La neuvième heure, Alice MCDermott (La table ronde)

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La neuvième heure, Alice McDermott

Traduction de l’anglais par Cécile Arnaud

Editions Quai Voltaire, août 2018

Quartier irlandais de Brooklyn, début du 20ème siècle. Jim a du mal à se lever le matin. Une panne d’oreiller récurrente qui lui vaut d’être licencié de la compagnie des chemins de fer où il travaille, alors que sa femme est enceinte et qu’il y aura bientôt une bouche de plus à nourrir. Accablé, il décide de mettre fin à ses jours. Sa femme et veuve, Annie, est alors prise en charge par des religieuses. Sœur Saint-Sauveur, sœur Lucy, sœur Illuminata, sœur Jeanne, entièrement dévouées aux êtres en détresse, faisant montre d’une abnégation hors-normes, lui offrent un travail et leur indéfectible soutien. C’est entourée de ces femmes, que naît Sally, la fille d’Annie.

En grandissant, Sally accompagne les sœurs soignantes dans leurs tournées auprès des plus démunis. Une jeune fille d’une immense candeur, qui ne connaît rien des hommes, ni de la trahison ou de la méchanceté, ne connaissant le monde qu’à travers le prisme immaculé des religieuses avec lesquelles elle passe ses journées. Pendant ce temps, Annie aspire à retrouver l’amour après un long deuil. Un amour qu’elle va vivre clandestinement avec monsieur Costello, le laitier. Mais monsieur Costello est un homme marié. Sa femme est impotente et nécessite des soins de chaque instant. Dans l’Irlande puritaine, fréquenter un homme marié est un péché mortel. Un danger de perdition.

Et Sally de devoir faire pénitence à la place d’Annie, pour le péché auquel sa mère refuse de renoncer. Pour cela, elle passe plusieurs heures par jour au chevet de madame Costello, prend en charge les tâches les plus ingrates. Jusqu’au jour où, par amour pour sa mère, elle décide de passer à la vitesse supérieure…

Ce roman d’Alice McDermott nous offre une immersion totale dans Brooklyn du début des années 1900. Un saut dans le temps riche en couleurs, en parfums, en images, grâce à la finesse de l’écriture, à la capacité de l’auteur à créer une ambiance. On découvre la misère, l’abnégation totale des religieuses pour apporter à manger, des soins, des attentions, de la douceur, aux personnes les plus démunies. Des sœurs qui sont l’âme de tout un quartier. Jusqu’à quel sacrifice aller par amour pour Dieu ? Jusqu’où aller par amour pour sa mère ? Un roman qui interroge sur nos limites, la force de nos engagements.

 

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