Donne-moi la main Menino, Aurélie Delahaye

Donne moi la main Menino

Le combat d’une bande d’amis, pour sauver Lisbonne et ses habitants d’une politique immobilière désastreuse. Un roman engagé, touchant, humain. Une invitation à nous battre pour les causes qui nous tiennent à cœur. Superbe!

Avis d’expulsion et harcèlement immobilier

A Lisbonne, dans le quartier d’Alfama, le vieux Zé est une figure connue et appréciée des jeunes et des moins jeunes. Il a vécu son enfance et son adolescence dans les ruelles d’Alfama et se sent ici chez lui. A quelques rues de là, Menimo, que Zé aime comme un fils, Joséphine la thésarde française et Nuno, se partagent une colocation.

Un jour, Zé reçoit une lettre d’expulsion. Il a un mois pour quitter ce logement certes délabré mais qui représente toute sa vie. Pierre, promoteur immobilier, a bien l’intention de lui faire quitter les lieux, quitte à le harceler. Mais c’est sans compter le formidable élan de solidarité qui se met en place autour de Zé. Vont-ils laisser des promoteurs peu scrupuleux vider Lisbonne de son âme, substituer à ses habitants des touristes de passage et des investisseurs étrangers? Aussi démesuré paraisse le combat, ils n’entendent pas laisser tomber leur ami.

Se mobiliser pour faire changer les choses à Lisbonne

Après le magnifique Embrasser l’inconnu, Aurélie Delahaye nous revient avec un roman tout aussi fort et vibrant : Donne-moi la main Menino, aux éditions Pocket. C’est un roman passionnant à bien des égards. Tout d’abord, il offre au lecteur un regard différent sur la magnifique ville de Lisbonne. Une ville chère au cœur des touristes et trop chère pour les finances des lisboètes. Inaccessible même. Les mesures successives en matière de logement ont conduit à une explosion du montant des loyers, un abandon de l’entretien de nombreux immeubles et à la destruction pure et simple de certains d’entre eux. Des immeubles neufs, des complexes luxueux ont poussé à la place. Quant aux habitations typiques restantes, elles ont été acquises par des étrangers. Moralité, les lisboètes ont dû s’exiler, expulsés de chez eux sans ménagement ni solution de relogement. Et Aurélie Delahaye de s’interroger :  » Pourquoi les étrangers ne voient-ils pas que l’authenticité de Lisbonne s’érode, que sa mémoire et son identité sont mises à mal, eux qui précisément viennent en quête de celles-ci ?« 

Le vieil homme Zé fait les frais d’un de ces avis d’expulsion. Paniqué, lui qui a toujours vécu dans ces murs, il résiste pourtant, aidé de cette formidable bande d’amis. Une résistance qui lui vaut d’être harcelé, malmené. Mais plus la bande d’amis voit Zé attaqué, plus grandit sa détermination à l’aider. Ce roman, c’est aussi un formidable élan de solidarité, d’amitié, de combattivité. Une invitation à se mobiliser et à défendre une cause qui nous parait juste. Sans jamais céder au découragement. Sans jamais renoncer. On a envie de se joindre au mouvement, de soutenir le vieux Zé, tant ces personnages sont attachants, tant l’auteure a su leur donner de la densité. Tant la cause nous parait noble. Et il ne sera plus possible de se rendre à Lisbonne sans changer de regard sur ces habitations fantômes, achetées par des étrangers, louées ponctuellement par Airbnb, vidées de leurs lisboètes.

Un roman vibrant d’authenticité, édifiant, émouvant.

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