Citation du jour

Les personnes qui nous enseignent quelque chose gardent une place particulièrement vive dans nos souvenirs. Je n’étais mère que depuis dix minutes lorsque j’ai rencontré cet homme, mais il m’a appris, par un simple geste, l’une des choses les plus importantes sur le rôle de parent : qu’il faut de la gentillesse, de l’intuition, du toucher, et que, parfois, il n’y a même pas besoin de mots.

Maggie O’Farrell – I am, I am, I am (Belfond 2019)

I am, I am, I am

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Celui qui reste, Rhiannon Navin

celui qui reste

Fusillades dans les écoles. Comment dépasser le traumatisme, pour les enfants témoins du carnage, comme pour les parents ? Comment trouver sa place dans une famille endeuillée, quand on est l’enfant survivant ? Un roman poignant sur un sujet d’actualité.

Fusillade et violence à l’école

Zach, six ans, est en classe quand il entend un bruit de fusillade. Sa maîtresse entraîne aussitôt la classe dans une cachette tandis que les déflagrations continuent. Quand le silence revient enfin, après quelques minutes qui ont paru une éternité, Zach et ses camarades sont évacués. Ce qui suppose de passer par des couloirs jonchés de corps, retentissant de cris. Les enfants sont conduits dans l’église voisine où les parents arrivent, paniqués, les recueillir. Mais à l’appel, Andy, le grand-frère de Zach, manque. Après des heures d’attente et de recherches angoissantes dans les hôpitaux voisins, la terrible nouvelle tombe : Il est mort pendant la fusillade.

Sur le coup, Zach réalise que jusqu’à cette minute, il n’avait pas pensé à l’absence de son frère à ses côtés. Pire, il ressent même un certain soulagement. Andy, enfant hyperactif, est très difficile, colérique et monopolise toute l’attention et l’énergie de ses parents, particulièrement de sa mère, à la maison. Peut-être qu’avec Andy décédé, ce sera plus calme à la maison ?

Mais il est très vite rattrapé par la culpabilité d’avoir eu de telles pensées. Et par la tristesse d’avoir perdu ce grand-frère agité. Quant au calme, il n’a pas intégré la maison. Au contraire. Ses parents vivent très différemment l’un et l’autre la perte de leur enfant. Tandis que la mère se lance à corps perdu dans une bataille contre les parents du tueur, désireuse d’obtenir réparation, d’être en quelque sorte vengée, le père aspire à temporiser, à vivre le deuil dans le calme. Le couple, endeuillé, se déchire. Et en oublie presque que dans la maison, il reste un enfant, victime du drame lui aussi, lequel a besoin de ses parents, de tout leur amour. Et non de leurs déchirements.

Se reconstruire quand on est l’enfant survivant

Ce roman, brillamment mené, est extrêmement poignant. L’auteur se glisse en effet avec brio dans la tête d’un enfant de six ans, qui a survécu au drame, tandis que son frère est décédé. Une situation particulière, celle d’une fusillade, qui a cependant un caractère universel. Elle peut en effet être transposée à toute situation, attentat, guerre, accident ou maladie, dans laquelle un enfant de la fratrie meurt tandis que les autres survivent. Comment les parents, dévastés par la perte d’un enfant, peuvent-ils aider les enfants survivants, alors qu’ils peinent déjà à se porter eux-mêmes ? Comment ne pas passer à côté du désarroi de l’enfant survivant ? Comment, quand on est un enfant, se construire sur un champ de ruines et se défaire de la culpabilité d’avoir survécu ? L’analyse psychologique des personnages est saisissante de réalisme, de justesse. Le petit Zach n’a pas de blessure physique, mais des séquelles psychologiques aussi fortes qu’invisibles. Par tous les moyens, il va essayer d’apaiser ses angoisses, sa culpabilité envers son frère, en se réfugiant dans un placard-cachette dans lequel il ensile des trésors : une photo de lui et son frère, des feuilles de couleur qui représentent ses émotions du moment, sa lampe Buzz l’éclair et surtout, ses livres. Des livres aux personnages desquels il va s’identifier, pour essayer de terrasser ses fantômes, de semer le chagrin et de trouver la recette de ce bonheur qui l’a fui. Des livres qu’il va lire à Andy, pour continuer à partager des choses avec lui. Comme avant.

Ce roman invite aussi à s’interroger sur le port des armes, sur leur vente libre. Un débat d’une brûlante actualité aux Etats-Unis, qui nous concerne tous.

Dites-lui que je l’aime, Clémentine Autain

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©Karine Fléjo photographie

Beaucoup de cinéphiles connaissent la comédienne Dominique Laffin. Peu savent qu’elle était la mère de Clémentine Autain. Une mère à laquelle l’auteure rend dans ce livre un hommage vibrant. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour dire je t’aime…

Dominique Laffin, côté scène et côté cour : l’actrice et la mère

Dominique Laffin est décédée brutalement à 33 ans. Sa fille Clémentine était alors tout juste âgée de 12 ans. De cette mère comédienne, qui a connu un succès fulgurant et joua notamment aux côtés de Gérard Depardieu dans « Dites-lui que je l’aime », Clémentine parle peu depuis 30 ans. Et s’efforce de ne pas davantage y penser. Trop douloureux. Trop lourd. Mais les questions récurrentes de sa fille la ramènent sans cesse à cette femme dont la simple évocation lui crée une boule dans la gorge. Il ne lui est alors plus possible de reculer. Plus possible de fuir.

Et d’écrire sur cette actrice et mère trop tôt disparue. Et d’exhumer des pans de vie entiers, des souvenirs heureux ou douloureux, des espoirs déçus et des rires partagés. Si tous s’accordaient à louer l’actrice, sa sensibilité, sa présence devant la caméra, peu connaissaient la mère. Une mère défaillante, incapable d’assumer son enfant, de veiller sur elle, malgré l’amour infini qu’elle lui porte. Dépressive, elle noie son chagrin et sa solitude dans l’alcool. Mais l’alcool et le travail font mauvais ménage : elle manque des jours de tournage, arrive en retard. Une réputation qui va la précéder comme une traînée de poudre. Sa carrière sombre alors aussi rapidement qu’elle est montée. Les rôles se font rares. Et à la maison, ils s’inversent. C’est Clémentine qui veille sur elle, la ramène ivre à la maison, lui évite de sauter par la fenêtre. C’est Clémentine qui du haut de ses sept ou huit ans endosse le rôle de mère.

« Ce qui abîme, c’est la répétition. Ce qui nous a séparées, c’est la récurrence de ton incapacité à prendre soin de moi. Je n’ai plus trouvé la force de comprendre, j’ai condamné. Je n’ai plus cherché à relier les bribes d’interprétation possible pour te disculper, j’ai considéré que ce n’était pas mon problème. Je n’ai plus entretenu les moments de bienveillance et de joie, je les ai enterrés. Qu’importe la compassion et la compréhension, la justice ou la vérité, pourvu que je marche droit. »

Au fil des années, Clémentine a mis tous ses souvenirs derrière une porte cadenassée, a refusé de se retourner, de se laisser dévorer par ce passé douloureux. Regarder devant, toujours. Avancer, encore. Malgré tout. Malgré l’absence et les défaillances.

Le temps du pardon : un livre comme une déclaration d’amour

Clémentine Autain nous livre un témoignage poignant. Poignant par sa sincérité, son authenticité, sa force. Pas de règlement de comptes ici, bien au contraire. C’est apaisée et adoucie qu’elle revient sur la vie de sa mère, loue ses talents d’actrice, mais aussi ce que cette dernière lui a légué comme son féminisme, son indépendance, sa modernité, son engagement plein et entier. Elle évoque ses manquements, les blessures qu’ils ont légitimement laissées sur son cœur d’enfant et de femme, mais elle ne juge pas. Elle ne hait pas. Elle ne condamne pas. Au contraire, elle réalise combien cette mère, aussi absente et défaillante soit-elle, lui a apporté, combien elle a partagé de rires, de complicité avec elle dans ses moments de clairvoyance et de sobriété. Elle qui ne s’était plus autorisée à penser à sa mère ces dernières années, qui se refusait à regarder ses films, à laisser la moindre émotion affleurer, ouvre grand les vannes de son cœur, se sent prête. Et réalise combien elle l’aime…

 

Le bruit des mots, Germain Huby

Le bruit des mots de Germain Huby

En 80 tableaux de la vie quotidienne, Germain Huby croque ses contemporains et fait ressortir l’absurdité de la condition humaine. Avec un regard aiguisé et beaucoup d’humour, l’auteur brosse le portrait de notre société, de ses codes, de ses contradictions et fait fleurir des sourires à chaque page. (Le bruit des mots, éditions Le tripode)

Ecouter ce qui l’entoure pour mieux le retranscrire

Germain Huby aime observer et écouter ses contemporains dans toutes les situations de la vie quotidienne. Echanges d’une mère avec son enfant, intimité du couple, copines entre elles, réunion de travail, cours au lycée, mariage, départ en retraite, balade entre amis, partout il écoute, regarde. Et prend des notes des situations cocasses et des échanges surréalistes dont il est le témoin.

Il pointe le doigt avec humour sur nos nombreuses contradictions, comme cette scène dans laquelle chacun se plaint du programme absolument nul à la télévision. Mais à tous les étages de l’immeuble… tous le regardent quand même.

Il nous invite à réfléchir sur ce que sont devenus nos rapports avec l’envahissement des écrans et objets connectés ces dernières années, brocarde la pression et la suspicion qui règnent dans le monde de l’entreprise.

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Impossible de même de ne pas retrouver une situation vécue, lorsque l’auteur brocarde les médias. Les radios et télévisions font le siège d’un immeuble, occupent l’antenne en continu pour dire… qu’ils n’ont rien de nouveau sur l’événement en question. Et pourtant, pendant des heures, ils diffusent du vide. Et certains d’entre nous regardent pourtant ce non-événement, en témoigne la bonne audience de ces émissions.

En une scène et quelques traits, il saisit l’essentiel, transmet le message. Percutant. Juste. Cocasse.

Les quatre points forts de ce livre

Ce livre est un vrai bonheur de lecture. Il a au moins quatre points fort :

  • La justesse du regard de l’auteur : chaque dessin, chaque réplique fait mouche.
  • Son extrême concision : pas de longs dialogues ni de multiples dessins pour décrire une situation de la vie courante : un seul dessin et quelques mots. Et TOUT est dit.
  • Son humour : il brocarde les travers de ses contemporains avec humour et bienveillance, sans juger.
  • Le graphisme est très réussi.

Enfin, pour conclure, je dirais que cet ouvrage ne ressemble à aucun autre. N’est-ce pas en soi une grande qualité?

 

Descartes pour les jours de doute, Marie Robert

Descartes pour les jours de doute de Marie Robert

©Karine Fléjo photographie

Vous pensez que la philosophie n’est pas faite pour vous, qu’il s’agit d’une discipline absconse, quelque peu poussiéreuse et même carrément ennuyeuse ? Vous préférerez des cartes à jouer ou des cartes IGN à Descartes ? Vous vous dites que de toute façon, la philosophie c’est bien gentil, mais c’est de la pure théorie dont n’a que faire votre quotidien ? Alors laissez Marie Robert vous prouver le contraire ! Ou l’art de rendre la philosophie VIVANTE, ACCESSIBLE et PASSIONNANTE.

La philosophie envisagée sous un angle novateur et passionnant

Marie Robert enseigne la philosophie. Après le succès mérité de Kant tu ne sais plus quoi faire, elle nous revient avec Descartes pour les jours de doute, aux éditions Flammarion. Et quand vous lisez ses livres, vous n’avez qu’un seul regret : ne pas avoir eu un tel professeur pour vous communiquer sa passion. Car Marie Robert dépoussière cette discipline, lui rend toutes ses lettres de noblesse et sa place à part entière dans notre existence, dans nos choix, dans nos questionnements.

L’angle sous lequel elle aborde la philosophie est extrêmement novateur et percutant. Elle part de situations de notre quotidien, au travail, entre amis, en famille et, face aux interrogations qui sont nôtres, nous montre combien la philosophie peut nous éclairer, nous aider à trouver des réponses. Nous guider. Dès lors, la philosophie devient extrêmement vivante.

Des enfants surexcités lors d’une journée à Disneyland, au patron tyrannique qui en exige toujours plus, en passant par cette timidité et cette peur du regard des autres qui vous paralysent depuis l’enfance, Marie Robert passe en revue douze situations inconfortables, auxquelles nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre, et nous invite à trouver plus de confort et de réconfort auprès des grands philosophes sur ces sujets précis. La philosophie n’est plus une vague théorie, une lointaine planète en orbite autour de la terre, elle est une force au quotidien.

Rousseau, Montaigne, Descartes, Foucault, Sartre, Voltaire, Ricoeur, Simone de Beauvoir, Camus, Valery Baudrillard et Simone Veil ne seront plus des auteurs imposés du programme de terminale, des auteurs de livres qui prennent la poussière dans le fond d’une bibliothèque, mais des philosophes vers lesquels vous aurez envie de vous tourner pour enrichir votre regard, nourrir votre réflexion, vous inspirer. Et vivre mieux.

Un ovni littéraire. Mieux, un GÉNIAL ovni !

Marie Robert a l’art de vous prendre par la main, aussi réfractaires soyez-vous de prime abord, pour vous emmener rencontrer les grands philosophes. Son ton humoristique, ses exemples si parlants, vous donnent irrésistiblement envie de la suivre. Pour le meilleur.

L’ouvrage est de plus extrêmement bien conçu et respecte toujours la même architecture. Une situation du quotidien avec les questions qu’elle soulève, une possible réponse apportée par un philosophe, puis la biographie résumée et du philosophe et d’une de ses œuvres. Enfin, les idées clés de la pensée dudit philosophe et une citation. Autrement dit, l’essentiel en quelques pages.

S’il est bien un doute que Marie Robert nous ôte, c’est celui de penser que la philosophie s’adresse à une élite et non à tout un chacun. Mieux, son livre joue le rôle de tremplin : une fois la lecture terminée, votre première envie est d’aller lire dans le texte les philosophes cités.

J’espère quant à moi avoir tué tout doute en vous sur l’opportunité de lire Descartes pour les jours de doute et Kant tu ne sais plus quoi faire !

L’anglais en 24 heures, Elizabeth Luciani

l'anglais en 24 heures

©Karine Fléjo photographie

Do you speak english ? Si vous êtes convaincu que l’anglais n’est pas fait pour vous, alors ce guide vous convaincra du contraire ! En 24 leçons d’une heure, vous pourrez communiquer sans appréhension au pays de la Queen Elizabeth. Let’s go !

Vocabulaire, grammaire, exercices, 24 leçons d’une heure pour parler anglais sans complexes

Vous envisagez de partir en vacances en Angleterre, mais Oh my God, vous ne parlez pas la langue ! Et vous n’avez pas cent heures devant vous pour devenir un parfait sujet de la reine ? Certes, il y a « Google-traduction-mon-ami », mais avouez que taper ses phrases sur smartphone et lire la traduction is not very easy. Damned. But, don’t worry ! Si votre anglais se limite à de vagues souvenirs scolaires, du type « Bryan is in the kitchen » ou « My tailor is rich », la situation n’est pas désespérée pour autant! Au contraire même. We have THE solution ! Grâce à une méthode inédite, Elizabeth Luciani, fluent in english car elle a vécu aux Etats- Unis et est professeure d’anglais, se propose de vous aider efficacement et rapidement dans votre apprentissage. Vous pourrez ainsi échanger, comprendre votre interlocuteur et vous faire comprendre de lui. Amazing, isn’t it ?

Pourquoi cette méthode est-elle efficace ?

Cette méthode est claire, destinée à tous ceux qui débutent et va vous décomplexer. L’anglais n’a rien d’inaccessible !

Because :

  • Il s’agit de short lessons d’une heure qui seront faciles à intégrer dans votre emploi du temps et vous fixeront des repères aisés à respecter. Cela entretiendra votre motivation.
  • Il y a many examples and short exercises. Cela vous permettra d’assimiler plus facilement et de vérifier que vous avez bien compris.
  • Cette méthode balaie à la fois les questions de vocabulaire, de grammaire, de construction et de prononciation : it’s a complete method.
  • Contrairement aux manuels scolaires avec des dialogues bien souvent futiles, cet ouvrage apprend du vocabulaire utile, pour toutes les circonstances de la vie : famille, métier, loisirs, transports, heure etc. Nous sommes ici dans le concret et le directement transposable.
  • Les résultats sont immédiats. Certes, vous n’allez pas vous mettre à parler comme un journaliste de la BBC du jour au lendemain, mais vous vous sentirez suffisamment à l’aise, à l’issue de ces 24 leçons, pour understand and be understood des anglais.

Alors, ready ? 😉

 

Une histoire impossible, Guy Lagache

Une histoire impossible de Guy Lagache

©Karine Fléjo photographie

Une magnifique histoire d’amour, que les tumultes de l’Histoire malmènent. Où quand un homme qui s’est toujours conformé à ce qu’on attendait de lui, décide de prendre son envol… avant de réaliser qu’il a quitté une prison pour une autre. Passionnant, dense, envoûtant.

Un amour impossible en temps de guerre

Nous sommes en mai 1940 à Tiensin, en Chine. Tandis que l’Europe est à feu et à sang, dans les ambassades, on multiplie les cocktails et les réceptions en tous genres. C’est à l’occasion d’une réception chez le consul de Grande-Bretagne que Paul, vice-consul promis à une belle carrière, tombe éperdument amoureux de Margot, une jeune inconnue au regard émeraude.

Un amour qui s’annoncerait sous les meilleurs auspices si Paul n’était pas déjà marié. Et si Margot n’était pas anglaise. En effet, alors que le maréchal Pétain vient de se rallier à l’Allemagne, l’Angleterre se retrouve désormais dans le camp ennemi.

Paul se retrouve alors complètement écartelé, tant sur le plan sentimental que professionnel. Choisir c’est renoncer. S’il décide de suivre Margot, qui s’est engagée dans les services secrets anglais, alors il devra se couper de sa fille de neuf ans, Eléonore, qu’il chérit par-dessus tout. Suivre la voie du cœur, c’est aussi renoncer à la belle carrière qu’il a amorcée. Sa femme, d’une ambition dévorante, l’a toujours poussé dans son ascension, lui a dicté sa conduite et les codes à respecter pour gravir les échelons de la hiérarchie diplomatique. Il n’est qu’à quelques barreaux de la nomination d’ambassadeur. Peut-il sortir de son devoir de réserve et tourner le dos à pareil titre pour rejoindre la résistance à Londres ?

Paul est assailli par de térébrantes questions. Criblé de doutes. Lui qui s’est toujours conformé à ce qu’on attendait de lui, du choix de ses études au choix de sa carrière, en passant par celui de son épouse, étouffe. Besoin de respirer, de vivre conformément à ses besoins, à ses désirs. Besoin d’être lui-même. Libre.

Enfin libre.

Il quitte donc sa femme castratrice et sa fille pour rejoindre Margot. Avant d’être à nouveau séparé d’elle. L’Histoire n’a pas fini de chahuter son histoire d’amour.

Mais, quand ils seront enfin réunis, seront-ils heureux pour autant ? La présence de la femme aimée suffit -elle à effacer l’absence de ceux qu’on a laissés derrière soi, tout particulièrement celle de son enfant ? Quant à Margot, son rapprochement de Paul est-il uniquement mu par l’amour ? Quel jeu joue-t-elle réellement ? Le couple va devoir composer avec la culpabilité et le mensonge, redoutables ennemis de l’amour…

La liberté n’est parfois qu’illusion

Ce qui fascine dans ce roman de Guy Lagache, Une histoire impossible, c’est la densité de l’histoire, ses multiples rebondissements qui prennent le lecteur en otage de la première à la dernière page. Un roman très visuel, dont on perçoit les couleurs, les parfums, les décors et que l’on verrait très bien être adapté au cinéma.

Une histoire impossible, c’est l’histoire d’une passion qui s’inscrit dans la grande Histoire, interagit avec elle, comme un couple à trois. Car c’est là un des écueils de leur amour : dans leur couple, l’Histoire est le troisième personnage, une maîtresse terrible qui réclame sa part. L’autre écueil, pour cet homme si intègre et droit qu’est Paul, c’est d’avoir conquis sa liberté au prix d’un enfermement dans une culpabilité accablante. Ou quand l’illusion de la liberté devient illusoire…

Un roman à lire absolument!