Rentrée littéraire : Tout peut s’oublier, Olivier Adam

Tout peut s'oublier Olivier Adam
Copyright photo Karine Fléjo

Un roman bouleversant, sur ces parents amputés de la présence et de l’amour de leur enfant. Ou quand le divorce s’accompagne d’une fuite au bout du monde d’un des parents avec l’enfant.  Profond. Juste. Poignant.

Séparation et disparition

Nathan a toujours suivi le cours de la vie, plus qu’il ne l’a choisi, tel un bateau se laissant porter par le courant. Il n’avait pas compris comment son couple avec Claire avait pu s’échouer sur la grève. Il n’a pas davantage vu venir la tempête dans le couple qu’il a reformé avec Jun, une japonaise, mère de son fils. Elle s’est lassée de lui, sans qu’il ne comprenne ni pourquoi, ni comment ce désamour s’est installé. Bateau sans équipage, Nathan tente de se maintenir à flots, s’aide de temps en temps d’un verre d’alcool. Quant à Jun, elle a pris un appartement avec leur fils Léo, au-dessus de son atelier de céramiste. Il ne voit plus son fils qu’une semaine sur deux.

Mais un matin, Nathan sombre corps et âme en découvrant que l’appartement de son ex-femme est vide. Elle a quitté la France, s’est enfuie avec leur fils vers son Japon natal. Pour Nathan, c’est la sidération. Une douleur térébrante.

Au même moment, sa voisine du dessus, Lise, vit un drame similaire. Son fils unique a quitté la maison et refuse de donner des nouvelles, de la voir, embrigadé dans un mouvement particulièrement violent et proche des black-blocks. Dans son sillage, son mari claque la porte de la maison. Elle se retrouve comme Nathan : seule, désespérée d’être amputée de l’amour de son enfant. De sa présence.

Ces deux êtres esseulés vont-ils pouvoir additionner leurs forces restantes pour garder le cap, voguer jusqu’à une terre plus clémente ? Comment vivre sans la chair de sa chair ? Que faire quand votre ex a enlevé votre enfant mais que la législation du pays ne vous reconnaît aucun droit ? Nathan, comme Lise, sont bien décidés à prendre les choses en main. Pour la première fois de son existence, Nathan ne va pas laisser le courant décider de son orientation : il va prendre le gouvernail.

Enlèvement d’enfant

C’est avec beaucoup de finesse et de sensibilité qu’Olivier Adam s’attaque à un problème qui fait de plus en plus l’actualité au sein des couples mixtes, notamment franco-japonais : le rapt de l’enfant suite au divorce et la fuite vers le pays natal. Comment réagir, quand votre ex-conjoint s’enfuit avec votre enfant, dans un pays où la législation diffère, ne vous reconnait aucun droit en tant que parent divorcé ? Au Japon, l’autorité parentale ne peut pas être partagée. Pas de garde alternée ni de droit de visite. Comment accepter l’inacceptable ? Comment supporter une telle injustice ?

Sans pathos, Olivier Adam saisit au plus juste la dérive des sentiments, les amours qui se délitent, l’Autre, si proche, si fusionnel, qui devient soudain un étranger. Et vous considère comme son ennemi. Une histoire et des personnages poignants, qui vous hantent longtemps après avoir fini la lecture.

Informations pratiques

Tout peut s’oublier, Olivier Adam – éditions Flammarion, janvier 2021 – 264 pages – 20€

3 réflexions sur “Rentrée littéraire : Tout peut s’oublier, Olivier Adam

  1. Karine Tes commentaires sont merveilleusement adéquats justes appropriés En résumé super précieux pour nous les lecteurs avides de tes appréciations objectives Bien à toi

    Agnès Messager Port:+33768459892

    >

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s