantôme. Son fils Henry junior, à qui il a transmis sa passion pour la littérature, tente par tous les moyens de raviver la flamme dans ses yeux, animé d’une foi irrationnelle : celle que son père va renaître de ses cendres. En lieu et place de quoi, ce dernier s’évanouit dans la nature un beau matin, laissant sa femme, son fils et sa fille dans un grand désarroi. Et dans un silence assourdissant.

Personne ne parvient à exprimer la douleur qu’il ressent. Ne reste pour Henry junior que la fuite, qu’une mise à distance avec ces lieux trop lourds, dût-il par la même occasion mettre aussi une distance avec sa mère et sa sœur Threnody qu’il aime plus que tout. Fuir pour se construire, sans le tuteur que fut jusqu’alors son père.

Dans ce roman d’apprentissage, Phillip Lewis dresse le portrait d’une famille taiseuse mais aimante, soudée notamment par cet amour inconditionnel pour les livres. Avec une écriture poétique, travaillée, il fait l’éloge de la lenteur, de ce temps nécessaire à toute cicatrisation, à tout deuil. Pour renaître plus fort, plus loin.

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