Livre pour enfant : Les cris des oiseaux

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Un très joli livre sonore, avec des pastilles à toucher, pour découvrir le chant des oiseaux. Pour enfants de 3 à 5 ans.

Découvrir le chant des oiseaux

Les éditions Usborne proposent aux petits de 3 à 5 ans, un livre aux illustrations chatoyantes, pour découvrir la magie de la nature environnante. Grâce à des pastilles placées dans les pages sur lesquelles le petit pourra appuyer, l’enfant entendra le chant des oiseaux, de la grive musicienne au piaillement de la pie, en passant par le pépiement des oisillons affamés. Il découvrira de nouvelles sonorités et se familiarisera avec les oiseaux rencontrés lors des promenades.

Un livre d’éveil ludique

Cet album illustré est une véritable explosion de couleurs, de sons et une immersion ludique dans la nature. Pour déclencher le chant des oiseaux, l’enfant devra se concentrer, développer son sens de l’observation pour découvrir la pastille et exercer sa motricité fine pour l’activer. Ludique, instructif, vous ferez des heureux en faisant entrer la nature à la maison!

Informations pratiques

Les cris des oiseaux, éditions Usborne mai 2020 – pour enfants de 3 à 5 ans- Pages en cartonnage épais – 13,90€

Site des éditions Usborne : https://www.usborne.fr/

Citation du jour

Ecrire, inévitablement, c’était mourir et faire mourir un peu. Faire glisser des êtres bien réels dans le chas d’une histoire, faire passer la porte de nos obsessions, le seuil de nos fantasmes, le cagibi de nos angoisses, c’était les altérer, les estomper ou bien les amplifier, nécessairement les contorsionner. Les tuer et les ressusciter.

Cécile Balavoine – Une fille de passage

Une fille de passage, Isabelle Balavoine

©Karine Fléjo photographie

 

Puzzle de Brest, Yann le Rest et Pascale Tamalet

Puzzle de Brest

Quand la Bretagne est en émoi car un doigt humain a été retrouvé à l’aquarium Océanopolis de Brest, ainsi que des morceaux de cadavre sur la plage. Y a-t-il un lien entre ces deux affaires? Plongée au cœur d’un trafic terrifiant.

Enquête en Bretagne

Alors qu’une classe de l’école primaire visite l’aquarium Océanopolis à Brest,  attraction touristique majeure de Bretagne, les enfants remarquent un poisson étrange qui ne ressemble à aucune espèce connue.. Et pour cause, il s’agit en réalité d’un doigt humain, apparemment féminin, qui évolue au milieu des requins. Comment ce doigt a-t-il pu se retrouver dans un aquarium ultra sécurisé et passer le système de filtrage ? À qui appartient-il ? L’enquête est confiée au capitaine Fox et aux lieutenants Le Gad et Ledut.

Au même moment, on leur signale la disparition de la commissaire de bord et du steward d’un paquebot de croisière en escale au port de Brest pour cause d’avarie. Dans la cabine des deux membres d’équipage, des vêtements griffés, des accessoires de luxe qui témoignent d’un train de vie bien supérieur à celui de leurs revenus. D’où vient tout cet argent ? Est-il la cause de leur disparition ? Cette affaire a-t-elle un lien avec la découverte macabre à l’aquarium Océanopolis ? Peut-on accorder du crédit aux propos d’un SDF imbibé d’alcool, qui affirme avoir vu sur le quai ce qui pourrait être deux corps sans vie être déplacés dans des sacs?

Le commissaire Hadrien Fox va devoir mener l’enquête.

Un polar bien mené

Yann le Rest est écrivain. Pascale Tamalet, ancienne inspectrice de la PJ,, est désormais correspondante judiciaire pour le journal régional Le Télégramme. Tous deux ont uni leur talent et leurs connaissances pour rédiger ce polar venimeux sur les terres bretonnes. Il s’agit ici pour le commissaire Hadrien Fox, un brin de macho et très séducteur, de remettre chacune à leur place  les pièces de ce puzzle breton. Et reconstituer ce puzzle est loin d’être simple avec cette enquête qui part dans toutes les directions : trafic animalier, violence conjugale, corruption, travail clandestin… Comment faire le lien entre ces éléments ?

Un roman divertissant, au style fluide, aux personnages bien campés, mais dont la tension narrative est cependant fluctuante , ce qui me laisse un peu sur ma faim. Je m’attendais à être davantage tenue en haleine par un suspense  plus savamment entretenu. Cela reste néanmoins une lecture agréable, avec pour cadre ma si chère Bretagne natale.

Glissez Virginie Grimaldi dans votre poche!

©Karine Fléjo photographie

Quand six « octogéniaux » décident d’unir leurs forces pour lutter contre l’avis d’expulsion qui les menace, cela donne un roman d’un humour irrésistible et d’une immense tendresse. Ou comment Virginie Grimaldi excelle à vous faire passer du rire aux larmes.

Amitié, amour, vieillesse

Impasse des colibris, on trouve six maisons séparées par de hautes haies. Six maisons habitées par des octogénaires, qui partagent leur quotidien depuis des décennies. Il y a Marceline, rude en apparence mais fondante au cœur et Anatole, son amour depuis plus de soixante ans. On y croise aussi Joséphine, ex-danseuse, dans son célèbre justaucorps fuchsia, ou encore Gustave, Rosalie et Marius. Une impasse dont le calme est soudain rompu par l’annonce du nouveau projet du maire : il n’y a plus assez de classes pour accueillir les enfants, par conséquent il faut construire une nouvelle école et un parking. Ce qui suppose de raser les maisons de l’impasse des colibris.

Nos octogénaires sont sidérés. Comment ce maire, fils de leurs anciens voisins et amis, peut-il envisager un millième de seconde les expulser de chez eux ? Car raser leurs maisons, c’est bien davantage que de transformer de vieilles habitations en tas de pierres.

« Ce ne sont pas que nos maisons qui vont être écrabouillées, ce sont nos souvenirs. Nos vies. (…) Cette place est mon point d’ancrage, mon radeau. Elle a porté mes craintes de jeune mariée, la naissance d’amitiés, toutes nos soirées de rires, les premiers pas de nos enfants, leurs premières cigarettes aussi, elle a accueilli nos secrets, nos espoirs et nos peines, elle est partout dans ma mémoire. »

Alors, que faire ? Se mettre en quête d’une maison de retraite qui voudra bien les accueillir ? Chercher un appartement ailleurs ? Pleurer, se lamenter ? C’est mal connaître nos six compères. Si Marceline regrettait que les haies aient créé une certaine distance entre eux, l’expulsion qui les menace va les rapprocher. Et nos octogénaires de décider de contre-attaquer. Ils ont autant d’idées pour s’opposer au plan du maire que d’années au compteur. Et de fonder le groupe des « octogéniaux ». Leur méthode : multiplier les petites actions. Leur but : user le maire pour obtenir gain de cause. Ils jubilent à fomenter de nouvelles actions, à mettre en place de nouveaux projets, unis, déterminés. Voilà qui leur donne une nouvelle jeunesse !

Ils vont ainsi mener une opération escargot au supermarché, sur la route, écrire et chanter du rap sur Youtube, créer une page Facebook avec des milliers d’abonnés, être invités à la radio, à la télévision. En un mot, ils font le buzz. Et s’attirent le soutien de tous. Sauf du maire.

Pourquoi ce dernier s’acharne-t-il à vouloir construire son école à cet emplacement-là ? Son entêtement cache-t-il autre chose ? A-t-il des comptes à régler avec ces gens, comptes liés à une vieille histoire avec la fille de Marceline et Anatole ? Et nos « octogéniaux », aussi déterminés soient-ils, parviendront-ils à remporter la bataille ?

Un livre profond et léger, drôle et émouvant à la fois

Il est facile de faire pleurer au cinéma ou dans un livre. Il est beaucoup plus difficile de faire rire. Non pas juste sourire, mais rire vraiment (au risque de passer pour une douce dingue auprès des inconnus assis près de vous). C’est le cas de Virginie Grimaldi, qui est capable en un éclair de vous faire passer du rire aux larmes. Et inversement. Son irrésistible humour, ses métaphores désopilantes, ses personnages cocasses, vous feront éclater de rire bien souvent. Une légèreté qui ne doit pas laisser croire à une superficialité. Car les personnages de ce roman sont tout sauf futiles. Ces octogénaires sont en effet viscéralement humains, attachants, émouvants. Marceline nous dévoile son parcours de vie, sa renaissance en rencontrant Anatole, les combats qu’il lui a fallu mener, ses joies et ses peines. Une vie de soleil et de pluie, comme toute vie, mais illuminée en tout temps par l’amour de son Anatole. Un amour qui fait frissonner l’âme et galoper le cœur. Un amour dont chacun rêve.

Un roman lumineux, qui vous mettra des étincelles dans les yeux et du soleil dans le cœur!

Informations pratiques

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi – éditions du Livre de Poche, juin 2020 – 352 pages – 7,90€

Sur le chemin du cœur, Mary Laure Teyssedre


Un roman émouvant, positif, lumineux, sur le cheminement de deux êtres indiciblement attachants. Une rencontre karmique, qui va aider chacun à évoluer vers un mieux-être, à dépasser sa problématique. A se dépasser.

Secret

Claire élève seule sa fille Camille. Après une carrière dans le marketing, elle a décidé à 35 ans de suivre une voie plus en harmonie avec ses aspirations profondes. Après 4 ans d’études, elle s’est installée comme psycho-énergéticienne. Un métier qui la comble.

Une sérénité pourtant mise à mal lors d’un déjeuner de famille. Sa grand-mère, alors âgée de 90 ans, fait en effet une révélation inouïe : à 15 ans, elle a été victime d’un viol. Un viol que, faute de la moindre éducation sexuelle à l’époque, elle était incapable de qualifier. Et de tomber enceinte de son violeur. Et de mettre au monde une petite fille, la tante de Claire. Plus fou encore : sans argent, à une époque où être fille-mère attirait l’opprobre, sa grand-mère a fini par épouser son violeur. Ce grand-père qu’elle a tant chéri est donc en réalité un agresseur…

Elle réalise alors combien cette agression demeurée dans l’ombre a influencé sa propre vie, une vie peuplée d’épisodes abusifs de toutes sortes. Et si les révélations de sa grand-mère étaient la pièce manquante de son puzzle intérieur ?

Deux mois plus tard, elle fait la rencontre d’un homme prénommé Fred. Les révélations que Fred fait à Claire lui font l’effet d’un électrochoc. Son histoire, le sienne, se télescopent avec fracas. Elle est consciente qu’il va lui falloir dépasser la violence de ces synchronicités. Tous les deux ont besoin de temps, de distance, de s’éloigner pour espérer mieux se retrouver.

Que la vie les mette en présence l’un de l’autre était-il un hasard ? Vont-ils, chacun de leur côté, faire la paix avec leur part d’ombre, oser la mettre en lumière et l’aimer ?

Voyage intérieur et rencontre karmique

Impossible de reposer le livre une fois la lecture commencée. C’est un récit émouvant, passionnant, lumineux que nous offre Mary Laure Teyssedre. Celui du parcours de deux personnes que l’Univers a fait se rencontrer afin d’évoluer, de se guérir.

Avec beaucoup de sensibilité, d’humanité, l’auteure nous invite à balayer nos préjugés : personne n’est tout blanc ni tout noir, totalement victime ou totalement coupable. Nous avons tous des parts d’ombre, lesquelles nous hantent tant que nous les relayons dans les coulisses de notre conscience. Accepter de les mettre en lumière, de voir que toute situation y compris difficile, nous a permis de grandir, d’apprendre sur nous et sur les autres, est essentiel. Pour avancer. Pour évoluer. Pour mettre fin aux évènements répétitifs.

Un livre édifiant, riche en enseignements, qui invite à s’accepter tel que l’on est, avec ses qualités et ses défauts, ses parts d’ombre et de lumière. Et à accepter l’Autre tel qu’il est. Une invitation à la tolérance et à l’amour dans toutes ses acceptions.

Informations pratiques

Sur le chemin du cœur, Mary Laure Teyssedre – Editions Jouvence, juin 2020 – 272 pages

Pierrot et Miette, Sophie de Mullenheim

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Un roman d’amitié entre un petit garçon et son fidèle chien, mais aussi un roman d’aventure, sur fond de première guerre mondiale. Indiciblement émouvant et tendre.

L’amitié entre un chien et un enfant

Pierrot est un petit garçon courageux. Depuis qu’une bombe a traversé le toit de la boulangerie de ses parents, le laissant orphelin à 12 ans, il vit avec son grand-père. Jamais il ne se plaint ni ne laisse affleurer son chagrin. Sa force, il la puise dans l’amour de son merveilleux grand-père bien sûr, mais aussi dans ce lien magique qu’il a avec sa chienne, appelée Miette. Miette est une rescapée du bombardement. Comme lui. Fidèle comme son ombre.

Mais un jour, à son retour à la maison, son grand-père lui apprend que les soldats ont réquisitionné Miette. Ils veulent la dresser et lui apprendre à faire passer les messages dans les tranchées, sur le front.

Pour Pierrot, c’est un arrachement. Après s’être assuré que son grand-père ne manquera ni de nourriture ni de bois de chauffage en son absence, il fugue la nuit tombée, pour partir à la recherche de Miette. C’est le début d’une grande aventure au milieu des soldats et des pluies d’obus. Mais Pierrot est un petit garçon courageux que rien n’arrête. La retrouvera–il?

Prix du Roman historique jeunesse

Je vous ai récemment parlé de Emile et Mado, roman jeunesse de la même auteure, Sophie de Mullenheim. Un coup de cœur qui m’a donné envie de découvrir son précédent roman jeunesse, Pierrot et Miette. Et c’est un doublé gagnant : ce roman m’a bouleversée ❤

Avec un style limpide, un suspense grandissant, Sophie de Mullenheim nous tient en haleine et nous entraine sur les pas d’un petit garçon déterminé, généreux, soucieux du bien-être d’autrui. Un petit garçon que l’on a envie de serrer dans ces bras tant il nous touche par sa bonté. On apprend au fil des pages le rôle essentiel tenu par les chiens porteurs de messages en temps de guerre, les seuls à même de se faufiler dans les tranchées, jusqu’aux lignes de front.

Un roman aussi divertissant qu’instructif. A offrir à vos enfants absolument!

Informations pratiques

Pierrot et Miette, Sophie de Mullenheim – éditions Fleurus – 204 pages – 14,90€

Ce roman a reçu le Prix du roman historique jeunesse

Citation du jour

Les livres sont des espaces incertains. Il n’est pas sans risque de se laisser traverser par les pensées d’un tiers. Certaines vont s’accrocher dans nos branches et rester ainsi posées, grandissant en nous, pour rejaillir plus tard comme des pensées enfouies dans les malles d’un grenier.

La libraire de la place aux herbes – Eric de Kermel

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La vie est un roman, Guillaume Musso

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Une savoureuse mise en abyme, une intrigue haletante et une passionnante analyse sur le pouvoir de l’écrit .

Disparition d’un enfant

Tout a commencé par une banale partie de cache-cache entre Flora Conway et sa fille Carrie âgée de trois, ans dans leur appartement new-yorkais. Mais au moment de chercher la cachette de la fillette, force est d’admettre à Flora que sa fille a disparu. Incompréhensible. Terrible. Paniquant.

Si Flora est une romancière de renom, au succès aussi grand que le mystère qui l’entoure ( aucune apparition publique, aucune vidéo, une seule et unique photo officielle d’elle) , la réalité qui la frappe est pire que le pire des drames romanesques imaginés. 

Qu’est-il arrivé à Carrie? Enlèvement par un auteur jaloux de son succès? Par un lecteur détraqué à l’image de Misery de Stephen King? Par son editrice, qui voit en sa fille un frein à sa carrière ? Un mystère dont la presse et les médias en général se délectent, insensibles à la détresse de la mère mais très sensibles au buzz qu’ils vont créer. 

Au même moment, de l’autre côté de l’atlantique, un écrivain parisien, Romain Ozorski, peine à rédiger le manuscrit que son éditeur attend. S’il s’est toujours refusé à verser dans l’autofiction, cette fois les frontières entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie amoureuse et familiale sont si tenues, si diluées, qu’il achoppe à poursuivre l’écriture. Trop douloureux. 

Quel lien y -a-t-il entre ces deux écrivains? Pourquoi Flora est-elle convaincue que cet auteur parisien détient la réponse sur la disparition de sa fille? 

Le pouvoir des livres

Dans La vie est un roman Guillaume Musso nous offre une mise en abyme magistrale. Avec beaucoup de finesse, il analyse cette cohabitation entre deux mondes – le réel et l’imaginaire – dans l’esprit de tout écrivain, cette perméabilité entre les deux. Où s’arrête la fiction? Ou commence la réalité ? Quel est le degré de perméabilité entre l’auteur et ses personnages? Entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie? Qui est le maitre à bord : l’écrivain ou ses héros ? Est-il totalement libre de décider de l’orientation de son histoire ou se laisse-t-il guider par elle? 

«  Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent. « 

La vie est un roman vous tiendra en haleine du début à la fin, avec des personnages indiciblement attachants et un exercice de haute voltige sur la création littéraire. Passionnant. Envoûtant. Et un brin diabolique.

Informations pratiques

La vie est un roman, Guillaume Musso – Editions Calmann-Lévy, juin 2020 – 300 pages – 21,90€