Thomas Gunzig : Le sang des bêtes

Après Feel Good, Thomas Gunzig et son humour délicieusement grinçant nous reviennent avec un nouvel opus Le sang des bêtes.

Être cinquantenaire aujourd’hui

Tom vient d’avoir 50 ans. Alors qu’il réalise être au milieu de sa vie, il fait un bilan plutôt négatif sur son existence. D’humeur dépressive, il se dit que plus rien ne l’intéresse vraiment, que ses 8 heures de travail à la boutique de fitness lui mangent le peu d’énergie qui l’anime. Une vie fade, sans le sel des surprises, des découvertes, de la passion. A propos de passion, sa femme Mathilde, avec laquelle il est en couple depuis 25 ans, n’attise d’ailleurs plus la flamme du début en lui.

Alors, quand de surcroît, il apprend que son grand fils de 22 ans va revenir vivre chez papa et maman à la suite d’une rupture sentimentale, et qu’à cela, il faut ajouter la présence de son père atteint d’un cancer, c’est la goutte d’eau en trop. Trois générations sous un même toit quand on aspire à la tranquillité, promet une cohabitation assez invivable.

Mais ce quotidien morose va être bousculé par une jeune femme très particulière, que Tom va sauver des griffes d’un compagnon violent. Pour la première fois de sa vie, Tom va oser. Oser affronter ses peurs au lieu de se couler dans la même lâcheté que son père, oser contredire sa femme. Oser s’imposer. Oser faire quelque chose de sa vie. Et si la vie continuait, voire commençait à 50 ans ?

Un regard lucide sur notre société contemporaine

Après Feel Good, Thomas Gunzig publie Le sang des bêtes au Diable Vauvert. Thomas Gunzig, c’est l’art d’aborder des sujets profonds, graves, avec le recul de l’humour. C’est un regard de lynx sur notre société, sur le culte du corps et des apparences, sur la dictature du désir dans le couple et l’injonction à être heureux, sur le respect faussé de l’homme pour une nature qu’il détruit autant qu’il dit vénérer. Avec un humour féroce mais jamais méchant, il nous interroge sur notre rapport au corps : quel regard quémandons-nous ? Quel besoin d’affection, d’amour, cache ce besoin de paraître ? Et si le bonheur était tout simplement de s’accepter tel que l’on est, d’accepter que le désir dans le couple s’émousse et que si l’entente elle, demeure, alors rien n’est grave ? Et si on baissait le curseur de la gravité sur ces problèmes qui au final n’en sont pas vraiment, pour se recentrer sur l’essentiel ?

Il y a ce que la société dicte, ce que l’on croit être et ce que l’on est profondément. Et comme Thomas Gunzig le souligne avec son héros bodybuildé, il faut parfois plusieurs décennies pour se débarrasser des préjugés, des croyances limitantes et du superflu et commencer à s’accepter et à relativiser. Il n’est jamais trop tard pour devenir celui que l’on est.

Un roman à l’humour jubilatoire, incisif et sensible à la fois.

Informations pratiques

Thomas Gunzig : Le sang des bêtes- Editions Au diable Vauvert, janvier 2022 – 208 pages – 17€

2 réflexions sur “Thomas Gunzig : Le sang des bêtes

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