Le sourire du clair de lune, Julien Aranda

Le sourire du clair de lune, Julien Aranda

Editions Terra nova, septembre 2017

Des années 30 à nos jours, les aventures d’un héros du quotidien, animé par la flamme du bonheur.

Né avant la seconde guerre mondiale dans la campagne bretonne, l’avenir du petit Paul, fils de paysan et petit dernier de la fratrie, semble tout tracé. Il travaillera dans les champs. Une fatalité à laquelle cependant il se refuse, ce qui lui vaut l’inimitié de son père, déjà peu affectueux à son endroit. Dans la famille, Paul est le rêveur, celui qui est toujours dans la lune quand tous les autres ont les pieds et les mains dans la terre.

« Mon esprit batifolait sans cesse, libre comme l’air, désireux de me préserver de la souffrance. Il réinventait en permanence une réalité dans laquelle je me sentais bien. » Libre comme l’oiseau, l’esprit de Paul ne saurait rester dans la cage qu’on a érigée pour lui. Animé d’un espoir et d’une détermination à toute épreuve, d’une soif de liberté inextinguible, il veut faire ses propres choix. Son rêve ? Devenir marin. ¨Parcourir le monde. Sa philosophie ? « La première, se méfier des hommes et de leur soif de pouvoir maladie. La deuxième, quitte à souffrir, autant garder le sourire (…). La troisième, vivre intensément, ne jamais se réfugier derrière des prétextes auxquels on ne croît qu’à moitié. »

Le jour où un soldat allemand meurt dans ses bras, après lui avoir laissé la vie sauve, la vie de Paul prend un nouveau tournant.

Le sourire du clair de lune est un roman touchant, positif. Son personnage principal, Paul, nous montre qu’il faut toujours s’arc-bouter à ses rêves, défendre sa singularité, ne jamais renoncer, même si le chemin n’est pas linéaire, même si le découragement menace. Garder le sourire. Toujours. Pour décrocher la lune. Enfin.

Publicités

Glissez Nina Bouraoui dans votre poche!

51vNXRTX2vL._SX307_BO1,204,203,200_.jpg

Beaux rivages, Nina Bouraoui

Editions du Livre de Poche

Personne n’est protégé contre la fin d’un amour… Un roman d’une grande sensibilité et d’une infinie justesse. Coup de cœur !

Janvier 2015. Alors que le contexte terrifiant des attentats rappelle l’urgence de vivre, d’aimer, A. doit faire face à un séisme intérieur. Depuis 8 ans, elle et Adrian filaient le parfait amour. Elle vit à Paris, lui à Zurich, et cette distance n’a jamais été un obstacle à leur relation. Jusqu’à ce jour où Adrian annule sa venue. Motif jamais ne serait-ce qu’envisagé jusqu’alors : il a rencontré une autre femme. C’est la sidération pour A.. Incrédule, elle imagine vivre un cauchemar dont tôt ou tard elle va forcément se réveiller. Avec lui à ses côtés.

Mais force lui est d’admettre qu’elle ne rêve pas. Cette douleur térébrante est bien sa réalité.

Dévastée par le chagrin, elle se sent comme une frêle embarcation, véritable jouet des flots du doute, de la colère, de la jalousie. Et coule peu à peu. A quelles souffrances plus anciennes cette douleur-là fait-elle écho ?Y avait-il des signes prémonitoires qu’elle n’a pas su ou pas voulu voir ? Qui est cette Autre pour laquelle il l’a quittée ? Et d’enquêter avec fébrilité sur les réseaux sociaux, à l’heure où internet fait de chacun un potentiel inspecteur. A l’heure où il est difficile de couper tout contact—fût-ce virtuel, avec celui ou celle qui nous fait souffrir.

Avec une justesse chirurgicale, Nina Bouraoui fait l’autopsie d’un amour révolu. Au scalpel de sa brillante plume, elle analyse les émotions qui traversent A., ses doutes, sa douleur, ses espoirs quant à sa capacité à renouer avec Damien, voire à aimer et refaire confiance à un autre homme. Elle sonde son âme, son cœur, tandis que l’hémorragie continue. Et pose des perfusions d’espoir.

Qui n’a pas vécu de chagrin d’amour ? Et de réaliser qu’aussi intimes et personnelles soient ces drames amoureux, ils revêtent un caractère universel. Quels que soient le sexe, la nationalité, l’âge, le milieu social, personne n’est à l’abri d’une rupture.

Un roman brillant qui se lit en apnée.

Extrait : « L’amour véritable est rare et discret. Quand il survient, il est aisé à reconnaître. Il rend grand alors que l’on se croyait petit. Il rend brave alors que l’on se croyait lâche. Il e demande rien et n’attend rien en retour. Il se déploie en silence, avec lenteur. Il a tout son temps car le temps est son allié. Cet amour est une science. Elle est ardue, compliquée, mais elle n’est pas impossible. »

 

Je suis garagiste! Pour jouer et faire comme les grands (Nathan)

img_3271-1

Je suis garagiste! illustrations Mélisande Luthringer

Editions Nathan, juin 2018

A partir de 2 ans

La collection Kididoc s’enrichit d’un nouveau tome, consacré au métier de garagiste. Un livre animé avec tirettes, volets, des pages cartonnées solides, pour s’amuser à réparer les voitures comme un grand.

Votre enfant est fasciné par la mécanique, les voitures, les motos, tout ce qui fait du bruit? Il aime monter et démonter ses jouets, comprendre comment les assembler? Alors ce livre de la collection Kididoc est pour lui.

img_3272-1

Dans cet ouvrage, l’enfant va pouvoir se projeter dans le métier de garagiste. Grâce à des volets à soulever, des tirettes à actionner et 1000 et 1 surprises à découvrir sur les doubles pages joyeusement illustrées de ce livre, il pourra s’amuser à réparer la voiture de madame Tut-Tut. La faire monter sur un pont élévateur, changer sa roue, vérifier le niveau d’huile et l’état de la batterie, refaire la carrosserie et la peinture, tout cela n’aura plus de secret pour lui. De quoi le distraire et répondre aux questions qu’il ne manque pas de se et de vous poser.

img_3273-1

Ce livre en cartonnage épais résiste aux manipulations un peu rudes des petits et ses coins arrondis éviteront qu’il ne se blesse en le mettant dans son oeil ou dans celui de son frère ou de sa soeur.

Un très chouette livre pour les passionnés de mécanique en herbe! 🙂

 

 

 

Glissez Véronique de Bure et son clafoutis dans votre poche!

9782290150382.jpg

Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure

Editions J’ai lu, 2018

Un Clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.

Au crépuscule de sa vie, Jeanne consigne dans un journal son quotidien. « Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon cœur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal. Pas les vieilles dames. (…) Ils vont bien se moquer ceux qui vont trouver ce cahier après ma mort. » Non, ils ne vont pas se moquer, ma chère Jeanne, ils vont prendre, comme moi, un plaisir infini à vous suivre aux quatre saisons de votre vie, voir leur cœur fondre devant vos émerveillements, rire de vos facéties, être emplis d’une grande tendresse envers vous. Car ce roman est aussi délicieux qu’un clafoutis, acidulé comme les tomates, moelleux au cœur, sans colorants ni autres artifices. Un délice de lecture pour les gourmands, ceux qui, comme vous, ont un grand appétit de la vie, la célèbrent dans ses joies les plus infimes comme une partie de bridge entre amis, la récolte de haricots du jardin, la contemplation d’un massif de fleurs épargné par la grêle.

Avec une justesse inouïe, Véronique de Bure a su se glisser dans la peau d’une nonagénaire et nous raconter son quotidien. Un quotidien dans lequel le temps ne s’écoule plus au même rythme, où les priorités changent, où la mémoire joue des tours. Mais pas un quotidien désenchanté, loin s’en faut. Avec beaucoup d’humour, l’auteur confronte son personnage aux nouvelles technologies (Internet, les SMS, la Box,…), lesquelles suscitent des commentaires désopilants et si justes de l’intéressée. Elle nous entraine sur le chemin de la vieillesse avec la liberté de ton qui caractérise cet âge. A une heure où les médias nous rebattent les oreilles sur les nouvelles techniques pour rester jeune, Véronique de Bure nous ferait presque désirer vieillir plus vite, pour ne plus nous attarder que sur l’essentiel et prendre le temps d’apprécier ce qu’on ne voit plus.

Un coup de cœur !

Glissez Serge Joncour dans votre poche!

9782290138113.jpg

Repose-toi sur moi, Serge Joncour

Editions J’ai lu, 2017

Un roman d’une intensité rare, qui se vit tout autant qu’il se lit, tant Serge Joncour est un passeur d’émotions exceptionnel. Énorme coup de cœur pour cette histoire de l’amour et du désordre.

Aurore est une styliste au talent connu et reconnu, qui a monté sa propre maison 8 ans plus tôt avec un associé, Fabian. Un mari qui réussit brillamment dans les affaires, deux enfants, un bel appartement, une entreprise dans les quartiers chics, Aurore affiche tous les codes de la réussite, tant personnelle que professionnelle.

Dans la cage d’escalier voisine, desservant des appartements beaucoup plus modestes, vit Ludovic, ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Veuf inconsolable, il vit de plus en plus mal son métier, cette pression qu’il doit mettre pour récupérer des impayés chez des gens en détresse.

Deux êtres, deux mondes amenés à cohabiter, jamais à se croiser. Si ce n’est pour résoudre un problème de voisinage bruyant : des corbeaux ont en effet élu domicile dans la cour et glacent le sang d’Aurore. Qu’à cela ne tienne, Ludovic prend une carabine et la libère de ces importuns ailés. Cet élan solidaire, sans même qu’elle ne demande rien, la touche plus qu’elle ne veut d’abord l’admettre. Mais la raison aussitôt de balayer son intuition première : « Ce serait inimaginable d’en faire un allié, encore moins un ami, ni quoi que ce soit d’autre, et pourtant cet être-là la rassurait, là sur le moment, sa présence l’accompagnait. » Une confusion semblable naît dans l’esprit de Ludovic. Et ce même sentiment qu’il est vain de se faire des illusions, ils ne sont pas du même univers, n’ont rien en commun.

Cependant, en lui tendant la main, c’est son bras, puis son cœur, son esprit et son corps, qui se trouvent peu à peu pris dans un tourbillon vertigineux à la saveur de l’interdit.

Qu’est-ce qui définit le monde auquel nous appartenons ? La sphère sociale, à savoir la profession, le domicile, la voiture, les tenues vestimentaires ? Ou bien est-ce nos valeurs, notre éthique, nos priorités, nos aspirations, nos rêves ? Leurs mondes sont-ils finalement si distants que cela ? Serge Joncour nous livre ici un roman d’une intensité et d’une densité rares, rédigé avec une sensibilité à fleur de mots et une tension extrême. Les personnages sont indiciblement attachants, authentiques, humains, dans cette histoire d’amour brillamment menée. Des êtres qui nous habitent, nous hantent, et ce, longtemps après avoir refermé le livre.

Lire Serge Joncour, c’est VIVRE l’histoire qu’il a rédigée, tant il excelle à distiller les émotions.

Lire Serge Joncour, c’est plonger au coeur de l’humain, au cœur de l’être et non du paraître.

Lire Serge Joncour, c’est avoir envie …de le relire !

Si ce livre est un coup de cœur ? Oui, ENORME !

Les droits de l’enfant, Isabelle Filliozat et France Marie Perreault (Nathan)

5FC92D42-D042-4475-97C8-9DB3E740BD53

Les droits de l’enfant, Isabelle Filliozat et France Marie Perreault

Illustrations de Zelda Zonk – Collection Les cahiers Filliozat

Editions Nathan, juin 2018

Pour enfants de 5 à 10 ans

Un livre qui s’adresse directement à l’enfant, Issu de la collaboration entre Isabelle Filliozat, voix française de la parentalité positive, et France Marie Perreault, sophrologue, ces jeux et activités visent à informer l’enfant de ses droits spécifiques.

Je vous ai parlé à plusieurs reprises avec enthousiasme de la collection Les cahiers Filliozat, collection où par le biais de jeux, d’activités, l’auteur s’adresse directement aux enfants. Dans ce nouvel opus, Isabelle Filliozat s’adresse aux enfants âgés de 5 à 10 ans, pour les informer de leurs droits spécifiques : Droit à l’identité, à l’égalité, à être soigné, à s’exprimer, à être protégé, à jouer, rêver et rire, à vivre en paix, à avoir une famille aimante, à être protégé de la violence.

A travers des gommettes à coller, une marelle, des dessins à compléter, des coloriages, des textes à trous et autres jeux de réflexion, les auteurs informent l’enfant de ses droits, des institutions qui le défendent, de l’existence de limites à ne pas dépasser vis-à-vis des enfants, des réactions à adopter le cas échéant.  Elles lui permettent de s’exprimer sur le sujet, d’apprendre à se faire respecter, à dire non quand son intégrité est compromise, à se sentir mieux à l’école et en collectivité. Car il existe des droits spécifiques qui permettent à tous les enfants du monde d’être protégés pour grandir dans la sécurité, la confiance, la liberté et le respect. Les connaître est déjà un premier pas important. Les faire respecter sera le second pas, lequel ne peut pas être effectué dans l’ignorance du premier.

Un ouvrage passionnant, particulièrement bien adapté à l’enfant, à sa compréhension. Des jeux qui lui permettront de s’informer tout en s’amusant, de comprendre tout en jouant. Un ouvrage essentiel.

—-> Retrouvez les autres articles consacrés aux ouvrages de la collection Les cahiers Filliozat ici :

Glissez Valérie Tong Cuong dans votre poche!

2A28B364-6213-40F8-9CAE-2FC14153621B

Par amour, Valérie Tong Tuong

Editions du Livre de poche, janvier 2018

Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, Valérie Tong-Cuong trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire. MAGNIFIQUE.

Il fallait apprendre à aimer vivre, et vivre pour aimer (P. 348), telle pourrait être la phrase qui symbolise le mieux ce roman magnifique. A travers le sort de deux familles, des êtres ordinaires, l’auteur nous fait vivre leurs destinées extraordinaires. Ou quand la petite histoire rejoint la grande.

Nous sommes au Havre en 1940. Emelie et Joffre forment un couple fusionnel, amoureux comme au premier jour et parents de deux enfants. Concierges d’école, ils prennent leur fonction très à cœur, dévoués à l’éducation, à la patrie. Muguette, la sœur d’Emelie, est beaucoup plus insouciante. Et moins résistante aussi. Une insouciance cependant mise à mal par la guerre qui la prive de la présence aimante de son mari envoyé au front. Mais pas seulement.Sa fille adorée, Marline, s’est emmurée dans un mutisme aussi brutal que quasi-total. Seul Joseph, frère de Marline, parvient à l’extraire de sa prison, l’espace de quelques mots échangés.

C’est une plongée fascinante dans l’Histoire que nous offre Valérie Tong Cuong, avec un regard neuf sur les conflits qui ont fait tant de morts, de blessés, d’orphelins et ont totalement dévasté la ville. Une cité certes rasée par l’ennemi, mais aussi par les raids des forces alliées qui n’ont pas hésité à sacrifier des civils pour servir l’intérêt général… Au milieu des bombes, des informations parcellaires et contradictoires sur les avancées des alliés, les deux familles luttent contre la peur , la faim, le froid, la maladie. Et la mort qui hante.

Comment tenir face à un tel chaos ? Comment trouver la force d’aider les siens, de s’aider soi, d’avancer ? Comment sinon par cette si belle et si puissante énergie qu’est l’amour ? Amour conjugual, filial, sororal, amour de son prochain, de la patrie, amour de la vie, l’Amour est presque un personnage à part entière de ce roman. Le sang qui pulse dans le cœur de chaque personnage. L’énergie surhumaine qui l’anime. L’élan vital qui le maintient debout.

Un roman magistral, tant dans le travail colossal d’écriture, que dans la beauté déchirante du récit. Une lecture dont on ne ressort pas indemne, mais avec la furieuse envie d’aimer plus intensément encore.