Rentrée littéraire : Oscar Lalo, Le salon

Le salon, Oscar Lalo

Un livre particulier, inclassable, érudit, qui rend un hommage vibrant à la littérature et aux libraires.

Transformer un salon de coiffure en salon de lecture

Depuis le décès de sa mère, une amoureuse des livres, quand il était âgé de 14 ans, le héros de ce livre, aujourd’hui âgé de 39 ans, végète sous cloche dans sa chambre et ingurgite des séries, entretenu par son père. Il ne consent à s’en extirper qu’à de rares occasions, comme ce jour où il se rend chez le coiffeur. En chemin, il passe devant une librairie et trouve un ouvrage de Flaubert, La tentation de Saint-Antoine, bradé à 1€ dans un bac. Sans savoir pourquoi ce livre l’interpelle, lui qui ne connait rien de cet auteur, il l’achète, histoire que Flaubert ne fasse plus le trottoir.

Le livre en poche, il se présente dans un salon de coiffure de luxe, où mille et un services tous plus déstressants, plus doux, accompagnent ladite coupe par le roi des ciseaux, un certain Fabrice. Des services qui se monnaient cher, comme l’atteste le montant hallucinant de 540€. Une somme qu’il n’a pas. Alors lui vient l’idée un peu folle de proposer de payer sa dette en animant un salon littéraire dans le salon de coiffure. Et pour rendre cette offre plus crédible, il n’hésite pas à se faire passer pour un spécialiste de l’œuvre de Flaubert.

A présent, il va devoir assumer son mensonge…

Le pouvoir de la littérature

Avec Le salon, paru aux éditions Plon en cette rentrée littéraire, Oscar Lalo nous offre un livre atypique, d’une grande érudition. Un hommage à la littérature et au métier de libraire. Un livre dans lequel son héros s’ouvre à la vie, se révèle à lui-même, grâce à ses lectures. Flaubert, Rousseau, La Fontaine sont quelques-uns des auteurs qui le reconnectent au réel, à sa mère amoureuse de littérature dont la disparition douloureuse l’avait tenu à distance de la lecture. Guidé dans ses lectures par un libraire passionné, éclairé, aux conseils avisés, le personnage voit se restaurer sa confiance en la vie, confiance détruite par la mort de sa mère.

« Tu te trouves au cœur de la question que se sont posée tant d’écrivains : comment se tressent la vie et la littérature ? Comment ça s’interpénètre, comment peut-on vivre à travers la littérature et comment la littérature peut-elle aiguiller une vie ? »

Ou quand les livres lui ouvrent le chemin de la renaissance, le chemin de sa mère. Le chemin de la vie.

Informations pratiques

Oscar Lalo, Le salon – éditions Plon- 151 pages – 18€