Prix de Flore 2016 : Nina Yargekov

Parmi les cinq finalistes du prix de Flore 2016 se trouvait un prix Goncourt: c’est Leïla Slimani, qui l’a décroché la semaine passée.  Le jury du prix de Flore a récompensé la romancière Nina Yargekov pour son roman Double nationalité (P.O.L), centré sur les questions d’identité et de perte de la mémoire.

Ces thèmes sont constants dans l’œuvre de cette romancière d’origine hongroise, âgée de 36 ans. Mais Double nationalité reprend ces questions de façon loufoque. On y découvre la narratrice, Rkvaa Nnoyeig, dans un aéroport parisien avec deux passeports, deux téléphones portables et deux porte-monnaie dans son sac. Nina Yargekov plonge avec humour le lecteur dans la tête de cette héroïne, totalement amnésique, qui cherche à savoir qui elle est.

Peut-on avoir deux cultures ? Deux nationalités ? Deux langues ? Autant de questions que pose ce roman. Dans ce livre, la France a décidé d’interdire la double nationalité, ce qui évoque évidemment le virulent débat sur la déchéance de nationalité qui a eu lieu après les attentats de novembre 2015.

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Prix Interallié 2016 au talentueux Serge Joncour!!!

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Il y avait trois finalistes sérieux. Eric Vuillard, pour son récit vibrant du 14 juillet 1789 («14 juillet», Actes Sud). Le phénomène de l’automne, Gaël Faye, pour le premier roman dans lequel il évoque une enfance au Burundi («Petit pays», Grasset). Et enfin Serge Joncour et son merveilleux roman « Repose-toi sur moi », dont le talent semblait jusqu’ici condamné à grossir les sélections de prix sans en décrocher.

C’est Serge Joncour qui remporte le prix Interallié 2016, au premier tour de scrutin, par six voix contre trois à Vuillard et deux à Faye.

 

Le livre : 

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Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s’y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l’affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce magnifique roman en cliquant sur ce lien : Repose-toi sur moi, de Serge Joncour : un bijou.

 

Prix Interallié : deuxième sélection

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Des douze romans de la première sélection du prix Interallié 2016, il n’en reste plus que trois.

Ont été éliminés Paul Baldenberger, auteur d’À la place du mort (Les Équateurs), Adélaïde de Clermont-Tonnerre, pour son roman Le dernier des nôtres (Grasset) et Benoît Duteurtre, avec Livre pour adultes (Gallimard).

Restent donc en lice :

  • Gaël Faye, « Petit Pays » (Grasset)
  •  Serge Joncour, « Repose-toi sur moi » (Flammarion)
  • Eric Vuillard, « 14 juillet » (Actes Sud)

Le jury se compose de Laurent Binet, lauréat de l’édition 2015, Gilles-Martin Chauffier, Stéphane Denis, Jacques Duquesne, Serge Lentz, Éric Neuhoff, Christophe Ono-dit-Biot, Jean-Marie Rouart, Jean-Christophe Rufin et Florian Zeller. L’an dernier, l’Interallié avait récompensé Laurent Binet pour « La septième fonction du langage » (Grasset).

Le prix sera décerné le 8 novembre, au restaurant Lasserre, dans le VIIIe arrondissement parisien.

Prix Fémina 2016 : Marcus Malte

Le jury du Femina a choisi de récompenser ce mardi Marcus Malte, un pseudonyme, pour son roman «Le garçon» (Zulma).

Marcus Malte a obtenu 7 voix contre 3 à Nathacha Appanah («Tropique de la violence», Gallimard) pour ce roman de plus de 500 pages qui nous invite à traverser le début du XXe siècle aux côtés d’un garçon sans nom et qui jamais ne prononcera une parole.

Le prix Femina du roman étranger a été attribué à l’Américano-libanais Rabih Alameddine pour «Les vies de papier» (Les Escales) et le Femina de l’essai à Ghislaine Dunant pour «Charlotte Delbo, La vie retrouvée» (Grasset).

Le livre de Marcus Malte est «une grande épopée, une histoire magnifique qui ressuscite le mythe de l’enfant sauvage qui parvient à la civilisation», a estimé Mona Ozouf. «C’est un grand roman d’apprentissage, une allégorie de l’ensauvagement des hommes par la guerre», a ajouté la présidente, en soulignant que la discussion entre membres du jury avait été «courtoise» mais «animée».

«Le garçon» dont nous parle Marcus Malte, 49 ans, est un être quasi sauvage. «Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas». Dès les premières lignes, on est saisi par la puissance et le souffle de l’écriture. Le lecteur sent d’emblée qu’il ne sortira pas indemne de la lecture de ce roman fleuve.

Le récit s’étale de 1908 à 1938. Il tient à la fois de la fresque historique -on y parle beaucoup de la «boucherie» de 14-18- et du roman d’initiation.

Marcus Malte, connu pour ses polars, auteur d’une dizaine de romans et notamment de «Garden Of Love», aime surprendre.

«J’avais envie d’utiliser un registre de langage très différent de ce que je fais habituellement», a-t-il expliqué de sa voix douce après la remise de son prix. «Le fait de placer mon histoire cent ans en arrière m’obligeait à changer mon registre de langue». J’espère que mon roman provoquera des émotions chez le lecteur. C’est ça qui compte», a ajouté l’écrivain qui se refuse à parler de lui.

 

 

Les finalistes du Prix Renaudot 2016

Prix Renaudot BibliObs

Les lauréats seront connus le 3 novembre, en même temps que celui du Goncourt.

 

La liste du Renaudot comptait huit romans et quatre essais. Elle a été réduite à cinq ce mardi 24 octobre.

Du côté des romanciers, des candidats aussi sérieux que Gaël Faye, Laurent Mauvignier et Serge Joncour ont été écartés. Résultat, ils ne sont plus que cinq dans cette catégorie. Les amateurs de parité observeront que sur ces cinq romanciers, trois sont des romancières.

Les 5 finalistes du Renaudot 2016 :

♦ Le Dernier des nôtres, par Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Grasset)

♦ Cannibales, par Régis Jauffret (Ed. du Seuil)

♦ California girls, par Simon Liberati (Grasset)

♦ Babylone, par Yasmina Reza (Flammarion)

♦ Chanson douce, par Leïla Slimani (Gallimard)

Les 3 finalistes du Renaudot Essais :

♦ Poupe, par François Ceresa (Ed. du Rocher)

♦ Sans oublier d’être heureux, par Marie-Dominique Lelièvre (Stock)

♦ Le Monde libre, par Aude Lancelin (Les Liens qui libèrent)

Ces deux prix seront remis le 3 novembre, au restaurant Drouant, en même temps que le prix Goncourt. L’an dernier, Delphine de Vigan avait remporté le Renaudot avec «D’après une histoire vraie» (Lattès), et Didier Blonde le Renaudot essai avec «Leïlah Mahi 1932» (Gallimard).

Prix Interallié 2016 : 2ème sélection

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Pour sa deuxième sélection, le jury a éliminé sept auteurs dont Leïla Slimani, Karine Tuil et Jean-Paul Dubois. Et a sélectionné l’auteur de Livre pour adultes qui ne figurait pas sur la première liste.

Ils étaient douze, ils ne sont donc plus que six. Le jury du Prix Interallié, présidé parPhilippe Tesson, s’est réuni le 19 octobre et a retenu les auteurs suivants:

  • Paul Baldenberger, À la place du mort (Les Équateurs)
  • Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset)
  • Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard)
  • Gaël Faye, Petit Pays (Grasset)
  • Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion)
  • Éric Vuillard, 14 Juillet (Actes Sud)

Cette liste peut étonner. Exit donc Stéphane Hoffmann, François Cérésa, Catherine Cusset, Karine Tuil, Lionel Duroy, Jean-Paul Dubois et Leïla Slimani, ces deux derniers étant toujours en lice pour le Prix Goncourt. En revanche, on note la présence de Benoît Duteurtre qui ne figurait pas sur la première liste. L’auteur de Livre pour adultes est également en lice pour le Grand Prix du roman de l’Académie française, tout comme Adelaïde de Clermont-Tonnerre.

La troisième et dernière sélection sera annoncée le 3 novembre prochain (jour de la proclamation du Goncourt et du Renaudot), et la remise du prix 2016 a été fixée au 8 novembre. Traditionnellement, l’Interallié est décerné après tous les autres grands prix d’automne.

Rappelons que le jury, présidé par Philippe Tesson, se compose de Laurent Binet, lauréat de l’édition 2015, Gilles-Martin Chauffier, Stéphane Denis, Jacques Duquesne, Serge Lentz, Éric Neuhoff, Christophe Ono-dit-Biot, Jean-Marie Rouart,Jean-Christophe Rufin et Florian Zeller.

Grand prix du roman de l’Académie française : les 3 finalistes

PARIS : illustration

 

Trois écrivains demeurent en lice pour le Grand prix du roman de l’Académie française dont une seule femme, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, également en lice pour l’Interallié et le Renaudot.
Gaël Faye, longtemps présent dans quasiment toutes les sélections des prix d’automne, a disparu en revanche de la sélection de l’Académie française.
Voici les romans retenus par l’Académie française par ordre alphabétique d’auteurs : 
– « Le Dernier des nôtres », d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Grasset)
– « Livre pour adultes », de Benoît Duteurtre (Gallimard)
– « Légende », de Sylvain Prudhomme (Gallimard)


Le prix sera attribué le 27 octobre.
L’an dernier, le grand prix du roman de l’Académie française avait récompensé les écrivains Hédi Kaddour et Boualem Sansal pour « Les prépondérants » et « 2084 », deux livres édités par Gallimard.