Les bourgeoises, Astrid Eliard

Les bourgeoises Astrid Eliard

Une galerie de personnages féminins hauts en couleurs ayant pour point commun d’appartenir à la bourgeoisie. Un recueil de nouvelles truculent, savoureusement ironique mais jamais méchant.

Dans ce recueil de 8 nouvelles, Astrid Eliard brosse avec un inénarrable humour le portrait de femmes appartenant toutes à la bourgeoisie. Leur préoccupation majeure ? Le choix d’une nounou, Une nounou, ukrainienne pour participer à l’ouverture d’esprit des enfants oui, mais une nounou africaine « no way » ! Non pas que ces femmes soient racistes, que nenni, mais disent-elles, c’est « culturel ». Les africaines sont nonchalantes.

Que dire de l’inscription à l’école du petit chéri. Pas question qu’il aille à l’école du quartier avec des enfants « si différents » de son milieu, il ira dans une école catholique avec d’autres petits issus de milieux aisés. Une inscription qui devrait (surtout, en réalité) offrir aux parents l’opportunité d’élargir leur réseau.  Ou pas.

Bourgeoise vieille France, femme devant s’embourgeoiser suite à la réussite professionnelle de son mari, bourgeoise fauchée contrainte de s’asperger en cachette de Shalimar aux galeries Lafayette, ces néo-bobos sont véritablement « attachiantes » !

Un recueil de nouvelles jubilatoire

J’adore la plume délicate et sensible d’Astrid Eliard dont je vous ai plébiscité les deux précédents romans, La dernière fois que j’ai vu Adèle (chronique ICI) et Danser (chronique ). J’étais donc impatiente de découvrir un nouvel opus signé de sa plume : Les bourgeoises, paru aux éditions Mercure de France. Et j’ai découvert une autre facette de l’auteure : son irrésistible humour. J’ai ri à gorge déployée en la lisant, tant son regard est aiguisé, tant elle sait percevoir les contradictions chez ces femmes (non racistes mais réfractaires à l’embauche d’une nounou noire par exemple), avec des principes bien arrêtés et des façons de faire qui les en détournent sans cesse.

Ce n’est pas une caricature de ces femmes, mais un portrait plein d’humour des contradictions avec lesquelles elles doivent composer, de l’image à laquelle elles doivent renvoyer (standing, tolérance, catholicisme, ouverture aux autres…) alors qu’au fond d’elles-mêmes elles n’y correspondent pas.

Astrid Eliard dresse un portrait cocasse de ce milieu, sans méchanceté, réussissant le tour de force de nous rendre ces femmes à la fois attachantes et agaçantes, drôles et ridicules.

Informations pratiques

Les bourgeoises, Astrid Eliard – Editions Mercure de France, mai 2021 – 140 pages – 18€

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