Va où le vent te mène, Sophie Tal Men

Va où le vent te berce de Sophie Tal Men

©Karine Fléjo photographie

De l’amour, des rebondissements, du far et un phare bretons. Et la vie, plus forte que tout. Mais aussi, un bel hommage à ces bénévoles qui rendent visite aux enfants malades à l’hôpital. Un roman lumineux et tendre.

Embrasser la vie

Anna est de retour sur sa terre natale brestoise. Mais elle n’est pas seule. Du moins, si l’être qu’elle aimait et qu’elle avait rejoint en Argentine n’est plus à ses côtés, un petit être, fruit de leur amour, grandit dans son ventre. Accablée de chagrin, Anna appréhende ce qui l’attend, cet avenir sans Edouardo dont elle porte l’enfant, ses premiers pas seule en tant que maman, son travail de chirurgienne mis entre parenthèses.

De son coté, Giagià est semblable a une mamma italienne et, avec Papouss, son mari, veille sur ses grands oisillons Evann et Gabriel, comme sur la prunelle de ses yeux. Si Evann est interne à l’hôpital, Gabriel est incapable d’y remettre les pieds. Ce lieu où lui et son frère ont été soignés enfants, réveille en lui des blessures non cicatrisées même vingt ans après. Pourtant, quand Evann lui demande un service, à savoir de bien vouloir le remplacer au sein d’une association de bénévoles , « Une main et un sourire », qui rend visite aux enfants malades à l’hôpital, Gabriel accepte quand même et prend sur lui.

Et c’est une révélation. Gabriel n’a pas son pareil pour bercer les enfants et apaiser les nouveaux nés. C’est lors d’une de ses permanences qu’il y rencontre Anna, laquelle vient d’accoucher d’un petit Andrea. Un bébé dont rien ni personne ne semble pouvoir calmer la colère et les pleurs . Sauf Gabriel.

Et le bébé n est pas le seul à être sensible au doux berceur. Mais Anna parviendra-t- elle à faire à nouveau confiance à la vie ? A l’amour?

Quant à Gabriel, se sentira-t-il capable de surmonter ses blessures, de dépasser le modèle de couple parental effrayant qui le hante encore si souvent, pour oser envisager une vie à deux?

Plus généralement, pourront-ils passer outre leurs peurs, leur appréhension de risquer de souffrir a nouveau, et embrasser la vie?

 

Un roman lumineux

Dans ce roman, les fidèles lecteurs de Sophie Tal Men retrouveront avec bonheur les personnages de ses premiers livres. La vie les a chahutés depuis, comme la mer bretonne par temps de tempête, mais leur réserve aussi de très belles éclaircies ( à l’image du ciel breton bien souvent, si, si!  Et ne me dites pas que je suis chauvine 😉 ) Sur fond de far breton, de caramel au beurre salé et d’une nature sauvage indiciblement belle, chacun tente de faire confiance à la vie, de se faire confiance, même si les peurs ne sont jamais bien loin. Un roman positif, tendre, aux personnages que l’on a envie de serrer dans les bras et de réconforter. Mais pas seulement. Un roman qui met en lumière ces êtres merveilleux que sont les bénévoles qui donnent de leur temps, de leur douceur, en rendant visite aux jeunes patients hospitalisés.

Dans ce roman, j’ai particulièrement aimé le savant dosage entre épreuves et bonheurs petits et grands, fidèles à ce qu’est la vie. Pas de larmoiement ni de pathos, pas de monde merveilleux et magique, mais la vie, plus forte que tout, remuante, surprenante.

Un roman qui fait du bien, revivifiant comme l’air breton !

Sophie Tal Men

©Karine Fléjo photographie

Informations pratiques

Va où le vent te berce, Sophie Tal Men – éditions Albin Michel – Mars 2020 _ 304 pages – 18,90€

 

7 réflexions sur “Va où le vent te mène, Sophie Tal Men

    • Bonjour Céline,
      C’est une femme adorable, chaleureuse, humaine. Et ses livres lui ressemblent. Souvent des personnages blessés, dont le lecteur observe la résilience. Le tout sur fond de Bretagne car Sophie est bretonne!

      J'aime

  1. bonjour Céline, j’adore cette auteure qui est une personne adorable comme tu la décris si bien. On retrouve d’ailleurs dans ses écrits de ses romans que j’achète le jour de leur parution. Je la conseille vivement.
    j’habite en Bretagne et il fait toujours un temps magnifique. pas besoin de parapluie, le parka marin est plus approprié aux embruns bretons qu’un parapluie qui dès qu’il sort de sa pochette fait la galette.
    A fond de kouign aman, de cidre et tempêtes, j’ai hâte de retrouver son dernier qui m’attend sagement sur ma PAL.
    Belle journée. Manoue

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