Une vie et des poussières, Valérie Clo

Une vie et des poussieres de Valérie Clo

©Karine Fléjo photographie

Un roman qui fait du bien, tant il célèbre la douceur, la tendresse et la solidarité. Une pépite d’humanité. A lire de toute urgence !

Confidences d’une merveilleuse grand-mère

Mathilde a été placée en EHPAD sur l’insistance de sa fille Rose. Si cette dernière est convaincue que sa mère ne peut plus vivre seule, qu’elle oublie tout, Mathilde revendique avoir toute sa tête. Dans son journal caché sous le matelas, elle consigne son quotidien dans ce lieu si particulier, avec des patients âgés souvent perturbés, attachants toujours, drôles parfois, ainsi que ses rapports avec le personnel.

Du haut de son grand âge, elle revient sur les joies et les peines qui ont jalonné sa vie, sur les enseignements qu’elle a tirés de son expérience. Elle évoque le rôle si important du personnel des EHPAD que sa fille a pourtant tendance à dénigrer et à rudoyer, notamment cette jeune femme si touchante, rebaptisée Maryline. L’aide-soignante prend en effet son temps avec chaque patient, l’entoure de douceur et d’attentions. Elle l’aide tout en lui laissant croire qu’il y parvient par lui-même. Une femme attachante qui rêve d’être mère et de devenir actrice. Et si Mathilde lui rendait un peu de ces trésors d’humanité qu’elle reçoit de sa part et la mettait sur la voie de ses rêves ? Car au crépuscule de leur vie, les personnes âgées des EHPAD demeurent des êtres lumineux.

Un roman viscéralement humain

En cette période de confinement, où plus que jamais nous mesurons à quel point nous devons beaucoup à nos soignants, où nos proches âgés sont terriblement exposés aux dangers du coronavirus, ce roman rend un vibrant hommage au personnel des EHPAD et à leurs patients. Valérie Clo, art-thérapeute, intervient auprès des publics en grande difficulté, notamment auprès des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en EHPAD. C’est donc un milieu qu’elle connaît bien. Et dans ce roman d’une tendresse et d’une émotion à fleur de mots, elle met en lumière ceux qui œuvrent au quotidien pour rendre la fin de vie plus douce, plus humaine, plus belle. A travers Maryline, l’aide-soignante si chaleureuse de son roman, elle nous montre comment le personnel des EHPAD s’efforce de rajouter de la vie aux journées à défaut de pouvoir ajouter des journées à leur vie. Notre cœur se serre à l’évocation des souvenirs de Mathilde, à la dureté de sa fille, fond devant les émois de Jeannot, se comprime devant les absences de Chantal, s’emballe devant Marcel et ses chansons. C’est beau, émouvant, lumineux, chaleureux, écrit avec une fluidité remarquable.

On referme le livre empli d’une douce chaleur, avec l’envie de prendre doublement soin de ceux qui nous sont chers. Et avec la furieuse envie de remercier Valérie Clo pour ce bijou d’humanité.

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