L’homme qui aimait trop les livres, Allison Hoover Bartlett

L'homme qui aimait trop les livres

©Karine Fléjo photographie

Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une bibliothèque remplie de vos livres préférés? 

La traque entre un libraire passionné et un voleur de livres anciens

Imaginez un homme qui décide de se constituer une bibliothèque remplie de ses livres préférés. Jusqu’ici, rien d’étrange, et vous êtes peut-être vous-même un amoureux des livre qui chérissez votre bibliothèque. Sauf que l’américain John Gilkey, lui, n’a pas l’intention de se rendre dans une librairie ou dans un salon du livre pour acheter ces ouvrages. Non, il s’y rendra mais… pour les voler.

La ALAA (Association des libraires de Livres Anciens d’Amérique) identifie à ce titre différents types de voleurs : « le kleptomane qui ne peut s’empêcher de voler, celui qui vole pour le profit, celui qui agit par colère et enfin celui qui vole pour son usage personnel. » C’est à cette dernière catégorie que la journaliste Allison Hoover Bartlett s’est intéressée. Avec en filigrane cette interrogation : qu’est-ce qui peut pousser un passionné de livres, un collectionneur, à voler des livres, à franchir la ligne rouge? Un franchissement devenu familier à John Gilkey, qui, depuis sa prison, accepte de partager son expérience avec elle. John Gilkey, un homme fasciné par les livres et surtout, par ce que ces livres, alignés dans sa bibliothèque, renvoient comme image de lui. C’est pourquoi ses livres ne reflètent en rien ses goûts, ses centres d’intérêts, mais visent à susciter l’admiration des autres. Pour ne pas se tromper, il recherche les livres déjà plébiscités, reconnus de qualité et listés par la Modern Library. Et en les volant, il leur apporte une valeur ajoutée, celle du risque pris, celle de l’adrénaline ressentie lors du vol. Et n’allez pas croire que cet homme les vole pour les lire! Un collectionneur aime le livre non pas pour la qualité de l’histoire, non pas pour la beauté du texte, mais pour le bonheur de le contempler, de passer sa main sur sa reliure, comme on admirerait la robe et la fragrance d’un grand vin.

Face à ces vols de livres anciens qui se multiplient, les libraires décident de se regrouper et de s’organiser, sous la houlette du plus déterminé d’entre eux : Ken Sanders.

Une histoire tirée d’un fait divers

Le livre d’Allison Hoover Bartlett est directement inspiré d’un fait divers qui a secoué les amoureux du livre aux Etats-Unis : les vols faramineux de livres rares et anciens par un Arsène Lupin bibliophile des temps modernes : John Gilkey. Son butin a en effet atteint la somme considérable de 200 000 dollars. Heureusement, il a eu à ses trousses le tenace libraire Ken Sanders, bien décidé à mettre fin à ses méfaits.

La journaliste Allison Hoover Bartlett part à la rencontre des protagonistes de cette affaire et essaye de comprendre ce qui pousse ces personnes à courir ainsi après des livres, qu’ils soient libraires, collectionneurs, voleurs ou grands lecteurs. L’occasion d’explorer la relation intime, complexe que chacun entretient avec les livres.

Et vous, jusqu’où iriez-vous pour vous procurer le livre de vos rêves?

10 réflexions sur “L’homme qui aimait trop les livres, Allison Hoover Bartlett

  1. Le collectionneur de livres ou bibliophile est rarement un lecteur et encore moins un grand lecteur. Il collectionne les livres comme des objets avec parfois une visée spéculative. Le livre de mes rêves est dans son contenu, non dans son contenant du moment qu’il rend la lecture aisée… La Pléiade est un bel exemple a contrario de belle édition précieuse mais d’une lecture malaisée. Merci en tout cas de votre belle critique littéraire.

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    • Je confirme ne pas aimer les pages en papier de soie de la Pléiade, lesquelles n’ont aucune tenue. Mes 5 bibliothèques regorgent de livres précieux à mes yeux. Précieux pour leur contenu, même si j’attache aussi de l’importance à l’objet ( une nette préférence pour les livres brochés aux livres de poche et un soin particulier aux livres – pas annotés ni cornés). Et pour avoir travaillé 20 ans à la Bibliothèque nationale de France, j’ai côtoyé nombre de livres rares, uniques même, superbes par leur reliure, leurs enluminures, mais que je n’aurais pas eu du tout envie de lire. .. Je vous rejoins donc complètement ! Excellent week-end !🌸

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