L’homme que je ne devais pas aimer, Agathe Ruga

Agathe Ruga Flammarion

Elle a un mari aimant et trois jeunes enfants, évolue dans un milieu social aisé, se réalise dans sa passion pour la littérature. Un monde idyllique que le regard d’un homme croisé dans un bar va pourtant faire basculer.

Amours plurielles

Il y a un an, Ariane est tombé malade en croisant un jeune homme alors qu’elle se promenait avec son mari et ses trois enfants. Contaminée par un regard. Atteinte d’un mal incurable. Un mal auquel sa famille ne survivra pas, elle le sait.

Les premiers temps, la maladie est asymptomatique. Du moins extérieurement. La jeune femme ne laisse rien paraitre de l’agitation intérieure qui l’anime, de sa fièvre et s’adonne à ses tâches quotidiennes avec la même régularité. Si ce n’est qu’elle a perdu le gout de lire, si prégnant chez elle, le sommeil, la tranquillité. Si ce n’est que s’occuper des enfants à longueur de journée l’ennuie. Pire, l’insupporte.

Même si elle mesure les risques qu’elle prend à retourner dans le bar où travaille le jeune homme prénommé Sandro, elle ne peut s’empêcher de l’approcher, de l’observer, de le détailler sous toutes les coutures. De s’y brûler. Et si ce dernier se refuse à répondre à ses attentes, mettant un point d’honneur à ne pas briser un couple et une vie de famille, Ariane insiste. La fièvre qui la gagne balaie tout raisonnement, toute sagesse. A chaque fois qu’elle tente de faire reculer la maladie, un désespoir fou la submerge, la terrassant bien plus encore.

Remise en question

Avec son deuxième livre, L’homme que je ne devais pas aimer, paru aux éditions Flammarion, Agathe Ruga nous entraine au cœur des tourbillons d’une maladie particulière, la maladie d’amour. L’amour exaltant, l’amour douloureux, l’amour conjugal, l’amour adultérin, l’amour filial, l’amour maternel, l’amour d’un beau-père pour sa belle-fille. L’amour fébrile, fragile, obsédant, non partagé, agonisant, transcendant, merveilleux. L’amour dans toutes ses acceptions.

A travers les hommes qui ont croisé la vie d’Ariane, père, frère, beaux-pères, amoureux, elle revient sur ce que chacun lui a apporté, pris, laissé. Que se passe-t-il avec Sandro ? Elle avait 4 ans quand ses parents ont divorcé et ne veut pas infliger un divorce à ses enfants. Enfin, sa raison ne veut pas. Mais que dit son cœur ?

Pour qu’une telle maladie contamine un cœur et un esprit, il fallait que ces derniers soient un terrain propice, avec un système immunitaire défaillant contre l’intrusion d’un nouvel amour. Que lui apporte cet homme qu’elle ne trouve pas ou plus chez son mari ? Être la maman de trois adorables petites filles fait-il forcément de vous une femme comblée ? Y-a-t-il encore une place pour une vie de femme quand on est mère, pour la folie quand on est responsable de trois enfants ? Briller dans la bonne société, aux bras d’un mari intelligent et plein de charme suffit-il à mettre des paillettes dans les yeux, à se sentir vivante ? Est-on condamnée à ne vivre qu’à demi quand on devient mère, à étouffer ses envies, son grain de folie, sa faim de vivre pleinement et intensément chaque journée?

Une très belle écriture, et une réflexion très touchante et très pertinente sur l’amour et les choix difficiles qu’il impose.

Informations pratiques

L’homme que je ne devais pas aimer, Agathe Ruga-éditions Flammarion, 202 pages – 19€