La mère d’Eva, Sylvia Ferreri

la mère d'Eva Pocket

L’amour maternel dans toute sa puissance, sa beauté. Ou quand une mère doit faire face au changement de sexe de son enfant. Profond. Authentique. Un roman qui interpelle.

Un amour maternel inconditionnel

Serbie. La mère d’Eva attend seule à quelques pas du bloc opératoire. A l’intérieur, sur la table d’opération, sa fille de 18 ans, Eva. Ou plutôt son fils en devenir, Alessandro.

Comment devenir la mère d’un garçon quand on a été pendant 18 ans celle d’une fille ? La mère d’Eva devra renaitre en même temps que son fils. Tout réapprendre. Le contact sera-t-il aussi immédiat que lorsqu’on lui a posé le bébé sur le ventre 18 ans plus tôt ? Seront-ils aussi proches ? Elle tremble.

Tandis qu’elle se torture à se demander si elle a fait le bon choix (mais avait-elle vraiment le choix ?), si Eva ne regrettera pas ces opérations irréversibles, si son enfant sera enfin épanoui et heureux, elle rembobine le film de sa mémoire. Elle tente en vain de retrouver le moment où leur bonheur sans faille à tous les trois a vrillé. Et de culpabiliser. Qu’a-t-elle fait de mal en tant que mère, pour avoir un enfant dans une telle souffrance ?

Elle balaie ces années, les signes annonciateurs à l’âge de 4 ans, leur sidération, le déni, la colère, les épreuves, le chantage, l’espoir, l’acceptation. Et l’amour, toujours. Inconditionnel. Absolu. Car la seule certitude de la mère d’Eva en cet instant est qu’elle ne cessera jamais d’aimer son enfant. Fille ou garçon.

Changer de sexe

La mère d’Eva est le premier roman de Silvia Ferreri, paru aux éditions Pocket. Et quel roman ! Sans voyeurisme, sans complaisance, avec une infinie justesse, elle nous immerge dans le quotidien d’une famille dont l’enfant est en grande souffrance, né garçon dans un corps de fille. Ce sujet de société est traité avec beaucoup d’intelligence et une grande pudeur.

La dysphorie de genre ou transsexualité peut se manifester dès la maternelle. C’est le cas d’Eva ici, qui pour Noel à 4 ans demande un corps d’homme. Un mal-être qui s’installe, grandit, à mesure que l’enfant se sent étrangère au sexe qu’elle affiche.  Et pour les parents, une torture : que faire, accompagner son enfant dans son désir de transition vers un autre sexe ? Ou faut-il ignorer ses plaintes et croiser les doigts en espérant que ça lui passe ? Faut-il s’opposer fermement à lui ? Les parents d’Eva ne savent pas, ne savent plus quelle attitude adopter face à leur fille.  Tout ce qu’ils savent, c’est qu’ils aiment éperdument Eva et souhaitent la voir heureuse, épanouie, bien dans sa peau. Or elle ne l’est pas. Le sera-t-elle davantage dans un corps de garçon ou se berce-t-elle d’illusions ? Et ces opérations douloureuses et périlleuses, cette réassignation génitale, peuvent-ils accepter qu’elle les tente et mette sa vie en péril ?

C’est un roman splendide sur l’acceptation, l’amour parental, la responsabilité d’une mère et d’un père. Car au final, devenir parent, c’est s’adapter à l’enfant qu’on n’attendait pas. C’est l’aimer inconditionnellement. Et l’accompagner. Jusque dans les épreuves extrêmes.

Un roman MAGNIFIQUE, qui invite le lecteur à se demander : qu’aurais-je fait, comment aurais-je réagi à la place de la mère ou du père d’Eva?

Informations pratiques

La mère d’Eva, Sylvia Ferreri- Editions Pocket, juin 2021 – 253 pages -6,95€

La beauté du ciel, Sarah Biasini

La beauté du ciel Sarah Biasini

Un récit d’une vibrante authenticité sur la transmission, l’amour maternel. Que transmettre à son enfant quand on a grandi sans sa maman ?

Profanation et procréation

Le premier mai 2017, Sarah Biasini reçoit un appel qui ébranle ses fondations. La tombe de sa mère, Romy Schneider, a été profanée. Sarah n’avait que 4 ans ½ quand cette dernière est décédée. Elle se rend sur place, s’occupe des formalités. Mais de retour chez elle, cet évènement la hante.

De son côté, elle a grandi sans cette femme adulée par tous, sans la colonne vertébrale qu’est l’amour d’une mère. Mais pas sans amour. Sa merveilleuse grand-mère paternelle, sa nounou, son père, son grand-père l’ont soutenue et aimée. L’ont aidée à s’épanouir. Malgré le manque. Malgré l’absence.

Trois semaines après la profanation, et alors que depuis dix ans elle essayait en vain d’avoir un enfant, Sarah Biasini tombe enceinte. Alors qu’elle s’apprête à devenir la maman d’une petite Anna, de multiples questions la traversent. Que va-t-elle transmettre à sa fille ? Comment va -t-elle l’aimer ? Comment parvenir à lui donner confiance en elle ? Comment l’armer pour faire face aux épreuves de l’existence ? Comment lui parler de cette grand-mère et de cet oncle partis trop tôt ?

Un récit très touchant sur la transmission mère/enfant

Ce récit de Sarah Biasini, paru aux éditions Stock « Toute la beauté du ciel », est dédié à la fille de Sarah : la petite Anna. Dans un récit très émouvant, sans fards, elle explique à sa fille ce qui l’habite, sa relation à la vie, à la mort, ses angoisses, ses envies, ses doutes, ses joies. Ce qui l’a construite. Ce qui l’a détruite aussi. Ces vides qui resteront à jamais béants mais avec lesquels elle a appris à composer, à danser la vie.

Si devenir parent est extrêmement naturel d’un point de vue biologique, c’est une aventure très complexe sur le plan psychique. Comme toute future maman, Sarah Biasini aspire à offrir le meilleur à son enfant, à être comme l’appelait Donald Winnicott, une mère suffisamment bonne (« good enough mother »).C’est à dire une maman qui sait répondre de manière équilibrée aux besoins de son enfant, ni trop, ni trop peu.

C’est une vibrante déclaration d’amour à sa fille Anna, à sa défunté mère, mas aussi à tous ceux qui, sur son parcours, l’ont entourée et aimée.

Informations pratiques

La beauté du ciel, Sarah Biasini – Editions Stock, février 2021 – 251pages – 19€

Livre pour enfant : Le Japon, Cyril Castaing

Le Japon

Un livre documentaire illustré de photographies magnifiques, pour découvrir le Japon sous tous ses angles : histoire, économie, gastronomie, vie quotidienne, mode…

Le japon sous toutes ses formes

Et si vous faisiez voyager votre enfant grâce aux livres? La collection La grande imagerie des éditions Fleurus se propose en effet de faire découvrir les différents pays et civilisations par le biais de livres documentaires illustrés très bien conçus. Pas de guide ennuyeux ou de cours scolaires ici, mais une invitation divertissante et instructive au voyage. De quoi alimenter l’esprit insatiablement curieux des enfants.

Cette fois, il est question d’un voyage en Asie, au cœur du Japon, pays fascinant s’il en est un. Chaque double page se propose de retracer un aspect du pays : sa géographie, son histoire, sa mode, sa culture, sa gastronomie etc. Des présentations sous la forme de vignettes photographiques accompagnées de textes courts et clairs.

5 bonnes raisons d’acheter ce livre

Cet ouvrage sur le Japon ne manque pas d’atout :

  • Il est richement illustré de photographies de très bonne qualité.
  • Les textes explicatifs sont courts, clairs et rythmés.
  • Il couvre tous les domaines de la connaissance : histoire, géo, religion, culture, économie… Il est donc très complet.
  • Il participe à l’ouverture d’esprit sur des horizons lointains et différents du nôtre.
  • En bonus, il propose des vignettes photographiques à découper.

Informations pratiques

Le Japon, collection La grande imagerie, Cyril Castaing – Editions Fleurus, mai 2021 – 7,95€- 24 pages illustrées de photographies.

Hystériques, Sophie Adriansen

Hystériques Adriansen

Trois femmes et sœurs lancées dans la grande aventure de la maternité. Trois façons de la vivre aux antipodes les unes des autres. Un roman émouvant, réaliste, éclairant. Un livre nécessaire.

Trois femmes et quatre utérus

Elles sont sœurs et s’apprêtent sans le savoir à vivre simultanément ou presque, une grossesse. Pour Noémie, ce sera le premier enfant. Mais rien ne se passe comme prévu. Ce n’est pas l’embryon mais la maladie qui se niche en elle. Un double combat commence alors et contre la maladie et pour devenir maman envers et contre tout.

Pour Clémentine, cette grossesse est la troisième. Mais alors qu’elle se réjouit de voir la famille s’agrandir bientôt, des faits anciens, datant de l’époque du lycée, affleurent à sa mémoire. Sa vie en est complètement bouleversée. Comment son mari va-t-il accueillir ce pan refoulé de son passé ?

Quant à Diane, elle n’a jamais osé parler de sa souffrance à l’issue de sa première grossesse. De la violence dont elle a été la victime, physiquement comme psychologiquement. Le temps a passé, mais la cicatrice s’est-elle pour autant refermé sur ce sujet sensible ?

Trois sœurs déjà et/ou bientôt mères. Trois bouleversements singuliers, puissants, émouvants.

Il n’y a pas une maternité mais autant de façons de la vivre que de femmes

Je vous ai souvent plébiscité ici les livres de Sophie Adriansen. Sophie Adransen est une éponge qui absorbe tout ce qu’elle voit, entend, tout ce qui fait vibrer sa corde sensible, tout ce qui la fait hurler à l’injustice, tout ce qui la fait exulter, pour le retranscrire dans des livres. Des livres engagés, toujours. Des histoires éclairantes, qui invitent à ouvrir le champ de notre regard. Qui interpellent.

 Et son nouveau roman, Hystériques, paru aux éditions Charleston ne déroge pas à ces principes. Si la maternité est perçue comme une fabuleuse aventure humaine, si l’instinct maternel semble inné, si devenir mère paraît couler de source, rien n’est plus complexe, singulier, incomparable, marquant, que la maternité. Il n’y a pas une façon de la vivre, mais autant de manières de vivre sa maternité, sa grossesse, qu’il y a de futures mamans.

Déni de grossesse, greffe d’utérus, accouchement sous X, grossesse gémellaire, violence obstétricale, césarienne, épisiotomie, voici quelques couleurs qui peuvent composer le tableau de la future maman, couleurs qui ne sont pas toujours les couleurs que nous loue la société de façon manichéenne, avec son tout rose ou son tout bleu. Les inconnues sont multiples. La joie de la maternité parfois entachée de zones d’ombre vécues dans la culpabilité et la détresse.

 Le lecteur embarque avec chacune des trois sœurs dans une aventure humaine remuante, bouleversante, aussi difficile que belle. On parle encore trop peu de sexe, de dépression post-partum, d’utérus, de l’impact du mode d’accouchement, des violences obstétricales faites aux femmes. Aussi ce roman libère la parole, informe, accompagne. Pour que les futures mamans se sentent moins seules, moins coupables et moins incapables dans les moments de découragement et de fatigue intenses. Pour que les proches de la future maman soient plus à l’écoute, mieux informés et donc plus à même de bien l’entourer.

Un roman dense, des parcours infiniment émouvants. Félicitations à Sophie, la maman, pour ce très beau bébé d’encre et de papier !

Informations pratiques

Hystériques, Sophie Adriansen – éditions Charleston, mai 2021- 19,90€- 525 pages

Les prochains livres sur le blog

La semaine prochaine, retrouvez sur le blog, comme chaque semaine, des nouveautés littéraires pour adultes comme pour enfants.

Au programme de la semaine à venir

Côté littérature adulte :

  • Hystériques, de Sophie Adriansen, aux éditions Charleston : Trois femmes et sœurs lancées dans la grande aventure de la maternité. Trois façons de la vivre aux antipodes l’une de l’autre. Un roman émouvant, réaliste, éclairant. Un livre nécessaire.
  • On reste avec la maternité, la mère en devenir, celle qui n’est plus, celle qui apprend avec son bébé : le très beau récit de Sarah Biasini : Toute la beauté du ciel, paru aux éditions Stock. Un récit d’une vibrante authenticité sur la transmission, l’amour maternel. Que transmettre à son enfant quand on a grandi sans sa maman ?

Côté livre pour enfants :

  • Je vous offrirai un voyage au Japon avec l’ouvrage illustré de Cyril Castaing, Le Japon, aux éditions Fleurus : Un livre documentaire illustré de photographies magnifiques, pour découvrir le Japon sous tous ses angles : histoire, économie, gastronomie, vie quotidienne, mode…

Bon dimanche sous le soleil (ou pas) du mois d’août! 🙂

Nouveaux papiers créatifs, éditions Larousse

papires créatifs

Voilà un livre génial pour tout créer en papier, de la carte de vœux à la pochette cadeau, en passant par des photophores, des décos de Noël ou encore des origami. 246 pages à détacher, découper, plier, coller !

Tout créer avec du papier

Ce sont les vacances, vous disposez enfin d’un peu de temps pour vous. Le temps de vous reposer, de rêver, de créer. Vous aimez les décorations en papier, les enveloppes et cartes faites maison, les papiers cadeau personnalisés, faire vous-même votre décoration de Noël ou d’anniversaire? Alors j’ai tout ce qu’il vous faut! Nul besoin d’acheter des planches de papier illustré, des manuels d’origami, des livres d’initiation au pliage. Nul besoin non plus d’être déjà experte en papiers créatifs. Tout est contenu dans cet ouvrage! Il vous faut juste une paire de ciseaux et un tube de colle.

Avec Nouveaux papiers créatifs, paru aux éditions Larousse, vous avez tout sous la main! 246 pages détachables avec des motifs festifs, tous différents les uns des autres et vraiment magnifiques. Mais aussi des explications concises et claires pour réaliser vos divers objets en papier. Ou encore des pointillés sur les pages pour préfigurer les pliages et vous rendre la vie facile. Que demander de mieux?

Nouveaux papiers créatifs

5 bonnes raisons d’acheter cet ouvrage

Il y a beaucoup d’ouvrages au rayon loisirs créatifs des librairies. Mais cet ouvrage met la barre haute. Pourquoi?

  • Beaucoup de choix dans les planches de papier : motifs festifs variés, soit 246 pages à détacher, plier, coller!
  • Des papiers de grande qualité, tant dans le grammage que dans les illustrations.
  • C’est tellement simple à réaliser en suivant les explications pas à pas, que cet ouvrage aurait pu s’appeler « le pliage pour les nuls ». Et le résultat est bluffant.
  • Noël, anniversaire, fête, mariage, vous pouvez apporter une touche personnelle et esthétique grâce aux cartes, décorations, faire-part, boites, photophores et autres créations de papier proposées par cet ouvrage.
  • Réaliser ces pliages offre un vrai moment de détente, permet de déconnecter des soucis et du travail. Et le pliage terminé, le résultat est source de satisfaction!

Informations pratiques

Nouveaux papiers créatifs – éditions Larousse – 250 pages – 22,90€

Le bonheur se cache parfois derrière les nuages, Sonia Dagotor

Le bonheur se cache parfois derrière les nuages

Quand l’amour conjugal s’effiloche, on peut choisir de fermer les yeux, de s’en accommoder. Ou de réagir. Un roman feel-good qui montre que le bonheur est possible à tout âge

Bonheur conjugal et temps qui passe

Francine et Michel, son mari, se sont unis depuis 39 ans. Pour fêter ces noces de crêpes, Francine décide d’aller au théâtre, puis dans leur restaurant préféré. Quant à Michel, se souvient-il seulement qu’ils se sont mariés il y a pile 39 ans aujourd’hui ? Ce qui aurait dû être une soirée chaleureuse, aimante, festive, vire à l’amertume. Francine observe son époux, penché sur son smartphone à jouer à Candy Crush, son passe-temps favori. Comme d’habitude.

Mais cette fois, cela ne passe pas. Francine n’en peut plus de se sentir transparente, seule, négligée.

Quand leur relation a commencé à se déliter ? Quand a-t-elle commencé à devenir transparente dans le regard de Michel ? En attendant les plats, perdue dans ses pensées, Francine rembobine le fil de leur existence conjugale. Bruno, son premier amour, sa rencontre avec Michel, ses enfants, ce fils tant espéré, les coups de canif dans le contrat de mariage, les déceptions surmontées, ravalées, Les bonheurs aussi. Bonheurs de moins ne moins nombreux.

« Parfois on sait, parfois on ne sait pas et parfois on fait semblant de ne pas savoir ». A présent Francine sait. Elle a pleinement conscience de ne plus être heureuse avec Michel. Mais trouvera-t-elle la force de le quitter ? De se donner la possibilité d’être épanouie ?

Un roman feel-good sur le couple

Avec Le bonheur se cache parfois derrière les nuages, Sonia Dagotor nous offre un roman feel-good sur les affres de la vie de couple au fil du temps. Sur cet embrasement qui parfois, se réduit après quelques années à un tas de cendres. Mais pas seulement. Son héroïne, Francine, a bien perçu leurs désaccords, a senti que certaines limites avaient été franchies : mais partir, admettre que l’on s’est trompé, que l’autre ne contribue plus à notre bonheur, n’est pas pour autant une décision facile à prendre. Ce sont ces atermoiements, ces petites et grosses déceptions cumulées que la romancière nous relate. Jusqu’à la déception de trop. Celle qui fait éclater l’orage.

Informations pratiques

Le bonheur se cache parfois derrière les nuages, Sonia Dagotor – éditions Robert Laffont, mai 2021 – 282 pages -17€

Tout savoir sur l’art, Sarah Hull

Tout savoir sur l'art

Un formidable ouvrage pour initier vos enfants à l’art. En collaboration avec le National Gallery de Londres

Initier les enfants à l’art

Voilà un livre que j’aurais aimé découvrir enfant. Un ouvrage richement illustré, qui explore l’art sous tous ses angles et donne furieusement envie de courir au musée. L’art peut paraitre élitiste, abscons et freiner certains. Quel dommage de se passer de l’univers des peintres, dessinateurs? De ne pas savoir comment appréhender un tableau, l’observer, le décrypter! Or ce livre a le don de rendre l’art accessible mais aussi compréhensible et passionnant. Et ce, dès le plus jeune âge.

L’art signifie des choses bien différentes selon les époques et les peuples. A l’origine, il désigne ce qui se fait à la main. Aujourd’hui, on parle d’art en se référant essentiellement aux peintures, sculptures et objets décoratifs.

Ce livre vous propose de découvrir au fil des pages les différentes façons de faire de l’art, de savoir ce qui inspire les artistes, comment observer un tableau.

Un livre pour enfants passionnant

Qu’est-ce que l’art? Quelles sont les diverses façons de le pratiquer? Comment appréhender un tableau (perspective, ombres et lumières, composition, couleurs, angles de vue)? Qu’est-ce qu’un artiste? L’art doit-il être sérieux, beau, raconter des histoires? Ce sont quelques unes des 45 questions sur l’art auxquelles répond de façon claire et illustrée, Sarah Hull, dans son livre jeunesse Tout savoir sur l’art, paru aux éditions Usborne.

Il n’est pas toujours facile de répondre aux questions multiples des enfants, dans un langage clair et accessible . Ni d’avoir réponse à tout. Ce livre permet de satisfaire la curiosité de nos chères têtes blondes tout en les divertissant. . Chaque chapitre comporte des explications courtes, dans des termes simples,. Mais aussi des dessins et photographies pour illustrer les propos et les éclairer, ainsi que des bulles façon bande dessinée pour interpeller le lecteur.

C’est à la fois instructif, ludique et passionnant aussi bien pour les enfants que pour les grands enfants que nous sommes restés.

Un livre qui offre un beau moment de partage entre petits et grands.

Informations pratiques

Tout savoir sur l’art, Sarah Hull- éditions Usborne, mai 2021 – 83 pages illustrées – 14,50€

La fille de Joyce, Annabel Abbs

La fille de Joyce

L’histoire passionnante et terrifiante d’une femme, Lucia Joyce, fille de James Joyce, dont la vie et la passion pour la danse ont été sacrifiées par ses proches. Un roman biographique fascinant et brillant.

Dans l’ombre de James Joyce

Nous sommes à Paris au début des années 30. A 21 ans, Lucia Joyce vient de faire un tabac au théâtre des Champs-Elysées. Dans les journaux, on crie au génie, en parlant de cette jeune femme, pionnière de la danse contemporaine. Son spectacle époustouflant fait la fierté de son père surnommé Babbo, tandis qu’il ne recueille qu’indifférence de la part de sa mère. Cette dernière n’a en effet d’yeux que pour son fils Giorgio.

Dans la famille Joyce, Julia est en passe de se faire un prénom, de sortir de l’ombre de son père, auteur du célèbre et controversé Ulysse. Elle danse du matin au soir, ne vit que pour et par la danse. Quand elle ne danse pas avec sa troupe, elle prend des cours de danse, ou danse seule chez elle devant Babbo, imagine des chorégraphies audacieuses, réalise des costumes inédits. Et elle se révèle non seulement être une danseuse au talent exceptionnel, avant-gardiste, mais elle est de surcroit très intelligente, parle quatre langues couramment. Autrement dit, elle semble promise à un brillant avenir. Mais y-a-t-il de la place pour deux génies dans la même famille ?

C’est sans compter sur les relations pathologiques que sa famille entretient avec elle, lui brisant sans cesse les ailes, jalouse de son aura, jalouse de l’ombre et du tort qu’elle pourrait leur faire à tous. Car il y a des secrets de famille qu’il vaut mieux taire, sous peine de susciter l’opprobre et la honte. Et les parents de Lucia, mais aussi et surtout son frère Giorgio, entendent bien museler Lucia, dussent-ils pour cela lui arracher sa raison de vivre, ce qui la fait vibrer, exulter : la danse.

Dussent-ils briser sa vie.

Une danseuse de génie

La plume de la romancière Annabel Abbs, aussi auteure de Frieda, m’a fascinée dans ce roman biographique La fille de Joyce, paru aux éditions Hervé Chopin. Une plume tout en finesse, en délicatesse, en sensibilité. Un roman richement documenté, vivant, vibrant, qui fait découvrir la vie terrifiante imposée par la famille et la société de l’époque à la talentueuse Lucia.

Avec une alternance de chapitres où Lucia, en psychanalyse, révèle au docteur Jung son passé, et de chapitres passés au sein de la famille Joyce, Annabel Abbs nous plonge au cœur de la vie de la danseuse. Une jeune femme avant-gardiste, aux talents multiples (danseuse, chorégraphe, créatrice de costumes), sur le point d’éclore. Mais à chaque fois que l’oiseau s’apprête à prendre son envol, à concrétiser un projet de ballet, une nouvelle chorégraphie, l’enseignement de cours de danse, sa famille brise son élan, la met en cage. Et dans ses amours, elle ne connait pas davantage l’envol. Entière, passionnée, candide, elle se donne entièrement aux hommes qu’elle aime, dont le futur prix Nobel de littérature Samuel Beckett. Mais ces derniers jouent de sa naïveté et lui brisent les ailes autant que le cœur.

James Joyce est un homme jaloux, possessif, exclusif envers Julia. Giorgio veut briller en tant que chanteur lyrique et reléguer sa sœur dans l’ombre, et surtout, la faire taire. Quant à la mère de Lucia, elle est indifférente au sort de sa fille, ne se préoccupe que de l’avenir de son fils. Lucia tait pourtant un secret qui pourrait tous les faire plonger. Avec effroi, on assiste aux moyens inhumains auxquels la famille a recours pour brimer Lucia, la réduire au silence et à la nuit. Ce n’est pourtant pas faute pour Lucia d’avoir essayé, encore et encore. De s’être relevé souvent, grâce à la danse. mais quand on lui enlève aussi la possibilité de danser…

Un roman édifiant, un portrait puissant. Celui d’une femme qui se consume de ne pas pouvoir exprimer son talent pour son art. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui de Camille Claudel.

A lire absolument !

Informations pratiques

La fille de Joyce, Annabel Abbs- Editions Hervé Chopin, juin 2021 – 21€ – 412 pages

Les prochains livres sur le blog

La semaine prochaine, retrouvez sur le blog, comme chaque semaine, des nouveautés littéraires pour adultes comme pour enfants.

Au programme de la semaine à venir

Côté littérature adulte :

  • La fille de Joyce, Annabel Abbs, éditions Hervé Chopin : L’histoire passionnante et terrifiante d’une femme, Lucia Joyce, fille de James Joyce, dont la vie et la passion pour la danse ont été sacrifiées par ses proches. Un roman biographique fascinant et brillant.
  • Mais je vous emmènerai aussi en scooter rencontrer Sonia Dagotor : Le bonheur se cache parfois derrière les nuages, Sonia Dagotor, éditions Robert Laffont. Quand l’amour conjugal s’effiloche, on peut choisir de fermer les yeux, de s’en accommoder. Ou de réagir. Un roman feel-good qui montre que le bonheur est possible à tout âge

Côté livre pour enfants :

  • Je vous ferai découvrir un ouvrage fascinant pour initier vos enfants au monde de l’art : Tout savoir sur l’art, Sarah Hull- éditions Usborne. Qu’est-ce que l’art? Quelles sont les diverses façons de le pratiquer? Comment appréhender un tableau (perspective, ombres et lumières, composition, couleurs, angles de vue)? Qu’est-ce qu’un artiste? L’art doit-il être sérieux, beau, raconter des histoires? Ce sont quelques unes des 45 questions sur l’art auxquelles répond de façon claire et illustrée, Sarah Hull.

Bon dimanche sous le soleil du mois d’août!