Love me tender, Constance Debré

Love me tender Constance Debré

©Karine Fléjo photographie

Peut-être aviez-vous découvert comme moi Constance Debré avec Playboy, en 2018. Un franc-parler, une rage de vivre, une quête de sens, que l’on retrouve dans Love me tender, son nouveau livre. Un livre fort sur l’amour dans toutes ses acceptions. 

Le prix de la liberté

Après 20 ans de mariage et une carrière d’avocate, Constance Debré a tout plaqué. Pour vivre enfin une vie en adéquation avec ses besoins profonds. Avec Laurent, elle a un fils, Paul, âgé de huit ans. Ils ont tous deux opté pour la garde alternée et cela se passe plutôt bien. Jusqu’au jour où Constance dit à Laurent que sa nouvelle vie concerne aussi sa sexualité. Depuis enfant, elle sait qu’elle aime les femmes. Aujourd’hui, elle ne se contente plus de se savoir homosexuelle, elle a décidé de l’assumer.

Une révélation qui passe mal auprès du père de l’enfant. Et n’est pas sans conséquences sur la relation entre Constance et son fils. Soudainement, Laurent fait barrage quand elle veut voir ou joindre son fils. Paul lui-même alterne entre bonheur de retrouver sa maman et refus de lui adresser la parole. L’estocade finale est portée à Constance quand Laurent demande la garde exclusive et la déchéance de l’autorité parentale pour son ex-femme.

Constance Debré s’interroge alors : qu’a-t-elle fait ou pas fait, qui lui vaille pareille agressivité? Doit-on renoncer à notre essentiel pour entrer dans le moule des attentes des autres, quitte à se perdre soi?

 

L’amour maternel est-il différent des autres amours?

Dans Love me tender, Constance Debré s’interroge notamment sur le statut traditionnellement à part de l’amour maternel. En quoi l’amour maternel se distingue-t-il des autres amours? Pourquoi serait-il éternel? Pourquoi une mère et son enfant devraient-ils s’aimer inconditionnellement, toute la vie, alors que les autres amours vont et viennent, et font parfois place au désamour? Ne nous faudrait-il pas plutôt accepter que le lien mère-enfant puisse ne pas se faire, ou se tisser mais se déliter ensuite? Constance Debré ici ne cherche pas le consensus, ni à plaire. Elle écrit et dit ce qu’elle pense, vit selon ce qu’elle estime bon, nécessaire, juste, que cela heurte ou non. Que cela cadre ou pas avec ce que la société, ses proches, attendent d’elle. Elle trace sa route. Libre.

Des mots qui cognent. Des phrases qui frappent. Des propos qui bousculent.

Constance Debré envoie balader les clichés sur l’amour maternel, nous invite à nous interroger sur le piédestal sur lequel nous le plaçons depuis toujours. Cet amour absolu correspond-il à la réalité de la relation de chaque parent avec son enfant ou est-ce un idéal qu’on nous vend, une injonction qu’on nous fait? Dès lors, quand le lien se brise, faut-il se flageller, se morfondre de ne pas entrer dans le moule de la mère idéale, ou faut-il apprendre à accepter que l’amour maternel et l’amour d’un enfant pour sa maman, comme tout amour, puissent ne pas être au rendez-vous, ou pas toujours avec la même force?

Aussi douloureux soit ce constat, cette acceptation de ne pas avoir avec son enfant une relation rêvée est aussi très libérateur. Salvateur. Et si c’était cela, la sagesse, savoir accepter tout ce que la vie nous réserve, joies comme épreuves, sans culpabiliser, ni opposer de vaine résistance? Constance Debré est aussi libre que l’eau, nous montre qu’il ne sert à rien de s’opposer aux éléments, qu’il faut au contraire apprendre à composer avec eux, à dévier des chemins tout tracés, comme le fait la rivière avec les rochers et les pierres.

 

Retrouvez en cliquant sur ce lien, la chronique que j’avais consacrée à Playboy : Playboy

3 réflexions sur “Love me tender, Constance Debré

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