Rentrée littéraire : La chaleur, Victor Jestin

La chaleur Victor Jestin Flammarion

©Karine Fléjo photographie

Quand un adolescent mal dans sa peau, hermétique à la séduction, au sens de la fête, voit sa dernière journée de vacances osciller entre cauchemar et naissance du désir. Un premier roman à la tension croissante et à l’atmosphère délicieusement inquiétante.

Une adolescence difficile

Léo est en vacances dans un camping écrasé de chaleur avec sa famille. Il se traîne à longueur de journée dans ce lieu qui l’indiffère, entouré de jeunes et de festivités qui l’indifférent tout autant. A côté de leur tente, de nombreux autres adolescents, des fêtes, de la musique, des jeux organisés par la direction du camping. De la liesse. Un monde auquel le narrateur, du haut de ses 17 ans, se sent étranger. Il ne répond pas aux exhortations du gentil organisateur de participer à ses jeux, il ne sort pas avec les bandes de son âge, il ne cherche pas à séduire une des jolies filles du camping. Il vit dans une sorte de bulle, exclu du monde, des autres. Une bulle qui contre toute attente va éclater.

Ces autres l’agressent. Leurs rires, leur musique trop fort, leurs injonctions à être de bonne humeur à toute heure, leurs moqueries. Le dernier jour des vacances, sans s’expliquer pourquoi, Léo pète les plombs. Tandis qu’un des jeunes est en train de s’étrangler avec la corde d’une balançoire, non seulement il ne lui vient pas en aide, mais il précipite sa mort. L’esprit et les sens anesthésiés, il l’enterre dans le sable. Et essaye de reprendre sa vie là où il l’a laissée.

Mais la culpabilité le rattrape et le ronge aussi efficacement qu’une armée de termites. Et c’est alors qu’il sombre en plein cauchemar, qu’il croise le chemin de Luce. Pour la première fois, ses sens sortent de leur léthargie. Pour la première fois, il sent le désir monter en lui. Pour la première fois, il se sent connecté au monde qui l’entoure.

Ballotté entre l’enfer de son coupable secret et le paradis promis par cet amour naissant, Léo voit ses nerfs mis à rude épreuve. Combien de temps va-t-il tenir dans cet étau?

Un roman envoûtant et inquiétant

D’emblée, dès les toutes premières phrases, Victor Jestin vous embarque dans son univers, nous catapulte dans la tête de cet ado mal dans sa peau et effrayant par les extrêmes dans lesquelles il peut verser.  Le lecteur devient le témoin d’un crime terrible et de la réaction étrange et effrayante du jeune garçon, se demande combien de temps il va pouvoir vivre avec le poids du secret sur les épaules, comment il est possible ne serait-ce que de vivre une minute avec cela sur la conscience. La tension narrative est croissante, l’inquiétude quant à la santé mentale de ce garçon aussi. Sommes-nous tous à l’abri d’une sortie de route, d’un pétage de plomb ? Faut-il être fou pour aller jusqu’à tuer ? Ce roman se lit d’une traite, Victor Justin excellant à garder le lecteur captif du lasso de ses mots et de son intrigue.

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