Banlieue est, Jean-Baptiste Ferrero

Banlieue est de Jean-Baptiste Ferrero

©Karine Fléjo photographie

Une enquête menée en banlieue par un détective à la gouaille savoureuse et aux méthodes pas toujours très catholiques.

Meurtres en banlieue

Quand Thomas Fiera, détective aux manières pas toujours très orthodoxes, revient dans sa banlieue natale à l’occasion de l’enterrement d’un ami, il constate que ces dernières années tout s’y est dégradé. Violence, corruption, drogue, radicalisation, il peine à comprendre comment on peut encore avoir envie d’y vivre. C’est pourtant le cas d’un autre copain d’enfance rencontré à l’enterrement, Philippe Boissot. Depuis tout petit, il n’a pas quitté la cité des Myosotis. Aujourd’hui il s’occupe des jeunes du quartier au sein d’une association, désireux de les aider à sortir de ce ghetto. Aussi, quand dans les caves, Philippe découvre un stock de drogue destinée aux jeunes du coin, butin d’un petit caïd local, un certain Chérifi, cela le met hors de lui. Et de tout détruire.

Alors forcément, quand quelques jours plus tard, Thomas Fiera apprend que son pote Philippe a été retrouvé mort, atrocement mutilé, pendu par les pieds à un lampadaire, il pense aussitôt à des représailles de Cherifi. Il va lui falloir mener l’enquête, d’autant que la police, soucieuse de ne pas déclencher d’émeutes en débarquant avec ses hommes en uniforme dans la cité, a préféré lui confier l’affaire. Et puis, à quelques mois des élections, insécurité et émeutes feraient désordre dans le paysage politique. Le maire préfère éviter ce genre de vagues. Mais cette enquête se révèle être plus compliquée que prévu. Trafic de drogue, rivalité entre gangs, magouilles politiques et fanatisme religieux sont autant de pistes possibles pour Fiera et ses acolytes. D’autant que les personnes qui acceptent de lui parler sont tuées les unes après les autres…

Banlieue est, la nouvelle enquête de Thomas Fiera

Ce qui frappe tout d’abord dans ce roman, c’est le ton, le langage, la verve de Thomas Fiera. L’auteur, Jean-Baptiste Ferrero, se régale de formules inédites, de métaphores vraiment savoureuses par leur drôlerie et leur puissance évocatrice. Je ne résiste pas à l’envie de donner le ton avec cet exemple : « J’étais plus énervé qu’un acarien au salon de la moquette et je savais que je n’arriverais à m’endormir. » Ne soyez donc pas effrayés par les 500 pages du roman, vous n’allez pas vous ennuyer avec cette enquête aux rouages parfaitement maîtrisés et aux personnages bien campés.

Un roman policier complètement déjanté, qui va à 100 à l’heure et pointe le doigt sur les maux qui gangrènent les banlieues, mais pas seulement.