Comment j’ai tué mon père, Sara Jaramillo Klinkert

Comment j'ai tué mon père Jaramillo Klinkert

A 11 ans, l’auteure perd son père, avocat colombien, assassiné par un tueur à gages. Elle relate ici avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse, les dommages collatéraux de cet assassinat au sein de la famille. Un hymne à l’amour d’une fille à son père et au courage inébranlable de sa mère.

Devenir orpheline

Sara Jaramillo Klinkert vit dans le quartier de Medellin en Colombie. Son père, avocat de renom, est connu pour ne jamais perdre ses procès. Ce qui n’est pas pour plaire à tout le monde. Sa vie est menacée et jusqu’ici, il a échappé aux poursuites à moto et aux hommes armés qui voulaient sa peau. Jusqu’à ce jour de mai 1991, où on annonce brutalement à Sara, alors âgée de 11 ans, qu’elle ne verra plus son papa. Il a été tué en pleine rue par des tueurs à gages. Cette nouvelle fait l’effet d’une bombe. « Je ne savais pas qu’on tuerait mon père. Aucun enfant ne peut imaginer une chose pareille ». Sara se retrouve alors seule avec sa mère et ses quatre frères, dont de jeunes triplés. Chacun va alors essayer de se relever, d’avancer, de composer plus ou moins bien avec le grand absent.

Se construire

Comment j’ai tué mon père, de Sara Jaramillo Klinkert, paru aux éditions Stock, est un livre très émouvant, porté par une analyse d’une grande finesse. Face à un drame, au séisme du décès, des répliques sont à redouter parmi les proches. Chacun tente de maintenir debout son édifice, mais tous ne possèdent pas de fondations aussi solides. La famille unie, aimante et relativement insouciante, a brusquement basculé dans l’horreur. Fracassée sur l’autel de l’assassinat.  En capitaine de navire, la mère s’emploie à donner l’exemple, même si parfois elle se sent vaciller. Et son courage force l’admiration de chacun. Mais il n’est pas simple de supporter le silence de l’absence, d’être projeté du jour au lendemain d’une vie de fillette choyée à une vie d’adulte esseulée. D’être assaillie de questions que l’on ne peut pas poser à sa maman tant elle est déjà submergée par le chagrin et les soucis.

Alors qu’elle revient sur les souvenirs heureux de son enfance, sur les écueils qu’il a fallu surmonter par suite du décès, sur les drames qui ont continué à frapper ses frères, l’auteure se reconstruit au fil des mots, suture ses plaies au fil de sa plume, rendant un hommage vibrant à cette maman si courageuse, poussant un cri d’amour à son père. Plus qu’un livre sur le deuil, c’est un chemin de résilience, de retour à la lumière qui est retracé ici.

Informations pratiques

Comment j’ai tué mon père, Sara Jaramillo Klinkert – éditions Stock, octobre 2022 – 20,50€ – 232 pages

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