Rentrée littéraire : La seule histoire, Julian Barnes

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La seule histoire, Julian Barnes

Editions Mercure de France, août 2018

Rentrée littéraire

Un premier amour détermine une vie pour toujours. Non pas qu’il incarne l’idéal par rapport aux amours ultérieures, mais elles seront toujours affectées par son existence.

A la fin de sa première année d’université, Paul est en vacances chez ses parents et s’ennuie somptueusement. Sa mère lui suggère alors de s’inscrire au club de tennis. Il y croise Susan, 48 ans, mariée et mère de deux filles plus âgées que Paul. Et en tombe amoureux. Pour son premier amour, Paul jubile : c’est typiquement le genre de relation que ses parents désapprouveraient le plus. Une relation qu’ils vivent dans la clandestinité, d’autant que dans ce petit village tout le monde se connaît.

Mais la violence du mari de Suzan à son endroit conduit Paul et sa maîtresse à précipiter les choses : ils s’enfuient à Londres où ils décident de vivre ensemble.

Après la clandestinité, ils peuvent enfin vivre leur amour au grand jour, à plein temps. Tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes si ce n’est que le comportement de Suzan change. Son humeur fluctue. En cause ? Son addiction à l’alcool qu’elle était parvenue jusqu’alors à cacher à Paul. Paul n’a que 25 ans et n’est pas armé pour faire face à pareille situation. Mais Suzan est son premier amour, la femme qu’il aime envers et contre tout. Alors il essaye de la comprendre, de l’excuser. Alors il essaye de garder espoir. Mais rien ne s’arrange. Au contraire. Et de se demander : rester avec elle, est-ce un acte d’amour ou de lâcheté ? Voire les deux ? Il essaye l’amour tendre et l’amour rude, les sentiments et la raison, les promesses et les menaces, la vérité et les mensonges, l’espoir et le stoïcisme. Mais force est de constater qu’il est détruit tandis qu’elle se détruit.

Julian Barnes évoque avec beaucoup de finesse la force d’un premier amour, l’empreinte qu’il laisse sur les relations ultérieures. Quand un premier amour finit mal, il cautérise le cœur et laisse une cicatrice indélébile. Mais pour autant, faut-il regretter d’avoir aimé, même si cet amour n’est plus, ou choisir de ne pas aimer pour ne pas souffrir ? Avons-nous seulement le choix ? Peut-on seulement contrôler la force de son amour ? Une réflexion intéressante et des personnages attachants, qui contrebalancent quelques longueurs.

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