Akli Tadjer : Qui n’est pas raciste ici?

livre d'Akli Tadjer sur le racisme

Akli Tadjer nous revient avec un manifeste édifiant, Qui n’est pas raciste ici ?, publié aux éditions Jean-Claude Lattès. Un livre écrit en réponse au refus de certains lycéens de province de lire son roman, pour des motifs racistes. Blessé, choqué, en colère, Akli Tadjer a tenu à aller quand même à la rencontre de ces jeunes et nous en parle dans ce livre brillant, clair. Essentiel.

Racisme, islamophobie, intégrisme, ne pas faire l’amalgame

Akli Tadjer est l’auteur de plusieurs livres, souvent étudiés au collège et au lycée. Il consacre une partie de son temps à aller à la rencontre de ces jeunes dans les cités, en province, ayant fait de sa vie et de ses œuvres un combat permanent contre le racisme, contre la haine de l’Autre.

« Je sais bien que ce n’est pas seulement avec de bons sentiments et mes romans que le racisme disparaîtra mais, plus aujourd’hui qu’hier, c’est mon combat puisque cette maladie ne connaît pas la rémission. »

Et de fait, certains lycéens ont refusé de lire son roman, Le porteur de cartable, à la fois parce que l’auteur n’est pas français (et en plus ils se trompent, Akli Tadjer est né et a grandi en France), parce qu’un des personnages se prénomme Messaoud et que le roman comporte quelques mots en arabe.

Sidération de l’auteur. On le serait à moins.

Akli Tadjer se rend dans le lycée en question et, face à ces lycéens, entame une discussion, tente de comprendre comment est née chez eux la haine de l’Autre, car :

« On ne naît pas raciste, on le devient, être raciste c’est se sentir supérieur à l’Autre. »

Or faut-il rappeler que le racisme est un délit, donc répréhensible par la loi ? Pourquoi cette peur qui dégénère souvent en haine vis à vis de celui qui a une couleur de peau ou une religion différente ? Et les réponses qu’il reçoit de confirmer le manque d’information, les stéréotypes et préjugés véhiculés par les réseaux sociaux, Internet et certains médias. Pour ces lycéens au nombre desquels on ne compte aucun noir de peau, aucun arabe, aucun asiatique, l’étranger est un envahisseur menaçant, arabe de préférence et islamiste. C’est ce qu’ils entendent, voient sur le net. Pour la plupart d’entre eux, être arabe c’est être intégriste, islamiste, potentiellement membre de Daech et donc potentiellement terroriste. L’amalgame est total.

L’auteur leur ouvre alors le regard, balaie les préjugés, les invite à la réflexion. Un à un il démonte leurs arguments, explique, informe.

Trois bonnes raisons de lire cet essai sur le racisme d’Akli Tadjer

Il est important de lire ce manifeste sur le racisme, de l’offrir à des jeunes bien sûr car ils sont le monde de demain, mais aussi à des moins jeunes car ils font le monde d’aujourd’hui. Les mots contre la peur. Les mots contre l’ignorance. Les mots contre la haine.

C’est un livre essentiel en ces temps chahutés car :

  • Il informe le lecteur, de façon claire et argumentée. Or le racisme naît souvent d’un manque d’informations voire de la désinformation.
  • Il met en garde contre les amalgames, les généralisations faciles, les préjugés racistes, la ghettoïsation dans les banlieues, rappelle ce qu’est la laïcité.
  • Il combat avec « des armes pacifistes » la discrimination : les mots, le dialogue, l’ouverture à l’Autre, l’empathie.

Un livre essentiel, brillant, viscéralement humain.

« Nous avons tous en nous la capacité de haïr les autres mais nous avons aussi celle d’aller vers eux. »

 

 

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