12 livres à lire cet été

Vous comptez les heures avant les grandes vacances. La valise est prête, la crème solaire et le maillot de bain achetés, il ne vous reste plus qu’à y glisser les livres. Mais quels livres emporter avec soi ? Pas de panique, je vous ai sélectionné douze livres publiés ces derniers mois, dans des registres très divers, pour voyager, aimer, apprendre, découvrir, trembler, vous émouvoir, sourire, autrement dit, pour vibrer (cliquez sur le titre du livre pour accéder à la chronique 😉 ).

Allez, on pousse les vêtements pour faire de la place, au besoin on prévoit une deuxième valise et on y met :

  • L’école des mamans heureuses, de Sophie Horvath, éditions Flammarion : Imaginez des femmes qui se sont éclipsées derrière leur rôle de mère et en souffrent. Imaginez un lieu où elles peuvent en parler sans être jugées. Imaginez enfin une auteure capable de vous faire passer du rire aux larmes en découvrant ces femmes. Vous tenez le génial roman de Sophie Horvath entre les mains!
  • J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi, Yoan Smadja, éditions Pocket : Un roman poignant sur l’enquête de terrain d’une journaliste au sujet du génocide des Tutsi au Rwanda. Avec, en filigrane, une vibrante histoire d’amour. Un joyau.
  • Mamma Maria, Serena Giuliano, éditions du Cherche Midi : Un roman gorgé de soleil, lumineux, bienveillant, qui vous fera voyager en Italie. Des personnages viscéralement humains que vous n’oublierez pas de sitôt. Et offrez-vous par la même occasion Ciao Bella, paru chez Pocket, le précédent roman de Serena Giuliano!
  • Le petit-fils, Nickolas Butler, éditions Stock : Après Retour à Little Wing et Des hommes de peu de foi, Nickolas Butler nous revient avec un bouleversant roman : Le petit-fils. Le combat magnifique de grands-parents pour sauver leur petit-fils.
  • Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton, éditions Robert Laffont : Un livre plein d’humanité, aux personnages indiciblement attachants, sur le pouvoir fabuleux de la solidarité, de l’amitié et de l’empathie. Ou quand l’union fait la force. Captivant et émouvant.
  • La seconde vie de Rachel Baker, Lucie Breméault, éditions Plon : Rachel Baker est serveuse dans un diner situé dans un coin perdu de l’Alabama. Ce soir-là, alors qu’elle effectue son service comme d’habitude, trois hommes armés entrent et se mettent à tirer dans la salle. Elle est la seule survivante. Tous, y compris son amant, ont péri. Pourquoi l’ont-ils épargnée ? Un premier roman passionnant, aux personnages particulièrement attachants.
  • Un loup quelque part, Amélie Cordonnier, éditions Flammarion : Quand une femme accouche d’un bébé qui n’est pas celui qu’elle espérait et peine à l’aimer. La spirale infernale du rejet. L’évolution aux frontières de la folie. Puissant. Saisissant. Brillant.
  • Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi, éditions Fayard : L’arrivée d’un nouveau-né dans le nid familial d’un côté, le vide laissé par le départ des enfants à l’âge adulte de l’autre, c’est ce merveilleux ballet enfants-maman que la vibrante Virginie Grimaldi nous interprète sur la pointe de sa plume. Et quelle plume! Profitez-en pour glisser aussi dans vos bagages le précédent roman de Virginie, Quand nos souvenirs viendront danser, paru aux éditions du Livre de poche. Un bonheur de lecture.
  • La liberté n’est pas un crime, Shaparak Shajarizadeh, éditions Plon : Shaparak Shajarizadeh est devenue une figure de proue du mouvement pour le respect du droit des femmes en Iran. Pour avoir manifesté contre le port du voile et incité d’autres femmes à renoncer au port obligatoire du hijab, elle a été emprisonnée et torturée. Un témoignage édifiant.
  • Une vie et des poussières, Valérie Clo, éditions Buchet Chastel : ce roman rend un vibrant hommage au personnel des EHPAD et à leurs patients. On referme le livre empli d’une douce chaleur, avec l’envie de prendre doublement soin de ceux qui nous sont chers. Et avec la furieuse envie de remercier Valérie Clo pour ce bijou d’humanité.
  • Sur le chemin du coeur, Mary-Laure Teyssedre, éditions Jouvence : Impossible de reposer le livre une fois la lecture commencée. C’est un récit émouvant, passionnant, lumineux que nous offre Mary Laure Teyssedre. Celui du parcours de deux personnes que l’Univers a fait se rencontrer afin d’évoluer, de se guérir.
  • Le silence après nous, Sarah Masson, éditions JC Lattès : Comment se reconstruire après un accident ? Un premier roman, bouleversant, lumineux, sur la reconstruction. Car malgré les épreuves, la vie et l’amour de la vie, demeurent plus forts que tout.

Bonne lecture et… bonnes vacances 🙂 !

Mes 6 livres coups de cœur de juin!

Chaque semaine, je vous ai présenté cinq livres dans des registres très divers, pour adultes comme pour enfants. Voici en quelques lignes ceux qui ont été mes coups de cœur de ce mois de juin 2020. Et pour retrouver la chronique que j’ai consacrée à chaque livre, il vous suffit de cliquer sur son titre. C’est simple comme un clic! 😊

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi, éditions Le Livre de Poche : Quand six « octogéniaux » décident d’unir leurs forces pour lutter contre l’avis d’expulsion qui les menace, cela donne un roman d’un humour irrésistible et d’une immense tendresse. Ou comment Virginie Grimaldi excelle à vous faire passer du rire aux larmes.

Sur le chemin du cœur, Mary Laure Teyssedre, éditions Jouvence : Un roman émouvant, positif, lumineux, sur le cheminement de deux êtres indiciblement attachants. Une rencontre karmique, qui va aider chacun à évoluer vers un mieux-être, à dépasser sa problématique. A se dépasser.

 Le silence après nous, Sarah Masson, éditions JC Lattès : Comment se reconstruire après un accident ? Un premier roman, bouleversant, lumineux, sur la reconstruction. Car malgré les épreuves, la vie et l’amour de la vie, demeurent plus forts que tout.

Les incroyables aventures des sœurs Shergill, Balli Kaur Jaswal, éditions Belfond : Une invitation au voyage, un savant mélange entre profondeur et légèreté, rires et larmes. Un roman passionnant sur le poids des traditions indiennes sur les femmes.

Lettre d’amour sans le dire, Amanda Sthers, éditions Grasset : Ce roman épistolaire court est une ode au Japon, à l’épure nippone, en même temps qu’un hymne à l’amour. Quand l’héroïne décide d’écrire une lettre au masseur japonais, lettre dans laquelle elle dénude son âme, c’est une ode à la sensualité, à la tendresse, tout en pudeur, qu’elle lui interprète.

J’ai failli te manquer, Lorraine Fouchet, éditions Héloïse d’Ormesson : Un roman bouleversant, sur une mère et sa fille que tout oppose. Sur une quête éperdue d’amour et de reconnaissance. Profond. Lumineux. Humain. A l’image de l’auteure.

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

Un livre plein d’humanité, aux personnages indiciblement attachants, sur le pouvoir fabuleux de la solidarité, de l’amitié et de l’empathie. Ou quand l’union fait la force. Captivant et émouvant.

Hasard ou destin ?

Aude, Alexandre et Nicolas ne se connaissaient pas. Jusqu’à ce que leurs pas les amènent un jour de printemps au Parc des Buttes Chaumont, dans le nord-est parisien, pour évacuer dans cet océan de verdure leurs soucis respectifs.

Aude est tombée sur son mari accompagné d’une maîtresse et ne sait plus quelle suite donner à son couple. Alexandre est né dans une famille très conventionnelle et se trouve écartelé entre les attentes parentales et son choix amoureux.

Nicolas, quant à lui, est préoccupé par l’attitude de son frère auquel il est si soudé. Ce dernier a en effet annulé leur rendez-vous, ce qui n’est pas dans ses habitudes.

Chacun, perdu dans ses pensées, est alors interpelé par une jeune fille, suspendue dans le vide, qui menace de sauter. Impossible de rester simple spectateur à cet acte désespéré. Tous les trois émergent de leurs ruminations pour voler à son secours. Mais la jeune fille accepte de renoncer à sauter à condition que les trois inconnus consentent à remplir une étrange mission pour elle.  La vie de chacun prend alors un virage à 180 degrés. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Un roman impossible à lâcher

Après En ton âme et conscience, Malgré nous, Claire Norton nous revient avec un troisième roman parfaitement abouti : Ces petits riens qui nous animent. Un roman admirablement construit, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin, happé par l’histoire de ces êtres indiciblement attachants.

En portant assistance à la jeune fille, Aude, Nicolas et Alexandre vont s’aider eux-mêmes aussi, découvrir et dépasser leurs limites, apprendre à se respecter, à s’aimer tels qu’ils sont, à ne plus se soumettre au regard et aux attentes des autres. A exister, enfin. Ce que chacun hésitait à entreprendre seul, devient plus aisé grâce à l’amitié qui nait entre eux, à l’écoute bienveillante que chacun a envers l’autre, à l’énergie positive qui circule entre eux. Les montagnes deviennent dunes. Les obstacles ne le sont plus.

Une captivante histoire d’amour et d’amitié, véritable ode à l’entraide et à l’empathie.

A lire absolument !

Informations pratiques

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton – Editions Robert Laffont, juin 2020 – 451 pages – 20 €

Jackie et Lee, Stéphanie des Horts

Jackie et Lee Stéphanie des Horts

©Karine Fléjo photographie

« Jamais assez riche, jamais assez mince », telle était la devise des sœurs Bouvier,  Jackie et Lee. Deux sœurs intelligentes et séduisantes, rivales mais inséparables,  dont Stéphanie des Horts nous retrace le parcours dans un livre très documenté.

Deux sœurs rivales

Si chacun d’entre nous connaît Jackie Kennedy Onassis, moins nombreux sont ceux qui connaissent sa sœur de quatre ans sa cadette, prénommé Lee. Une lacune que Stéphanie des Horts entend bien combler avec ce livre très documenté sur les deux américaines.

Intelligentes et redoutablement belles, les deux sœurs Bouvier ont retenu très tôt la leçon de leur   mère Janet : « Marry Money », un principe que Janet a fait sien en épousant en deuxième noces Hugh Auchinloss, milliardaire et homme d’affaires.

Or si Lee est d’une étourdissante beauté, incarne la féminité et le glamour, c’est inlassablement Jacky que l’on regarde. Jacky la charismatique, la comédienne, la manipulatrice prête à tout pour s’arroger la première place. Les moteurs des deux soeurs? La passion, l’ambition, l’orgueil et la jalousie.

En épousant John Fitzgerald Kennedy, Jacky atteint son but. Elle devient plus populaire que Liz Taylor, Grace Kelly et Maryline Monroe réunis. Tandis que dans l’ombre Lee doit se contenter d’être la spectatrice des succès foudroyants de son aînée.

Pourtant, la situation de Jackie Kennedy, dont dans les moindres faits et gestes sont épiés et commentés, dont le mari est connu pour mettre dans son lit un nombre considérable de maîtresses,  est-elle aussi enviable qu’il y paraît ? Non.. Mais la jalousie entre les sœurs est telle, que Lee ne  parvient pas à mesurer sa propre chance. Elle a en effet le bonheur d’avoir épousé un homme éperdument amoureux d’elle, prêt à passer outre tous ses écarts, tous ses caprices, la relation exclusive qu’elle entretient avec Jackie, pour la garder.  Mais Stas Radziwill, aristocrate anglais, parait trop fade à Lee. Il lui faut plus. Il lui faut mieux. Il lui faut au moins autant que sa sœur.

Lors de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas, Jackie Kennedy est frappée de plein fouet. Mais si Lee pense que cet événement va lui permettre de rattraper la longueur d’avance que Jacky a sur elle, elle se trompe. Car Jacky rebondit toujours et bien plus haut que l’on ne si attend. Aristote Onassis n’est pas loin…

Un livre très bien documenté sur deux personnalités hors du commun

Stéphanie des Horts nous dresse le portrait de deux femmes que rien ne semble pouvoir arrêter dans leur quête d’argent et de visibilité. Croqueuses d’hommes et de diamants, Jacky et Lee sont à la fois semblables et opposées, complémentaires et indissociables. Une relation relativement ambivalente qui mêle amour et jalousie.

Jackie et Lee est une lecture agréable, sur deux femmes au destin extraordinaire, qui ont côtoyé les plus grands de ce monde, artistes comme hommes politiques. Si j’ai trouvé ce livre très intéressant  et Stéphanie des Horts très habile à nous faire revivre ces soirées mondaines et ces vacances de rêves, je mettrais un petit bémol , celui d’avoir eu le sentiment qu’on perdait parfois un peu le fil conducteur, au profit d’un catalogue d’informations et d’anecdotes.

Le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby

©Karine Fléjo photographie

Après L’habit ne fait pas le moineau, Zoé Brisby nous revient avec Le syndrome de l’hippocampe, un roman d’une grande modernité, sur les différentes formes que peut prendre la maternité. En l’occurrence ici, sur la possibilité de concevoir un enfant seule, avec un père choisi sur catalogue. Un roman rafraichissant et plein de verve.

Faire un enfant seule

« Trente-cinq ans, c’est le précipice de la maternité. Soit on y saute à pieds joints, soit on reste sur le bord à vie ».

C’est le constat que Brune fit ce jour-là. Jusqu’ici, la question de l’enfant ne s’était pas vraiment posée. Vivant dans l’instant présent, elle considérait avoir tout le temps devant elle pour y songer. Mais son horloge biologique a dangereusement tourné et désormais son temps est compté. Aujourd’hui, son choix est clair : elle veut un enfant. Problème : depuis sa rupture, elle n’a pas d’homme sous la main.

Alors, renoncer ?

Brune se souvient avoir lu un article sur une clinique de fertilité au Danemark : tout un éventail de critères personnels permet de sélectionner le donneur de sperme sur catalogue. Pourquoi ne pas saisir cette chance ?

Et de partager son désir avec sa meilleure amie, son indéfectible soutien, sa sœur de cœur : la passionnée et fantasque Justine, ardente défenseuse de la cause végane et de la protection de la planète.

Justine décide alors d’organiser un voyage surprise au Danemark avec Brune, pour apprendre à mieux connaître le pays du futur géniteur mais aussi pour visiter ladite clinique de fertilité. Cette banque de sperme remplira-t-elle toutes les attentes de Brune ? Décidera-t-elle d’aller jusqu’au bout de sa démarche ? Et si ce voyage leur réservait bien d’autres surprises ?

Choisir son enfant sur catalogue

Dans le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby traite d’un sujet très moderne : le choix dont disposent désormais les femmes pour devenir mères. Couple hétérosexuel, PMA, adoption, banque de sperme, mères porteuses, plusieurs configurations sont possibles. Dans le cas de Brune ici, l’auteure évoque une clinique de fertilité qui existe réellement au Danemark. Il s’agit de la plus grande banque de sperme au monde, Cryobébé, qui propose un catalogue de géniteurs référencés sous plusieurs critères : poids, taille, profession, hobbies, couleur des cheveux et des yeux, groupe sanguin, statut marital. Si cette pratique est interdite en France, nombre de françaises y ont recours en se rendant au Danemark.

En effet, en raison du syndrome de l’hippocampe, à savoir de la recherche (forcément vaine)  du père parfait, nombre de jeunes femmes laissent passer les années et écartent de potentiels prétendants tant elles sont en quête d’un idéal. Vient alors le moment où la fertilité baisse dangereusement et où l’urgence de mettre un enfant en route s’impose. C’est ce qui arrive à Brune.

Un roman pétillant, aux personnages attachants, avec des caractères bien campés, sur les femmes d’aujourd’hui.

Informations pratiques

Le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby- Éditions Mazarine, juin 2020 – 375 pages – 18€

Puzzle de Brest, Yann le Rest et Pascale Tamalet

Puzzle de Brest

Quand la Bretagne est en émoi car un doigt humain a été retrouvé à l’aquarium Océanopolis de Brest, ainsi que des morceaux de cadavre sur la plage. Y a-t-il un lien entre ces deux affaires? Plongée au cœur d’un trafic terrifiant.

Enquête en Bretagne

Alors qu’une classe de l’école primaire visite l’aquarium Océanopolis à Brest,  attraction touristique majeure de Bretagne, les enfants remarquent un poisson étrange qui ne ressemble à aucune espèce connue.. Et pour cause, il s’agit en réalité d’un doigt humain, apparemment féminin, qui évolue au milieu des requins. Comment ce doigt a-t-il pu se retrouver dans un aquarium ultra sécurisé et passer le système de filtrage ? À qui appartient-il ? L’enquête est confiée au capitaine Fox et aux lieutenants Le Gad et Ledut.

Au même moment, on leur signale la disparition de la commissaire de bord et du steward d’un paquebot de croisière en escale au port de Brest pour cause d’avarie. Dans la cabine des deux membres d’équipage, des vêtements griffés, des accessoires de luxe qui témoignent d’un train de vie bien supérieur à celui de leurs revenus. D’où vient tout cet argent ? Est-il la cause de leur disparition ? Cette affaire a-t-elle un lien avec la découverte macabre à l’aquarium Océanopolis ? Peut-on accorder du crédit aux propos d’un SDF imbibé d’alcool, qui affirme avoir vu sur le quai ce qui pourrait être deux corps sans vie être déplacés dans des sacs?

Le commissaire Hadrien Fox va devoir mener l’enquête.

Un polar bien mené

Yann le Rest est écrivain. Pascale Tamalet, ancienne inspectrice de la PJ,, est désormais correspondante judiciaire pour le journal régional Le Télégramme. Tous deux ont uni leur talent et leurs connaissances pour rédiger ce polar venimeux sur les terres bretonnes. Il s’agit ici pour le commissaire Hadrien Fox, un brin de macho et très séducteur, de remettre chacune à leur place  les pièces de ce puzzle breton. Et reconstituer ce puzzle est loin d’être simple avec cette enquête qui part dans toutes les directions : trafic animalier, violence conjugale, corruption, travail clandestin… Comment faire le lien entre ces éléments ?

Un roman divertissant, au style fluide, aux personnages bien campés, mais dont la tension narrative est cependant fluctuante , ce qui me laisse un peu sur ma faim. Je m’attendais à être davantage tenue en haleine par un suspense  plus savamment entretenu. Cela reste néanmoins une lecture agréable, avec pour cadre ma si chère Bretagne natale.

Glissez Virginie Grimaldi dans votre poche!

©Karine Fléjo photographie

Quand six « octogéniaux » décident d’unir leurs forces pour lutter contre l’avis d’expulsion qui les menace, cela donne un roman d’un humour irrésistible et d’une immense tendresse. Ou comment Virginie Grimaldi excelle à vous faire passer du rire aux larmes.

Amitié, amour, vieillesse

Impasse des colibris, on trouve six maisons séparées par de hautes haies. Six maisons habitées par des octogénaires, qui partagent leur quotidien depuis des décennies. Il y a Marceline, rude en apparence mais fondante au cœur et Anatole, son amour depuis plus de soixante ans. On y croise aussi Joséphine, ex-danseuse, dans son célèbre justaucorps fuchsia, ou encore Gustave, Rosalie et Marius. Une impasse dont le calme est soudain rompu par l’annonce du nouveau projet du maire : il n’y a plus assez de classes pour accueillir les enfants, par conséquent il faut construire une nouvelle école et un parking. Ce qui suppose de raser les maisons de l’impasse des colibris.

Nos octogénaires sont sidérés. Comment ce maire, fils de leurs anciens voisins et amis, peut-il envisager un millième de seconde les expulser de chez eux ? Car raser leurs maisons, c’est bien davantage que de transformer de vieilles habitations en tas de pierres.

« Ce ne sont pas que nos maisons qui vont être écrabouillées, ce sont nos souvenirs. Nos vies. (…) Cette place est mon point d’ancrage, mon radeau. Elle a porté mes craintes de jeune mariée, la naissance d’amitiés, toutes nos soirées de rires, les premiers pas de nos enfants, leurs premières cigarettes aussi, elle a accueilli nos secrets, nos espoirs et nos peines, elle est partout dans ma mémoire. »

Alors, que faire ? Se mettre en quête d’une maison de retraite qui voudra bien les accueillir ? Chercher un appartement ailleurs ? Pleurer, se lamenter ? C’est mal connaître nos six compères. Si Marceline regrettait que les haies aient créé une certaine distance entre eux, l’expulsion qui les menace va les rapprocher. Et nos octogénaires de décider de contre-attaquer. Ils ont autant d’idées pour s’opposer au plan du maire que d’années au compteur. Et de fonder le groupe des « octogéniaux ». Leur méthode : multiplier les petites actions. Leur but : user le maire pour obtenir gain de cause. Ils jubilent à fomenter de nouvelles actions, à mettre en place de nouveaux projets, unis, déterminés. Voilà qui leur donne une nouvelle jeunesse !

Ils vont ainsi mener une opération escargot au supermarché, sur la route, écrire et chanter du rap sur Youtube, créer une page Facebook avec des milliers d’abonnés, être invités à la radio, à la télévision. En un mot, ils font le buzz. Et s’attirent le soutien de tous. Sauf du maire.

Pourquoi ce dernier s’acharne-t-il à vouloir construire son école à cet emplacement-là ? Son entêtement cache-t-il autre chose ? A-t-il des comptes à régler avec ces gens, comptes liés à une vieille histoire avec la fille de Marceline et Anatole ? Et nos « octogéniaux », aussi déterminés soient-ils, parviendront-ils à remporter la bataille ?

Un livre profond et léger, drôle et émouvant à la fois

Il est facile de faire pleurer au cinéma ou dans un livre. Il est beaucoup plus difficile de faire rire. Non pas juste sourire, mais rire vraiment (au risque de passer pour une douce dingue auprès des inconnus assis près de vous). C’est le cas de Virginie Grimaldi, qui est capable en un éclair de vous faire passer du rire aux larmes. Et inversement. Son irrésistible humour, ses métaphores désopilantes, ses personnages cocasses, vous feront éclater de rire bien souvent. Une légèreté qui ne doit pas laisser croire à une superficialité. Car les personnages de ce roman sont tout sauf futiles. Ces octogénaires sont en effet viscéralement humains, attachants, émouvants. Marceline nous dévoile son parcours de vie, sa renaissance en rencontrant Anatole, les combats qu’il lui a fallu mener, ses joies et ses peines. Une vie de soleil et de pluie, comme toute vie, mais illuminée en tout temps par l’amour de son Anatole. Un amour qui fait frissonner l’âme et galoper le cœur. Un amour dont chacun rêve.

Un roman lumineux, qui vous mettra des étincelles dans les yeux et du soleil dans le cœur!

Informations pratiques

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi – éditions du Livre de Poche, juin 2020 – 352 pages – 7,90€

La vie est un roman, Guillaume Musso

©Karine Fléjo photographie

Une savoureuse mise en abyme, une intrigue haletante et une passionnante analyse sur le pouvoir de l’écrit .

Disparition d’un enfant

Tout a commencé par une banale partie de cache-cache entre Flora Conway et sa fille Carrie âgée de trois, ans dans leur appartement new-yorkais. Mais au moment de chercher la cachette de la fillette, force est d’admettre à Flora que sa fille a disparu. Incompréhensible. Terrible. Paniquant.

Si Flora est une romancière de renom, au succès aussi grand que le mystère qui l’entoure ( aucune apparition publique, aucune vidéo, une seule et unique photo officielle d’elle) , la réalité qui la frappe est pire que le pire des drames romanesques imaginés. 

Qu’est-il arrivé à Carrie? Enlèvement par un auteur jaloux de son succès? Par un lecteur détraqué à l’image de Misery de Stephen King? Par son editrice, qui voit en sa fille un frein à sa carrière ? Un mystère dont la presse et les médias en général se délectent, insensibles à la détresse de la mère mais très sensibles au buzz qu’ils vont créer. 

Au même moment, de l’autre côté de l’atlantique, un écrivain parisien, Romain Ozorski, peine à rédiger le manuscrit que son éditeur attend. S’il s’est toujours refusé à verser dans l’autofiction, cette fois les frontières entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie amoureuse et familiale sont si tenues, si diluées, qu’il achoppe à poursuivre l’écriture. Trop douloureux. 

Quel lien y -a-t-il entre ces deux écrivains? Pourquoi Flora est-elle convaincue que cet auteur parisien détient la réponse sur la disparition de sa fille? 

Le pouvoir des livres

Dans La vie est un roman Guillaume Musso nous offre une mise en abyme magistrale. Avec beaucoup de finesse, il analyse cette cohabitation entre deux mondes – le réel et l’imaginaire – dans l’esprit de tout écrivain, cette perméabilité entre les deux. Où s’arrête la fiction? Ou commence la réalité ? Quel est le degré de perméabilité entre l’auteur et ses personnages? Entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie? Qui est le maitre à bord : l’écrivain ou ses héros ? Est-il totalement libre de décider de l’orientation de son histoire ou se laisse-t-il guider par elle? 

«  Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent. « 

La vie est un roman vous tiendra en haleine du début à la fin, avec des personnages indiciblement attachants et un exercice de haute voltige sur la création littéraire. Passionnant. Envoûtant. Et un brin diabolique.

Informations pratiques

La vie est un roman, Guillaume Musso – Editions Calmann-Lévy, juin 2020 – 300 pages – 21,90€