L’ivresse des libellules, Laure Manel

L'ivresse des libellules de Laure Manel

©Karine Fléjo photographie

Laure Manel est l’auteur de La délicatesse du homard et de La mélancolie du kangourou. Dans son troisième roman, L’ivresse des libellules, elle nous livre une chronique douce-amère sur le couple.

Quatre couples et une jolie femme

Quand quatre couples d’amis partent ensemble en vacances, ce n’est déjà pas simple à gérer. Il y a les désirs des uns, les préférences des autres, les conciliants, les rigides, les émotifs, les rentre-dedans, les leaders, les soumis, les lève-tôt, les couche-tard, les sportifs, les dilettantes, les vegans, tout un monde à concilier. Heureusement, cette année, ce devrait être plus simple. En effet, Sybil, la meneuse autoproclamée de la bande, a proposé et obtenu que les couples viennent sans leurs enfants. Une décision à laquelle il lui est facile de se soumettre puisqu’elle n’a pas justement d’enfants. Seulement une belle-fille, Léa, avec laquelle les rapports sont quelque peu tendus. Pas de cris, pas de pleurs, de chamailleries, de ras-le-bol de marcher, de je-n’aime-pas-les-légumes, les enfants resteront chez leurs grands-parents respectifs ou chez l’ex-conjoint. La tranquillité sera ainsi assurée.

Enfin, tranquillité en théorie. Certes, les enfants ne sont pas de la partie, mais Claire a proposé à Valentine, récemment séparée et donc le moral en berne, de se joindre au groupe. Une jeune femme aux jolies formes, belle malgré sa tristesse, qui ne va pas laisser les hommes et l’un d’eux en particulier, indifférents. Des hommes qui, contrairement aux attentes, ne lui sont pas tous inconnus…

Et le loup d’être lâché dans la bergerie.

Les couples sont mis à rude épreuve, entre tentation de l’un, infidélité de l’autre, usure des sentiments face au temps qui passe, séduction et sexualité en berne, rivalité avec les beaux-enfants, désir évaporé… Ces vacances, à défaut d’être paisibles, permettront-elles à chaque couple de mettre les choses à plat et de repartir sur de meilleures bases ?

Vie de couple et usure du temps : une fatalité ?

Après La délicatesse du homard et La mélancolie du kangourou, Laure Manel nous revient avec un roman plus léger. Un roman sur l’amitié et l’amour, sur les tourments du couple face à l’épreuve du temps. Devenir mère a souvent pour effet de faire passer la femme au second plan. La maman a moins de temps pour s’occuper d’elle, pour vivre des moments intimes avec son conjoint, de sorte que beaucoup de couples souffrent en silence de ces liens distendus, loin de la passion du début. Les hommes regardent alors parfois plus facilement ailleurs. Et certains couples n’y survivent pas. Mais refaire sa vie, dans une famille recomposée, n’est pas simple non plus. Dur de trouver sa place dans le cœur des beaux-enfants, de supporter les divergences d’éducation du nouveau conjoint. Chacun doit trouver ses marques.

Valentine agit ici comme un révélateur des crises conjugales qui sommeillent dans ces couples. Toute crise est-elle à redouter pour autant ? Ou peut-elle être l’occasion de se parler à cœur ouvert, de faire part de ses besoins, de ses envies, d’écouter les ressentis de chacun et de tout mettre en œuvre, dès lors, pour faire renaître la passion ? Je vous laisse le découvrir…

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