Ça va merveilleusement bien, Ruby Elliot

ça va merveilleusement bien, Ruby Elliot

©Karine Fléjo photographie

Ruby Elliot combat au quotidien les troubles bipolaires et alimentaires. Son exutoire? le dessin. Avec beaucoup d’autodérision et de manière très décomplexée, elle nous livre sa bataille pour aller (merveilleusement) bien ou du moins s’approcher de cet état.

Un récit illustré

Imaginez une jeune femme victime de bipolarité, qui alterne entre euphorie, sentiment de toute puissance, et désespoir abyssal, impression de n’être qu’une patate. Imaginez à présent que cette jeune femme exorcise ses maux par le dessin et en fasse un livre. Vous obtenez un ouvrage illustré dont le titre est très révélateur de l’humour noir de l’auteur : « Ça va merveilleusement bien. »  Le dessin est une des activités qui lui procurent un transitoire bien-être. La présence de son chien, s’asseoir sur un banc par temps froid et sec, boire un café crémeux avec du chocolat aussi. En dehors de ces éclaircies, elle alterne entre désordres alimentaires, cyclothymie et perte d’estime d’elle-même. Mais elle se croque dans ces situations avec tant d’humour et d’autodérision, qu’elle en dévient attachante. Pas de tristesse ni de noirceur ici, place à l’humour! Parce qu’on a aussi le droit d’avoir des bas et de ne pas en avoir honte.

Ruby Elliot : sincérité et autodérision

Ruby Elliot est bien connue des réseaux sociaux, notamment d’Instagram où elle distille chaque jour des dessins de son quotidien. Avec plus de 275 000 abonnés à son compte ( compte « rubyetc_ »), elle partage les hauts et les bas par lesquels sa bipolarité la fait passer. A l’heure où les réseaux sociaux sont bien souvent des effets trompe-l’oeil, où nombre d’individus s’y présentent sous leur meilleur jour, sous leur meilleur profil, de préférence toujours sourire aux lèvres même si ce n’est pas la réalité de leur vie, Ruby Elliot, elle, se montre telle qu’elle est. Cash. Tendre. Déprimée souvent. Drôle parfois. Touchante toujours. « S’il vous est déjà arrivé de porter le même pyjama pendant 5 semaines d’affilée, délicatement parfumé d’un doux mélange de dépression, de morve, de larmes et de soupe en brique; si la seule raison qui vous pousse à sortir de chez vous est de ne plus avoir de papier toilette », alors ce livre est fait pour vous.

Si je ne suis pas fan du graphisme de ses dessins, leur message est en revanche touchant et même drôle parfois. Et Ruby Elliot a le mérite d’être dans cette époque du par-être. Une authenticité qui fait du bien!

Informations pratiques

Ça va merveilleusement bien, Ruby Elliot – Label #sansfiltre, éditions Jouvence- Janvier 2020 – 255 pages- 18,90€

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s