L’été où je suis devenue vieille, Isabelle de Courtivron

L'été où je suis devenue vieille

©Karine Fléjo photographie

Quand une femme réalise brutalement que la vieillesse l’a rattrapée. Un récit touchant, authentique, celui d’une femme résolument libre, féministe, influente, devenue invisible.

Vieillir

Isabelle de Courtivron est une femme au parcours très vivant, très riche.  Une femme de convictions qui a toujours défendu son indépendance envers et contre tout. De double nationalité franco-américaine, elle a quitté la France quand elle était enfant, pour suivre sa mère et son beau-père à travers le monde (Cameroun, Tunisie, Turquie, Etats-Unis …) avant de s’établir comme professeur de lettres pendant plus de trente ans à Boston. Riche de ses voyages, de son expérience, de ses lectures, de sa double culture, elle adorait partager, échanger avec des jeunes, élèves ou non.

Adorait. Car aujourd’hui, force lui est de constater qu’elle est devenue transparente, véritable passe-muraille dans le regard des autres. Ce qu’elle peut penser ou dire n’intéresse plus, est immédiatement étiqueté ringard ou réac, pour autant qu’elle soit encore écoutée ou sollicitée pour donner son avis.

C’est brusquement, lors d’une été, qu’elle a réalisé être rattrapée par la vieillesse. C’est son corps qui lui a envoyé les premiers avertissements, devenu moins souple, moins endurant. Puis son esprit, qui a emboité le pas au physique. Et dans ce sillage, une multitude de peurs : peur de vieillir, peur d’être malade, peur de la solitude.

Avec beaucoup de sensibilité, de sincérité, Isabelle de Courtivron fait le point sur ce qui a changé en elle, ses aspirations, ses regrets, ses envies. Une expérience singulière à caractère universel.

« Je m’étais toujours enorgueillie d’avoir surmonté les défis physiques et psychologiques, j’étais fière de mon indépendance et de ma liberté, les fils conducteurs de ma vie. Je ne savais ni ne pouvais exister autrement. Il me fallait bien pourtant faire face à cette situation nouvelle. »

Un témoignage sans fard et émouvant

C’est un témoignage très personnel mais dans lequel beaucoup se retrouveront : car la vieillesse nous concernera tous un jour où l’autre, pour ceux qui auront la chance de vieillir. L’auteure fait le point sur ce qui évolue en elle, ces regrets qu’elle sent poindre, cette tristesse qui l’envahit, cette gratitude envers ceux qu’elle a aimés, ces envies de voyage émoussées, cette société qui évolue plus vite qu’elle et se dématérialise.

« Je n’ai jamais voulu être l’esclave du regard et du jugement des autres ; lorsque j’étais jeune, je me suis juré de refuser les injonctions de la société. Mais je dois l’avouer : depuis quelques années, je n’ai pas le courage de m’accepter telle que je suis devenue. Mon attitude équivaut à une forme d’autocensure. Décidément, je me déçois beaucoup. »

Une lecture émouvante sur l’inéluctable.

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