Venez dîner chez moi! Emmanuelle Friedmann

Venez dîner chez moi Emmanuelle Friedmann

©Karine Fléjo photographie

Inviter des amis à dîner est un moment de convivialité, de partage autour de bons petits plats, de rires et de confidences. A condition que vous ne passiez pas la soirée aux fourneaux ni ne stressiez ! Voici donc 80 recettes de l’entrée au dessert, pour partager un dîner en toute détente avec vos proches.

80 recettes sophistiquées ou à la bonne franquette

Dîner entre amis, en famille, en tête-à-tête, préparer des recettes légères pour ceux qui surveillent leur ligne, des plats plus riches pour les gourmands ne sera plus un casse-tête grâce à cet ouvrage. Ce sont plus de 80 recettes que nous propose Emmanuelle Friedmann dans Venez dîner chez moi!

Il y en a pour toutes les bourses, tous les appétits et tous les goûts. Des recettes pour un dîner léger et sophistiqué à base de poisson (en papillote, cru, tartare, à la poêle, en sauce…), des apéritifs, des plats végétariens, des desserts peu caloriques. Mais aussi des recettes à la bonne franquette (chili, choucroute, gigot de 7 heures, pâtes…) et même des recettes pour aviver le désir!

Les explications sont claires, les recettes accessibles à un(e) cuisinier(e) débutant(e) comme plus confirmé(e). Il n’y a plus qu’à les tester!

 

Des recettes, des tests, des conseils et de l’humour

Ce livre n’est pas qu’un catalogue de recettes, aussi bonnes soient-elles. Il vous propose aussi des jeux/tests, vous donne quelques astuces de savoir-vivre (sujets à éviter, façon dont on doit complimenter son hôtesse, langage des fleurs…). Il conseille les personnes pressées : quels plats se préparent la veille et sont meilleurs réchauffés, quels plats peut-on préparer à l’avance et congeler. Il vous offre des conseils sur le choix du pain en accompagnement de votre plat et autres informations importantes pour garantir le succès de votre dîner.

Les recettes sont accompagnées des illustrations de la talentueuse Marie Crayon. Une illustratrice au talent fou et d’un humour jubilatoire. J’adore ses dessins colorés et pleins de vitalité, qui croquent l’essentiel en quelques traits et postures.

La seule petite chose qui m’a manquée dans cet ouvrage, ce sont les photos des plats annoncés : il n’y a aucune photographie or elles me donnent souvent envie de tester une recette dans un livre. Et d’autre part, si je n’ai pas forcément besoin d’une photo pour imaginer le résultat final d’une tarte aux fraises, j’ai plus de mal à me représenter un truita de patates ou un biryani.

A présent, il ne vous reste plus qu’à vous mettre aux fourneaux! Alors, qui allez-vous inviter ce soir?

Informations pratiques : 

Venez dîner chez moi, Emmanuelle Friedmann et Marie Crayon. Editions Artémis, octobre 2019 – 170 pages – 19,90€

 

La collectionneuse, Agnès Vannouvong

La collectionneuse, Agnès Vannouvong

©Karine Fléjo photographie

Enquête dans le milieu de l’art et du sexe

Jusqu’ici, dans l’Agence Duluc, l’agence de détectives dirigée par sa tante, Frédérique ne s’est vu confier que des missions basiques : filatures, constats d’adultère, rien de bien brillant. Et sa vie privée n’est pas plus rutilante : si Frédérique est obsédée par le sexe, mâte sans cesse les femmes qu’elle croise, collectionne en secret les godes-ceintures, elle n’a aucune vie sexuelle depuis plusieurs années.

Cette fois, sa tante décide de faire fi de sa maladresse légendaire, laquelle peut pourtant faire capoter les affaires, et décide qu’il est temps que Frédérique fasse ses preuves. Elle lui confie une mission autrement plus compliquée que d’habitude : retrouver une célèbre collectionneuse, Victoria Lanzmann, qui a disparu avec un tableau d’une valeur inestimable : L’homme au lavabo de Bacon.

En compagnie de George, le bras droit de sa tante dans l’agence, Frédérique se lance corps et âme dans cette enquête. Au sens propre comme au sens figuré. De Paris à Miami, en passant par Bruxelles, Bâle, Hong-Kong, Pattaya, Frédérique écume les places d’art contemporain afin de glaner des informations auprès de ceux qui ont connu Victoria Lanzman. Elle découvre alors un univers à part, avec ses codes, son langage, ses tenues vestimentaires, son argent. Elle découvre aussi, que la disparue partage avec elle cette obsession pour le sexe. Mieux, elle réalise qu’elle peut être séduisante, attirante, désirable, elle qui fuit toujours au moment de concrétiser.

Et si chercher Victoria lui permettait de se trouver ? L’auteure nous réserve une chute vertigineuse…

L’identité, la quête de soi

Agnès Vannouvong nous entraîne avec beaucoup de malice et de jubilation dans le milieu très particulier de l’art. L’art comme porte sur la compréhension du monde. Les peintres en effet nous interrogent, nous invitent à la réflexion, comme le fait Bacon avec L’homme au lavabo : « le personnage central veut disparaître dans le lavabo, il semble coupé de lui-même et du monde » Et l’enquête de se faire l’écho de ce tableau volé : jusqu’où est-on prêt à se couper de soi, à nier ses besoins et ses envies, pour répondre aux attentes de la société ? Peut-on faire le choix d’une autre place que celle que l’on nous assigne ? Y-a-t-il plus grande violence envers soi que de ne pas s’autoriser à revendiquer notre identité ?

15 livres à offrir pour Noël : ma sélection

décoration de Noel cinemagraph

Vous cherchez un cadeau personnalisé, divertissant, instructif, qui fasse voyager et puisse être partagé ? Stop !!! Ne cherchez plus, j’ai la perle rare : LE cadeau idéal, qui cumule toutes ces particularités (et celle de ne pas vous ruiner, donc vous pouvez en offrir plusieurs), existe. C’est LE LIVRE 😊 Et là vous souriez, avant de vous raviser : un livre, oui, mais quel livre ? Rassurez-vous, j’ai la liste miracle! Voici ma sélection de 15 livres parus ces six derniers mois.

NB : il vous suffit de cliquer sur le titre du livre pour pouvoir lire sa chronique. Elle n’est pas belle la vie? 🙂

🎄Pour un Noël parfait 🎄

Mon coup de cœur absolu ❤ de ces six derniers mois, c’est ce livre profond, sensible, d’un humour absolument jubilatoire : Feel Good, de Thomas Gunzig aux éditions Le Diable Vauvert . Attention ce n’est pas un feel good, mais un roman savoureusement drôle, qui, à travers ses attachants personnages, et un humour féroce, se révèle être une satire de notre société en général et du milieu de l’édition en particulier. A lire ABSOLUMENT. Et à offrir, forcément!

🎄Pour un Noël solidaire 🎄

13 à table, Collectif aux éditions Pocket. Un livre acheté 5€ =4 repas offerts. Pour la 6ème année, les éditions Pocket et leur directrice éditoriale Charlotte Lefèvre, s’associent aux restos du cœur en publiant un recueil de nouvelles, intitulé 13 à table, rédigé par 17 talentueux auteurs, dont les bénéfices sont reversés intégralement aux Restos du cœur. Les auteurs : Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Michel BUSSI • Adeline DIEUDONNÉ • François d’EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Yasmina KHADRA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Nicolas MATHIEU • Véronique OVALDÉ • Camille PASCAL • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Leïla SLIMANI

🎄Pour un Noël plein de rires 🎄

Daddy gaga, de Julien Chavanes, aux éditions Plon. Comment endormir votre bout de chou alors que Pimpinou le doudou lapin, quelque peu décati et charriant des bactéries non encore identifiées par la science, a fugué loin de son tortionnaire mâchouilleur d’oreilles? Comment habiller ce petit ange le matin, alors qu’à 10 minutes de la sonnerie de l’école, il est encore en slip et le dentifrice plein les cheveux au milieu du salon? Si vous avez envie de passer un moment de lecture jubilatoire, entre couches, biberons et bain du petit dernier, alors plongez-vous dans Daddy gaga, ou les tribulations hilarantes d’un jeune papa. Un pur bonheur!

🎄Pour un Noël passionnant 🎄

Honoré et moi, de Titiou Lecoq aux éditions de L’iconoclaste : Vous pensiez tout savoir sur Balzac ? Vous l’avez pris en grippe lors de vos années au lycée ? Les biographies académiques vous ennuient ? Alors ce livre est fait pour vous ! Balzac, comme vous ne l’avez jamais vu, jamais lu, sous la plume jubilatoire de Titiou Lecoq.

On ne meurt pas d’amour, de Géraldine Dalban-Moreynas, aux éditions Plon : Un premier roman extrêmement fort, percutant, saisissant, sur une histoire d’amour adultérine particulièrement addictive et destructrice. L’emprise affective servie par la plume incisive de Géraldine Dalban-Moreynas.

Khalil, de Yasmina Khadra, aux éditions Pocket : Quand Yasmina Khadra se glisse dans la tête d’un terroriste prêt à se faire sauter. La radicalisation décortiquée de l’intérieur. Fascinant, brillant. Essentiel.

Une bête au paradis, de Cécile Coulon aux éditions de l’Iconoclaste : Le roman de deux générations de femmes littéralement possédées par leurs terres. Un roman envoûtant, ensorcelant. Magistralement écrit.

🎄Pour un Noël sous le signe du suspens 🎄

Ne t’enfuis plus, de Harlan Coben aux éditions Belfond : Drogue, emprise, secte, secrets de famille sont au programme du thriller haletant de Harlan Coben aux éditions Belfond. Et en filigrane, cette question : jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

Pour un Noël en enfance

Jules César, de Anne-Dauphine Julliand, aux éditions Les arènes : Après « Deux petits pas sur le sable mouillé » et le film documentaire « Et les mistrals gagnants », Anne-Dauphine Julliand, journaliste, signe son premier roman. Un roman aussi lumineux que bouleversant, dans lequel l’auteure nous interroge : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour sauver la vie d’un enfant ?

Le rêve de la baleine, de Ben Hobson, aux éditions Rivages. Après le décès de sa mère, Sam, 13 ans, doit composer avec son chagrin et avec celui de son père. Un homme taiseux, qui a l’habitude de s’absenter plusieurs mois pour aller dépecer les baleines dans une usine. Comment vivre avec la douleur et l’absence ? Comment réinventer sa vie, tant pour le fils que pour le père ? Un conte initiatique d’une grande beauté.

🎄Pour un Noël viscéralement humain🎄

Le cœur battant du monde, de Sébastien Spitzer, aux éditions Albin Michel : Médecin, il n’en peut plus d’aider ces femmes à avorter. Cette fois, il va sauver la vie du bébé. En secret. Or cet enfant n’est autre que le fils adultérin de Karl Marx. Un roman passionnant, émouvant, magnifique, sur le parcours d’un enfant qui doit se construire en l’absence de racines.

Les guerres intérieures, de Valérie Tong Cuong aux éditions Jean-Claude Lattès: Valérie Tong Cuong nous offre un roman fascinant et une analyse d’une grande justesse sur ces guerres intérieures que nous menons contre notre culpabilité, notre mauvaise conscience, nos regrets et remords. Un coup de cœur pour la lumineuse plume de Valérie!

La dernière fois que j’ai vu Adèle, Astrid Eliard, aux éditions Mercure de France : Après Danser, roman que j’avais plébiscité en 2016, c’est avec ferveur que je vous recommande La dernière fois que j’ai vu Adèle, le nouveau roman d’Astrid Eliard. Un roman sur la double sidération d’une mère, quand elle apprend la disparition de son enfant et découvre qu’elle s’est embrigadée. Percutant, captivant, admirablement traité.

Je ne suis pas seul à être seul, de Jean-Louis Fournier aux éditions JC Lattès : Un livre délicat, sensible et facétieux sur la solitude. Ou quand Jean-Louis Fournier excelle à nous faire sourire de ce qui est grave, à nous émouvoir d’une phrase, d’un mot, d’un silence.

Les victorieuses , de Laetitia Colombani aux éditions Grasset : Après l’immense succès de La tresse, Laetitia Colombani nous offre un deuxième roman tout aussi viscéralement humain, Les victorieuses. Un roman qui donne la parole à ces femmes malmenées par la vie, courageuses et généreuses, recueillies par l’Armée du salut au Palais de la femme. Un véritable hymne à la solidarité.

🎄Pour un Noël riche en découvertes🎄

Méditer, le bonheur d’être présent, de Fabrice Midal aux éditions Philippe Rey : Un roman graphique passionnant, sur ce qui a amené Fabrice Midal à la méditation et en quoi elle lui a sauvé la vie. Le partage d’une expérience riche, superbement scénarisé et illustré. Ou la méditation vue de l’intérieur.

Entre ombre et lumière, de Stéphane Allix, aux éditions Flammarion : Un livre très personnel sur l’itinéraire du grand reporter Stéphane Allix, illustré par ses magnifiques photographies. Et bien plus encore : le partage d’expériences humaines indiciblement riches qui ouvrent à d’autres perceptions du monde.

 

La consolation de l’ange, Frédéric Lenoir

La consolation de l'ange, Frédéric Lenoir

©Karine Fléjo photographie

Un roman empli de sagesse, de lumière, sur la relation bouleversante entre une vieille femme et un adolescent. Un livre initiatique qui invite le lecteur à célébrer la vie.

Un optimisme contagieux

Quand Victor se retrouve hospitalisé dans la même chambre que Blanche, c’est la rencontre entre deux êtres que tout oppose à priori. Victor est âgé de 20 ans, Blanche est en fin de vie. Après un troisième échec au concours de l’école de médecine, Victor a tenté de se suicider. La vie n’a pour lui plus aucune saveur. A ses côtés, Blanche, véritable rayon de soleil, adore la vie et a gardé sa capacité d’émerveillement intacte face aux plus infimes bonheurs de l’existence.

Au fil des heures, Blanche gagne la confiance de Hugo. Ce dernier lui confie alors les raisons de son geste : l’impossibilité de satisfaire son père chirurgien en réussissant ses études de médecine, sa désolation face à l’évolution du monde, la perte de sens de la vie. Et une blessure d’enfance bien pire encore. Sans le juger, Blanche l’écoute, empathique, bienveillante. Aux propos et exemples négatifs avancés par Hugo, elle répond par des commentaires positifs et lumineux. Et pourtant, Blanche n’a pas été épargnée par la vie. Au contraire. Mais si elle a connu bien des épreuves, comme la déportation, le deuil, la maladie, jamais elle n’a perdu foi en l’humanité. Jamais elle n’a considéré que la vie ne valait pas pour autant la peine d’être vécue.

Peu à peu, sous sa douce influence, Hugo change de regard… Blanche sera-t-elle son ange de consolation ?

Un lumineux roman sur la transmission

Quand on demande à Frédéric Lenoir ce qui a motivé l’écriture de ce roman, il nous répond : « Si je devais dire à des enfants, à des jeunes, l’essentiel de ce à quoi je crois sur la vie, c’est ce livre que je leur donnerais. J’ai écrit ce livre pour ça, en me disant je pourrais mourir maintenant, j’ai transmis l’essentiel de ce à quoi je crois. C’est à la fois philosophique, spirituel, ça touche-à-tout. C’est un livre de transmission. » Et en effet, ce roman initiatique est riche d’enseignements. Qu’est-ce que le bonheur ? L’amour ? La liberté intérieure ? le sens de la vie ? Y a-t-il une vie après la mort ? Frédéric Lenoir nous offre des clés à travers la bouche de Blanche. A Hugo et à nous d’ouvrir les portes et de cheminer.

« Si je devais résumer le sens de l’existence humaine en quelques mots, je dirais : tout le chemin de la vie, c’est de passer de l’inconscience à la conscience et de la peur à l’amour. C’est pour cela que les âmes viennent sur terre, même si c’est un chemin souvent douloureux et jonché d’obstacles. »

C’est donc un roman positif, émouvant, que nous offre l’auteur. Un roman sur son amour pour la vie, sa foi en elle, sa magie, magie qu’il tente de transmettre au lecteur à travers cet écrit.

Ne soyez pas impressionné par le cadre de départ du roman, à savoir la tentative de suicide de Hugo et la fin de vie de Blanche : ce roman est tout sauf sombre. La consolation de l’ange est au contraire une ode à la vie. Une invitation à savourer l’existence, à l’embrasser dans ses hauts comme dans ses bas. Quant aux personnages, indiciblement attachants, ils vous hanteront longtemps.

Khalil, Yasmina Khadra : dans la tête d’un terroriste

Khalil par Yasmina Khadra

©Karine Fléjo photographie

Quand Yasmina Khadra se glisse dans la tête d’un terroriste prêt à se faire sauter. La radicalisation décortiquée de l’intérieur. Fascinant, brillant. Essentiel.

Dans la peau d’un kamikaze

Khalil est né dans le quartier de Molenbeek en Belgique. Il est en chemin pour Paris, ce 13 novembre 2015. Dans la voiture avec lui, Driss, son meilleur ami d’enfance, ainsi que deux autres hommes. Depuis 5 semaines, ils se préparent et ne vivent que pour cette mission. Ils ont en effet été élus par le cheikh, pour aller se faire exploser au milieu de la foule au stade de France.

Se faire sauter pour la cause, l’acte de foi par excellence. Du moins l’imam Sadek le leur a-t-il affirmé. C’est donc « forcément » vrai. Le paradis leur est promis.

Mais rien ne se passe comme prévu. Sa ceinture d’explosifs ne se déclenche pas. Le détonateur ne fonctionne pas.

Au fil des pages, le lecteur accueille les confidences du kamikaze, remonte les mois, les années à ses côtés. Une enfance qui l’a meurtri, humilié. De mauvais résultats à l’école montrés du doigt par son père qui le traitait d’âne et le dédaignait. Du dédain de la part de la société belge vis-à-vis des étrangers comme lui, parqués dans ce quartier. Il ne se sent pas reconnu dans sa famille, pas intégré socialement, paumé, exclu. En perte d’estime de soi.

« L’exclusion exacerbe les susceptibilités, les susceptibilités provoquent la frustration, la frustration engendre la haine et la haine conduit à la violence, c’est mathématique. »

Aussi, quand son ami lui avait proposé d’aller écouter un prêcheur dans une mosquée, il l’avait suivi. Par désœuvrement plus que par conviction. Ce fut alors une révélation.

« La mosquée, plus qu’un refuge, m’a recyclé comme on recycle un déchet. Elle a donné une visibilité et une contenance aux intouchables que nous étions. Elle nous a sortis du caniveau pour nous exposer en produits de luxe sur la devanture des plus beaux édifices. La mosquée nous a restitué le respect qu’on nous devait. »

Ou quand « les frères » récupèrent ces êtres perdus, sans repères, à l’image d’objets perdus que personne ne vient réclamer.  L’embrigadement peut commencer.

Une analyse brillante de Yasmina Khadra

Dans ce livre rédigé à la première personne, pour que le lecteur soit au plus près des pensées du kamikaze, Yasmina Khadra démonte les rouages qui conduisent un être ordinaire à la radicalisation. Une analyse brillante, pertinente. Essentielle.

J’ai lu parfois des reproches faits à Yasmina Khadra, car il s’est glissé dans la peau d’un terroriste, a été dans l’empathie avec lui, a tenté de le comprendre. Or au contraire, je pense que l’auteur a FONDAMENTALEMENT raison dans sa démarche ! Un, tenter de comprendre ne signifie pas excuser. Deux, on a trop tendance à montrer les criminels, les kamikazes, les terroristes, comme des monstres, au sens de non-humains. Or ce ne sont pas des espèces animales ni des êtres d’une autre planète, ce sont des hommes et des femmes ordinaires à la base, qui un jour sont complètement sortis de la route. Et pour comprendre comment il est possible de faire des choix si radicaux, il faut les considérer comme ce qu’ils sont, des personnes. L’être humain est capable de cruauté extrême, de torture, du pire. Comme du meilleur. Ce roman est essentiel, car il tente de donner des éléments aux lecteurs, pour que jamais la part ténébreuse en lui ne l’emporte sur la part lumineuse. Pour le meilleur. Contre le pire.

Un livre acheté = 4 repas offerts aux restos du coeur!

13 à table éditions Pocket

Pour la sixième année consécutive, les éditions Pocket s’associent aux restos du cœur avec la publication d’un livre, 13 à Table, dont les profits servent à financer des repas aux restos du cœur.

La pauvreté : une réalité mais pas une fatalité

Aujourd’hui, un français sur cinq ne mange pas à sa faim. Les restos du cœur ont ainsi distribué 133 millions de repas pour la saison 2018/2019,  dont 30 000 à destination de bébés de moins de un an.  Que les Restos du cœur aient accueilli 900 000 personnes, c’est à la fois magnifique et tragique… La participation de chacun est donc plus que nécessaire. Soulager la misère passe par la solidarité.

Patrice Blanc président des Restos du coeur

Patrice Blanc, Président des Restos du coeur / ©Karine Fléjo photographie

 

Un livre acheté 5€ = 4 repas offerts aux restos du coeur

Pour la 6ème année, les éditions Pocket et leur directrice éditoriale Charlotte Lefevre, s’associent aux restos du cœur en publiant un recueil de nouvelles, intitulé 13 à table, dont les bénéfices sont reversés intégralement aux Restos du cœur.

François Laurent et Charlotte Lefevre

François Laurent, directeur général de Univers Poche et Charlotte Lefevre  – ©Karine Fléjo photographie

Cette année, le thème retenu a été celui du voyage. Ce sont donc 17 nouvelles qu’on écrites 17 auteurs, offrant un merveilleux voyage à travers la langue, à travers les mots, aux lecteurs.

Grâce aux bénéfices de l’opération 13 à table, ces 5 dernières années, 5 millions de repas ont pu être distribués. Alors, n’hésitez pas : non seulement vous allez lire de magnifiques nouvelles rédigées par des auteurs de talent, mais pour tout livre acheté vous offrirez 4 repas. Un bonheur quintuplé.

Auteurs ayant écrit une nouvelle pour le recueil Treize à table édition 2019 : Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Michel BUSSI • Adeline DIEUDONNÉ • François d’EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Yasmina KHADRA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Nicolas MATHIEU • Véronique OVALDÉ • Camille PASCAL • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Leïla SLIMANI

auteurs-13-a-table

©Karine Fléjo photographie

N’hésitez pas, n’hésitez plus! Achetez-le, offrez-le, faites-en un cadeau de Noël qui ait du sens !

Rencontre avec Frédéric Lenoir : « On ne naît pas libre, on le devient »

La consolation de l'ange Frédéric Lenoir

En ce mois de novembre, les éditions Albin Michel publient un nouveau roman de Frédéric Lenoir : « La consolation de l’ange ». Rencontre avec un auteur aussi chaleureux que passionnant.

Qu’est ce qui a motivé l’écriture de ce livre?

Frédéric Lenoir : Si je devais dire à des enfants, à des jeunes,  l’essentiel de ce à quoi je crois sur la vie, c’est ce livre que je leur donnerais. J’ai écrit ce livre pour ça, en me disant je pourrais mourir maintenant, j’ai transmis l’essentiel de ce à quoi je crois. C’est à la fois philosophique, spirituel, ça touche-à-tout. C’est un livre de transmission. 

Et pourquoi j’ai écrit ce livre ? Ce sont les ateliers de philo que je fais avec les enfants de la primaire jusqu’aux jeunes du  lycée qui m’y ont conduit. Je demande aux enfants, surtout en primaire : « Quelles sont les grandes questions que vous posez ? » Et tous me disent la même chose : 1°Pourquoi on est sur terre ? 2°: Pourquoi on meurt si on vit ? 3° Est-ce qu’il y a quelque chose après la mort? À force d’entendre cela, je me suis dit qu’il fallait apporter des réponses. On ne peut pas se contenter de dire c’est trop compliqué à expliquer, tu verras quand tu seras plus grand.

Quelle est l’histoire de ce livre? 

F.L. : C’est un jeune garçon d’une vingtaine d’années qui trouve que la vie est absurde et qui fait une tentative de suicide. Il s’en sort et il se retrouve dans une chambre d’hôpital avec une vieille femme qui va mourir et qui elle, à 92 ans, et bien qu’elle ait eu une vie très dure, adore la vie. Elle va essayer de lui expliquer pourquoi elle adore la vie et lui donner des raisons de vivre. Donc c’est vraiment un livre de transmission entre une vieille femme et un jeune homme, que tout oppose au départ mais qui vont s’adorer.

Y a -t-il un personnage qui vous ressemble dans ce livre? 

F.L. : Je dis dans la bouche de la vieille femme appelée Blanche, tout ce que je pense, tout ce que la vie m a appris C’est ça qui est très agréable dans un roman, c’est que l’on peut se cacher derrière ses personnages.

La question du suicide peut effrayer des lecteurs. Est-ce un roman sombre?

F.L. : Non, ce n’est pas un éloge du suicide. Le suicide n’est qu’un point d’entrée du roman. L’adolescent du roman est désespéré par la façon dont les adultes traitent le monde. Mais Blanche va lui montrer que le monde ne va pas si mal que cela. Elle lui redonne un espoir dans l’humanité. Mais il me fallait un contraste entre ces deux personnages, psychologiquement, pour construire le roman.

Votre roman évoque la vie dans ses côtés lumineux comme dans ses côtés sombres

F.L. : Je n’esquive pas le côté dramatique de la vie dans ce livre. Mais le discours général de mon roman est de dire que malgré tous ces drames, la vie vaut la peine d’être vécue. Voilà pourquoi.

Pourquoi ce titre, La consolation de l’ange?

F.L. : Car je pense que dans toute épreuve, chacun peut rencontrer un ange d’une manière ou d’une autre (un être humain, un livre, une émission de radio), c’est à dire une main tendue, quelque chose qui d’un coup va permettre de trouver une réponse au moment très douloureux qu’on vit.

Frédéric Lenoir

Etes vous un optimiste ou un pessimiste? 

F.L. : Je suis quelqu’un de lucide et d’optimiste. Je vois le monde tel qu’il est, je vois l’être humain capable du meilleur comme du pire. Mais le pessimiste va dire face à un problème : « c est foutu! »,  alors que l’optimiste dit : « Cherchons les solutions ». Je suis optimiste et je trouve la vie magique.

« Tout le chemin de la vie, c’est de passer de l’inconscience à la conscience et de la peur à l’amour », c’est une phrase extraite du livre et mise en exergue

F.L. : On attire à soi, par notre inconscient, la grande majorité des événements personnels ( et non les événements collectifs) de notre vie. Les événements sont essentiellement liés a quelque chose chose qu on porte en soi et qu’on attire a soi. On sous-estime la force de la pensée :   tout ce qu’on dit et tout ce qu’on pense, ce sont des énergies et ces énergies ont un impact colossal.

« On ne naît pas libre, on le devient », je dis toujours cela. Car quand on passe de l’inconscience à la conscience, quand on comprend pourquoi il nous est arrivé telle chose, comment les événements se sont enchaînés, pourquoi on faisait toujours les mêmes choix, on devient libre. Je parle là de liberté intérieure.

Avoir cette ouverture d’esprit, comprendre ce qui aide devenir libre, dépend de l’éducation, de la culture…

F.L. : J’écris pour cela, pour que les gens qui n’ont pas reçu dans leur milieu familial  des clés qui aident à vivre, les trouvent dans les livres.

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©Karine Fléjo photographies