Ma vie avec Contumace, Jean-Pierre Brouillaud : un livre jubilatoire!

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Ma vie avec Contumace, Jean-Pierre Brouillaud

Editions Buchet/Chastel, février 2018

Pourquoi le lire? Car il est rare de tomber sur un livre plein d’humour, de rires, de sourires comme c’est le cas avec ce roman jubilatoire.

Envie de décompresser en compagnie d’un livre plein d’humour ? Lisez le nouveau roman de Jean-Pierre Brouillaud ! Un roman qui allie légèreté, humour, absurdité et vous fera nager en plein bonheur.

En novembre 2015, je vous avais parlé avec enthousiasme du précédent roman de Jean-Pierre Brouillaud, Mes petites rébellions (Lire ici). Un roman qui mettait du soleil dans les esprits. J’attendais avec impatience le prochain. Je ne suis pas déçue !

En effet, baromètre au beau fixe aussi avec ce nouveau roman savoureusement drôle qui chasse les nuages noirs des actualités et la grisaille de ce printemps en sommeil.

Cette fois, l’auteur nous entraîne dans l’intimité d’un personnage un peu autiste même si la pathologie n’est jamais nommée. Un homme d’une intelligence supérieure, qui vit en couple avec Contumace, son poisson rouge. Une vie réglée au millimètre près, tant pour le narrateur, habitué à recevoir les coups de téléphone à heure fixe de ses parents, à faire ses sempiternels exercices de scrabble, que pour le poisson, occupé à tourner à 17 tours par minute dans son bocal et à manger des courgettes bouillies.

Jusqu’au jour où une troisième colocataire s’impose dans leur intimité et bouleverse tout. Il s’agit d’une femme « au visage pâle (une anémie peut-être ?) et au sourire niais (une carie mal soignée ?)» Il ne l’a pas invitée, pas plus qu’il ne comprend comment elle est entrée et se retrouve là, dans son salon. Même Contumace en est tout bouleversé, tournant désormais à 19 tours minutes dans son bocal.

C’est alors qu’il allume la télévision et comprend : La Joconde (avec laquelle au scrabble il est possible de former les termes codon, conde, condo, odéon et jonce), célèbre tableau de Léonard de Vinci, a été volée au musée du Louvre. C’est cette œuvre qui se retrouve dans son salon. Que va-t-il en faire ?

C’est un roman jubilatoire, d’un humour délicieux que nous offre cette fois encore Jean-Pierre Brouillaud. Dans un mélange d’absurde, de fausse candeur, de drôlerie, de justesse dans les émotions et les situations de ce personnage autiste, il nous entraîne dans le quotidien de son narrateur pour un moment de lecture savoureux. A lire!

 

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Des coloriages malins pour s’entraîner à compter tout en coloriant! (éditions Nathan)

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Coloriages malins, une collection d’albums de coloriage imaginée par des enseignants pour colorier tout en s’entraînant à faire des opérations ! Malin, non ? Jamais apprendre les maths n’aura été si ludique. Un coup de cœur ! ❤

  • Des coloriages malins, pourquoi ?

Les vacances de Pâques approchent et en tant que parent, vous aimeriez bien aider votre enfant à réussir à l’école. Mais pas évident de le convaincre de faire des révisions de mathématiques en pleines vacances scolaires. En outre, il s’agit de trouver le bon équilibre entre aider et s’imposer, expliquer sans se substituer à l’enfant, se montrer ferme sans tendre l’ambiance. Ce n’est pas toujours simple… Les coloriages malins vont vous y aider.

  • Des coloriages malins pour les enfants de quel âge ?

Heureusement, les éditions Nathan ont pensé à vous avec cette collection destinée au 9-11 ans, imaginée par des enseignants de CM1/CM2. Pour réviser leurs tables d’addition ou de multiplication, de même que pour faire des opérations simples, ces coloriages seront un jeu doublé d’une partie de plaisir.

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  • Comment réviser ses tables de maths et colorier en même temps grâce aux coloriages malins ?

Il est désormais possible de dessiner et de compter en même temps. Le principe ? Les dessins sont divisés en cases contenant des opérations (additions, multiplications). L’enfant doit résoudre l’opération et, en fonction du résultat trouvé, devra colorier ladite case d’une couleur donnée et selon un motif imposé. Avec un crayon Bic quatre couleurs, il va donc tantôt dessiner des cercles bleus, des traits horizontaux rouges, des traits verticaux verts, des vagues noires, ce qui va créer au final un dessin coloré, dont il pourra comparer le résultat avec la réponse située au dos. Autrement dit, il fera des mathématiques sans vraiment avoir la sensation de travailler et s’amusera à colorier. Drôlement malin, non?

Grâce à cette collection, faire des maths sera un plaisir !

Noyé vif, Johann Guillaud- Bachet : un livre d’une actualité brûlante

 

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Noyé vif, Johann Guillaud- Bachet

Editions Calmann Lévy, Février 2018

Si on ne peut pas sauver tout le monde, qui doit-on choisir ? Un roman qui rudoie nos consciences et met à l’épreuve des faits nos préjugés. Un livre qui nous interroge sur la valeur d’une vie.

Points forts :

  • Un roman qui fait écho à l’actualité
  • Un débat très intéressant sur la résistance de nos valeurs et préjugés en situation de danger
  • Une tension permanente

Six personnes d’horizons divers se sont inscrites à un stage de voile en haute mer. Aucune n’a de connaissance de la voile ou très peu. Mais justement,Vince le moniteur, est là pour leur enseigner les bases de ce sport nautique.

Se retrouver à sept sur un bateau, dans une proximité forcée, va révéler les caractères de chacun, conduire certains, plus prompts à s’ouvrir, à confier les raisons de leur participation au stage. Sauf un. Le narrateur. Pire, il avoue avoir peur de l’eau. Alors dès lors pourquoi s’infliger pareille épreuve ? Mystère.

« Il me fallait éprouver quelque chose, même de la peur si j’en étais réduit à ça ; quelque chose de violent, d’outrageant et je ne m’imaginais pas m’infliger plus grand outrage qu’en retournant sur l’eau. Au-delà de tout le reste, j’espérais que l’eau pourrait m’atteindre. »

Quel électrochoc cherche-t-il à provoquer ? Que fuit-t-il sur l’océan ?

Tous composent plus ou moins bien avec les caractères bien marqués de chacun, jusqu’au jour où ils doivent essuyer une terrible tempête. C’est alors le drame. Le moniteur passe par-dessus bord et disparait dans les flots. Nos stagiaires joignent les secours par radio et reprennent espoir quand on leur annonce qu’un navire de l’armée se déporte vers eux. Soulagement de courte durée quand ils entendent les SOS d’une centaine de migrants abandonnés par leur passeur sur une frêle embarcation. Le patrouilleur censé venir à leur secours risque de se déporter vers ces naufragés en priorité. Au sein des stagiaires, c’est le débat : sont-ils prioritaires sur ces migrants car ressortissants français ? Sont-ils au contraire non prioritaires car moins nombreux et sur un bateau en bon état ? Seul le narrateur se tait, paralysé par le cauchemar qu’il revit…

Ce roman de Johann Guillaud-Bachet est d’une brûlante actualité. On pense alors à l’acte héroïque du gendarme Arnaud Beltrame récemment. Que valent nos discours, nos valeurs, notre courage à l’épreuve des faits ? Comment réagirions-nous face à un danger réel pour notre vie ? Un roman bien construit, au suspense soutenu, qui pose les bonnes questions, confronte les points de vue et introduit un doute dans nos belles certitudes…

 

 

 

Le voyage de Miss Norma, Tim Bauerschmidt et Ramie Liddle : un témoignage plein d’espoir

 

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Le voyage de Miss Norma, Tim Bauerschmidt et Ramie Liddle

Editions JC Lattès, mars 2018

Pourquoi lire ce livre?

  • il offre une alternative à une fin de vie médicalisée
  • c’est une merveilleuse ode à la vie
  • il est une invitation à vivre pleinement le moment présent
  • il permet de faire la connaissance d’une femme merveilleuse, optimiste, rieuse : Norma Bauerschmidt

Le récit bouleversant et vrai de Norma Bauerschmidt, alias Miss Norma. Une nonagénaire qui, lorsqu’elle apprend être atteinte d’un cancer en phase très avancée, décide de fuir chimio et autres traitements pour vivre pleinement les derniers mois en voyageant à travers les Etats-Unis. Magnifique leçon de vie et d’optimisme.

Tandis qu’elle vient de perdre son mari, Norma apprend qu’elle est elle-même condamnée. Le verdict tombe : cancer à l’utérus. Les médecins ne lui donnent guère d’espoir d’en sortir et lui proposent une chimiothérapie d’autant plus lourde à supporter qu’elle est âgée.

Mais ce n’est pas alitée, avec des traitements invasifs et épuisants, que Norma envisage ses derniers mois de vie. Elle décide de privilégier la qualité de vie au quotidien, peu importe la durée. Et de se déclarer partante pour suivre son fils Tim et sa belle-fille Ramie à bord de leur camping-car pour un road-trip à travers les Etats-Unis.

Vivre le moment présent, savourer chaque lever de soleil, chaque paysage, chaque rencontre avec les habitants. S’émerveiller de tout. Vivre pleinement. Tels seront leurs crédos.

Sans jamais se plaindre, Norma se réjouit au contraire de tout ce qu’elle découvre, sourit, danse, chante, lit. Avec un optimisme à toute épreuve, elle bouleverse les pronostics et s’offre même le luxe d’aller mieux les premiers temps.

Tim et Ramie, qui relayent leur périple sur une page Facebook Driving Miss Norma, sont surpris par l’ampleur que prend bientôt l’évènement. Miss Norma fait le buzz. Les médias s’en emparent. Elle devient un exemple pour tous. Dans chaque région traversée, des inconnus viennent à leur rencontre, saluent l’exemplarité et la combattivité de Norma, se proposent de mettre des étoiles dans ses yeux. C’est ainsi que Norma va concrétiser son rêve de voler en montgolfière, admirer le Grand Canyon, assister en VIP au match des Hawks, visiter le musée de la seconde guerre mondiale, monter sur un porte-avions et autres rêves.

Avec beaucoup de sensibilité, Tim et Ramie partagent l’aventure extraordinaire qu’ils ont vécue avec Norma, avant qu’elle ne s’éteigne en octobre 2016. Une femme douce, souriante, espiègle, amoureuse de la vie. Une éblouissante leçon de sagesse et d’optimisme.

Il était 3 fois La Belle au bois dormant, Davide Cali (textes) et Amélie Falière (illustrations)

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Il était 3 fois La Belle au bois dormant, Davide Cali (textes) et Amélie Falière (illustrations)

Editions Nathan, mars 2018

A partir de 5 ans – 64 Pages – 16,95€

La collection « Il était 3 fois » se propose de donner 3 versions détournées de célèbres contes. Des interprétations drôles, étonnantes, détonantes, qui revisitent le récit original de Charles Perrault.

Les points forts :

  • Des versions détournées très drôles
  • Des histoires ré-envisagées dans un contexte contemporain
  • Un appel à l’imaginaire de l’enfant : l’enfant peut à son tour détourner un élément structurant du texte initial et inventer une histoire : et si la Belle au bois dormant était un garçon? Et si la Belle au bois dormant avait une soeur jumelle? etc.

Vous pensiez tout savoir sur Aurore, la Belle au bois dormant de l’illustre Charles Perrault? Eh bien vous faites erreur! La vérité est bien plus drôle!

  • Dans la première version détournée intitulée Ron Ron, Aurore est en réalité une princesse atteinte de narcolepsie. Imaginez donc la princesse piquant du nez au théâtre, à cheval, au milieu d’un cours de tricot, partout et tout le temps. Pour la sortir de cette torpeur, il lui faut non pas le baiser d’un prince charmant à la parure capillaire d’un blond suédois, mais un magicien rompu aux nouvelles technologies. Mais les magiciens sollicités ne savent pas régler leur boule magique… Heureusement, la princesse Aurore a une petite soeur geek, laquelle saura la tirer d’affaire.
  • Dans la deuxième version, Beurk, la princesse Aube a un souci : elle a une haleine de rat crevé. De quoi faire succomber tous ceux qui l’approchent, mais pas par son charme. Heureusement, un prince à l’odorat défaillant va croiser son chemin et tomber amoureux, sans soupçonner son handicap.
  • Dans la troisième version, Horreur, les auteurs inversent les valeurs. Crépuscule est cette fois la fille d’un couple de sorciers. La malédiction est dès lors de voir Crépuscule transformée… en une jolie princesse de Disney. Une princesse au milieu de sorciers, voilà qui fait désordre.

Cette collection est absolument savoureuse et fera passer un excellent moment aux petits comme aux grands!

 

Play boy, Constance Debré : un livre coup de poing

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Play boy, Constance Debré

Editions Stock, janvier 2018 

Direct, tranché, décomplexé, vivant, le roman de Constance Debré l’est assurément. Témoignage d’une quadra authentique et cash.

Quadra, avocate, maman d’un petit garçon, issue d’un milieu bourgeois, Constance Debré détonne, étonne, en révolte contre sa famille, les codes du milieu bourgeois, les modes de pensée étriqués, ces cases dans lesquelles on cherche à nous enfermer. Libre d’être, de penser, de dire, d’écrire. Sans ambages.

Avec une rage de vivre qui frôle parfois la rage du désespoir, elle témoigne de son enfance dans un milieu bourgeois avec des parents camés, de ses 20 années maritales avec le père de son enfant, de son amour déclaré pour les femmes, de son métier d’avocat « un métier d’homme où on porte une robe ».

Les pages se transforment en ring de boxe. Les phrases cognent. Les mots écorchent. Constance Debré n’est pas là pour faire de la figuration, fille d’une famille de renom. Elle n’est pas là pour paraître. Elle est. Et elle le dit. Que cela plaise ou non, que son vocabulaire cash irrite ou non. Que ses propos agacent ou pas. Authentique.

« A quatre ans j’étais homosexuelle. Je le savais très bien et mes parents aussi. Après c’est un peu passé. Aujourd’hui ça revient. C’est aussi simple que ça. »

Ce livre dérangera certains par le caractère cru du vocabulaire, par les préjugés qu’il envoie valser. Mais un livre n’a-t-il pas aussi pour rôle de déranger, comme un caillou dans la chaussure ? Rudoyer les consciences pour inviter à réfléchir, engager le débat. Ce qui est sûr, c’est que ce livre coup de poing ne laissera pas indifférent.

 

Max et lapin, la grosse bêtise, Astrid Desbordes et Pauline Martin (Nathan)

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Max et lapin : la grosse bêtise, Astrid Desbordes (texte) et Pauline Martin (illustrations)

Editions Nathan, mars 2018

A partir de 2 ans.

Une nouvelle aventure de Max et son doudou lapin, pleine d’intelligence, de douceur et d’empathie. Coup de coeur ❤ !

Les points forts :

  • Des histoires emplies de douceur, de compréhension mutuelle, d’empathie.
  • Des situations qui parleront aux enfants et face auxquelles ce livre leur donnera des réponses.
  • Des illustrations aussi tendres que les personnages.
  • Des pistes pour les parents face aux questionnements et attitudes de leur enfant

C’est l’après-midi et Max a envie de jouer. Il va solliciter ses parents, mais ces derniers font la sieste. Qu’à cela ne tienne, son fidèle doudou lapin ne dort pas, lui! Et nos deux compères de se livrer à une bataille imaginaire dans le potager.

Quand le papa de Max se réveille, il ne peut que constater le désastre : laitues piétinées, tomates écrasées, … Il s’emporte. Consigné dans sa chambre, Max a conscience d’avoir mal agi, mais il est trop tard. De son côté, le papa n’est pas fier d’avoir crié… Tous deux sont malheureux de cette situation.

Et s’ils faisaient la paix, chacun présentant des excuses à l’autre et collaborant à un nouveau potager? Aussitôt pensé, aussitôt fait!

Cette collection Max et lapin est un vrai coup de coeur. L’enfant, espiègle, découvre son environnement avec son fidèle doudou, se trompe, fait des bêtises, expérimente. Les erreurs à ne pas commettre lui sont expliquées, de même que la façon d’y remédier. Les vertus du dialogue, de l’empathie, de la douceur sont ici mises en avant. Une collection intelligente, pédagogique, qui parlera aux petits. Et à leurs parents.