La vie dissimulée, Marinca Villanova

La vie dissimulée

Rentrée littéraire. L’histoire émouvante d’une enfant qui prend en charge seule sa mère dépressive. Ou quand les rôles s’inversent et que l’enfant devient adulte trop tôt.

Une enfant seule face à la dépression de sa mère

Un soir, c’est la dispute de trop. De ce jour, Nina âgée de 7 ans et son frère Julien ont gardé le souvenir d’un cri inhumain, avant de voir leur maman partir en ambulance. Le couple se sépare alors.

Depuis, le temps a passé. Si au tout début, Nina et son frère passaient certains week-ends avec leur père, domicilié provisoirement dans une caravane, ce dernier n’a plus donné signe de vie depuis six ans. Les lettres et dessins de Nina sont restés sans réponse. Et du reste, personne ne semble se soucier des enfants et de leur mère. Julien, quant à lui, s’est endurci.

A la maison, Nina a assisté au naufrage de sa maman. Alitée, incapable de s’occuper de ses enfants, elle en proie à une insondable mélancolie. Ne sort plus de la maison depuis des mois, des années même. L’argent manque. La nourriture manque. Mais aussi et surtout les rires, la légèreté, l’insouciance. Car si Etienne se rebelle, fait l’école buissonnière, Nina d’une certaine façon se sacrifie. Elle devient peu à peu la maman de sa maman, prend soin d’elle, dissimule à tous son état, ses manquements. La protège. Elle sent bien que sa mère ne peut plus se passer d’elle. Un sacrifice qui fait naître en Nina des sentiments ambivalents, une forme de tendresse furieuse.

Lien mère-fille

Avec La vie dissimulée, paru aux éditions Eyrolles, Marinca Villanova s’attache à la complexité de la relation mère-fille, dans le cas d’une maman incapable de jouer son rôle. Non seulement Nina n’a plus son père à ses côtés, mais son frère quitte la maison. Echoit alors sur ses seules épaules la charge de prendre soin de sa maman. Avec beaucoup de finesse, l’auteure analyse la complexité de cette relation : l’amour de l’enfant pour sa mère qui la conduit à prendre soin d’elle et la colère qu’elle éprouve de devoir s’en charger, de manquer de tout et surtout d’insouciance et d’une maman apte à prendre soin de ses enfants.

C’est un livre émouvant, très dur à bien des passages. Juste dans l’analyse psychologique des personnages et des situations. Le portrait d’une fillette que l’on a envie de prendre dans ses bras et d’entourer d’affection. Une jeune fille que l’on aimerait délester de ses responsabilités écrasantes pour lui rendre sa part d’enfance.

Informations pratiques

La vie dissimulée, Maringa Villanova- Editions Eyrolles, collection Apparté, août 2021 – 210 pages – 16€

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