Rencontre avec Caroline Laurent, éditrice, pour le lancement de la nouvelle collection Arpège des éditions Stock : « Je cherche une voix »

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Ce samedi 12 janvier, les éditions Stock présentaient leur nouvelle collection, la collection Arpège, en présence de l’éditrice Caroline Laurent et de trois des auteurs d’Arpège : Théodore Bourdeau, Caroline Caugant et Agathe Ruga. Rendez-vous pris dans une toute nouvelle et spacieuse librairie, la Librairie Ici, sur les grands boulevards.

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                                                Caroline Laurent et Caroline Caugant
  • Pourquoi avoir nommé cette nouvelle collection « Arpège » ? Quelle définition pourriez-vous donner de cette nouvelle collection ?

Caroline Laurent : Une autre de mes obsessions en plus de la littérature, c’est la musique. Et un arpège en musique, c’est une succession de notes différentes, qui forment un accord. Et c’est exactement le projet de cette collection, c’est d’ouvrir le champ de la littérature à des genres variés, roman familial, roman d’apprentissage, roman noir, roman à caractère autobiographique, mais avec une volonté majeure, un accord majeur qui est celui du romanesque. Il s’agit de donner la parole à des auteurs qui sont de véritables conteurs, qui sont capables de créer un univers, de nous entraîner à l’intérieur de cet univers, de bâtir des personnages, de conduire une intrigue et d’avoir une profondeur dans la réflexion et dans les thèmes abordés. Voilà pour la définition générale.

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                       Caroline Caugant, Théodore Bourdeau et Agathe Ruga
  • Quelle est la place de la création aujourd’hui ? 

Caroline Laurent : La création aujourd’hui, elle est vitale. On est dans une période un peu complexe, chahutée et c’est le moment où finalement on a deux chemins qui s’offrent à nous : soit on se replie sur soi, soit on décide de faire les choses. Vous avez compris de quel côté je me trouvais ! Et c’est assez symbolique je trouve, de présenter cette nouvelle collection dans une nouvelle librairie qui montre quand même la vitalité de la culture en France.

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                                               Théodore Bourdeau, auteur du roman Les petits garçons
  • Combien de titres seront rassemblés dans cette collection ?

Caroline LaurentCette collection accueillera une petite dizaine de livres par an. Sur l’année 2019 ce sera à peu près sept à huit livres. L’idée est de porter cette vocation romanesque mais aussi d’assumer qui je suis en tant qu’éditrice, donc d’aller vers des auteurs, vers des voix et vers des thèmes qui me hantent : l’enfant, la mémoire et l’oubli, la filiation au sens large et ses possibles déclinaisons. Avec ces thèmes il y a des décors : soit celui de la nature, soit celui de notre société contemporaine car c’est souvent le romancier qui nous permet d’appréhender au mieux notre monde, notre époque avec ses contradictions et ses ambiguïtés.

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                                               Caroline Caugant, auteur du roman Les heures solaires
  • Que cherchez-vous en lisant un texte ?

Caroline Laurent : Je cherche une voix. La voix, c’est la capacité à être dans une forme de sincérité, c’est un mot qui compte beaucoup pour moi, une forme de mise à nu. C’est aussi le sentiment qu’il y a vraiment quelqu’un qui tient la plume et qui va venir là vous chercher, vous accrocher et qui après est capable de bâtir un monde.

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                                             Agathe Ruga, auteur du roman à paraître en mars Sous le soleil de tes cheveux blonds
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La tresse, ou le voyage de Lalita, de Laetitia Colombani (texte) et Clémence Pollet (illustrations)

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La tresse, ou le voyage de Lalita, de Laetitia Colombani (texte) et Clémence Pollet (illustrations)

Editions Grasset jeunesse, novembre 2018

Une adaptation superbe du best-seller de Laetitia Colombani. Le combat magnifique d’une femme pour l’avenir de sa fille, dans un pays, l’Inde, où appartenir au sexe féminin et à la caste des intouchables de surcroît, équivaut à une double peine.

Lalita a une longue chevelure que sa maman prend le soin chaque matin de tresser. Et en ce grand jour, sa chevelure se doit d’être encore plus impeccable que d’ordinaire : en effet, Lalita va faire son entrée à l’école. Une chance inouïe pour cette petite fille d’échapper au sort et à la condition réservés aux femmes et personnes de sa caste. Une chance que son père, chasseur de rats à mains nues et sa mère, nettoyeuse de latrines des castes élevées, n’ont pas eue.

Mais l’instituteur ne l’entend pas de cette oreille. La place de Lalita n’est pas en classe avec un crayon à la main mais avec un balai. Accablée par le mauvais traitement réservé à sa fille, Smita décide de fuir avec elle. Elle a entendu parler d’une école,  L’école de l’espoir, située en bord de mer et réservée aux intouchables. Une décision courageuse, car si les fermiers les rattrapent, elles seront sévèrement punies. Mais pour Smita, rien n’est plus important que l’avenir de sa fille.

Leur courage sera-t-il récompensé?

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Le roman de Laetitia Colombani est ici magnifiquement adapté en album jeunesse. Les dessins sont joyeusement colorés, à l’image de l’Inde qu’ils évoquent, les textes sensibilisent de manière claire et fine les enfants au sort qui est réservé aux fillettes des basses castes en Inde. Un ouvrage qui permet d’attirer l’attention des enfants sur les dangers de la discrimination, sur les disparités de traitement à travers le monde et sur l’importance de respecter la dignité de chacun. Une invitation à la tolérance, au respect et à la combativité.