L’appartement du dessous, Florence Herrlemann

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Après « Le festin du lézard », Florence Herrlemann nous revient avec un nouveau livre absolument magnifique : L’appartement du dessous. Dans ce roman, les échanges épistolaires entre une locataire centenaire et une nouvelle arrivante vont servir de fil rouge à un fascinant et bouleversant voyage dans le temps, de la seconde guerre mondiale à nos jours. Ou quand la parole se délie au fil des mots et tisse la trame d’une aussi improbable que merveilleuse amitié. Un gros coup de cœur !

Une correspondance à l’origine d’une belle et forte amitié

Imaginez que vous emménagiez dans un nouvel appartement par un dimanche ensoleillé d’avril au cœur du Marais à Paris et que vous découvriez sur votre paillasson une lettre de bienvenue de la voisine centenaire du dessous. Vous en seriez touché, n’est-ce pas ? Mais comment réagiriez-vous si ces lettres se multipliaient, mêlaient douceur et insistance à ce que vous y répondiez ? Vous en seriez un peu agacé, je me trompe ? Et vous vous interrogeriez sur la raison de ces lettres, sur l’identité de son auteur. Ce à quoi Hectorine, la voisine du dessous vous répondrait : « Un jour vous saurez ». Vous seriez bien avancé.

C’est ce qui arrive à Sarah, trentenaire, illustratrice dans l’édition, quand elle s’installe dans l’appartement hérité de sa grand-mère, une femme acariâtre qu’elle n’a pas connue. Entre les cartons à ouvrir, les meubles à monter et son travail, elle n’a pas le temps de répondre aux lettres d’Hectorine, charmante mais pour le moins intrusive et envahissante voisine du dessous. Et Hectorine de l’exhorter à entamer une correspondance, estimant que rien ne justifie l’absence de réponse à ses lettres, pas même le fait que Sarah soit débordée. Titillée par les propos culpabilisants d’Hectorine, touchée par ses attentions constantes comme ces madeleines préparées avec tendresse qu’elle lui laisse sur le palier, Sarah finit par lui écrire une lettre. De toute façon, Hectorine ne lui laisse aucun autre moyen de communiquer avec elle : elle refuse de lui ouvrir sa porte et annonce d’emblée ne pas avoir de téléphone.

Tout d’abord réticente, Sarah se prend au jeu de la correspondance. Les paroles emplies de sagesse d’Hectorine, ses conseils, son écoute attentive, lui deviennent précieux. Vitaux même. Sans compter qu’elle n’en sait toujours pas davantage sur l’identité d’Hectorine, ne connaît que son prénom. Et la centenaire excelle à aiguiser la curiosité de Sarah (et du lecteur !). Elle ne lui dévoile qu’un épisode de sa vie à chaque fois, tel un feuilleton qu’elle interrompt malicieusement à chaque rebondissement, tenant Sarah captive du lasso de ses révélations parcimonieuses.

« Il est des combats déjà vains. Quand tout devient sombre, quand on ne saisit plus réellement le sens de l’existence, il est bon de savoir s’arrêter. Ne plus penser à rien d’autre qu’à l’instant présent. Respirer lentement et se dire qu’une seule chose importe, le souffle qui se propage jusque dans chaque extrémité de notre corps, la présence à nous même, maintenant, à cet instant précis. Et vous vous rendrez compte alors que votre respiration absorbe le passé et l’avenir, les regrets et les peurs, et qu’elle vous fait goûter à l’éternité, parce que, justement, elle est hors du temps ! »

Au fil des mots, l’histoire d’Hectorine rejoint la grande Histoire, embarque Sarah et le lecteur dans l’Allemagne nazie du IIIème Reich, dans Berlin, puis le Paris de l’après-guerre. Le cœur de Sarah s’ouvre à cette femme qui a traversé le siècle, qui a surmonté tant d’épreuves. Chacune trouve en l’autre une oreille attentive et bienveillante, un cœur tendre et aimant. Une amie. Quel secret guide les lettres d’Hectorine ? Pourquoi ce mystère autour de leur correspondance ? Pourquoi avoir choisi Sarah, parmi tous les résidents de l’immeuble, comme destinataire de ses lettres ? Je vous laisse le découvrir en même temps que Sarah…

Quatre bonnes raisons de lire L’appartement du dessous de Florence Herrlemann

Ce roman m’a profondément émue, transportée. Je pourrais me contenter de vous dire : lisez-le ! Achetez-le, vous verrez ! Je pourrais aussi adopter la réponse d’Hectorine et vous dire : « Un jour, vous saurez », et ce jour, c’est quand vous l’aurez lu. Car alors vous comprendrez mon enthousiasme.

Dans le florilège des parutions littéraires du mois de mars, je vous invite vivement à lire L’appartement du dessous car :

  • C’est un livre viscéralement humain, profond, émouvant, qui donne à la relation épistolaire toutes ses lettres de noblesse et place l’humain au coeur.
  • Les personnages sont magnifiques et indiciblement attachants. Hectorine et Sarah vous habiteront longtemps. L’auteure sait créer une telle intimité avec ses personnages, qu’on a le sentiment qu’on pourrait les croiser dans la rue, dans notre voisinage.
  • L’écriture de Florence Herrlemann est d’une grande sensibilité, très poétique et fluide. Elle vous embarque dans son histoire et ne vous lâche plus jusque la dernière page.
  • La lecture de ce livre est addictive : Florence Herrlemann tient le lecteur captif, happé par le désir de découvrir le secret d’Hectorine, le pourquoi de ses lettres. Et la chute est vertigineuse ! Mais chuttt je vous laisse la découvrir…

Vous êtes encore devant votre écran ? Mais enfin, vous devriez déjà être en chemin pour la librairie ! Et revenez me donner des nouvelles d’Hectorine et de Sarah ensuite !

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