Le parfum de l’Hellébore, Cathy Bonidan

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Le parfum de l’Hellébore, Cathy Bonidan

Editions de la Martinière, janvier 2017

Rentrée littéraire

Dans ce roman lumineux et plein d’espérance, les destins de chacun vont se croiser, entre légèreté et mélancolie.  Un premier roman très réussi.

Ce devait être au départ une punition. Quand Anne, 18 ans, est emmenée chez son oncle à Paris pour mettre fin à ses frasques adolescentes, ses parents n’imaginent pas un instant qu’ils lui font en réalité un cadeau. Son oncle l’emmène en effet chaque jour avec lui dans le centre psychiatrique qu’il dirige. Or pour Anne, la confrontation avec ces adolescents en souffrance est une révélation. Elle qui jusqu’alors n’accordait aucune importance aux études, ne pensait qu’à s’amuser, avait une vision simpliste des « fous », trouve soudain un sens à sa vie, un intérêt croissant pour ces êtres englués dans leur pathologie. Et tout particulièrement pour deux d’entre eux : Béatrice, une jeune fille anorexique. Et Gilles, un jeune autiste.

Comment leur venir en aide ? Faut-il forcément avoir pour ce faire le bagage scientifique des pédopsychiatres ? Serge, le jardinier taiseux du centre, semble parvenir à faire des miracles avec les patients, alors qu’il n’a aucune compétence médicale. Quel est donc son secret ?

Anne observe, écoute, se documente. Et confie ses découvertes, ses doutes, ses joies et ses peines dans de longues lettres rédigées à sa meilleure amie Lizzie. Quels enseignements tirer de ses observations, tandis qu’elle n’a aucune légitimité en ce domaine ?

Parviendra-t-elle à aider Béatrice à vaincre sa phobie des aliments ? Pourra t-elle éviter l’asile au petit Gilles ? La psychiatrie infantile se révèlera-t-elle être vraiment sa voie ?

C’est un roman extrêmement touchant que nous offre Cathy Bonidan. A travers le destin croisé de personnages indiciblement attachants, le lecteur assiste à la naissance d’une vocation, à la métamorphose d’un regard sur ces êtres en marge de la société. Un roman très bien écrit, qui se lit d’une traite et ne laisse pas indemne.

A lire !

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K comme Carafouille, de Fabienne Blanchut : K-rément extra!

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K comme Carafouille, Fabienne Blanchut

Editions Zethel, janvier 2017

A partir de 9 ans.

Un roman qui se sirote d’une traite, savoureux cocktail d’aventures, de magie, d’adolescence rebelle, avec un zeste de mystère. Le tout brassé avec talent.

K a douze ans. Une adolescente en rébellion contre tout et tous. Fille unique, elle passe le plus clair de ses journées seule, ses parents étant trop pris par leur travail prestigieux dans la haute couture. Alors certes, elle ne manque matériellement de rien. Certes, elle a Lupita, l’intendante espagnole à l’accent étrange pour s’occuper d’elle, de même que le réconfort de son chat Mistigri. Mais il lui manque l’essentiel : la présence aimante de ses parents.

Furieuse face à cette nouvelle collection de vêtements qui va lui voler une fois de plus leur présence, pour trois longs mois, K obtient en contrepartie une faveur : choisir la nouvelle fille au pair. Et ce sera Abigaëlle ou personne. Mais si les premiers jours sont merveilleux et la confortent dans son choix, la suite révèle bien des surprises…

Avec ce  second roman pour adolescents, Fabienne Blanchut confirme si besoin était, son talent de romancière. Elle entraîne le lecteur dans la vie trépidante de cette adolescente attachante, le tient en haleine face aux multiples rebondissements qui le jalonnent, sans jamais aucun temps mort. Les adolescents retrouveront les problématiques qui sont leurs (indépendance, autorité, affection, …) et voyageront de l’univers de la mode à celui de la magie. Un premier tome qui rend impatient de découvrir le second!

Les grandes jambes, Sophie Adriansen (Slalom)

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Les grandes jambes, de Sophie Adriansen

Editions Slalom, juin 2016

A partir de 10 ans.

L’adolescence est le temps des métamorphoses tant physiques que psychiques. Des changements physiques directement exposés au regard des autres, suscitant parfois des commentaires moqueurs ou amusés, si difficiles à supporter pour ces ados qui ont déjà du mal à se reconnaître eux-mêmes.

C’est le cas de Marion, dont la croissance s’est emballée à l’entrée au collège. D’un seul coup, tous ses vêtements se sont retrouvés trop petits pour ce long corps et tout particulièrement ces interminables jambes. « Grande perche ! » « Sauterelle ! » Les surnoms railleurs fusent.

Et le calvaire de commencer, ces longues jambes devenant une obsession, un véritable complexe. Impossible pour Marion de trouver un pantalon à sa taille. De quoi mettre à mal le peu de confiance qu’elle a en elle. Et surtout, de quoi ruiner à tout jamais ses chances auprès du beau Grégory . A-t-on jamais vu un garçon beau comme un dieu s’intéresser à une géante aux tenues trop courtes ?

Pour Marion, le champ de vision s’arrête au niveau de ses chevilles dénudées. C’est alors qu’un voyage à Amsterdam va élargir son regard, lui faire découvrir d’autres personnes de grande taille. D’autres chemins de croix. Des émerveillements artistiques aussi.

Et relativiser.

Dans ce roman tendre et résolument optimiste, Sophie Adriansen aborde avec beaucoup de justesse et de sensibilité les questionnements, complexes, envies et craintes de l’adolescence. Un roman sur le rapport à soi et aux autres, qui trouvera un fort écho chez les ados. Une histoire qui montre qu’il suffit parfois d’un regard, d’une réflexion, d’une rencontre, pour que le monde autour de soi se teinte d’espérance.

Ma vie en noir et blanc, Delphine Bertholon

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Ma vie en noir et blanc, Delphine Bertholon

Éditions Rageot, mai 2016

A partir de 11 ans.

128 P. ; 6,10€

 

Quête d’identité et différence au cœur d’un roman pétillant, sensible et plein d’humour.

Ana, 14 ans, se considère comme une triple erreur de la nature. Un prénom palindrome, un père inconnu au bataillon, et, Chantilly sur le gâteau, une maladie génétique rare : l’achromatopsie. Sous ce terme étrange se cache l’incapacité totale à voir les couleurs. Pour Ana, la vie est donc un film en noir et blanc, avec quelques nuances de gris. Un film dont le scénario ne lui plait guère. Aussi s’évade-t-elle dans l’écriture, avec un roman dont elle est l’héroïne principale. Une héroïne qui lui permet de vivre par procuration tout ce qui lui est interdit. Tout ce qu’elle n’ose pas vivre.

Mais si l’écriture est une salvatrice évasion, la réalité la rappelle bien souvent. Tout particulièrement ce manque du père, térébrante douleur s’il en est. Est-il encore vivant? Sa mère en sait-elle aussi peu sur lui que ce qu’elle veut bien en dire ? Des questionnements qui, à la faveur d’une exposition photographique, pourraient peut-être trouver une réponse. Car pour avancer dans la vie, Ana doit savoir d’où elle vient.

Avec beaucoup de sensibilité, d’humour, de vivacité, des formules inédites savoureuses, Delphine Bertholon offre aux adolescents un très beau roman sur la quête d’identité et la différence.

Coup de cœur de littérature jeunesse !

 

Coup de coeur pour « Tomber », le nouveau roman de Eric Genetet!

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Tomber, Eric Genetet

Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2016

 

Tomber est le récit poignant d’un enfant blessé, en échec scolaire, dont le rêve, simple et pourtant inaccessible, est d’être aimé par ses parents.
Juin 1983. Des milliers de personnes suivent la finale de Rolland Garros, à laquelle participe Yannick Noah. Et parmi elles, une personne joue le match de sa vie. Il s’agit de Mariano, un adolescent de 13 ans, passionné de sport, dont l’idole est le tennisman français.

 

Depuis la séparation de ses parents un an plus tôt, Mariano vit avec son père. Un père défaillant, qui ne se remet pas du départ de sa femme et trouve refuge dans l’alcool. Rien ne vient plus troubler le silence des lieux, hormis le pschittt des canettes de bière. Pas un mot tendre, pas une explication à ce départ, pas une réassurance. Mariano aurait tant aimé qu’on lui parle, qu’on le soutienne, qu’on le rassure sur le fait qu’il n’y soit pour rien ! Or les maux se sont substitués aux mots. Et la culpabilité, écrasante, térébrante, de s’installer. Sa dyslexie, découverte juste avant le départ de sa mère, pourrait-elle être la cause de leur séparation ?

 

Le poids de la culpabilité et de la souffrance est tel, que Mariano a pris une décision irrévocable : en ce 15 juin, à l’issue du match de Noah, il va lui aussi affronter son père dans un face à face. Et engager une partie de questions et d’échanges auxquels son père devra répondre, en mettant la balle sur le terrain de la vérité et non dans le couloir. Le lecteur suit son entrainement mental tout au long du livre, aussi tendu que les cordes d’une raquette, indiciblement ému par l’enjeu du match. Les yeux rivés sur le « court » de sa vie. Il tremble à l’idée que l’adolescent puisse perdre le point, être victime d’un revers. Il applaudit son courage et sa persévérance.

Car cette histoire se vit autant qu’elle se lit.

Avec une infinie douceur, une sensibilité à fleur de plume, Eric Genetet nous offre un roman magnifique, bouleversant, qui évite avec brio l’écueil du pathos. Et de cueillir le lecteur par une chute qui mérite ô combien son nom. Un ace.

Jeu, set et match pour le nouveau roman de Eric Genetet !

 

 

 

Danser, de Astrid Eliard (Mercure de France)

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Danser, Astrid Eliard

Mercure de France, février 2016

Avec beaucoup de tendresse, Astrid Eliard nous entraîne dans le monde des petits rats de l’Opéra. Un monde à part.

Ils sont trois Chine, Delphine et Stéphane. Trois adolescents que les motivations et les origines tant sociales que géographiques, opposent. Mais qu’une seule et unique passion réunit : la danse classique. Une passion et un don pour cet art qui les conduisent cette année à intégrer la prestigieuse Ecole de danse de l’Opéra et son internat.

Qui dit internat dit éloignement familial. Autonomie salvatrice ou douloureuse ? Si d’aucuns y trouvent un nouveau souffle, loin des tensions familiales, d’autres réalisent n’être pas prêts à couper le cordon qui les lie à leurs parents. Et cette école qui les a tant fait rêver, qui a mobilisé toute leur énergie, tous leurs espoirs, se révèle t-elle à la hauteur de leurs attentes ? « Ici on ne danse pas, pas encore en tout cas. On apprend. On travaille. (…) On est crevés, on a mal partout, les jambes sont lourdes, les pieds douloureux, mais la journée qui vient de passer ne nous a pas rassasiés. »

Dans ce roman choral, Astrid Eliard, nous invite à pénétrer dans les coulisses d’un univers très fermé, où la discipline, la rigueur et la persévérance sont reines. La rivalité aussi. Un milieu exigeant s’il en est, qui ne pardonne aucun écart, aucune faiblesse, aucune blessure. Mais aussi particulier soit ce monde, on retrouve les mêmes préoccupations chez ces 3 petits rats que chez les adolescents de leur âge : les premiers émois amoureux, le désir, les doutes, l’autorité, la liberté. Sur la pointe de la plume de l’auteur, le lecteur suit alors la chorégraphie aérienne de ces trois jeunes existences, lesquelles forment un ballet ô combien attachant. Un ballet où la réalité fait tantôt le grand écart avec les rêves, tantôt un pas de deux…

 

Coeur Cookie, Cathy Cassidy (Nathan ) : un roman à croquer!

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Coeur Cookie, Cathy Cassidy

Editions Nathan, juillet 2015

(Tome 6)

A partir de dix ans

Jake Cooke, alias Cookie, est un jeune garçon de 14 ans extrêmement attachant. Entassé avec sa mère et ses deux jeunes sœurs dans un petit logement, il aide du mieux possible sa maman à faire face, laquelle élève seule ses trois enfants. Mais un jour, c’est la catastrophe : les deux petites, laissées sans surveillance par leur frère, inondent l’appartement. Et ce dernier de culpabiliser. Une culpabilité telle, qu’il pense ne pas avoir d’autre choix que de s’enfuir. Pas n’importe où cependant. Depuis des mois, il reçoit des lettres d’une adolescente, prénommée Honey, affirmant qu’elle est sa demi-soeur. Et s’il acceptait de la rencontrer ? Il renouerait peut-être avec cette partie méconnue de sa vie, avec ses racines ? L’occasion aussi de mettre enfin un visage et un nom sur son père. Et de prendre le train pour Tanglewood où résident Honey et ses sœurs, les fameuses filles au chocolat.

Dans ce 6eme roman, Cathy Cassidy nous fait découvrir un jeune garçon indiciblement touchant, que la vie a fait mûrir trop vite. Un adolescent qui doit se construire sans connaître ses origines, être fort pour sa maman et ses deux sœurs, être « grand » avant l’heure. Heureusement, la vie sait aussi se montrer douce comme un bon chocolat et réserver à Cookie d’heureuses surprises. Un très joli roman qui aborde le thème de la fugue et de la filiation avec beaucoup de finesse et de sensibilité, le tout sur fond d’intrigue rondement menée.

Ce livre offre des bonus en fin d’ouvrage : en effet, les lecteurs pourront s’amuser à faire un test de personnalité, mais aussi à essayer les recettes sucrées des filles au chocolat. De quoi ravir les papilles après avoir enchanté les pupilles!

Informations pratiques :

Nombre de pages : 264

Prix éditeur : 14,90€