Qu’il emporte mon secret, Sylvie le Bihan (Le Seuil) : bouleversant

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Qu’il emporte mon secret, Sylvie le Bihan

Editions du Seuil, janvier 2017

Rentrée littéraire

Deux nuits ont bouleversé la vie d’Hélène à 30 ans d’intervalle. La troisième, à la veille d’un procès, sera peut-être enfin celle de la vérité… Alternant le présent et le passé, Sylvie Le Bihan construit avec brio un roman à tiroirs où le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin. Bouleversant.

Décembre 2015. Dans sa chambre d’hôtel, à deux jours du procès auquel elle comparaîtra comme témoin, Hélène éprouve le besoin de mettre enfin des mots sur ses maux. Impossible de continuer à fuir, à se mentir, à mentir à tous. Depuis une certaine nuit de juillet 1984, âgée alors de 16 ans, elle s’est efforcée de tout oublier. Oublier son agression, sa honte, sa douleur, ces heures où sa vie a basculé dans l’horreur. Faire comme si ce drame ne l’avait qu’effleurée, telle une balle qui aurait manqué sa cible et juste ricoché. Poursuivre sa trajectoire, celle d’avant le drame. Paraître, à défaut d’être. Mais a t-elle eu d’autre choix ?

L’oubli est une stratégie de survie, un processus sélectif et dynamique, un choix imposé d’obscurité sur une partie de sa mémoire. (P.12)

Cependant ses souvenirs vont être brutalement ravivés tandis qu’elle anime un atelier d’écriture dans une prison. Et c’est le texte rédigé par l’un des détenus qui va dynamiter les verrous de sa mémoire…

Alors, à quelques heures du procès, de cette atroce confrontation avec son passé, elle décide de rédiger une longue lettre à son jeune amant Léo, de faire de lui le dépositaire de son terrible secret…

C’est un roman absolument magnifique que nous livre Sylvie le Bihan. De la haute couture. Avec une plume sensible, qui habille sur mesure le corps des émotions, un style d’une extrême fluidité, une tension permanente, elle entraine le lecteur dans les méandres de la mémoire d’Hélène, victime d’un viol 30 ans plus tôt. Pas de voyeurisme malsain ni de sensationnalisme ici, mais une analyse psychologique d’une grande finesse et d’une extrême justesse sur les traumatismes avec lesquels d’aucuns s’efforcent de (sur)vivre. Envers et contre tout.

Une réussite. A lire absolument !

P. 118 : L’homme est ce qu’il croit. Je suis persuadée que ce sont nos croyances qui attirent nos expériences.

 

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Glissez Delphine Bertholon dans votre poche!

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Les corps inutiles, de Delphine Bertholon
Editions Le livre de poche, août 2016

Le corps, arme et armure.
Portrait intime de l’adolescence, drame psychologique aux accents de roman policier, Les corps inutiles déroule le fil d’une vie tourmentée par les démons du passé.

La soirée s’annonçait légère pour Clémence. A titre exceptionnel, du haut de ses quinze ans, elle avait en effet obtenu l’autorisation de se rendre à la fête de fin d’année donnée par sa copine de classe.
La rencontre qu’elle fit au détour de la rue avec « l’homme blond » en décida autrement.

Et sa vie de basculer.

La banalisation de l’agression par son camarade de classe Virgile, seule personne à laquelle elle se confia du bout des lèvres ce soir-là, scella sa détermination à n’en parler à personne d’autre. Jamais. « Parce qu’en vérité, personne ne pouvait comprendre ce qui s’était passé, ce soir-là, dans cette rue-là. Personne n’avait senti ce qu’elle avait senti. Vécu ce qu’elle avait vécu. » Et de se répéter les propos de Virgile, tel un mantra : « Allons Clémence, ce n’est pas si grave ! »
Mais son corps refuse d’oublier le traumatisme, se rebelle, se fait le porte-parole de ses cris et de sa peur enfouis. Qui n’a entendu la révolte de son corps, quand la violence des maux n’est que le reflet du silence des mots ? Ce dernier devient comme anesthésié, fermé à toute sensation, douleur comme douceur. Une armure. Mais aussi une arme, celle de Clémence devenue vengeresse. Chaque 29 du mois, date anniversaire maudite de son agression, elle offre en effet ce corps à des inconnus de passage, pour tenter de conjurer le sort, de reprendre le pouvoir: « Ils ne me prendront rien : je me donnerai d’abord. » Question de survie.

Avec ce nouveau roman, Delphine Bertholon nous prouve une fois encore, si besoin était, sa capacité extraordinaire à véhiculer les émotions, à disséquer avec intelligence et sensibilité les âmes au scalpel de sa plume. Le lecteur suit avec une vive émotion Clémence à 15 et 30 ans, le poids des traumatismes engendrés par les mots autant que par l’agression elle-même, la geôle invisible du silence dans laquelle elle s’enferme, la honte et la culpabilité qui grandissent en elle. Mais aussi, sa capacité extraordinaire à s’en sortir. Car la vie resurgit. Plus forte que tout.
Une réussite.
A lire !

La mémoire endormie, de Patricia Hass Nivoix

La mémoire endormie, Patricia Hass Nivoix

Editions Hugues Facorat, 2015

 

Christina forme depuis plus de 20 ans avec Quim un couple exemplaire, un duo sur lequel le temps n’a aucune emprise. Bien au contraire. C’est donc avec jubilation que Quim réserve à sa femme une surprise pour son anniversaire. Certes, il sait qu’elle n’affectionne pas cette date, pour des raisons qu’elle ne lui a jamais expliquées, mais son désir de célébrer cette fête, d’y convier ses proches, d’en faire un jour mémorable l’emportent.

Mémorable il le sera, mais pas pour les mêmes raisons. En effet, au cours de la fête, Christina ressent un malaise aussi vif qu’incompréhensible, en la présence de Hans, le nouveau compagnon de sa meilleure amie. Glacée, pétrifiée, elle essaie de se raisonner. En vain. Qu’évoque cet homme pour elle ? Est-il possible qu’elle l’ait déjà croisé sans s’en souvenir ? Pour l’heure, elle l’ignore. Mais ce Hans la déstabilise au point de mettre en lumière certains souvenirs refoulés dans les coins obscurs de sa mémoire. Et de rêver du soir de ces 20 ans, de façon térébrante, à croire qu’il y a un lien entre cet homme et cette soirée 25 ans plus tôt. Un mystère que Christina est bien décidée à élucider.

Avec une écriture sensible, un rythme soutenu, des personnages attachants, Patricia Haas Nivoix entraine ses lecteurs dans une intrigue dont elle seule détient le secret ultime. L’occasion pour l’auteur d’évoquer dans le cadre d’une fiction, un sujet bien concret et encore tabou, de ces traumatismes qui laissent à jamais leurs empreintes tatouées sur les corps et les esprits.

Les corps inutiles, de Delphine Bertholon (JC Lattès) : à lire!

Les corps inutiles, de Delphine Bertholon
Editions JC Lattès, janvier 2015

Le corps, arme et armure.
Portrait intime de l’adolescence, drame psychologique aux accents de roman policier, Les corps inutiles déroule le fil d’une vie tourmentée par les démons du passé.

La soirée s’annonçait légère pour Clémence. A titre exceptionnel, du haut de ses quinze ans, elle avait en effet obtenu l’autorisation de se rendre à la fête de fin d’année donnée par sa copine de classe.
La rencontre qu’elle fit au détour de la rue avec « l’homme blond » en décida autrement.

Et sa vie de basculer.

La banalisation de l’agression par son camarade de classe Virgile, seule personne à laquelle elle se confia du bout des lèvres ce soir-là, scella sa détermination à n’en parler à personne d’autre. Jamais. « Parce qu’en vérité, personne ne pouvait comprendre ce qui s’était passé, ce soir-là, dans cette rue-là. Personne n’avait senti ce qu’elle avait senti. Vécu ce qu’elle avait vécu. » Et de se répéter les propos de Virgile, tel un mantra : « Allons Clémence, ce n’est pas si grave ! »
Mais son corps refuse d’oublier le traumatisme, se rebelle, se fait le porte-parole de ses cris et de sa peur enfouis. Qui n’a entendu la révolte de son corps, quand la violence des maux n’est que le reflet du silence des mots ? Ce dernier devient comme anesthésié, fermé à toute sensation, douleur comme douceur. Une armure. Mais aussi une arme, celle de Clémence devenue vengeresse. Chaque 29 du mois, date anniversaire maudite de son agression, elle offre en effet ce corps à des inconnus de passage, pour tenter de conjurer le sort, de reprendre le pouvoir: « Ils ne me prendront rien : je me donnerai d’abord. » Question de survie.

Avec ce nouveau roman, Delphine Bertholon nous prouve une fois encore, si besoin était, sa capacité extraordinaire à véhiculer les émotions, à disséquer avec intelligence et sensibilité les âmes au scalpel de sa plume. Le lecteur suit avec une vive émotion Clémence à 15 et 30 ans, le poids des traumatismes engendrés par les mots autant que par l’agression elle-même, la geôle invisible du silence dans laquelle elle s’enferme, la honte et la culpabilité qui grandissent en elle. Mais aussi, sa capacité extraordinaire à s’en sortir. Car la vie resurgit. Plus forte que tout.
Une réussite.
A lire !