Sophie Tal Men : « Je pense que l’écriture me rend plus zen en tant que médecin »

Va où le vent te berce Sophie Tal Men

©Karine Fléjo photographie

Sophie Tal Men est cheffe de service en neurologie à l’hôpital de Lorient. « Va où le vent te berce » est son cinquième roman. Au hasard d’une rencontre, elle a fait la connaissance de bénévoles berceurs dans les hôpitaux pour enfants et a voulu rendre hommage à ces bénévoles, conteurs, magiciens, berceurs qui réconfortent les enfants, leur offrent une part de rêve. Rencontre avec une femme aussi chaleureuse que talentueuse.

Comment avez-vous procédé pour être publiée la première fois ?

J’avais rédigé un manuscrit, l’avais imprimé et adressé à 16 éditeurs parisiens. Or deux mois après, je n’avais reçu que deux réponses négatives. Or il y a un côté frustrant quand on a vibré à écrire un roman et qu’on ne sait pas s’ils l’ont lu ou pas. Or je voulais avoir un retour des lecteurs c’est pourquoi je l’ai mis sur Amazon, en auto-édition. Et cela a été très immédiat puisque trois semaines plus tard j’étais en tête des ventes sur Amazon et du coup j’ai été contactée par plusieurs maisons d’édition, dont Albin Michel.

Sophie Tal Men

©Karine Fléjo photographie

Quand est née votre passion pour l’écriture ?

J’ai toujours aimé écrire. J’écrivais des poèmes. Après le bac je ne savais pas trop que faire, études littéraires ou de médecine. Mais je suis d’une famille de médecin, donc très pragmatique, mon père m’a dit : les médecins écrivent, l’écriture pourra toujours être là mais la médecine ne peut pas être envisagée sur le tard. La médecine c’est maintenant. Je l’ai écouté et ne l’ai pas regretté.

Dans votre roman « Va où le vent te berce », il est question de berceurs de bébés à l’hôpital

Je travaille depuis quinze ans à l’hôpital or je ne savais pas qu’il y avait des personnes bénévoles qui venaient bercer les bébés, pour prendre le relais des parents. Il est montré que ces bébés vont plus vite récupérer s’ils sont bercés, s’ils ont de l’attention. C’est très développé aux Etats-Unis et cela commence à venir en France. Quand j’ai découvert cela, est né un personnage, Gabriel, un berceur qui n’est pas à l’aise avec les autres. Or il découvre étonné qu’il a un don pour bercer les bébés. Et à cette occasion, il va rencontrer Anna, qui vient d’accoucher. C’est cette rencontre de deux blessés de la vie qui va tout changer.

Sophie Tal Men

©Karine Fléjo photographie

La résilience est un thème qui vous est cher

Oui, c’est un thème que j’aime bien travailler dans mes romans : la résilience, la reconstruction après un drame, comment on avance. L’importance du rapport à l’autre, comment les autres vont nous aider à laisser de côté les fantômes du passé et à aller de l’avant m’intéresse beaucoup.

En quoi vos deux métiers, à savoir neurologue et écrivain, se nourrissent l’un l’autre ?

Je pense que l’écriture me rend plus zen en tant que médecin. Parce que c’est ma soupape de retrouver mes personnages. Cette petite vie parallèle me permet d’évacuer les émotions de ma journée en tant que médecin, surtout quand on passe la journée à l’hôpital avec des personnes que l’on rencontre à des moments pas faciles de leur vie. Et du coup j’ai plein de choses a évacuer le soir. Cela a été le moteur de mon premier roman et l’est resté : évacuer des émotions sous forme d’histoire. C’est pourquoi j’ai opté pour une écriture bien-être.

Et dans l’autre sens, en tant que médecin, je croise plein de patients, plein de trajectoires de vie, cela nourrit mes histoires, donne plein de sujets.

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©Karine Fléjo photographie