Des cœurs ordinaires, Catherine Locandro (Gallimard)

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Des cœurs ordinaires, Catherine Locandro

Editions Gallimard, février 2019

Du droit d’aimer… tout simplement.

Avec ce huitième roman, Catherine Locandro plonge le lecteur dès les premières pages dans une atmosphère inquiétante, envoûtante et entretient savamment le mystère jusqu’à la toute fin. Une maîtrise narrative et une tension extraordinaires pour Des cœurs ordinaires.

Gabrielle, veuve, trouve ses journées bien longues. Certes, il y a le club d’informatique deux fois par semaine, certes il y a les quelques échanges laconiques avec son fils par Skype, mais cela ne meuble pas ses journées. Aussi, quand une jeune femme, prénommée Anna, emménage chez son voisin du dessus, Sacha Malkine, cette nouveauté apporte un peu de piment dans la vie de Gabrielle.

Mais la curiosité de Gabrielle ne saurait se satisfaire de bonjours échangés dans le hall de l’immeuble. D’autant qu’à l’étage du dessus, des éclats de voix lui parviennent. Le couple se dispute souvent. Anna, qu’elle croise de temps en temps, affiche d’ailleurs un regard fuyant et un visage infiniment triste. Comme apeurée et soumise. Pour une jeune mariée, le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne respire pas la joie de vivre.

Et en effet, Anna se sent nouée, tente de calmer ses angoisses à coup d’anxiolytiques et de rendez-vous chez le psy. Mais même à ce dernier, elle ne dit pas tout. Elle ne peut pas. Pas plus qu’à ses parents qui se font insistants au téléphone. Seul son journal intime accueille son coupable secret, ce qu’elle ne peut partager avec personne. A part Sacha.

Dans son appartement transformé en tour de guet, Gabrielle épie les moindres bruits au-dessus de sa tête. Et ne peut s’empêcher de craindre le pire pour Anna, de projeter sa malheureuse expérience de couple sur la jeune femme. Il faut qu’elle amène Anna à se confier, il faut qu’elle vole à son secours. Comme elle aurait aimé qu’on volât au sien du temps où elle vivait avec le volage et tyrannique Sergio. Mais l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions. En voulant aider Anna malgré elle, ne va-t-elle pas commettre une erreur ? Et la véritable situation d’Anna, ce secret qu’elle garde scellé, relève-t-il de la maltraitance conjugale ou s’agit-il de tout autre chose ?

Dans ce huitième roman, Catherine Locandro excelle à créer une ambiance inquiétante, mystérieuse, envoûtante, à jouer avec les nerfs du lecteur en distillant de vrais et de faux indices au fil des pages. On devient aussi curieux que Gabrielle – et ce n’est pas peu dire, inquiet à l’idée qu’un drame puisse survenir si l’on intervient trop tard. Mais parfois un secret peut en cacher un autre. Pourquoi le fils unique de Gabrielle a-t-il pris ses distances avec sa mère, cette femme qui semble si dévouée aux autres ? Un roman avant tout et surtout sur l’amour, sur le regard des autres. Une magnifique invitation à la tolérance, à l’acceptation que deux cœurs ordinaires, fussent leurs liens peu ordinaires, puissent vivre sans honte un amour extraordinaire.

Coup de coeur( pas ordinaire)!

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Philo z’enfants, la philo expliquée aux enfants de primaire : c’est GENIAL et c’est aux éditions Nathan!

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Philo z’enfants, la collection de philo pour les enfants de primaire, de Oscar Brenifier docteur en philosophie

Illustrations de Frédéric Rébéna, Frédéric Bénaglia et Anne Hemstege

Editions Nathan, janvier 2019

De 7 à 10 ans

C’est une collection absolument GENIALE que proposent les éditions Nathan à l’intention des enfants de primaire. La philo expliquée aux enfants, pour se poser des questions et chercher en soi les réponses. Ludique, passionnant, instructif. En un mot : génial !

Pourquoi offrir ces livres à votre enfant ?

  • Pour qu’il répondre par lui-même aux questions qu’il se pose et devienne autonome, curieux.
  • Pour qu’il s’amuse tout en apprenant.

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  • Le principe de la collection Philozenfants

Les parents sont parfois criblés de questions par les enfants, questions auxquelles ils n’ont pas toujours le temps ou la patience de répondre, voire questions pour lesquelles ils n’ont pas toujours la réponse (cela arrive aussi !) . Philozenfants propose à l’enfant d’apprendre à penser et à juger par lui-même. Sans exclure le parent dans la réflexion, cette collection permet à l’enfant d’acquérir plus d’autonomie, de réfléchir seul, de soulever de nouvelles questions, de jauger les diverses réponses qui se présentent à lui. Autrement dit, il devient acteur de la réflexion.

  • Des illustrations ludiques et très parlantes

Chaque livre est divisé en six chapitres correspondant à six questions importantes. Ces questions sont illustrées avec de l’humour, des couleurs joyeuses, des dessins parlants, un langae adapté à celui des enfants. Une invitation à réfléchir tout en s’amusant !

  • Une collection déclinée en trois thèmes qui parlent aux enfants

Cette collection Philozenfants se décline en trois thèmes : C’est quoi la violence?, C’est quoi la liberté ? et C’est quoi vivre ensemble ? Les questions posées amènent plusieurs réponses, certaines évidentes, d’autres conduisant à de nouvelles questions. Un cheminement de pensée qui permet à parents et enfants d’échanger. A la fin de chaque chapitre, une page récapitule les points développés et les leçons tirées de ces réflexions pour permettre à l’enfant de mémoriser ces acquis.

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Et que nos âmes reviennent…, Sabrina Philippe (Flammarion)

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Et que nos âmes reviennent, Sabrina Philippe

Editions Flammarion, février 2019

Un roman à mi-chemin entre le témoignage et le récit initiatique. Quel est le sens caché de nos rencontres ? Qu’ont-elles à nous apprendre de nous, des autres ? Un roman fascinant, dans la droite ligne du précédent : « Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part ».

Ce roman alterne entre deux périodes, suit les pas de deux duos homme/femme que rien en apparence ne relie. En apparence seulement. Reste à découvrir la nature de ce lien. Le lien du sang est-il la seule trame qui nous rattache aux générations précédentes ?

Nous découvrons Krystiana dans les années 20. Cette jeune femme issue de l’aristocratie polonaise tombe amoureuse d’un musicien juif à Varsovie. Mais cet amour vire au drame quand elle découvre qu’elle est enceinte. Pour la famille du jeune homme comme pour la sienne, cette grossesse est honteuse. Et le couple de se marier précipitamment et de s’exiler en France. Mais quand éclate la seconde guerre mondiale, être mariée à un juif vaut à Krystiana d’être déportée. A l’arrivée au camp, un officier allemand la remarque : chance ou malchance ?

L’autre couple vit de nos jours un amour qui commence comme un conte de fée. Elle est psychologue, vient d’arrêter ses activités médiatiques et s’offre une pause professionnelle méritée, dans une paisible petite maison en banlieue de Paris. Quand elle rencontre cet homme charismatique, avocat d’affaires à l’international, elle tombe sous le charme. Et accepte d’emménager avec lui, de le suivre dans ses voyages au bout du monde. Mais très vite, le tableau de leur idylle s’assombrit. Il se met à faire des remarques blessantes, à jouer l’indifférent, puis à l’humilier, avant de se montrer à nouveau aimant. Pour mieux la rabaisser ensuite. Déstabilisée, en perte totale de confiance, de repères, elle se replie sur elle-même, victime de son bourreau.

Qu’ont ces deux « couples » en commun ? S’agit-il d’affrontements purement manichéens entre le bien et le mal, la lumière et la noirceur, une gentille et un « méchant » ? Ou est-ce plus complexe qu’il n’y paraît, l’Autre jouant en quelque sorte le rôle d’un révélateur ? C’est ce mystère que Sabrina Philippe tente de percer, distillant des indices au fil des pages, emportant le lecteur dans son envoûtante et magnétique écriture. Quels sont nos héritages spirituels ? Quelles sont ces expériences qui se répètent et auxquelles seule la compréhension des enchaînements peut nous permettre de mettre fin ? Une compréhension qui nécessite que nous reconnaissions tous nos parts d’ombre et de lumière…

Glissez Delphine Bertholon dans votre poche!

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Coeur-naufrage, Delphine Bertholon

Editions Le livre de poche, février 2019

J’ai presque envie de me contenter d’écrire : Lisez-le ! Juste ces deux mots. Non pas comme un ordre, mais comme une ordonnance de bonheur pour tous les amoureux de littérature. Comme un appel à ce que vous ne passiez pas à côté de ce bijou.

Il y a en effet les livres que l’on aime, ceux qu’on adore, ceux qu’on déteste, ceux qu’on oublie, ceux qu’on relit. Et puis il y a LE livre. LA rencontre. Un roman qui vous transporte, vous émeut, vous subjugue par sa remarquable construction, par ses expressions aussi inédites que judicieuses. Un roman qui provoque en vous un tsunami d’émotion dans toutes ses acceptions, qui vous happe, vous interpelle, vous chahute, vous habite cœur et âme. Un roman dont vous peinez à parler tant vous savez que quoi que vous écriviez, ce sera en deçà des éloges qu’il mérite.

C’est le cas du nouveau roman de Delphine Bertholon.

Lyla, célibataire de 34 ans, mène une vie non pas épanouie, mais s’en accommode. Un métier de traductrice, un amant marié, une très bonne copine, un chat fantasque. Elle attend. Tout et n’importe quoi. A commencer par elle-même. « Certains jours je m’attends des heures et je ne me rejoins jamais ; je me pose un lapin, traître de moi-même ».

Jusqu’à ce jour où un message sur son répondeur provoque en elle un choc, une secousse tellurique. Et la ramène brutalement 17 ans en arrière. Un appel qui l’oblige alors à sortir de sa zone de confort. A cesser de fuir, de se fuir. Quel est donc ce secret qu’elle porte comme un fardeau, qui la conduit à faire diversion avec tous ? « Je vis avec cette chose-là depuis dix-sept ans, tapie au fond des os comme une excroissance dont je suis seule consciente, une boule de douleur brûlante comme un soleil. Cette chose-là m’a construite, définie, aggravée, et le sentiment d’avoir pris la bonne décision ne rend pas le présent plus facile. »

Un roman lumineux, brillant, bouleversant. Un bijou d’émotion dans un écrin de talent.

Nous aurons été vivants, Laurence Tardieu (Stock) : un hymne à la vie

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Nous aurons été vivants, Laurence Tardieu

Editions Stock, janvier 2019

 « On peut se sortir de tout, de toutes les nuits. (…) quelque chose en nous demeure à jamais invincible » (P.270). Tel est le message délivré par ce bouleversant roman de Laurence Tardieu. Un roman sur le temps, sur la vie qui passe, fragile, imprévisible, mais belle malgré tout et surtout.

Quand Hannah croît apercevoir sa fille Lorette sur le trottoir d’en face, sa fille unique disparue 7 ans plus tôt sans aucune explication ni aucun signe précurseur, c’est un séisme. Deux bus passent. Le trottoir d’en face est vide. Était-ce Lorette ou quelqu’un qui lui ressemblait ? Peu importe, car le mal est fait. Cet édifice qu’Hannah a eu tant de mal à reconstruire, cette force qu’elle a eu tant de peine à mobiliser pour rester debout après ce drame, ce passé qu’elle s’est efforcée de mettre à distance, tout lui explose en pleine face.

Ce même jour, d’autres personnes liées à Hannah voient leur vie basculer. Il s’agit de Simon, son frère cancérologue, complètement démuni face à une femme initialement condamnée mais dont il constate que la tumeur a disparu. C’est Lydie, la meilleure amie et le plus puissant soutien d’Hannah, qui soudain prend conscience de la vacuité de son métier de publiciste et ne trouve plus la force de se rendre au bureau. C’est enfin Paul, le compagnon de Lydie, qui voit resurgir dans sa vie une femme à laquelle il a donné des cours de musique 30 ans auparavant, femme qui va mettre son couple en péril. Tous ces êtres, en cette matinée d’avril, se trouvent à un point charnière de leur existence. Une existence fragile, comme toute existence…

Hannah rembobine alors le fil de sa vie, du temps où elle était artiste peintre, phagocytée par ses créations, créations qu’elle a délaissées depuis la disparition de sa fille. Puis il y eut la naissance de Lorette, un lien mère-fille qui a mis du temps à ses tisser mais dont la trame est devenue belle et forte, jusqu’à l’année de ses 19 ans où elle a disparu.

Peut-on se relever de tout ? A-t-on en soi des ressources insoupçonnées ? Oui, nous répond Laurence Tardieu, dans ce roman qui est un hymne à la vie. Même si les drames nous laissent le cœur et l’âme en lambeaux, la vie est plus forte que tout, nous rassemble, nous relève. A l’image d’un peintre, Laurence Tardieu dresse le portrait de nos existences fragiles par essence, surprenantes, incontrôlables, dures parfois, joyeuses à d’autres moments. Riches toujours. Du pinceau de sa délicate plume, elle pose les couleurs sombres des drames, les fissures et les craquelures, puis fait soudain jaillir la lumière, éblouissante, enchanteresse. Laurence Tardieu dit avoir pris un plaisir fou à rédiger ce roman. Il donne en effet le sentiment d’une libération, du parti pris de la vie sur la mort, de l’espoir sur le chagrin, de la résilience sur l’effondrement. Un roman touchant, d’une sensibilité à fleur de plume.

Le cimetière des mots doux, Agnès Ledig (texte) et Frédéric Pillot (illustrations)

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Le cimetière des mots doux, Agnès Ledig

Illustrations Frédéric Pillot

Editions Albin Michel jeunesse, janvier 2019

 Agnès Ledig réussit un véritable tour de force : celui d’écrire un conte lumineux sur un sujet sombre : la mort d’un enfant. Poétique, émouvant, infiniment doux et délicat. 

Annabelle adore jouer avec Simon, son petit amoureux, celui avec lequel elle échange des mots doux. Pour lui, elle est « Annamabelle ». Tous deux ont le même âge, vivent dans le même village, partagent cette même passion pour la nature en général et pour les arbres en particulier. Surtout le grand chêne, l’arbre auquel Simon aime se confier.

Mais un jour, la maîtresse annonce que Simon ne viendra pas à l’école. Il a une maladie dont le nom est un mot pas doux du tout : leucémie.

Et Annabelle de ressentir un terrible manque. Elle adresse à Simon à l’hôpital des mots doux. Mais cela ne suffit pas à pallier le manque de sa présence, de leurs échanges, de leur bonheur à être ensemble.

La maladie emporte alors Simon.

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Pour ne pas se noyer dans son chagrin, Annabelle décide de continuer à écrire à Simon, à l’envelopper de mots doux, comme s’il était là, puis d’enterrer ces pensées de soie au pied du chêne de Simon, dans ce qui devient le cimetière des mots doux. Un lieu où extérioriser sa peine.

Quand votre enfant perd un camarade, un proche, vous vous trouvez parfois démuni pour lui expliquer ce qui s’est passé, pour apaiser son chagrin et ses peurs. Peur qu’il soit trop petit pour comprendre, peur de rendre son chagrin plus profond encore en lui disant la vérité, peur d’être submergé votre propre peine. Par désir de le protéger, vous êtes tenté de tricher avec la vérité, de la lui dissimuler. Et c’est l’inverse qui se produit. Car faute de mots sur ses maux, l’enfant ne peut pas gérer ses émotions, apprivoiser son chagrin, faire son deuil. Ce conte est donc un véritable outil pédagogique, il aide avec délicatesse l’enfant et les adultes qui l’entourent à apprivoiser la douleur de la perte, à passer du chagrin à la mélancolie. « La mélancolie, c’est comme la tristesse, mais avec de la douceur dessus. »

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Une mention spéciale à Frédéric Pillot dont les illustrations épousent à merveille la poésie, la luminosité et la douceur du texte et offrent au conte d’Agnès Ledig un écrin de douceur.

La goulue, Maryline Martin : une biographie passionnante!

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La Goulue, reine du Moulin Rouge

Editions du Rocher, janvier 2019

Tout le monde connaît, au moins de nom, la reine du Moulin Rouge, celle qui fit chavirer les cœurs en dansant le french-cancan. Mais associer La Goulue à cette seule facette est réducteur. Qui était-elle vraiment ? C’est ce que nous propose de découvrir Maryline Martin, dans une biographie aussi vivante et trépidante qu’une soirée au Moulin Rouge.

Celle connue sous son nom de scène, La Goulue, s’appelait en réalité Louise Weber. A la fin du XIXème siècle, elle travaillait comme blanchisseuse avec sa mère à Clichy, puis près du théâtre des Batignolles. Mais cela ne convient pas à son caractère fougueux. Elle n’a qu’une envie, envoyer valser linge et fer à repasser, enfiler de belles toilettes et aller s’enivrer de danse. Elle n’a pas de belles tenues ? Qu’à cela ne tienne, elle « empruntera » sans leur dire les chaussons de satin et dessous froufroutants que les riches clientes lui ont confié à nettoyer. L’accès au Moulin Rouge est interdit aux femmes non accompagnées d’un mâle ? Soit, elle s’y rendra avec un bouc en laisse.

Sa gouaille, son appétit de vivre attirent la gente masculine. Elle devient la muse de Renoir, de Toulouse Lautrec, n’hésitant pas à dévoiler son anatomie à une époque de grande pudeur. Avec sa façon de gesticuler dans tous les sens quand elle danse, bondissant partout tel un cabri, laissant apparaître de la chair entre ses dentelles, elle invente un style. Sa sensualité, sa souplesse, ses provocations, son insolence lui valent d’être vite remarquée et de faire ses débuts comme danseuse professionnelle à l’Elysée Montmartre.

Mais pas seulement. Après le quadrille, elle apprend le domptage avec passion et devient dompteuse de fauves, cravache dans une main, fouet dans l’autre. Blessée par ses fauves, cette femme attachante et généreuse, le sera encore davantage par les hommes.

Oubliée de tous au presque, elle finira ruinée, dans une roulotte, à vendre des lacets.

Maryline Martin nous dresse le portrait de la grande époque et des années folles. Un univers dans lequel La Goulue, femme indiciblement attachante, viscéralement humaine et résolument moderne, bouscule tous les codes. Une biographie richement documentée, très bel hommage à celle disparue il y a près d’un siècle.