Rencontre avec Julien Delmaire

« Le roman est plus comme un trip alors que la poésie est plus comme un shoot »

delta blues

En cette rentrée littéraire des éditions Grasset, Julien Delmaire publie un roman fascinant Delta Blues. Un véritable voyage dans le Mississipi des années 30. Rencontre avec l’auteur.

Avant le roman, il y a eu la poésie

J’ai commencé par la poésie. J’ai publié 6 recueils de poésie avant de publier mon premier roman. J’ai commencé avec le slam en 2001. J’étais tellement féru de poésie, de cette alchimie verbale entre les mots, que je ne ressentais pas vraiment le besoin de m’aventurer vers le roman.

Quel est le déclic qui vous a fait faire le grand saut de la poésie au roman ?

Je m’étais lancé dans un poème en prose plus long que d’habitude. Et arrivé à 15 ou 20 pages, je me suis dit que je tenais peut-être là le début de quelque chose. J’ai continué à écrire, ai éprouvé le besoin de faire naitre d’autres personnages. Et j’ai découvert le plaisir de la longue durée, de pouvoir créer d’autres temporalités. Le roman est plus comme un trip alors que la poésie est plus comme un shoot. Aujourd’hui, je passe ma poésie en contrebande dans le roman. Aujourd’hui le roman est le lieu qui accueille tout ce que j’ai envie d’expérimenter.

Parlez-nous de Delta Blues, votre quatrième roman

Je l’ai en tête depuis une dizaine d’années. J’ai mis 2 ans ½ à l’écrire. C’est un peu la quintessence de tout ce qui était en germe dans mes précédents livres :  la musique, les paysages et des visages qui se rencontrent pour créer un rêve éveillé où l’on chemine, pris par la main par le blues.

Faites-nous le pitch du roman

On est en 1932 dans le delta du Mississipi, où il y a une sécheresse terrible. C’est en quelque sorte « un polar climatique », c’est-à-dire que la sécheresse est omniprésente dès les premières pages et on sent qu’un drame se prépare. Le roman s’ouvre comme un roman d’amour, avec deux amants noirs, Betty et Steve. Cet amour-là est tout ce qu’il leur reste pour résister à un contexte économique et politique extrêmement oppressant. Le delta du Mississipi à cette époque est d’ailleurs surnommé par les noirs « l’enfer sur terre ».

Il y a une forte dimension mystique dans le roman

Il y a beaucoup de références au vaudou qui était extrêmement vivace dans le Mississipi de l’époque. C’est à la fois une religion (rites, invocations, sortilèges) et une médecine alternative basée sur la connaissance des plantes.  Les noirs n’avaient en effet pas accès à la médecine officielle. Saphira dans le roman est une sorcière vaudou, qui interpelle les divinités et influe sur le destin des personnages.

Quel a été l’élément déclencheur de ce roman ?

C’est la légende de Robert Johnson, un des plus fameux bluesmen des années 30. Il est réputé car il aurait fait un pacte avec le dieu Vaudou, Legba. Legba lui aurait pris sa guitare et l’aurait accordée de telle sorte qu’ensuite, Robert Johnson est devenu un prodige de la guitare. Il est présent dans ce roman et le traverse sous le nom de Bobby.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour partager avec vous mes impressions de lecture enthousiastes sur ce roman!

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