Rentrée littéraire : Du côté des indiens, Isabelle Carré

du côté des indiens
©Karine Fléjo photographie

Après le succès de son premier roman Les rêveurs, Isabelle Carré nous revient avec un roman touchant, sur une galerie de personnages cabossés cherchant la lumière.

La fin de l’insouciance

Ziad trépigne d’impatience en attendant le retour de ses parents à la maison. Et pour cause. Non seulement c’est aujourd’hui qu’il célèbre ses dix ans, mais il a ramené un excellent bulletin scolaire qui va faire la fierté de son père. Quand il entend la voix de ce dernier, il se précipite sur le palier. Mais son père ne marque pas l’arrêt à leur étage. Il continue jusque chez Muriel, la voisine trois étages plus haut. Et ce que capte Ziad ne laisse pas place au doute. Voilà qui sonne la fin de l’insouciance et fait monter ne lui colère et incompréhension.

Tandis que Ziad tait ce qu’il a découvert à ses parents, il se rapproche contre toute attente de Muriel, qui travaille dans ce monde magique pour l’enfant qu’est le cinéma. Une amitié qu’il tait comme il tait l’amour qui lie Muriel et son père. Il ignore que cette femme douce et attentionnée porte elle aussi un secret lourd, que ses parents eux-mêmes portent leur propre fardeau clandestinement. L’insouciance les a tous désertés.

Tous ces êtres meurtris parviendront-ils à dépasser leurs blessures, à avancer ?

Le poids des secrets

J’avais plébiscité le premier roman d’Isabelle Carré, Les rêveurs (chronique ici ), paru il y a deux ans. J’étais donc impatiente de découvrir son deuxième livre, Du côté des indiens, aux éditions Grasset.

On retrouve ici des thèmes chers à l’auteure comme le côté irresponsable des adultes et les secrets de famille. Les personnages de ce roman sont en effet tous des êtres porteurs d’un secret lourd, douloureux. Ziad, l’enfant, a découvert la relation adultérine de son père avec la voisine Muriel. Muriel, aujourd’hui scripte de cinéma, a été abusée sexuellement quand elle a débuté sa carrière comme actrice et ne s’en est ouvert à personne. Tout comme elle ne s’est jamais confiée sur la conduite douteuse de son oncle envers sa cousine. Bertrand, le père de Ziad, vit quant à lui sa passion avec Muriel de façon clandestine, mais tait de même l’anévrisme qu’on lui a découvert au cerveau. Enfin, la maman de Ziad souffre en cachette d’alcoolisme. Chacun tente ainsi de garder l’équilibre malgré tout, malgré le poids de ses secrets. Tel un funambule de la vie dont le silence est l’ombrelle. Parler serait en effet risquer de chuter. Alors on sauve les apparences, comme les indiens on n’use pas de la bonne arme pour se défendre. Faute d’oser.

Un roman touchant, sensible, aux personnages attachants. On a envie d’adopter le petit Ziad, de le serrer dans ses bras et de devenir l’amie de Muriel. Car Isabelle Carré a cette capacité à donner tant de chair à ses personnages, qu’on en oublie qu’il s’agit d’une fiction.

Informations pratiques

Du côté des indiens, Isabelle carré – éditions Grasset, août 2020 – 350 pages – 22€

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