La goulue, Maryline Martin : une biographie passionnante!

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La Goulue, reine du Moulin Rouge

Editions du Rocher, janvier 2019

Tout le monde connaît, au moins de nom, la reine du Moulin Rouge, celle qui fit chavirer les cœurs en dansant le french-cancan. Mais associer La Goulue à cette seule facette est réducteur. Qui était-elle vraiment ? C’est ce que nous propose de découvrir Maryline Martin, dans une biographie aussi vivante et trépidante qu’une soirée au Moulin Rouge.

Celle connue sous son nom de scène, La Goulue, s’appelait en réalité Louise Weber. A la fin du XIXème siècle, elle travaillait comme blanchisseuse avec sa mère à Clichy, puis près du théâtre des Batignolles. Mais cela ne convient pas à son caractère fougueux. Elle n’a qu’une envie, envoyer valser linge et fer à repasser, enfiler de belles toilettes et aller s’enivrer de danse. Elle n’a pas de belles tenues ? Qu’à cela ne tienne, elle « empruntera » sans leur dire les chaussons de satin et dessous froufroutants que les riches clientes lui ont confié à nettoyer. L’accès au Moulin Rouge est interdit aux femmes non accompagnées d’un mâle ? Soit, elle s’y rendra avec un bouc en laisse.

Sa gouaille, son appétit de vivre attirent la gente masculine. Elle devient la muse de Renoir, de Toulouse Lautrec, n’hésitant pas à dévoiler son anatomie à une époque de grande pudeur. Avec sa façon de gesticuler dans tous les sens quand elle danse, bondissant partout tel un cabri, laissant apparaître de la chair entre ses dentelles, elle invente un style. Sa sensualité, sa souplesse, ses provocations, son insolence lui valent d’être vite remarquée et de faire ses débuts comme danseuse professionnelle à l’Elysée Montmartre.

Mais pas seulement. Après le quadrille, elle apprend le domptage avec passion et devient dompteuse de fauves, cravache dans une main, fouet dans l’autre. Blessée par ses fauves, cette femme attachante et généreuse, le sera encore davantage par les hommes.

Oubliée de tous au presque, elle finira ruinée, dans une roulotte, à vendre des lacets.

Maryline Martin nous dresse le portrait de la grande époque et des années folles. Un univers dans lequel La Goulue, femme indiciblement attachante, viscéralement humaine et résolument moderne, bouscule tous les codes. Une biographie richement documentée, très bel hommage à celle disparue il y a près d’un siècle.

 

 

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