Les fêlures, Barbara Abel

Les fêlures Barbara Abel

Qui est le meurtrier d’un être qui se suicide ? Lui seul, ou aussi ceux qui l’ont conduit à ce désespoir fou ? Un thriller psychologique brillant, impossible à lâcher.

Suicide : à qui la faute ?

Quand Roxane se réveille dans son lit, c’est la stupeur. Martin est à ses côtés, mort. Et elle devrait l’être aussi. Sur leurs tables de chevet respectives, des lettres expliquant leur geste. Un suicide par injection de substance toxique à haute dose. Mais leur plan n’a pas fonctionné. Seule survivante, elle va devoir répondre pour eux deux de leur acte, fournir des explications à sa famille, à sa belle-famille, aux enquêteurs.

Qu’est-ce qui a pu pousser un jeune couple si fusionnel, si aimant, à commettre pareil geste ? Pour Garance, la sœur de Roxane, c’est la sidération. Comme pour la riche famille de Martin.

Prostrée, Roxane donne peu d’éléments pour comprendre. Et si ce suicide commun n’en était pas un, contrairement aux apparences ? Roxane, élevée par une mère alcoolique, tyrannique et violente, a un lourd passé derrière elle. Et des secrets tout aussi lourds. A-t-elle vraiment voulu mourir ? En tant qu’élève en médecine, elle sait pratiquer des injections. Aurait-elle pu souhaiter la mort de Martin et avoir sciemment injecté des doses différentes à chacun d’entre eux ?

Garance veut croire à l’innocence de sa sœur. La famille de Martin à sa culpabilité. Où se situe la vérité ?

Un thriller psychologique brillant

Avec Les fêlures, paru aux éditions Plon en ce mois d’avril, Barbara Abel nous livre un thriller psychologique impossible à lâcher. Une forme de Roméo et Juliette revisité avec brio. Tout part sur la découverte de deux corps, dans ce qui semble être un suicide collectif. Une femme issue d’une famille modeste, belle et intelligente et un jeune homme au physique ingrat, appartenant à une famille bourgeoise.

L’auteure joue alors avec les nerfs du lecteur, sème des indices pour lui faire croire à une thèse, afin de mieux le faire douter ensuite. On s’engage sur un chemin et soudain, les soupçons vous gagnent, de même qu’une grande fébrilité : les apparences sont trompeuses, les coupables ne sont pas ceux auxquels nous pensions, et il faut alors explorer une autre piste, vite lire la suite le regard aimanté aux pages. Les rebondissements se multiplient, les pièces du puzzle se mettent en place, et le tableau final nous offre une chute vertigineuse…

Barbara Abel excelle dans la construction de son histoire, dans la finesse de l’analyse psychologique de ses personnages, dans sa capacité à maintenir une tension narrative constante. En fil rouge, elle nous interroge : quel est le véritable meurtrier d’un être qui se suicide ? Lui-même ? Certes. Mais pas seulement. Il y a aussi celles et ceux qui par leur attitude, leurs propos, ont conduit à ce geste irrémédiable. Il y a le poids de la société, celui des ambitions démesurées. Rien n’est aussi simple qu’il n’y parait.

Un roman fascinant.

Informations pratiques

Les fêlures, Barbara Abel – éditions Plon, avril 2022 – 431 pages

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