Etoile(s), Dorothée Gilbert

Etoile(s) de Dorothée Gilbert

©Karine Fléjo photographie

Un livre magnifiquement illustré par les photographies de James Bort, dans lequel la danseuse étoile Dorothée Gilbert retrace son parcours exceptionnel. Un parcours jalonné par une détermination sans faille et un travail titanesque.

Danseuse étoile : un rêve de petite fille

Dorothée Gilbert a fait ses premiers pas de danse à 6 ans, dans une école de quartier à Toulouse. Quand à l’âge de 10 ans ses parents l’emmènent assister à Gisèle au Capitole, avec Noella Pontois et Manuel Legris, pour la fillette c’est une révélation : donner des émotions intenses sur scène, faire de la danse son métier, devenir étoile, voilà ce qu’elle veut faire. Voilà son rêve.

Un rêve que ses parents vont l’encourager à concrétiser. En effet, ils n’hésitent pas à quitter maison et travail pour s’installer en banlieue de Paris, à proximité de l’Ecole de l’Opéra de Paris. Si la petite Dorothée rate l’examen d’entrée la première année, c’est pour mieux le réussir l’année suivante : à 12 ans, elle intègre l’école de danse de l’Opéra à Nanterre. Son futur objectif : intégrer le corps de ballet. Elle multiplie les heures de travail. Aux cours de l’école elle ajoute les cours privés pris le week-end, sans jamais se plaindre. Car très tôt elle a compris et accepté que la réussite serait à ce prix.

Une détermination et une capacité de travail qui seront remarqués et salués par Claude Bessy, directrice de l’école de danse de l’Opéra. Dorothée Gilbert gravit les échelons, surmonte les blessures, les rivalités intestines au sein de l’école. Et à seulement 24 ans, après une représentation de Casse-noisette, elle est nommée Etoile.

 » Pendant près de 20 ans, on est dans une compétition perpétuelle. A l’école de danse, puis dans le corps de ballet. Ce n’est qu’une fois étoile qu’on sort de cette compétition. Le public devient notre seul juge. »

Dorothée Gilbert danseuse étoile

Dorothée Gilbert : danseuse étoile, femme épanouie et maman comblée

Etoile(s) est un livre intimiste, fascinant. Dorothée Gilbert nous invite là où le public ne va jamais : dans les coulisses de la danse, dans les coulisses de l’Opéra, dans les coulisses de sa vie de femme et de maman. Car désormais, il est possible d’être étoile à l’Opéra et de devenir maman, même si cela nécessite une excellente organisation et une grande discipline. Mais la discipline, Dorothée Gilbert la pratique depuis des années et en a fait sa règle de vie. Le temps de ces lignes, elle raccroche les pointes pour évoquer son parcours, ses rapports aux autres danseurs, les sacrifices requis par la danse mais aussi ses émerveillements. Elle balaie certains clichés, nous permet de découvrir la réalité du monde de la danse professionnelle, monde qui a fait rêver certains d’entre nous.

Et surtout, d’une manière plus générale, Dorothée Gilbert nous montre qu’à force de volonté, de travail, aucun rêve n’est inaccessible.

 » Notre quête de perfection est infinie et on ne l’atteint jamais. Etre étoile, ce n’est pas être arrivée, c’est un passage vers un autre chemin. »

Les photographies de son talentueux mari, James Bort, sont juste sublimes. La Grâce sur papier glacé.

Dédicace Dorothée Gilbert

Si vous voulez faire briller des étoiles dans les yeux, alors offrez ce magnifique livre. Il interprète divinement la chorégraphie de la beauté et de la sincérité, de la détermination et de la passion. Il danse la vie sur la pointe de la plume de Dorothée.

Rentrée littéraire : Le roman des Goscinny, Catel

Le roman des Goscinny par Catel aux éditions Grasset

©Karine Fléjo photographie

La vie fascinante du plus grand des scénaristes, René Goscinny, dessiné, conçu et écrit par la talentueuse Catel. Un magnifique hommage et la découverte de l’homme derrière le scénariste.

René Goscinny : La naissance d’une vocation

Dans ce superbe roman graphique, Catel nous invite à suivre le parcours de René Goscinny, de sa naissance à sa mort, mais aussi celui de sa famille. Né dans une famille juive dans les années 20 à Paris, il se fait très tôt remarquer par sa joie de vivre, sa bouille marrante et sa promptitude à faire rire les autres.  Il est le deuxième enfant du couple. Ses grands-parents, juifs ukrainiens, avaient dû fuir l’Empire russe au début du 20eme siècle pour fuir les persécutions et se sont lancés avec succès dans l’imprimerie à leur arrivée à Paris.

René, lui, grandit en Argentine. Avec son père, ingénieur chimiste et passionné de cinéma, il écume les salles obscures : Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin sont pour lui une révélation. Il prend conscience du formidable pouvoir du rire. Son but lui parait alors évident : dans la vie, il cherchera à rire et à faire rire.

Et pourtant, lors de la deuxième guerre mondiale, ce ne sont pas les rires mais les larmes qui peupleront sa vie, tandis qu’une partie de sa famille est déportée dans les camps.

Dans sa chambre d’enfant il s’amuse à reproduire en dessin les personnages de Walt Disney, qu’il admire tant. Ces dessins animés seront à l’origine de sa vocation. Excellent élève, il ne peut s’empêcher de voler des minutes aux cours pour dessiner dans la marge de ses cahiers. Une passion qui jamais ne le quittera. Au contraire.

Quand son père décède alors qu’il n’a que 17 ans, il doit faire des petits boulots et accepte d’être aide-comptable. Mais la comptabilité ne fait rire personne, lui encore moins que quiconque. Il décide alors de claquer la porte et de se donner les moyens d’assouvir son rêve : raconter les histoires en les dessinant.  Un parcours semé d’embûches, qui le conduira de l’Argentine à Paris en passant par New-York et Bruxelles. Mais quand on a la vocation chevillée au corps, on peut déplacer des montagnes.

Et il déplacera l’Everest.

Un roman graphique magnifique

Quand Anne Goscinny a proposé à Catel de consacrer un roman graphique à son père, le célèbre scénariste René Goscinny, Catel s’est montrée tout d’abord réticente. Seules les héroïnes l’intéressent, pas les héros. Heureusement pour nous, Catel a fini par changer d’avis. Elle nous livre ce roman graphique de plus de 300 pages en trichromie, à la fois terriblement vivant par son graphisme et passionnant par le parcours qu’il révèle. En effet, c’est l’histoire d’une véritable vocation qu’elle nous raconte. Pas juste une passion pour le dessin, mais une raison de vivre, un mode d’expression incontournable. Essentiel. Ni les échecs rencontrés, ni l’extrême misère dans laquelle il vit avec sa mère tandis qu’il tente de percer avec ses dessins, ne le conduisent à renoncer. Jamais. Au contraire, chaque échec est vécu comme un apprentissage, comme une occasion d’affiner ses choix : plus encore que le dessin, il va écrire des histoires, se focaliser sur le scénario. Là sera la voie de sa voix.

Ce roman graphique est organisé en chapitres de couleurs différentes, dans lesquels alternent les prises de paroles : les échanges entre Anne Goscinny et Catel, mais aussi les propos de René Goscinny lui-même dans ses notes et interviews aux journalistes. Les dessins, épurés, sont d’une grande puissance évocatrice et saisissent l’essentiel en quelques traits.

Un roman vivant, drôle et captivant sur le co-créateur d’Astérix, de Lucky Luke ou encore du Petit Nicolas, dont on connaissait davantage les albums que l’homme derrière ses personnages.

 

Honoré et moi, Titiou Lecoq (Ed. L’iconoclaste)

Honoré et moi, Titiou Lecoq

©Karine Fléjo photographie

Vous pensiez tout savoir sur Balzac ? Vous l’avez pris en grippe lors de vos années au lycée ? Les biographies académiques vous ennuient ? Alors ce livre est fait pour vous ! Balzac, comme vous ne l’avez jamais vu, jamais lu, sous la plume jubilatoire de Titiou Lecoq.

Redécouvrir Honoré de Balzac côté intime

Honoré de Balzac est connu pour les œuvres merveilleuses qu’il nous a laissées (Le père Goriot, Eugénie Grandet, La comédie humaine, Les chouans …), mais aussi pour sa puissance de travail peu commune, publiant en moyenne trois romans par an. Mais ce que l’on sait moins, et que nous apprend Titiou Lecoq, ce sont les nombreuses entreprises dans lesquelles il s’est lancé (roman feuilleton, instauration du droit d’auteur, imprimerie, exploitation de mines d’argent en Sardaigne, architecture de sa maison…). Des entreprises hasardeuses qui se solderont par des échecs cuisants sur le plan financier. Or, et c’est là un des traits de caractère de Balzac, un échec ne débouche pas sur la résignation et l’abandon. Au contraire, mu d’une inébranlable confiance en lui, il voit chaque échec comme un tremplin…vers une autre tentative, un autre investissement, une autre dépense. Y compris s’il n’a pas le moindre sou devant lui, voire une montagne de dettes. Celui qui aspira toute sa vie à être aimé, connu et riche, aura été en permanence endetté et poursuivi par les huissiers. Car s’il est une chose que Balzac ne supporte pas, c’est la frustration due au manque d’argent, l’envie suscitée par la vie des riches. Alors il vit comme s’il était riche, achète des tenues onéreuses, dépense des fortunes en décoration intérieure, emprunte à tout le monde, à tout va. Être raisonnable n’est pas son credo. Attendre non plus.

« Honoré a refusé de prendre le réel au sérieux, et que ses désirs soient étouffés par ses engagements, les dates butoirs, les responsabilités, tout ce qui le limitait. Il a décidé que le réel devait se plier à ses désirs. »

Une biographie savoureuse, vivante et passionnante

Je freine souvent des deux pieds quand il s’agit de lire des biographies. Vous aussi ? Et pourtant, je ne saurais que trop vous conseiller de courir l’acheter. Car craindre de tomber sur une biographie académique ennuyeuse, c’est méconnaître le talent de Titiou Lecoq, qui nous livre ici l’histoire de Balzac sous un angle novateur, dans un style envolé, drôle, indiciblement vivant. Et passionnant.

« Parce qu’il s’est planté et qu’il s’est retrouvé fauché, ruiné, endetté, parce qu’il a couru après la thune pendant le reste de sa vie, parce qu’il avait des loyers de retard, parce qu’il était fatigué de tout ça mais finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau qui lui faisait envie bien qu’il n’avait pas les moyens de se le payer, parce qu’il refusait que les autres aient une vie matérielle facile et pas lui, Balzac est notre frère. »

Le ton est donné. Balzac, outre son talent littéraire, se révèle être un homme indiciblement attachant. Un looser terriblement sympathique, contre-exemple parfait des businessmen plébiscités par notre société actuelle. Si Balzac courait après la réussite matérielle, il ne rattrapait que les échecs financiers. Mais ne se décourageait pas pour autant ! La prochaine fois serait forcément la bonne. Du moins en était-il convaincu. Et quand la réalité le détrompait, il se disait que ce serait obligatoirement la fois suivante. Un optimiste délicieux. Un génie  que l’on a parfois considéré comme un dieu mais qui est en réalité un humain, et donc un être faillible.

Non seulement, j’ai découvert Balzac sous un angle que je ne connaissais pas, mais Titiou Lecoq en parle avec tant de passion, de passion communicative devrais-je ajouter, qu’elle m’a donné la furieuse envie de me replonger dans les œuvres du grand homme.

Allez, filez en librairie l’acheter ! Je suis sûre que vous m’en remercierez 😉

Fabrice Midal : Méditer, le bonheur d’être présent

méditer, le bonheur d'être présent, Fabrice Midal

©Karine Fléjo photographie

Un roman graphique passionnant, sur ce qui a amené Fabrice Midal à la méditation et en quoi elle lui a sauvé la vie. Le partage d’une expérience riche, superbement scénarisé et illustré. Ou la méditation vue de l’intérieur.

Ce que la méditation n’est pas

Ce roman graphique sur le cheminement de Fabrice Midal, philosophe et enseignant en méditation, nous montre comment l’auteur, qui ne connaissait pas du tout cette pratique, en est venu à la méditation. Et les bienfaits indéniables retirés de cette pratique. L’occasion de remettre la méditation à sa vraie place, dans son vrai rôle, loin de l’image que s’en font parfois ceux qui ne la pratiquent pas ou ceux qui la vendent à toutes les sauces.

  • Méditer n’est pas se couper du monde : non, la méditation ne signifie pas vivre en ermite dans une grotte et n’être centré que sur soi, assis sur son coussin. Il s’agit non pas de se couper du monde mais de l’accueillir.
  • Méditer n’est pas faire le vide dans sa tête, refouler ses pensées : c’est au contraire prendre conscience des pensées qui affluent et se réancrer dans son corps et dans sa respiration.
  • Méditer n’est pas une activité « perchée » pour intellos ou bobos : c’est une voie puissante et libératrice, ouverte à chacun, pour habiter son corps , ressentir et apprivoiser ses émotions.
  • Méditer est un acte religieux d’obédience bouddhiste : la méditation est souvent associée à la pratique des moines bouddhistes. Mais ces aspects religieux ne sont pas indissociables de la pratique méditative. Fabrice Midal a, à ce titre, fondé une école laïque de méditation.

Méditer, ce n’est pas gérer quoi que ce soit, c’est apprendre à respecter les êtres et les choses… sans endoctrinement religieux, sans isolement.

Un éclairage passionnant sur la méditation

J’ai lu plusieurs ouvrages sur la méditation, avant de la pratiquer. Et ce livre n’est pas un ouvrage de plus sur le sujet mais un ouvrage différent, un livre qui apporte un éclairage nouveau : Fabrice Midal, fondateur de l’école occidentale de méditation, nous fait part de sa propre expérience, de son parcours, nous parle en connaissance de cause, de l’intérieur. Et balaie à cette occasion tous les clichés et idées reçues sur la méditation. Il se confie sur son mal-être adolescent, son hypersensibilité, sa difficulté à trouver sa place et à s’accepter, et nous montre en quoi la méditation l’a réconcilié avec lui-même, avec les autres, avec la vie. Un parcours de vie inspirant et un éclairage qui peut aider d’autres personnes qui se cherchent, à trouver du sens, à être présents à eux-mêmes, à s’autoriser à être tout simplement.

Un ouvrage touchant, fascinant et inspirant.

Et vous, êtes-vous prêts pour partir à l’aventure de votre propre vie?

Informations pratiques : 

Fabrice Midal, Corbeyran(scénariste), Emmanuel Despujol (illustrateur) : Le bonheur d’être présent – Editions Philippe Rey – Octobre 2019 – 158 pages illustrées – 20€

Entre ombre et lumière, Stéphane Allix

entre ombre et lumière Stéphane Allix

©Karine Fléjo photographie

Un livre très personnel sur l’itinéraire du grand reporter Stéphane Allix, illustré par ses magnifiques photographies. Et bien plus encore : le partage d’expériences humaines indiciblement riches qui ouvrent à d’autres perceptions du monde. 

De la guerre en Afghanistan à la fondation de l’INREES : être le témoin du monde

Très tôt, Stéphane Allix a senti que les sentiers balisés n’étaient pas faits pour lui. Sa quête de sens le pousse à quitter le lycée après un mois de cours en terminale et à se lancer sur la voie qui l’attire : être reporter de guerre. Il n’a pas fait d’étude de journalisme et alors? Cela n’est pas de nature à s’ériger en obstacle devant sa farouche détermination. Il apprendra sur le terrain.

Sur notre planète il existe d’autres mondes, alors si celui où l’on est né ne nous convient pas, pourquoi rester prisonnier?

Et d’entrer clandestinement en Afghanistan, tout juste âgé de 19 ans, ce qui va le confronter à des réalités tout autres que celles du monde dans lequel il a grandi. Une première expérience qui va en appeler d’autres.

Je vais repartir. Photographier d’autres hommes, raconter d’autres réalités. C’est bien plus qu’un métier, c’est l’essence de mon être que je viens de toucher. En Afghanistan, j’ai commencé à me trouver : je suis un intermédiaire, un scribe, une passerelle entre les mondes. Partir de l’autre côté pour être surpris, et revenir pour partager. Voilà ce que va être mon existence.

Mais la mort de son frère Thomas dans un accident de la route à Kaboul, en 2001, alors qu’ils y sont tous les deux en mission, va opérer un tournant radical dans sa vie : peu à peu, Stéphane Allix se détourne du reportage de guerre et oriente ses investigations vers les frontières de la science : que savons-nous  réellement de la conscience? de la mort?

Aux frontières de la science : EMI, conscience, spiritualité, vie après la mort

Cette quête de sens qui anime Stéphane Allix depuis son adolescence le pousse à vouloir comprendre ce qu’est réellement la mort, quelles sont les limites de notre conscience, ce que signifient les expériences de mort imminente relatées par de nombreuses personnes. Des dimensions, des mondes différents l’appellent, l’interpellent, le happent. Il s’y dirige.

Chamanisme en Amazonie à la recherche d’états de conscience modifiés, expériences de vie après la mort auprès du psychiatre américain John E. Mack, étude du Bardo-Thödol (le livre des morts) en Inde, Stéphane Allix réalise qu’il n’a pas d’autres grilles de lecture du monde que le prisme rationnel et cartésien dans lequel il a été élevé. Il décide alors de s’ouvrir à d’autres grilles de lecture : et si la mort était une étape dans le long déroulement de la vie? Et s’il était possible de communiquer avec les défunts?

Ces questionnements et cette faim inextinguible de sens le conduisent en 2007 à fonder l’INREES : l’INstitut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires.

Le sens des épreuves de l’existence

Ce qui fascine dans ce parcours de vie incroyable et ô combien riche de rencontres, d’expériences, de quêtes de compréhension au-delà des apparences, c’est la détermination sans failles de Stéphane Allix. Car il connaît la peur, les doutes, rencontre bien des embûches dans ses projets, mais jamais ne renonce. Il écoute son intuition, il répond à l’appel d’une vie plus vaste, plus large, qui échappe à notre perception classique. Il s’engage, sort de sa zone de confort. Il agit.

Le bonheur ne s’atteint pas en vivant à l’abri du monde et des ses peines, en un espace idéal, où tout serait lisse et confortable.

Les épreuves ont un sens, même si dans l’immédiat nous le percevons pas toujours. Une expérience qui le conduit à adopter une autre vision du monde, à trouver l’apaisement intérieur. A véritablement naître à la vie.

Il existe d’innombrables mondes sur la terre et d’innombrables facettes à la réalité dont nous ne percevons qu’un fragment. regardez.

Un ouvrage magnifique, tant par les photographies que par la profondeur du texte. Alors ne résistez pas à l’envie de le lire. ne résistez pas à la vie, à l’imprévu, à vos intuitions!

Livre jeunesse : Léonard de Vinci, un drôle d’oiseau, Mano Gentil

Léonard de Vinci Mano Gentil

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Vous pensiez tout connaître de Léonard de Vinci? Ce livre vous en apprendra beaucoup plus! Un roman pour les juniors à partir de 9 ans, qui plaira aussi aux adultes.

Un roman pour les juniors

Qui ne connait pas Léonard de Vinci et au moins une de ses œuvres ? Cet homme a excellé dans des domaines divers : artiste, scientifique, ingénieur, anatomiste, sculpteur, musicien , poète. Ce philosophe et humaniste représente à n’en pas douter l’homme universel. Mais que sait-on de l’homme derrière le génie? Que sait-on de sa famille, de ses origines, de son quotidien, de ses envies? C’est l’homme que Mano Gentil propose de nous faire découvrir, tout autant que le génie et ses œuvres, dans ce roman.

Pourquoi lire Léonard de Vinci, un drôle d’oiseau ?

Cet ouvrage est passionnant à plus d’un titre.

  • Il nous montre Léonard de Vinci sous un angle novateur : on croyait tout connaitre de lui, or Mano Gentil prend le parti de se glisser dans la tête de Léonard de Vinci et de le faire s’adresser au lecteur, comme s’il parlait à un ami de sa vie, de ses envies, de ses faiblesses, de ses colères et de ses émerveillements. Une forme de longue confidence.
  • Cet ouvrage replace Léonard de Vinci parmi les hommes : cet homme est un tel génie, accomplit de telles prouesses dans des domaines multiples, qu’il en paraissait souvent un surhomme, presque un Dieu. Or on découvre dans ce livre qu’il a aussi d’humaines limites (fainéantise, non respect des délais, œuvres abandonnées, …), autrement dit, qu’il est un homme, certes brillantissime, mais un homme et donc faillible.
  • Ce livre est instructif et divertissant à la fois : il se lit comme un roman. On suit Léonard de Vinci à travers les âges, dans un récit très vivant, tout en apprenant foule de détails sur son caractère, ses affinités et détestations, son enfance, son parcours, mais aussi plus largement sur son époque, les courants artistiques, les découvertes de cette période, les rivalités entre artistes, le rôle du Mécénat etc. Aux enfants qui lisent peu et rechignent à se plonger dans des essais ou encyclopédies, ce livre offre une divertissante alternative : apprendre en se faisant plaisir.
  • Cet ouvrage est très pédagogique :  après la partie romancée sur la vie de Léonard de Vinci, le lecteur se voit proposer un lexique qui reprend et explique les termes utilisés, mais aussi un dossier sur les sciences et techniques, les arts et idées, ou encore ce qui se passait dans le monde à la période de Léonard de Vinci. Un concentré d’informations utiles en quelques pages.

 

Barracoon, Zora Neale Hurston

Barracoon, de Zora Neale Hurston

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Zora Neale Hurston, anthropologue américaine, a recueilli en 1927 le témoignage du dernier esclave américain, Cudjo Lewis alias Kossola. Au cours de longs entretiens, pendant des mois, elle a noté ses souvenirs, ceux de l’ultime survivant du dernier convoi négrier. Un témoignage inestimable.

De sa capture en Afrique à sa condition d’esclave en Amérique

Cudjo Lewis est un homme âgé, usé et seul, quand la jeune anthropologue Zora Neale Hurston le rencontre. A 86 ans, le vieil homme a perdu sa femme et ses enfants et vit, libre, des cultures de son petit jardin. Il se laisse peu à peu apprivoiser par cette femme blanche soucieuse de connaître et de faire connaître son histoire. Jour après jour, il accepte de tout lui raconter, de son enlèvement en Afrique alors qu’il s’apprête à se marier, jusque son émancipation, en passant par près de six années d’esclavage sur les terres américaines.

C’est un témoignage précieux, inédit et exhaustif, très riche en précisions, que nous livre l’auteure. Avec beaucoup d’émotion, celui qui dans son Afrique natale s’appelait Kossola, évoque ses blessures, son déracinement. Il fait partie de ces 4 millions d’africains, capturés par des ethnies rivales africaines, qui ont été faits prisonniers dans des barracoons (bâtiment utilisé pour le confinement des africains destinés à être vendus vers l’Europe et vers les Amériques) entre 1801 et 1866. Ces prisonniers étaient échangés contre de l’or, des armes à feu et autres marchandises manufacturées en Europe et aux Etats-Unis.

Après une traversée dans les cales d’un navire négrier américain, et ce, bien que les lois sur l’abolition de l’esclavage aient été adoptées, Kossola débarque en Amérique. Et est réduit à l’esclavage pendant près de six ans.

La liberté mais toujours le déracinement

En avril 1865, les yankees libèrent les esclaves, dont Kossola.

« On est contents d’être libres, mais on ne peut plus vivre chez les gens à qui on appartenait. On va aller où, on ne sait pas. (…) On veut faire nos chez-nous mais on n’a pas de terre. Où on va les mettre, nos maisons ? »

La liberté est donc loin de tout résoudre. A l’absence de ressources, de toit, de terres, s’ajoute le sentiment prégnant de déracinement. Impossible de retourner en Afrique, car le billet de la traversée est trop cher. Ils vont donc s’organiser, créer une communauté en Amérique et économiser pour acheter des lopins de terre qu’ils cultiveront. Mais l’abolition de l’esclavage n’a pas fait disparaître toute trace de racisme. Il leur faut se battre, encore et toujours contre les discriminations dont il font l’objet.

Un témoignage essentiel, pour ne pas oublier. Être éviter que l’on répète les mêmes atrocités. Un devoir de mémoire.