Rencontre avec Théodore Bourdeau : « je suis né heureux et après tout s’est compliqué. »

Théodore Bourdeau est journaliste. Après avoir travaillé au « Petit Journal », il est aujourd’hui producteur éditorial de l’émission « Quotidien » diffusée sur TMC. Les éditions Stock publient son premier roman, Les petits garçons, dans la nouvelle collection dirigée par Caroline Laurent, la collection Arpège. Rencontre avec l’auteur.

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Journalisme et littérature, deux métiers de l’écrit

Si j’écris un peu tout le temps car en tant que journaliste, c’est la base de mon métier, en revanche écrire un roman n’était pas du tout évident. C’était même hyper intimidant, impressionnant car je fais partie de ces gens qui pensent que la littérature c’est quelque chose d’important, de sacré. Et donc écrire un livre, c’est une responsabilité. J’ai beaucoup hésité, je ne me sentais pas prêt.

Quel a été le déclic pour vous lancer dans un roman ?

Je ne me suis pas senti prêt pendant très longtemps et puis un jour, il y a une lecture qui a agi comme un déclic. C’est un passage dans les journaux que tenait un auteur qui est décédé il n’y a pas très longtemps Maurice Dantec. Il y a un volume qui s’appelle Le laboratoire des catastrophes générales, c’est sa vie, ses lectures. Il raconte ses retrouvailles avec son ami d’enfance, l’ami avec lequel il partageait à l’école son amour de la lecture, de la littérature. Ils se retrouvent 25 ans plus tard et l’ami en question fond en larmes : cet ami raconte son regret, sa peine de n’avoir jamais écrit de livre. En lisant ce passage, j’ai vu une espèce de projection cauchemardesque de moi-même en n’écrivant pas et je me suis dit : « Bon maintenant il faut t’y mettre, essaye on verra bien, mais il est hors de question que tu ressentes les mêmes regrets que ce personnage. »

Quels sont les thèmes du roman, Les petits garçons ?

Le premier thème qui est venu, c’est l’enfance. Tout de suite je me suis dit que j’allais écrire à partir de l’enfance, de souvenirs d’enfance. Je suis un jeune père, c’est un sujet qui a tendance à me travailler. J’ai une petite fille et quand j’ai commencé à écrire il y a deux ans, elle avait deux ans. Je la regardais et je me disais : ce petit être merveilleux de pureté, face à moi être corrompu par le monde. Je me suis demandé : qu’est-ce qui lui restera de son enfance quand tu seras une femme ? Qu’est-ce qu’il nous reste de notre enfance quand on devient des adultes ? Ça a été la première question. Et ensuite, en réfléchissant pour commencer à écrire, m’est venu ce souvenir d’enfance : je suis né heureux et après tout s’est compliqué. C’est devenu la première phrase du roman, c’est ça qui m’a permis de commencer à tirer le fil.

C’est aussi un livre sur l’amitié, sur les amitiés de l’enfance

J’ai toujours été fasciné par les amitiés d’enfance. Qu’ont-elles d’absolument magique ? Qu’est ce qui fait qu’on s’unit, quand on est des petites filles ou des petits garçons, qu’est-ce qui fait que ces amitiés-là résistent autant aux épreuves ?

Vous avez deux personnages très différents, opposés même

J’avais envie de travailler avec deux personnages très différents et là pour le coup, ils le sont radicalement. Le narrateur est un looser, battu par les vents, il ne fait jamais vraiment les bons choix, il hésite, il tombe amoureux tout le temps. Au contraire, l’autre personnage est très brillant, réussit tout, réussit vite, est absolument génial, ce qui rend le narrateur absolument fasciné par son ami. Qu’est-ce qui fait que ces deux personnages hyper différents soient liés, soient si proches qu’ils savent de l’autre des choses que les autres ne savent pas ? Qu’est-ce qui explique ce lien qui va résister aux épreuves ?

Vous le découvrirez en lisant Les petits garçons !

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