Une voix dans la nuit, Guillemette Comby

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Une voix dans la nuit, Guillemette Comby

Éditions SEDRAP

Sélection du Prix Handi-livres 2015 

La délicatesse du bruit du vent dans les branches, le son rassurant de la voix de sa sœur, la douceur de la pierre sous ses doigts, c’est cette sensation de liberté qu’aime Kevin dans l’escalade. À 17 ans Kevin est un garçon comme les autres, enfin presque… Il s’accroche à ses rêves d’évasion et d’autonomie comme aux prises du mur sur lequel il a l’habitude de monter. Heureusement, dans cette obscurité qui l’entoure, une lumière vient l’éclairer. Cette lueur répond au doux nom d’Alice. Guidé par ses amis et sa sœur Marion, petit à petit il prend de la hauteur pour percevoir le monde différemment…

Le livre de Guillemette Comby aborde la question du handicap sous l’angle de la perte d’autonomie que cela génère : en situation de handicap visuel, Kevin est dépendant de son entourage pour évoluer dans son environnement quotidien. L’auteur rappelle ici à juste titre qu’être privé de l’un de ses sens ne doit pas faire oublier la capacité que l’on n’a à déployer les autres. L’histoire explique à travers des anecdotes comment le héros se sert de ses autres facultés pour compenser celle qui lui fait défaut : le toucher pour évaluer sa coupe de cheveux, l’odorat à la parfumerie mais aussi et surtout l’ouie qui donne son nom au titre.

C’est également un livre qui montre l’importance d’une inclusion réussie au sein du système scolaire, d’autant plus que la personne se trouve en situation de handicap. Souffrant d’un père qui ne cesse de lui montrer un certain mépris, c’est dans un univers étranger au foyer familial, le lycée, que le héros va trouver une forme d’accomplissement, symbolisé par l’escalade du mur.

À noter enfin que tous les mots techniques ou difficiles sont expliqués par un lexique facilitant ainsi la lecture au jeune public.

De l’autre côté du mur, Yaël Hassan

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De l’autre côté du mur, Yaël Hassan

Editions Casterman

Depuis son accident de cheval, survenu un an plus tôt, Louise se déplace en fauteuil roulant et ne veut voir personne. elle passe ainsi ses journées dans la maison, provoquant l’inquiétude de ses parents qui ne savent plus que faire pour lui redonner goût à la vie. Mais un jour, au fond du jardin, de l’autre côté du mur, elle rencontre un homme âgé en fauteuil roulant lui aussi. Cette voix va l’encourager à rompre son isolement et aller vers la vie, dans ses secrets les plus enfouis de l’Histoire, celle d’un voisinage fort singulier marqué par la seconde guerre mondiale et les camps, celle d’une émotion naissante avec Leo. Le vieil homme et son charmant petit-fils parviendront peu à peu à lui redonner confiance en elle et à lui faire retrouver le sourire.

Comment réapprendre à vivre suite à l’accident ? Comment reprendre confiance en soi lorsque le corps ne répond plus ? Voici les questions posées par Yael Hassan dans ce récit qui réussit brillamment à mettre en scène les difficultés de communication au moment de l’adolescence et comment lui handicap génère très souvent la rupture sociale entre la personne concernée et son entourage. « Pourquoi me sentirais-je vais mieux qu’hier ? Pourquoi aurais-je soudain envie de renouer avec la vie ? Pourquoi aurais-je à nouveau des envies, tout simplement ? » interroge ainsi Louise dans son amertume.

On referme le livre sourire aux lèvres avec une profonde conviction que l’adulte en devenir a besoin de cette socialisation pour réapprendre à apprécier les joies de la vie. Ce livre est un formidable support pour les enfants en rupture scolaire dont la nécessité d’une socialisation bienveillante n’est plus perçue comme telle.