Une affaire de famille, Hirokazu Kore-eda

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Editions JC Lattès, décembre 2018

 Une famille, en Asie, dans laquelle les membres se sont choisis. Ou quand les liens tissés par des inconnus au départ se révèlent être aussi forts que ceux du sang.

Une famille pas comme les autres au Japon

Depuis plusieurs mois, quand ils se rendent au supermarché le mercredi, Shôta et Osamu remarquent une fillette seule, sale, au regard vide et aux bras couverts de bleus. Elle reste accroupie en bas d’un immeuble délabré. Mais ce jour-là, par un matin rude de février, ils n’ont pas le cœur de passer leur chemin et de la laisser dans le froid glacial. Malgré leurs maigres revenus, ils décident de la ramener avec eux dans leur modeste maison. Une maison où cohabitent déjà dans un petit espace sans confort la grand-mère Hatsue, le fils Shôta, la fille Aki, la femme Nobuyo et le père Osamu. Désormais, il faudra compter aussi avec la petite Yuri.

La famille vit de la maigre retraite de la grand-mère et d’un « travail » de vol à l’étalage par le père et le fils. Ils ne dérobent que ce dont ils ont besoin pour survivre, rien d’extravagant.

Chacun prend peu à peu ses marques. La fillette se laisse apprivoiser par cette famille aimante, par cet environnement de douceur qui effacerait presque les stigmates de la violence qui a jalonné sa vie jusqu’alors. Elle apprend avec le fils comment pratiquer le vol à l’étalage et les aider à subvenir à leurs besoins. Ou comment vivre de peu mais être heureux.

Jusqu’au jour où le décès de la grand-mère va mettre à jour les multiples secrets qui les lient… Appartiennent-ils réellement à une seule et même famille?

Une affaire de famille, mon avis

Le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda explore les liens profonds qui unissent les membres de cette « apparente » famille : une famille qui se choisit peut-elle vibrer d’un amour aussi fort qu’une famille construite sur les liens du sang ? Peut-on être heureux sans argent, mais avec l’amour pour toute richesse ? L’occasion, pour l’auteur, de rendre hommage aux laissés pour compte du Japon contemporain. J’ai été touchée par ce roman, par cet amour inconditionnel entre les êtres qui se sont choisis et adoptés mutuellement. J’ai eu plus de mal à adhérer à leur secret, lequel m’a paru peu crédible. Mais ce petit bémol n’enlève rien à la poésie et à la beauté de l’histoire.

 

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