Le quartier des petits secrets, Sophie Horvath

livre de' Sophie Horvath chez Flammarion Pygmalion

Vous avez envie d’un livre empli de tendresse, de bienveillance, qui place l’humain au cœur ? Alors ce magnifique roman de Sophie Horvath est pour vous. Un livre où les apparences sont bien souvent trompeuses et les secrets nombreux…

Des secrets, des fleurs et de l’amitié

Dans ce quartier bordelais, à l’écart du centre-ville et des touristes, tout le monde se connaît.  Ou croît se connaître. Sur la place où trône un marronnier centenaire, on croise la touchante Clémentine, fleuriste attachée à composer pour chaque client des bouquets soignés et personnalisés. Parmi ses clients, Paul, assureur, et ses petites manies : deux bouquets rigoureusement identiques achetés chaque mardi matin, l’un pour sa femme, l’autre pour une mystérieuse Maud. Il y a aussi une « cliente » bien particulière : il s’agit d’une vieille femme, aussi déboussolée que charmante, Viviane, qui vit dans une maison de repos et s’échappe régulièrement. Souci : elle confond la devanture de la fleuriste avec son jardin d’autrefois. Et de couper, de décapiter les fleurs à sa portée, jusqu’à ce que Clémentine intervienne avec délicatesse pour faire cesser le carnage floral.

En face du magasin « Et fleurs », le café de Nicole, quadra et mère célibataire, un cœur à prendre. Mais aussi la librairie du taciturne Bouquin, dont ce n’est bien évidemment pas le patronyme, et sur lequel on ne sait pas grand-chose hormis sa passion pour les bouquins, justement. Enfin, elle n’est pas du quartier mais redoutée de tous : celle qu’ils ont affublée du surnom « l’inspectrice ». Cette femme sans âge, armée d’une canne qu’elle pointe de façon menaçante envers toute personne qui contrevient au bon ordre, aime faire sa tournée de la place et surveiller les faits et gestes de chacun.

Ce quartier est donc une sorte de village dans la ville, où il fait bon vivre. Jusqu’à ce jour où la décapiteuse de fleurs ne donne plus signe de vie. Pour Clémentine, jeune femme toujours dans une empathie profonde, cette absence de signe de Viviane est inquiétante, quand bien même elle pourrait se réjouir qu’elle soit synonyme de fleurs épargnées. Elle prend donc des nouvelles auprès d’Hector, l’aide-soignant de la maison de repos.

Et le moins qu’on puisse dire est que ces nouvelles ne sont pas bonnes. Suite à une mauvaise chute, Viviane est alitée et doit subir une opération lourde. Pour autant que cela en vaille la peine, car la vieille femme n’a plus d’énergie, plus d’envie de vivre. Entre deux gémissements, elle murmure à Clémentine deux mots étranges : « Vadia Romanica ». Et gribouille sur une feuille de papier une fleur tout aussi mystérieuse, à croire que sa vie tient à l’énigme de cette fleur. Convaincue que cette étrange fleur pourrait avoir des vertus magiques sur Viviane, lui redonner le goût de vivre, Clémentine décide d’enquêter.

Une enquête qui va lui révéler que les apparences sont parfois bien trompeuses, que les personnes que l’on croit le mieux connaitre nous cachent souvent bien des secrets.  Viviane venait-elle vraiment par hasard dans sa boutique ? Pourquoi l’avoir choisie et non une boutique plus proche de la maison de repos ?

Le quartier des petits secrets, un roman très abouti

Sophie Horvath est l’auteure du blog Les lectures de Sophie Bazar. Une jeune femme attachante et talentueuse. Lors de la soirée de lancement de ce livre, chez son éditeur Flammarion, je lui avais dit : « Je ne vois pas comment je pourrai être déçue par ton livre, si ce dernier te ressemble. » J’avais raison. Non seulement je n’ai pas été déçue, non seulement ce livre est viscéralement humain, lumineux, tendre, comme son auteure, mais en plus j’ai découvert le talent de Sophie pour créer des ambiances, maîtriser une intrigue, prendre le lecteur par la main et lui chambouler le coeur, semer dans son esprit de douces couleurs. Son livre est comme un vaste et riche parterre de fleurs où poussent des personnages magnifiques. On y découvre des fleurs chétives qui s’épanouissent au fil des pages, des fleurs solaires, des roses avec épines. On verse des larmes qui tombent telles des perles de rosées sur les pétales de Clémentine et de Viviane. On déterre les secrets de famille, on ôte les mauvaises herbes pour permettre aux personnages de mieux respirer, de vivre leur vie conformément à leurs envies, à leurs espoirs, à leurs valeurs. On assiste à l’éclosion émouvante de Clémentine, une jeune femme qui a grandi dans le terreau sec et étouffant d’une famille bourgeoise et ose enfin s’affranchir de son tuteur.

C’est un livre dont les personnages vous hanteront longtemps, tant ils vous seront devenus familiers. Tant ils vous auront touchés. Une histoire qui fait du bien comme un bouquet de fleurs parfumé et coloré dans la pièce, comme un air de printemps à la fin d’un hiver. Comme un arc-en-ciel après la pluie.

Vous l’aurez compris, ce livre est un coup de cœur ! ❤

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Le retour du jeune prince, Alejandro G. Roemmers

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Alejandro G. Roemmers est un célèbre poète et auteur argentin au parcours incroyable. Un parcours guidé par la quête du bonheur, l’éveil spirituel, la fraternité. Et de fait, pour avoir eu la chance de le rencontrer, il incarne ce bonheur et ces nobles valeurs. De son expérience, il a tiré ce conte philosophique moderne, Le retour du jeune prince, désireux de partager les fruits de son cheminement personnel. Parce que le bonheur le plus doux est celui que l’on partage.

Philosophie, développement personnel, spiritualité et sagesse

Le retour du jeune prince est un livre à part, un conte philosophique moderne qui mêle les enseignements de la philosophie, de la sagesse orientale, de l’éveil spirituel et du développement personnel. Un livre qui fait du bien, qui éclaire et ouvre l’esprit.

Le narrateur se trouve en voiture sur une route de Patagonie quand il aperçoit un jeune garçon étendu sur le bas-côté. D’où vient-il ? Qui est-il ? Visiblement, il n’est pas de cette planète. Et de s’arrêter pour prêter secours à ce jeune prince d’une contrée lointaine. Une fois en voiture, le mystérieux passager lui pose des questions sur ce qui l’intrigue chez les hommes, sur le sens de la vie, le bonheur, le courage, l’intuition, le mental, le cœur, le don, le pardon, l’amour… Des questions de bon sens sur l’existence, auxquelles le narrateur répond, fort de son savoir, de son expérience, des théories qu’on lui a enseignées.

 – Qu’est-ce que c’est un problème ? (…)

– Un problème c’est comme une porte dont on ne détient pas la clé. 

– Est-ce qu’il pourrait y avoir une raison de ne pas ouvrir cette porte ?

– Pas la moindre même si l’être humain est passé maître dans l’art de se justifier. Il invoque le manque d’amour ou d’éducation, les souffrances qu’il a endurées… Il peut même se convaincre de ne pas franchir la porte sous prétexte qu’il pourrait y avoir des choses dangereuses de l’autre côté. Ou déclarer cyniquement que ce qu’il y a de l’autre côté de la porte ne l’intéresse pas. Mais ce ne sont là que des excuses, parce qu’au fond de lui-même, il a peur d’échouer. (…) Tout cela conduit au malheur. Le chemin de l’épanouissement spirituel et du bonheur exige du courage de notre part et la volonté de grandir.

Au fil des échanges, le lecteur se rend compte que la candeur du jeune homme, sa naïveté face aux êtres et aux choses qu’il découvre n’est qu’apparente : ces conseils de sagesse et cette philosophie de vie évoqués par le conducteur, le jeune homme les applique déjà. Le jeune prince incarne en réalité cette sagesse dans ses actes, là où le conducteur se contente d’un savoir théorique et achoppe à le transposer dans son quotidien. L’un est guidé par le mental, par l’intellect, l’autre, à savoir le jeune prince, est guidé par le cœur, l’intuition. Et c’est là le message principal de l’auteur, le voyage essentiel qu’il invite le lecteur à faire : un voyage intérieur de la tête au cœur. Agir en écoutant ses sentiments, ce que le cœur nous dit, et non ce que nous dicte notre esprit.

« Les gens renoncent parfois à leurs rêves et à leurs idéaux pour ne plus rien faire d’autre qu’accumuler des biens matériels, comme si le pouvoir et l’argent pouvaient leur apporter la sécurité. Autrement dit, au lieu d’affronter la critique et la désapprobation et de suivre leur véritable vocation, ils préfèrent pratiquer la fuite en avant. »

Cinq bonnes raisons de lire Le retour du jeune prince

Ce livre est un petit bijou à lire, à offrir, à relire, car :

  • Alejandro G. Roemmers sème des graines dans l’esprit et fait germer des réflexions qui aboutiront peut-être à des actions, à de nouveaux choix de vie, à de nouvelles priorités chez le lecteur. Et si ce livre changeait votre vie, comme Le petit prince de Saint-Exupéry a changé celle de Alejandro G. Roemmers ?
  • Vous allez me dire qu’il y a déjà beaucoup de livres de sagesse, de développement personnel, de philosophie, de spiritualité, alors pourquoi lire celui-là ? Parce que ce livre est très accessible (y compris pour ceux qui, comme moi, trouvaient la physique quantique absconse jusqu’ici), clair, illustré d’exemples très parlants, le tout inséré dans un conte touchant et tendre, là où beaucoup d’ouvrages sont trop théoriques, ennuyeux et complexes.
  • Le parcours d’Alejandro G. Roemmers, ses actions et sa conduite au quotidien, sont l’illustration parfaite, la concrétisation, des principes évoqués dans ce livre. Il est le meilleur exemple du bien-fondé de ses propos, le meilleur ambassadeur de la fraternité et de l’épanouissement personnel qu’il revendique.
  • C’est l’occasion d’un moment de partage. Ce livre s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes, offre différents niveaux de lecture et pourra donc faire l’objet d’échanges entre enfants et parents. Il est à ce titre recommandé par le Ministère de l’éducation nationale argentin et étudié dans les écoles.
  • Il n’est jamais trop tard pour faire du reste de votre vie la plus belle partie de votre existence. Le bonheur est à la portée de chacun, encore faut-il être ouvert au changement, oser sortir de sa zone de confort. Alors, prêts pour le bonheur ?

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Rencontre avec Alejandro G. Roemmers : « Vivre et penser avec le cœur plus qu’avec la tête, c’est ça qui m’a donné davantage de bonheur. »

Le retour du jeune prince, publié chez City éditions en ce mois d’avril, est déjà un best-seller à travers le monde avec trois millions d’exemplaires vendus et une traduction en 30 langues. Rencontre avec Alejandro G. Roemmers, son auteur argentin, au sujet de ce conte philosophique moderne.

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On va commencer par une rapide biographie car elle est incroyable. À 60 ans, vous êtes un businessman à succès, un fou de littérature et de poésie, l’auteur d’un roman best-seller, mais aussi l’auteur d’une comédie musicale, d’une symphonie, de poésies, vous parlez 5 langues. Ça paraît presque trop pour un seul homme. Comment faites-vous ?

C’est comme ça (rires). Pendant 20 ans, j’ai travaillé dans la compagnie familiale et à partir de 45 ans, le succès m’a permis de dégager du temps pour autre chose, pour ce que j’aime. J’ai écrit des scénarios, de la poésie, de la philosophie …

Vous dites que vous avez eu deux grandes phases dans votre vie : les 20/ 30 premières années de votre vie où vous n’étiez pas très heureux voire très malheureux et les 30 suivantes où vous êtes très heureux

Oui, c’est très juste. Cette conquête du bonheur n’est pas facile. Je pense qu’il faut traverser la nuit pour atteindre le jour. Qu’il faut souvent traverser la souffrance pour atteindre le bonheur. A 20 ans, je travaillais dans la société familiale, j’avais de l’argent, mais je n’étais pas heureux.

Ce livre parle de la quête du bonheur. Et c’est vrai que vous, le jeune Alejandro, fils de bonne famille, brillant dans les études, avec un père qui avait un destin déjà tout tracé pour son fils, vous n’étiez pas très heureux avec cette relation compliquée et ce destin tout tracé ?

Oui, c’est cela. Je ne voulais pas de ce destin tout tracé. J’ai pris la décision d’opter pour la liberté, pour mon indépendance. Pour moi, la littérature et la poésie ce n’est pas un hobby, c’est davantage ma mission de vie, c’est très sérieux.

Donc vous avez accepté dans un premier temps de suivre la lignée familiale, puis quand le succès dans les affaires est arrivé, vous vous êtes accordé le temps et le droit de suivre votre voie. Car il y avait quand même cette obsession d’écrire ?

J’ai toujours écrit des poèmes et j’ai voulu écrire ce livre qui est l’histoire de la conquête du bonheur de la tête au cœur. C’est le livre d’une vie qui était plus mentale et est devenue davantage reliée au cœur, aux émotions, à la spiritualité. Vivre et penser avec le cœur plus qu’avec la tête, c’est ça qui m’a donné davantage de bonheur.

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Dans ce livre il y a un hommage, une réponse, à ce livre qui a marqué votre enfance, à savoir le Petit Prince de Saint-Exupéry

Oui, ce livre est aussi un hommage à Antoine de Saint-Exupéry, c’est pour ça que je suis très heureux d’être en France. Antoine de Saint-Exupéry avait peur qu’avec la société de consommation, avec le développement des technologies, la robotisation, l’homme devienne comme une machine. J’ai le même message que lui : il faut sauver les valeurs humaines. Depuis la révolution, en France vous avez ces trois valeurs :  liberté, égalité, fraternité. Eh bien, c’est la fraternité qu’il faut mettre en avant à présent. Il faut faire la révolution de l’amour et de la fraternité, pas juste dans un pays, mais sur la planète entière. Et ce livre est une petite contribution de ma part pour aider le monde à évoluer vers cette fraternité universelle, comme l’a fait Saint-François d’Assise en son temps.

Ce livre se passe en Patagonie. Le narrateur tombe sur un jeune homme inconscient sur le bord de la route, il le prend à son bord et ils vont continuer tous les deux le voyage. Le jeune homme lui pose des questions, parfois naïves, mais toujours troublantes sur l’existence. C’est un peu un voyage initiatique ?

C’est un voyage extérieur et intérieur. C’est un dialogue entre deux moments de ma vie. Dans le livre, c’est un peu à l’envers :  le narrateur qui est le plus âgé, c’est un peu moi quand j’avais 20 ans ou 30 ans et que je pensais connaître beaucoup de choses de la vie, car j’avais beaucoup lu, beaucoup appris et croyais avoir des réponses à beaucoup de questions sur la vie. Dans ce livre, le jeune homme semble apprendre en écoutant et en posant des questions, mais au fil des pages, on se rend compte que le sage, c’est finalement le jeune homme. Le jeune homme est celui qui agit, qui par ses actes témoigne de sagesse là où l’homme âgé se contente d’un discours, de théorie.

Alejandro Roemmers et Karine Fléjo

Ce livre a eu beaucoup de succès en Amérique latine, dans plusieurs pays d’Europe aussi. Il arrive à présent en France. Avez-vous été surpris de ce succès et des retours que vous avez eus sur ce livre ?

Concernant le succès du livre, il ne s’agit pas seulement de chiffres ou de statistiques. Pour moi, le succès existe dès lors que ce livre a permis à une seule personne de voir sa vie changer. C’est ça le succès pour moi.

C’est un livre qui s’adresse à des lecteurs de tous les âges, il y a différents niveaux de lecture

Oui c’est un livre qui est recommandé en Argentine par le Ministère de l’Education nationale et qui est étudié dans les écoles. Mais il s’adresse aussi beaucoup aux adultes.

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Qu’est-ce que vous aimeriez que les lecteurs retiennent de ce livre ? Est-ce que lorsque vous l’avez écrit vous lui avez donné une mission, comme trouver le bonheur ?

On peut être acteur de sa vie. Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui nous sont données, mais aussi beaucoup de choses que l’on peut décider par et pour soi-même. Mais pour cela, il faut être ouvert au changement. Il faut toujours pardonner, retourner vers notre enfant intérieur, laisser ce qu’on a pris et qui n’est pas nous, se rapprocher de notre essence profonde.

 

Reviens quand tu veux, Mélanie Taquet

livre de Mélanie Taquet

Rencontres amoureuses, choix de vie, sous le soleil de l’Italie

Nina n’a pas remis le pied en Italie depuis trois ans. Depuis sa fuite de Paris, après la naissance de son petit garçon Alexandre. En effet, elle avait alors fait un déni de grossesse partiel et une dépression post-partum, lesquels avaient rendu le tissage des liens avec son bébé quasi-impossible.  Elle avait alors paniqué. Honteuse, coupable, son seul salut fut la fuite. Réfugiée chez son amie Hannah, qui tient un B&B à Florence, elle avait tu le motif de sa venue, pris du temps pour acquérir le recul nécessaire et retrouver plus sereinement Alexandre. Une pause italienne cathartique.

Florence fut donc une parenthèse douloureuse et salvatrice à la fois. Parenthèse qu’elle va rouvrir aujourd’hui, tandis qu’elle remet le cap sur l’Italie pour le mariage de ses amis. L’occasion pour elle de se faire pardonner par ceux qu’elle a blessés et qui se sont sentis trahis par la préservation de son secret, par ceux dont les sentiments n’ont pas trouvé d’écho durable en elle, par ceux que son départ pour la France a ébranlés.

Mais rien ne va se passer comme prévu. Si chacun semble avoir tracé sa voie et être prêt à s’engager sur le chemin qui s’ouvre à lui, ces certitudes vont vaciller. Les futurs mariés, Gisela et Marco, sont-ils vraiment faits l’un pour l’autre ? Ont-ils tous deux fait table rase de leur passé ? Hannah, l’amour impossible de Marco, est aujourd’hui une femme libre, suite à sa séparation d’avec Michele. Elle est de surcroît maman d’une adorable petite fille. Deux informations nouvelles qui vont fortement perturber Marco à l’aube de son union avec Gisela. Continuer tout droit ou prendre un virage à 180 degrés ? Faire fi de ses sentiments réels et s’accommoder d’une vie tiède, ou prendre le risque de tout détruire pour mieux reconstruire ensuite ?

Marco, Gisela et Hannah ne sont pas les seuls à être un carrefour de leur existence, à s’interroger sur la direction à prendre. Quand Nina se retrouve face à Simone, son ex-amoureux italien, ses résolutions flanchent aussi. Sauf qu’elle ne se sent plus le droit à l’erreur. Elle a déjà tant de difficultés dans sa vie de mère, dans ses relations naissantes et encore fragiles avec Alexandre ! Elle ne peut pas se permettre d’ajouter des complications dans sa vie de femme. Mais qui a dit que l’existence était facile ? Ne faut-il pas parfois sortir de sa zone de confort, prendre des risques, pour vivre une vie plus conforme à ses aspirations, à ses valeurs ?

Pourquoi lire le nouveau livre de Mélanie Taquet ?

Si vous avez lu le premier livre de Mélanie Taquet, Reste aussi longtemps que tu voudras, je n’ai pas à vous convaincre, vous êtes certainement impatients, et je vous comprends, de lire ce qu’il advient de ces personnages, de prendre des nouvelles d’eux et, par là-même, de vous offrir un nouveau voyage en Italie.

Si vous n’avez pas lu le précédent livre, vous vous interrogez peut-être : vais-je pouvoir comprendre ce roman sans connaître le précédent ? Ma réponse est oui, car l’auteur a veillé à ce point. Alors, pourquoi lire reviens quand tu veux ?

  • Car ces personnages vous parleront. Ce sont des êtres chahutés par la vie, mais non résignés. Des personnes qui désirent faire du reste de leur vie la plus belle partie de leur existence, avec ce qu’ils sont, avec ce qu’ils ont vécu. Qui n’a pas été confronté un jour à un choix difficile (professionnel, sentimental, amical) ? Ces personnages sont tous à un carrefour de leur existence et doivent choisir. Ils sont touchants, attachants, proches de nous.
  • Car cette lecture vous transporte en Italie, à Florence, Naples, vous fait voyager avec Mélanie Taquet comme guide. On sent les parfums, on visualise les couleurs, on ressent la chaleur, on y est presque !
  • Car la tension narrative est telle que vous ne pourrez pas reposer le livre une fois la lecture commencée. Mélanie Taquet multiplie les rebondissements, sème des indices et nous tient en haleine du début à la fin.

Alors, happy end ? Je vous laisse le découvrir…

—> Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à son précédent roman en cliquant sur ce lien : Reste aussi longtemps que tu voudras

La vie sans toi, le nouveau livre de Xavier de Moulins

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Xavier de Moulins nous revient avec un sixième livre, La vie sans toi, aux éditions JC Lattès. Un thriller psychologique envoûtant et addictif, qui prend aux tripes. L’auteur joue avec les nerfs du lecteur, s’amuse à brouiller les pistes, à déjouer les apparences, à déterrer les secrets, pour mieux ménager la chute, vertigineuse…

Couple et secret de famille

Eva et Paul sont les parents de deux filles, Louise et Marie. Une famille épanouie en apparence. En apparence seulement. Car Louise et Marie souffrent de devoir partager leur mère avec son envahissant travail et leur père avec son art exigeant.

Toujours entre deux avions, deux réunions, deux dossiers, Eva est en effet phagocytée par son travail d’asset manager à travers le monde. Un métier qui n’incarne pas vraiment ses valeurs morales, qui est source de pressions considérables, mais qui s’avère nécessaire pour permettre à Paul de créer sans contraintes. Pourquoi se sacrifie-t-elle ainsi? A-t-elle quelque chose à se faire pardonner?

Paul est en effet artiste. Un peintre dont la notoriété croissante n’est pas allée de pair avec sa confiance en lui. Chaque nouveau vernissage est l’occasion d’angoisses paroxystiques et de colères tout aussi phénoménales. Dans ces périodes créatives, il s’enferme dans le silence de son atelier, voire y dort, et ne supporte aucune présence, aucune contrariété. Difficile dans un tel état de stress d’être présent à l’Autre, aux autres.

Chacun, dans la famille, compose avec ces absences, ces indisponibilités, ces tensions. Chacun fait du mieux qu’il peut avec ce qu’il a vécu, ce qu’il a traversé.

Car il y a huit ans, un drame est venu faucher de plein fouet le bonheur de cette famille. Un drame qui aurait pu faire voler le couple en éclats tant la magnitude du séisme fut forte. Mais les fondations du couple ont résisté. Eva et Paul, malgré la violence des secousses, sont toujours ensemble, debout.  Mais sont-ils pour autant demeurés proches? Sont-ils si forts qu’ils y paraissent?

Ce drame est un sujet tabou, une douleur qui les ronge telle une armée de termite et fragilise chaque jour un peu plus cette famille. Mais aucun ne parvient à mettre de mots sur sa douleur, comme si la nommer exposait au risque d’être totalement englouti par elle. Une absence de dialogue source d’incompréhension, de rancœur, de culpabilité, voire de sourdes colères.

« Un mur d’incompréhension s’est dressé entre nous, un bloc invisible, forgé dans le non-dit, le silence et la solitude. »

Aussi, quand Eva trouve en Mathias Serain, le professeur de Marie, une écoute attentive et bienveillante, elle sent ses résistances s’amenuiser. Dans le plus grand secret, elle se rapproche de cet homme qui lui offre une épaule sur laquelle se reposer, qui sait être là pour elle. Contrairement à Paul. De son côté, Paul achoppe à trouver l’inspiration pour sa prochaine exposition. Enfermé nuit et jour dans son atelier pour feindre être constamment occupé à créer, il angoisse face à la toile blanche. Mais ne l’avoue à personne.

Des fissures se dessinent dans les fondations du couple. Leurs secrets respectifs vont-ils le demeurer longtemps ? Et si les non-dits généraient des répliques au séisme initial ? Le silence peut tuer. Le silence peut rendre fou. Quant au professeur de français, Mathias Serain, son soutien est-il aussi désintéressé qu’il veut le laisser penser ?

Un thriller psychologique haletant

Xavier de Moulins nous offre une forme de promenade en canoë. Imaginez un décor magnifique, une météo au beau fixe, la perspective d’une balade joyeuse avec une chouette famille. Vous embarquez en toute confiance, sauf qu’après quelques coups de pagaie, le décor change, le fleuve gronde, les rapides apparaissent, l’embarcation est secouée. On frémit, on s’inquiète, puis, quand on se croit à nouveau à l’abri, au détour d’une page, de nouveaux rapides surgissent, vertigineux, et emportent le lecteur dans leurs flots. C’est ce sentiment que j’ai eu à la lecture de Jamais sans toi, être complètement embarquée.

La maîtrise narrative est indéniable. Impossible d’anticiper les rebondissements ni la chute. Xavier de Moulins excelle à se glisser dans la tête des protagonistes et à nous inviter à le suivre. La justesse de l’analyse psychologique des personnages rend l’histoire d’un réalisme saisissant. Jusqu’où un drame peut-il affecter l’équilibre d’un couple et l’équilibre psychologique des êtres qui le composent ? La mort est-elle une fin absolue ou le début d’une vie sous une forme différente ? Comment se reconstruire après la perte d’un être cher ? Mort, deuil, secrets petits et grands sont les ingrédients de ce thriller psychologique qui vous tiendra de la première à la dernière page en otage.

 

 

Akli Tadjer : Qui n’est pas raciste ici?

livre d'Akli Tadjer sur le racisme

Akli Tadjer nous revient avec un manifeste édifiant, Qui n’est pas raciste ici ?, publié aux éditions Jean-Claude Lattès. Un livre écrit en réponse au refus de certains lycéens de province de lire son roman, pour des motifs racistes. Blessé, choqué, en colère, Akli Tadjer a tenu à aller quand même à la rencontre de ces jeunes et nous en parle dans ce livre brillant, clair. Essentiel.

Racisme, islamophobie, intégrisme, ne pas faire l’amalgame

Akli Tadjer est l’auteur de plusieurs livres, souvent étudiés au collège et au lycée. Il consacre une partie de son temps à aller à la rencontre de ces jeunes dans les cités, en province, ayant fait de sa vie et de ses œuvres un combat permanent contre le racisme, contre la haine de l’Autre.

« Je sais bien que ce n’est pas seulement avec de bons sentiments et mes romans que le racisme disparaîtra mais, plus aujourd’hui qu’hier, c’est mon combat puisque cette maladie ne connaît pas la rémission. »

Et de fait, certains lycéens ont refusé de lire son roman, Le porteur de cartable, à la fois parce que l’auteur n’est pas français (et en plus ils se trompent, Akli Tadjer est né et a grandi en France), parce qu’un des personnages se prénomme Messaoud et que le roman comporte quelques mots en arabe.

Sidération de l’auteur. On le serait à moins.

Akli Tadjer se rend dans le lycée en question et, face à ces lycéens, entame une discussion, tente de comprendre comment est née chez eux la haine de l’Autre, car :

« On ne naît pas raciste, on le devient, être raciste c’est se sentir supérieur à l’Autre. »

Or faut-il rappeler que le racisme est un délit, donc répréhensible par la loi ? Pourquoi cette peur qui dégénère souvent en haine vis à vis de celui qui a une couleur de peau ou une religion différente ? Et les réponses qu’il reçoit de confirmer le manque d’information, les stéréotypes et préjugés véhiculés par les réseaux sociaux, Internet et certains médias. Pour ces lycéens au nombre desquels on ne compte aucun noir de peau, aucun arabe, aucun asiatique, l’étranger est un envahisseur menaçant, arabe de préférence et islamiste. C’est ce qu’ils entendent, voient sur le net. Pour la plupart d’entre eux, être arabe c’est être intégriste, islamiste, potentiellement membre de Daech et donc potentiellement terroriste. L’amalgame est total.

L’auteur leur ouvre alors le regard, balaie les préjugés, les invite à la réflexion. Un à un il démonte leurs arguments, explique, informe.

Trois bonnes raisons de lire cet essai sur le racisme d’Akli Tadjer

Il est important de lire ce manifeste sur le racisme, de l’offrir à des jeunes bien sûr car ils sont le monde de demain, mais aussi à des moins jeunes car ils font le monde d’aujourd’hui. Les mots contre la peur. Les mots contre l’ignorance. Les mots contre la haine.

C’est un livre essentiel en ces temps chahutés car :

  • Il informe le lecteur, de façon claire et argumentée. Or le racisme naît souvent d’un manque d’informations voire de la désinformation.
  • Il met en garde contre les amalgames, les généralisations faciles, les préjugés racistes, la ghettoïsation dans les banlieues, rappelle ce qu’est la laïcité.
  • Il combat avec « des armes pacifistes » la discrimination : les mots, le dialogue, l’ouverture à l’Autre, l’empathie.

Un livre essentiel, brillant, viscéralement humain.

« Nous avons tous en nous la capacité de haïr les autres mais nous avons aussi celle d’aller vers eux. »