Rentrée littéraire : Stöld, Ann-Helen Laestadius

Stold Ann Helen Laestadius

Un thriller suédois, qui nous emporte au nord du cercle polaire arctique, à la rencontre de la culture des Samis, derniers éleveurs de rennes. Le portrait d’une femme courageuse, déterminée à défendre sa place dans la société ainsi que celle de son peuple opprimé.

L’oppression du peuple Sami

Elsa, 9 ans, vit au nord du cercle polaire arctique, dans la communauté des Samis, un peu à l’écart du monde. Une communauté traditionnelle, qui vit de l’élevage des rennes essentiellement, ce qui n’est pas pour plaire aux gens du village, des Suédois non Samis.

Un jour, alors qu’elle se rend à l’enclos des rennes, elle se retrouve face à un contrebandier, un certain Robert Isaksson. Un homme du village bien connu pour sa haine envers son peuple. Tétanisée, Elsa reconnait son renne, Nastegallu, trainé hors de l’enclos et éviscéré par Robert, les oreilles tranchées pour que l’on ne puisse pas identifier sa provenance par son marquage. L’homme fait alors à Elsa un signe éloquent : si elle parle, il la tuera.

De retour chez elle, le cœur brisé, une oreille de son renne cachée dans sa poche comme un doudou, Elsa annonce l’horreur à ses parents, mais tait avoir vu le coupable. Terrifiée par ses menaces de mort. Une tuerie de plus, pour laquelle aucune enquête ne sera menée, voire pour laquelle la police ne daignera pas même se déplacer depuis le village. Voilà à quoi est réduite la communauté des Samis : à subir sans pouvoir réagir. Au point que certains jeunes, désespérés par le sort qui est réservé aux éleveurs de rennes de leur communauté, préfèrent mettre fin à leurs jours que de subir encore et encore cette violence, ces injustices et ces discriminations criantes.

Les années passent, mais la colère d’Elsa ne passe pas, alimentée de surcroit par la douleur d’avoir perdu son ami Lasse. Les vols de rennes pour alimenter les trafics de viande continuent. En toute impunité. Elle décide alors d’agir.

Un thriller suédois

En cette rentrée littéraire, les éditions Robert Laffont nous propose de découvrir Stöld, d’Ann-Helen Laestadius, un roman qui a reçu le prix du livre de l’année en 2021 en Suède. J’avoue avoir peiné lors des 200 premières pages, ne trouvant pas de tension narrative, dans un roman qui s’enlisait comme les pas dans la neige fraiche. L’action a tardé mais ensuite le roman a pris son envol. On suit une jeune Elsa dont le courage et la combattivité n’ont rien à envier aux hommes de sa communauté, de même que sa capacité à gérer un élevage de rennes. Elle décide de faire appel à la presse et aux réseaux sociaux pour sensibiliser les gens au drame qui est celui de la communauté des Samis. Et de ne plus attendre la police pour bouger.

Ce roman nous fait découvrir un peuple mal connu, les Samis, dont il ne reste que 80 000 personnes à ce jour, principalement en Norvège et en Suède. Un sujet d’actualité, puisque c’est seulement en novembre 2021 que l’église et l’état suédois ont présenté leurs excuses au peuple Sami, dernier peuple autochtone d’Europe, pour les discriminations dont il a fait l’objet, reconnaissant officiellement que la langue, la culture et l’identité samis ont été bafouées. Un roman doublement ancré dans le présent aussi, par les dérèglements climatiques dont il se fait l’écho.

Un vrai dépaysement, avec des longueurs toutefois dans la première moitié du roman.

Informations pratiques

Rentrée littéraire : Stöld, Ann-Helen Laestadius- Editions Robert Laffont, août 2022 – 446 pages – 21,50€

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