Citation du jour

Se retourner sur sa vie, c’est prendre le risque de voir les traces du passé dans le sable de nos souvenirs. Vivre, vivre vraiment, regarder loin devant, avancer pas à pas, et laisser le temps, le vent, effacer les empreintes derrière soi.

Agnès Ledig -On regrettera plus tard (Albin Michel)

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Le cimetière des mots doux, Agnès Ledig (texte) et Frédéric Pillot (illustrations)

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Le cimetière des mots doux, Agnès Ledig

Illustrations Frédéric Pillot

Editions Albin Michel jeunesse, janvier 2019

 Agnès Ledig réussit un véritable tour de force : celui d’écrire un conte lumineux sur un sujet sombre : la mort d’un enfant. Poétique, émouvant, infiniment doux et délicat. 

Annabelle adore jouer avec Simon, son petit amoureux, celui avec lequel elle échange des mots doux. Pour lui, elle est « Annamabelle ». Tous deux ont le même âge, vivent dans le même village, partagent cette même passion pour la nature en général et pour les arbres en particulier. Surtout le grand chêne, l’arbre auquel Simon aime se confier.

Mais un jour, la maîtresse annonce que Simon ne viendra pas à l’école. Il a une maladie dont le nom est un mot pas doux du tout : leucémie.

Et Annabelle de ressentir un terrible manque. Elle adresse à Simon à l’hôpital des mots doux. Mais cela ne suffit pas à pallier le manque de sa présence, de leurs échanges, de leur bonheur à être ensemble.

La maladie emporte alors Simon.

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Pour ne pas se noyer dans son chagrin, Annabelle décide de continuer à écrire à Simon, à l’envelopper de mots doux, comme s’il était là, puis d’enterrer ces pensées de soie au pied du chêne de Simon, dans ce qui devient le cimetière des mots doux. Un lieu où extérioriser sa peine.

Quand votre enfant perd un camarade, un proche, vous vous trouvez parfois démuni pour lui expliquer ce qui s’est passé, pour apaiser son chagrin et ses peurs. Peur qu’il soit trop petit pour comprendre, peur de rendre son chagrin plus profond encore en lui disant la vérité, peur d’être submergé votre propre peine. Par désir de le protéger, vous êtes tenté de tricher avec la vérité, de la lui dissimuler. Et c’est l’inverse qui se produit. Car faute de mots sur ses maux, l’enfant ne peut pas gérer ses émotions, apprivoiser son chagrin, faire son deuil. Ce conte est donc un véritable outil pédagogique, il aide avec délicatesse l’enfant et les adultes qui l’entourent à apprivoiser la douleur de la perte, à passer du chagrin à la mélancolie. « La mélancolie, c’est comme la tristesse, mais avec de la douceur dessus. »

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Une mention spéciale à Frédéric Pillot dont les illustrations épousent à merveille la poésie, la luminosité et la douceur du texte et offrent au conte d’Agnès Ledig un écrin de douceur.

Citation du jour

« Dans le murmure des feuilles qui dansent, il y a des mots doux, des papillons, des yeux émerveillés, de la force, du courage, de la joie, beaucoup de joie.
Dans le murmure des feuilles qui dansent, il y a surtout les petits bouts d’âme de ceux qu’on aime mais qu’on ne peut plus prendre dans nos bras »

Agnès Ledig – Dans le murmure des feuilles qui dansent (Albin Michel)

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Dans le murmure des feuilles qui dansent, Agnès Ledig : poignant…

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Dans le murmure des feuilles qui dansent, Agnès Ledig

Editions Albin Michel, avril 2018

Il m’a été difficile de vous rédiger un billet sur ce roman que j’ai terminé il y a plusieurs semaines…  Trop émue. Trop bouleversée par ces trajectoires de vie, ces êtres viscéralement humains et ô combien combatifs, pour trouver des mots à même d’habiller sur mesure le corps de mon émotion.

Anaëlle, secrétaire médicale et romancière, est une ancienne élève du procureur de la République Hervé Leclerc. Un événement grave a stoppé net sa carrière mais n’a pas coupé sa faim de vivre, de se battre. Car Anaëlle est une fragilité forte, savoure le moindre petit bonheur du quotidien. Quand elle a besoin d’éléments juridiques pour s’assurer de la véracité et de la justesse du roman qu’elle rédige, elle pense spontanément à s’adresser au procureur. Mais cet échange épistolaire ne va pas rester unique. Au motif premier de recevoir des informations, se substituent des raisons plus floues, de l’ordre de la curiosité, puis d’une certaine forme de séduction. Un jeu dangereux auquel le procureur, marié, se livre avec autant de ferveur que la jeune Anaëlle, réalisant au fil de ces échanges combien elle ensoleille son existence routinière, combien elle bouscule ses certitudes.

De son côté, Thomas, menuisier, est très proche de la nature, calé sur son rythme, sa respiration. Il est « né avec l’âme d’un arbre ». Une passion qu’il partage avec son petit frère Simon, la sève de sa vie. Mais Simon est aujourd’hui hospitalisé suite à une leucémie. Le pronostic vital est engagé. Avec ce type de maladie, il a une chance sur deux de s’en sortir. Cependant Thomas se doit d’être un chêne face au courage et à la volonté inouïe de l’enfant. Tel un roseau Simon ploie mais jamais ne casse sous la lourdeur des traitement, les douleurs, l’enfermement en chambre stérile. Et Thomas de lui raconter ses dernières découvertes en forêt. Et de lui parler des promenades qu’ils feront à sortie. Parce qu’il faut espérer, toujours. Même si le soir venu, dans la solitude de la forêt qu’il rejoint, Thomas se sent l’âme d’un saule pleureur davantage que celle d’un chêne.

Jusqu’au jour où Anaëlle, en quête d’un menuisier pour aménager sa nouvelle maison, croise la route de Thomas, l’homme des forêts et des bois. Sera-t-elle la lumineuse clairière de sa vie ?

Dans ce roman absolument poignant, les mots battent comme des pulsations cardiaques, cognent, caressent, étreignent, consolent, émeuvent, empruntant toute la palette des émotions. Avec une infinie beauté, en évitant avec brio l’écueil du pathos, l’auteur nous fait vivre au diapason de ces êtres résolument positifs, humains, courageux, dont on se sent riche d’avoir croisé le chemin.

De tes nouvelles, Agnès Ledig (Albin Michel)

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De tes nouvelles, Agnès Ledig

Editions Albin Michel, mars 2017

 

Agnès Ledig sait trouver les mots justes pour exprimer les émotions qui bouleversent secrètement nos vies. Son nouveau roman, suite de « On regrettera plus tard »,  vibre d’énergie et de sensibilité, à l’image de ses personnages, héros du quotidien qui ne demandent qu’à être heureux. 

 

Après sept années à sillonner les routes à bord de sa roulotte avec sa fille Anna-Nina, Eric s’autorise enfin à se poser. Il accepte l’hospitalité de Valentine, l’institutrice du village, mais demeure sur sa réserve. Car se poser ne signifie pas cesser de se poser des questions. Certes, Valentine est une jeune femme d’une générosité et d’une bienveillance extrêmes. Certes, depuis le décès de sa femme à la naissance d’Anna-Nina, il ressent une solitude affective abyssale. Certes, il éprouve une attirance forte pour la jeune femme. Mais. Mais sa blessure est encore à vif, sa défunte femme trop vivante dans son cœur et ses pensées. Il a besoin de temps, de prévenance et d’amour pour tisser des liens, pour faire confiance à la vie. Pour se faire confiance. Or la « famille » composée de Valentine, de Gustave le grand-père de substitution ainsi que de Gael l’ami esseulé, est la cellule idéale pour se ressourcer. Et avancer.

Alors que la trame d’une belle relation se construit, qu’une vie de famille se met en place, une rencontre menace de tout remettre en cause.

C’est un roman d’une sensibilité aussi vibrante que belle, à son image, que nous offre Agnès Ledig. Lire cette romancière, c’est s’immerger dans un cocon de douceur, renouer avec l’authenticité des êtres, apprécier leur sensibilité, accepter leurs failles et leurs doutes, ne pas les juger. C’est s’émerveiller de chaque petit bonheur simple du quotidien, se blesser parfois, se relever toujours. Aussi, si vous cherchez un livre qui fait du bien, vous serez comblés !

PS : Ne pas avoir lu le précédent roman « On regrettera plus tard » ne nuit pas à la compréhension de cette suite.