La mère d’Eva, Sylvia Ferreri

la mère d'Eva Pocket

L’amour maternel dans toute sa puissance, sa beauté. Ou quand une mère doit faire face au changement de sexe de son enfant. Profond. Authentique. Un roman qui interpelle.

Un amour maternel inconditionnel

Serbie. La mère d’Eva attend seule à quelques pas du bloc opératoire. A l’intérieur, sur la table d’opération, sa fille de 18 ans, Eva. Ou plutôt son fils en devenir, Alessandro.

Comment devenir la mère d’un garçon quand on a été pendant 18 ans celle d’une fille ? La mère d’Eva devra renaitre en même temps que son fils. Tout réapprendre. Le contact sera-t-il aussi immédiat que lorsqu’on lui a posé le bébé sur le ventre 18 ans plus tôt ? Seront-ils aussi proches ? Elle tremble.

Tandis qu’elle se torture à se demander si elle a fait le bon choix (mais avait-elle vraiment le choix ?), si Eva ne regrettera pas ces opérations irréversibles, si son enfant sera enfin épanoui et heureux, elle rembobine le film de sa mémoire. Elle tente en vain de retrouver le moment où leur bonheur sans faille à tous les trois a vrillé. Et de culpabiliser. Qu’a-t-elle fait de mal en tant que mère, pour avoir un enfant dans une telle souffrance ?

Elle balaie ces années, les signes annonciateurs à l’âge de 4 ans, leur sidération, le déni, la colère, les épreuves, le chantage, l’espoir, l’acceptation. Et l’amour, toujours. Inconditionnel. Absolu. Car la seule certitude de la mère d’Eva en cet instant est qu’elle ne cessera jamais d’aimer son enfant. Fille ou garçon.

Changer de sexe

La mère d’Eva est le premier roman de Silvia Ferreri, paru aux éditions Pocket. Et quel roman ! Sans voyeurisme, sans complaisance, avec une infinie justesse, elle nous immerge dans le quotidien d’une famille dont l’enfant est en grande souffrance, né garçon dans un corps de fille. Ce sujet de société est traité avec beaucoup d’intelligence et une grande pudeur.

La dysphorie de genre ou transsexualité peut se manifester dès la maternelle. C’est le cas d’Eva ici, qui pour Noel à 4 ans demande un corps d’homme. Un mal-être qui s’installe, grandit, à mesure que l’enfant se sent étrangère au sexe qu’elle affiche.  Et pour les parents, une torture : que faire, accompagner son enfant dans son désir de transition vers un autre sexe ? Ou faut-il ignorer ses plaintes et croiser les doigts en espérant que ça lui passe ? Faut-il s’opposer fermement à lui ? Les parents d’Eva ne savent pas, ne savent plus quelle attitude adopter face à leur fille.  Tout ce qu’ils savent, c’est qu’ils aiment éperdument Eva et souhaitent la voir heureuse, épanouie, bien dans sa peau. Or elle ne l’est pas. Le sera-t-elle davantage dans un corps de garçon ou se berce-t-elle d’illusions ? Et ces opérations douloureuses et périlleuses, cette réassignation génitale, peuvent-ils accepter qu’elle les tente et mette sa vie en péril ?

C’est un roman splendide sur l’acceptation, l’amour parental, la responsabilité d’une mère et d’un père. Car au final, devenir parent, c’est s’adapter à l’enfant qu’on n’attendait pas. C’est l’aimer inconditionnellement. Et l’accompagner. Jusque dans les épreuves extrêmes.

Un roman MAGNIFIQUE, qui invite le lecteur à se demander : qu’aurais-je fait, comment aurais-je réagi à la place de la mère ou du père d’Eva?

Informations pratiques

La mère d’Eva, Sylvia Ferreri- Editions Pocket, juin 2021 – 253 pages -6,95€

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