L’âme du violon, Marie Charvet : MAGNIFIQUE

l'âme du violon de Marie Charvet

©Karine Fléjo photographie

Du 17ème siècle à nos jours, de l’Italie à la France en passant par les Etats-Unis, Marie Charvet nous offre un roman choral absolument magnifique, envoûtant, humain : le destin de quatre personnages terriblement attachants, liés les uns aux autres par un violon de maître.

De la lutherie à la mélomanie : quand la musique unit les êtres

Nous sommes au 17ème siècle en Lombardie. Giuseppe est un artisan hors pair. Il façonne des violons, les entretient, les accorde, les répare, pour le compte de son maître, le célèbre et colérique luthier Giovanni Maggini. Mais si Giovanni Maggini est davantage devenu un homme d‘affaires, un être attiré par le gain, Giuseppe est demeuré un artiste, un perfectionniste. Or la perfection exige du temps, quand l’argent, lui, court après. Des différences de points de vue qui ne sont pas sans créer de tensions entre les deux hommes. Jusqu’au drame qui mettra un terme prématuré à la carrière de Giuseppe et devra lui faire envisager de former un successeur. Heureusement, il y a Stefano, le neveu du maître, adopté par ce dernier à la mort de sa mère. Un petit ange aux boucles blondes, curieux, intrépide et à l’intelligence vive, pour lequel Giuseppe s’est pris d’une infinie affection. Tous deux passent en secret des heures ensemble à l’atelier. Stefano est désireux d’apprendre le métier et se révèle étonnamment doué pour la lutherie. Saura-t-il se montrer à la hauteur du savoir et de l’expérience que Giuseppe souhaite lui transmettre ? Parviendront-ils à réaliser un violon parfait ?

Autre amoureux de la musique : Lazlo. Dans son campement de Nogent-sur-Marne, Lazlo fait figure d’être à part. Là où ses congénères manouches sont d’habiles vendeurs et ramènent au campement de quoi vivre de leur négoce, Lazlo se sent l’âme d’un musicien. Depuis tout petit, il ne jure que par le violon et passe des heures à en jouer. Un talent indéniable, brut. Élevé par son oncle Nathanaël, lequel lui a offert cet instrument, il ne vit que par et pour la musique. Son rêve ultime : gagner assez d’argent avec son violon pour se payer la traversée en bateau jusqu’en Amérique, terre de tous les possibles. Utopie ou réalité proche ?

Lucie, quant à elle, voit dans le violon que lui a légué sa grand-mère musicienne, la possibilité de peut-être vivre de sa passion : celle d’artiste peintre. Encore faut-il que ce violon, soit réellement un violon de maître, pour que sa vente puisse financer le matériel et les frais de sa future exposition. Le verdict de l’expert sera-t-il à la hauteur de ses espérances ?

Enfin, Charles, polytechnicien, est un directeur de société aussi admiré que redouté, qui à 35 ans est d’une ambition sans failles. Solitaire, en dehors des chiffres et des contrats, il n’a qu’une passion : la musique. Une passion dans laquelle il est entré comme on entre en religion. Et quand il assiste au concert d’une violoniste, Aure van der Eyssel, une deuxième passion naît. Pour la femme elle-même cette fois. Et de décider de collectionner les violons de maître de l’atelier Maggini pour les lui offrir.

Quatre êtres, quatre destinées, un violon. Pour un grand roman.

L’âme du violon, un énorme coup de cœur

Parler d’un livre qui vous a transportée à ce point est étrangement plus difficile que d’évoquer un livre qui vous a moyennement plu. Car aucun mot ne semble à même de traduire l’intensité de mon émotion à sa lecture. J’ai presque envie de vous dire : « Lisez-le et vous comprendrez ! » Marie Charvet sait créer une atmosphère envoûtante, chaleureuse, enveloppante. Elle crée entre ses personnages et le lecteur une proximité telle, que vous avez le sentiment de vivre à leurs côtés, de trembler avec eux, d’espérer avec eux.

La difficulté d’un roman choral tient essentiellement à l’équilibre qu’il faut savoir garder entre les différents personnages, à l’intérêt égal que chacun doit susciter. Or Marie Charvet nous compose un texte sans bémol, rythmé, aux notes envolées et légères. Déchirantes parfois. D’une sonorité sublime toujours. Sur la partition de son texte, les personnages inscrivent leur vie, une vie riche, passionnée et passionnante, celle d’êtres animés par le désir de concrétiser leur rêve : réaliser un violon parfait, aller en Amérique, collectionner des violons de maître pour les offrir, réussir comme artiste peintre. Il ne s’agit pas là de quatre morceaux distincts, mais d’une même partition dont les notes s’inscrivent à travers les siècles : car l’auteure excelle à accorder le destin de ses personnages, à le mettre au diapason d’une construction sans failles. Ce roman m’a fait littéralement frissonner l’âme… et me hante avec force, alors que j’en ai achevé la lecture il y a plusieurs jours déjà. Comme une musique douce et merveilleuse…

Nul doute, si les violons ont une âme, ce livre en a une aussi ! Et comme elle est belle! ❤

 

5 commentaires sur “L’âme du violon, Marie Charvet : MAGNIFIQUE

  1. Karine Avec autant de talent pour écrire ✍️ Ton propre livre va explose de succès Merci pour tes commentaires qui nous font « tomber « dans chacune de tes lectures avant même d avoir parcouru une seule page …! Je ne joue pas du violon 🎻…:)!!!! Agnès messager

    Envoyé de mon iPhone

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