L’amitié, se faire des copains et les garder, Isabelle Filliozat

cahier Filliozat L'amitié

©Karine Fléjo photographie

Avoir des amis est une source de bonheur, d’épanouissement et de confiance en soi. Mais se lier d’amitié n’est pas toujours facile. Ce cahier d’activités va justement aider l’enfant à développer sa capacité relationnelle. Un insert à destination des parents les conseille sur la façon d’apprendre à leurs enfants comment cultiver l’amitié.

Les enfants et l’amitié : l’amitié s’apprend et se cultive

Avoir des amis avec lesquels partager des jeux, des rires, échanger, jouer, rêver est un facteur d’épanouissement. Et alimente la confiance en soi. Pour autant, il n’est pas toujours aisé pour un enfant de se faire des amis, d’aller vers les autres et de les laisser venir à soi. Les timides, les petits nouveaux dans une école ou dans une activité, les complexés, les soumis, resteront en retrait à rêver d’être intégrés.

Bonne nouvelle, l’amitié s’apprend ! Il est tout à fait possible de surmonter les difficultés à aller vers les autres, d’apprendre à surmonter sa crainte du rejet. Et la méthode Filliozat, basée sur une approche empathique et résolument positive de l’enfant, vous propose des exercices ludiques pour découvrir comment surmonter ses appréhensions et ses difficultés.

La méthode Filliozat ou la parentalité positive

Les cahiers Filliozat (éditions Nathan), déclinés en plusieurs thèmes que j’ai évoqués au fil des parutions sur ce blog (la confiance en soi, la colère, les émotions…), sont extrêmement bien conçus et adaptés aux problématiques de l’enfant. Avec des jeux simples, le cahier d’activités « L’amitié, se faire des copains et les garder », aide l’enfant à exprimer son ressenti, ses envies, ses frustrations, quand il voit d’autres enfants jouer et aimerait les rejoindre. Ou quand il invite un enfant à jouer avec lui mais essuie un refus. Avec des mises en situation simples, l’enfant apprendra peu à peu comment aller vers les autres, comment être à l’écoute de son ressenti et du leur, comment entretenir de bonnes relations avec les autres. Car l’amitié se cultive !

Un cahier à destination des parents est inséré en fin d’ouvrage, pour les aider à accompagner leur enfant dans le tissage de liens avec les autres. Et démonte à cette occasion certaines idées reçues : non un enfant ne doit pas obligatoirement prêter TOUS ses jouets, non il n’a pas forcément d’affinité avec son camarade parce qu’ils ont le même âge, non la popularité dans un groupe n’est pas à confondre avec l’amitié qui lui est portée, non s’excuser d’avoir mal agi n’est pas forcément la bonne option.

Un cahier que je plébiscite une fois encore tant c’est un outil pédagogique merveilleux, pour les enfants comme pour leurs parents.

Une enfant de l’amour, d’Edith Olivier

une enfant de l'amour livre

©Karine Fléjo photographie

Une enfant de l’amour est le premier livre de la romancière anglaise, Edith Olivier, paru dans les années 1920 en Angleterre. Un roman sur la relation fusionnelle entre Agatha, orpheline trentenaire, et Clarissa, une fillette d’une dizaine d’années. Fusionnelle et purement exclusive aux yeux d’Agatha. Un roman envoûtant sur une relation d’amour qui se transforme en véritable poison.

D’une relation passionnelle à une relation toxique

Au retour de l’enterrement de sa mère avec laquelle elle partageait le toit et le quotidien, Agatha se sent envahie par un sentiment de solitude accablant.

« Il était étrange qu’elle le perçût si douloureusement, elle qui avait toujours été une créature solitaire – une enfant solitaire, une jeune fille solitaire, et maintenant, à trente-deux ans, une femme plus solitaire encore. »

Agatha et sa mère demeuraient très réservées y compris l’une envers l’autre, ne partageaient pas plus d’expériences personnelles ni de confidences toutes deux, qu’avec d’éventuels amis, parents ou voisins. Mais une troisième personne a pourtant recueilli les confidences d’Agatha sous ce toit. Pétrie de douleur, Agatha se remémore en effet Clarissa. La fillette fut sa confidente et meilleure amie, sa compagne de jeu, alors qu’enfant, et de surcroît enfant unique, elle avait déjà souffert de cette intolérable solitude. Mais après quatre années de complicité délicieuse, la gouvernante d’Agatha avait mis fin à cette amitié qu’elle jugeait malsaine.

Dix-huit années ont passé et le souvenir de Clarissa demeure intact. Agatha sent alors une révolte monter en elle : sa gouvernante n’avait pas le droit de la priver d’une présence si salvatrice, c’était profondément injuste. Elle veut et doit retrouver Clarissa. Elle veut et doit passer outre ce qu’en pensent les autres.

Et de convoquer Clarissa à nouveau.

Sauf que Clarissa n’a pas d’existence réelle, n’est pas un être de chair et de sang.

Clarissa est une amie imaginaire, celle qu’elle s’est inventée quand elle était petite, avec laquelle elle dialoguait de façon imaginaire, jouait, riait. Elle seule la voyait, l’entendait. D’où la réaction de sa gouvernante.

Après plusieurs tentatives, Agatha sent à nouveau la présence de Clarissa, la voit, lui parle, l’entend. Sans que les domestiques ne soupçonnent rien. Mais un jour, tandis qu’elle décide d’acheter de jolies tenues pour la fillette, Clarissa prend vie réellement, se matérialise dans ses nouveaux atours sous les yeux de chacun. Et d’inventer que Clarissa est une enfant qu’elle a adoptée, afin que personne ne se pose trop de questions.

La relation entre Agatha et Clarissa devient celle de deux meilleures amies. Clarissa grandit, de même que grandit l’affection qu’elles se portent mutuellement. Une affection et un amour qui, aux yeux d’Agatha, ne souffrent aucun partage. Comment va-t-elle réagir quand Clarissa va désirer s’ouvrir au monde extérieur, sortir de ce vase clos mère-fille et avoir des amis, voire un amour ?

Mon avis sur le livre d’Edith Olivier

Cette traduction de l’anglais par Constance Lacroix est savoureuse en ce sens qu’on est immédiatement plongés dans l’Angleterre à l’époque victorienne, ses traditions, son côté légèrement suranné. C’est un vrai voyage dans le temps et dans l’espace. Edith Olivier nous offre une histoire qui flirte avec le fantastique, mais qui peut être tout à fait transposée dans le réel. Cette relation mère-fille nous réjouit dans un premier temps, car Clarissa permet à Agatha de se réapproprier son enfance, de chasser ce sentiment d’atroce solitude qui l’étreint. Mais on sent au fil des pages que dans l’ombre quelque chose se trame, que cet amour qu’Agatha voue à Clarissa n’est pas si pur que cela. La tension va crescendo et tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Une lecture envoûtante aux accents so british, de ce classique anglais.

 

Comme si tout recommençait, Léa Wiazemsky

comme si tout recommençait de Léa Wiazemsky

©Karine Fléjo photographie

Un roman intergénérationnel, qui place l’humain au cœur, et montre que le bonheur et l’amour sont possibles à tout âge.

Rêves et désillusions

Depuis son plus jeune âge, Barbara a développé une conviction : celle que le bonheur serait à sa portée. Elle en a fait sa quête, son but ultime, la destination à atteindre. Mais les désillusions sentimentales se sont succédé et l’ont déviée de sa route. La dernière en date lui a porté le coup de grâce. Avec Victor, elle avait cru en effet pouvoir se poser, passer le reste de sa vie, fonder une famille. Son désir d’enfant chevillé au corps n’avait cependant pas trouvé d’écho immédiat en lui. Il repoussait sans cesse l’échéance, jusqu’à conclure finalement qu’il lui ferait un enfant pour ses quarante ans. Alors elle a patienté.

Mais juste avant ses quarante ans, il l’a quittée pour une autre.

Décomposée, Barbara trouve du réconfort auprès de Julie, sa meilleure amie, laquelle prend les choses en mains : Barbara doit prendre un nouveau départ, changer de vie, changer de ville. Un poste de responsable de maison de retraite est à pourvoir dans le sud, pourquoi ne tenterait-elle pas sa chance ?

Quand Barbara débarque dans la maison de retraite, l’ambiance est sinistre. Les pensionnaires sont tristes, esseulés, les activités pour les distraire quasi inexistantes, le manque de personnel lancinant, la nourriture infâme. Mais somme toute, ce chantier colossal qui s’ouvre à elle la distraira de ses idées sombres. S’occuper des autres, se rendre utile, donnera un peu de sens à sa vie.

Un roman lumineux, empreint de tendresse

Dans ce troisième roman, Lea Wiazemsky revient à un thème qui lui est cher : celui de la fuite inexorable du temps, des liens entre les générations. Avec beaucoup de douceur, sans mièvrerie, elle met des couleurs dans la grisaille de l’existence de ses personnages, leur insuffle de l’espoir.  Car s’il y a une leçon à retenir ici, c’est qu’il ne faut jamais désespérer de rien. La vie est riche en rebondissements et l’être humain en ressources insoupçonnées. Le lecteur se laisse alors porter par cet élan d’humanité et d’optimisme, s’attache aux personnages au fil des pages et referme le livre ému, le sourire aux lèvres . Un roman qui offre un rayon supplémentaire à la journée de celui qui le lit!

Citation du jour

On peut douter de tout, sauf de soi. Vous faites de votre mieux, toujours, j’en suis convaincue. Nous faisons tous de notre mieux, mais cela ne nous rend ni parfaits, ni infaillibles. Nos erreurs, nous les avons commises avec les informations dont nous disposions à ce moment-là, avec l’intention de réussir. Ce n’est qu’après coup que nous constatons qu’une meilleure solution était possible. C’est ce qui s’appelle l’apprentissage de la vie. Nous apprenons tous de nos erreurs, de nos difficultés. Mais si vous doutez de vous, vous vous rendrez responsable de l’échec d’une situation quand ce n’est pas forcément le cas.

Marilyse Trécourt – Une vie plus belle que mes rêves (éditions Eyrolles)

une vie plus belle que mes rêves Marilyse Trécourt

©Karine Fléjo photographie

 

Le rêve de la baleine, Ben Hobson : magnifique

le rêve de la baleine Ben Hobson

©Karine Fléjo photographie

Après le décès de sa mère, Sam, 13 ans, doit composer avec son chagrin et avec celui de son père. Un homme taiseux, qui a l’habitude de s’absenter plusieurs mois pour aller dépecer les baleines dans une usine. Comment vivre avec la douleur et l’absence ? Comment réinventer sa vie, tant pour le fils que pour le père ? Un conte initiatique d’une grande beauté.

Deuil et reconstruction

Ils menaient une existence heureuse tous les trois, malgré les absences régulières du père pour aller travailler plusieurs mois à l’usine, sur une île éloignée. Puis ce fut le drame : après une longue maladie, la mère de Sam décède. Non seulement le jeune garçon va devoir composer avec son chagrin, mais aussi avec le caractère taiseux de son père.

Ce dernier a d’ailleurs tout vendu, sans en parler à son fils. La maison où ils vivaient tous les trois, leurs affaires, tout lui rappelle cette vie de famille qui n’est plus.

Faire table rase. Mettre une distance physique avec son passé pour mieux le dépasser.

Il propose à son fils d’arrêter l’école et de l’accompagner à l’usine. Une perspective angoissante pour l’enfant, qui va devoir surmonter la cruauté de ce métier de dépeceur de baleine, l’extrême dureté des conditions de travail sur une île malmenée par la météo, à un moment où de surcroît il aurait eu besoin de douceur et de réconfort. Mais Sam garde ses appréhensions pour lui. Il s’agit de ne pas décevoir son père, de jongler avec ses sautes d’humeur, pour s’attirer sa bienveillance et non son agressivité. Pas simple pour un enfant jeté du jour au lendemain dans le monde des adultes.

Entre un père taciturne, dur, en apparence indifférent, et un enfant sensible, affectueux, avide de reconnaissance, les liens parviendront-ils à se tisser ? Réussiront-ils à surmonter leur chagrin, à s’apprivoiser, pour construire une vie ensemble ?

Un roman initiatique bouleversant

C’est un roman magnifique que nous offre Ben Hobson dans Le rêve de la baleine, un roman où l’envie de vivre est plus forte que tout. Sans verser dans le pathos, l’auteur nous entraîne sur Moreton Island, une île sauvage battue par les vents, aux côtés d’un père et de son fils qui tentent de rester debout, de trouver leur place dans un contexte hostile. Le ton est juste, l’écriture fluide, la tension narrative croissante, de sorte qu’on peine à reposer le livre une fois commencé.  A la lecture de ce texte sensible, imagé, le lecteur a envie de prendre le petit Sam dans ses bras, de lui apporter de la chaleur, du réconfort, tant l’auteur a su le rendre attachant, bouleversant d’humanité. Un petit garçon combattif, merveilleux, qui ne s’oublie pas de sitôt le livre refermé. Un très beau voyage au large de Brisbane, sur les côtes australiennes. Un gros coup de cœur !